‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 149 sur 176 · L INFLUENCE POLITIQUE DU CALVINISME · texte numérisé non relu

L INFLUENCE POLITIQUE DU CALVINISME

langues originales et au dévouement à la chose publique ; sa tendance vers un esprit scientifique, une recherche sans crainte et aboutissant à des conclusions, tout cela lui a donné un tempérament essentiellement intellectuel et moral... « L'habitude de ma pensée, a dit Albert Galattin, né et élevé à Genève, est de pousser les découvertes jusqu'à leurs dernières conséquences, sans crainte. »

» Ces théories politiques n'auraient jamais pu trouver une telle diffusion et un tel accomplissement si, derrière les théories, il n'y avait pas eu la dynamique du Calvinisme, une conscience, un cerveau dressés, la volonté de l'étude, des hommes d'affaires à l'esprit clair, des magistrats de ville, des fondateurs d'Etats, dévoués à leur " vocation », à laquelle chaque homme a été appelé « par la volonté incessante de l'Eternel », « qui tient le gouvernail de l'univers ». « Ils avaient, au plus haut degré, la force qui rend fort : le caractère. Ils savaient où ils allaient, ce qu'ils désiraient et ce qu'ils pouvaient faire. » (Hauser, De rHiimanisnie et de la Réforme en France, 15 12-1552, dans la Revue historique, LXIV, 1807, p. 258-297.) Ils possédaient ce qui — en l'absence d'un mot simple — peut être appelé « l'énergie sociale coopérative d'individualistes aux regards clairs ». La dynamique du Calvinisme se révèle dans le " nous devons suivre notre vocation sans crainte »; dans le « jusqu'au dernier souffle », de Calvin; dans l'orgueil d'être « un gardien », un « membre utile du bien public », de Knox, qui « jamais ne craignit la face d'un homme » ; — daus le « nous osons et nous voulons » de Andrew Melville; — dans l'exhortation de Bèze " de secourir nos frères selon notre pouvoir et notre vocation » ; — dans le mot de Duplessis-Mornay : « il est stupide de sentir en soi-même le pouvoir de faire quelque chose de bien et de ne pas chercher le moyen de le faire » ; — et dans la parole de Marnix de Sainte- Aldegonde : « repos ailleurs ».

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