I. OperaVl, p. 9. — i. Opéra V, p. 391 et
:!. Opéra XIX, p. 201. — Poster, o. c. p. 400, écrit : « Le motif d'action du Puritain n'était pas son propre salut; il ■■ se confiait en Dieu pour cela », « mais le zèle pour illustrer la gloire de Dieu. » Voir Opéra I, p. 71, 75, 206, 208, 209. Ibid., V , p. 322. — Et Th. Mûller, Symbolik, p. 44, écrit : « La satisfaction individuelle ne se produit que dans la mesure où l'homme entre dans l'économie divine du salut général. Gloria Dci, homiitumque saliis, dit la Confession helvétique.... Car le but de la grâce divine ne réside pas dans la création d'individus subjectivement satisfaits, mais dans le rétablissement du royaume, dans lequel l'horneur de Dieu se manifeste. >
4. Il fait partie des pages célèbres de V Institution qui, avant 1559, ont porté le titre de « Vie chrétienne ».
•ï. B^, p. 799. — fl. Ihid., p. 793. — 7. Sur le Deutéronome. Opéra XXVIII, p. 9, 10, 13, 16, etc.
8. Bf, p. 794. — 0. Ibid., p. 795. — 10. Le latin plus clair dit: « par l'humanité en paroles, verborum humanitate. » Il ne faut pas que l'humanité soit dans les paroles seules. — 11. Ibid., p. 796,
l'esprit social du calvinisme 629
« Un chascun réputera, que de tout ce qu'il ha et de ce qu'il peut, il est débiteur à ses prochains ; et qu'il ne doit autrement limiter l'obligation de leur bien faire, sinon quand la faculté luy deffault : laquelle, tant qu'elle se peut estendre, se doibt réduire à charité '. »
Aussi bien ne faut-il pas l'oublier : nous sommes solidaires. Il n'y a personne « qui n'ait faute de l'aide d'autrui, » même celui qui est bien portant et riche. « Tous ne pourront pas estre laboureurs de terre, tous ne pourront pas estre drapiers, tous ne pourront pas estre cordonniers, et d'autres arts mécaniques. » Ainsi « Dieu nous astreint les uns aux autres, comme par force -. » — Peu importe donc qu'il n'y ait point entre les hommes « de parentage charnel pour estre prochains, qu'ils se puissent dire cousins^; » le roi et le bouvier sont frères. « Si faut-il qu'un roy se despouille de sa nature, ou il aura fraternité avec les plus povres bergiers et bouviers de ,tout le monde. Et de fait, ce qu'un roy a le principal en soy et le plus excellent, ne l'a-il point commun avec un bergier, c'est assavoir d'estre homme ? — O ! je suis sorti d'une telle race ! Et mon ami tous ne sont-ils pas descendus d'Adam ? et puis après de Noé '* ? »
La solidarité est donc le fait, c'est le droit et le devoir. — « Nostre Seigneur n'a point créé de mondes infinis afin qu'un chascun demeurast là à l'escard, vivant à soy et à son profit privé ^, » Dieu nous a créés « de mesme nature. » Donc « que nul n'ait en haine sa chair, car c'est un monstre, c'est une chose qui est contraire à toute humanité". » Et cette humanité comprend « les povres incrédules, combien qu'il semble qu'il y ait une longue distance, qu'il y ait une muraille espesse entre deux ; » les « pauvres errans, qui vont à perdition, combien qu'ils soyent ennemis de l'Eglise, et qu'ils s'escartent de nous ^ » — Cette humanité « comprend tout le genre humain ^ » « Le païen, l'estrange, que je le regarde, que je le contemple, et je verray là une nature qu'il a commune avec moy.... Il y a une mesme nature, par laquelle Dieu nous a tous conjoints et unis.... Taschons de procurer et le salut de leurs âmes et le bien de leurs corps, en tant qu'en nous sera '•'. »
Et cependant Max Weber écrit : « Calvin lui-même écarte le devoir de la mission chez les païens, parce que l'extension de l'Eglise est l'œuvre de Dieu seul » (tiniiis Dei opus !] '".
C'est encore là une des accusations familières aux adversaires du Calvinisme *^
I. Ibid., p. 796. — 2. Sermon CVI sur Job. Opéra XXXIX, p. 561. — :!. Sermon XI sur le Deutéronome. Opéra XXVII, p. 9. — 4. Sermon CVIII sur Job. Opéra XXXIV, p. 596.
•5. « Les hommes ne se doivent pas séparer du tout.... Nul ne doit s'exempter du commun pour dire : je vivray à moi seul. Ce seroit vivre pis que beste brute cela. » Sermon LXXI sur Job. Opéra XXXIV, p. 115. — 0. « Ceux qui se sont destournez de ceste humanité ont aussi tourné le dos à Dieu, et mesmes qu'ils ne savent que c'est de nature humaine. >■ Sermon XXV sur Job. Opéra XXXIII, p. 309.
1. Sermon XI sur 1 Timothée. Opéra LUI, p. 125, 126, 128. — «. Commentaires. Epilre à Philéinoii, verset 4. — 9. Jean Calvin, IV, p. 402.
10. Max Weber. II, p. 16, n. 21. Il n'y a pas de référence. — L'action souveraine de Dieu dans le salut ne peut pas plus dispenser de la mission à l'extérieur que de la prédication à l'intérieur des Eglises.
H. Voir ce que nous avons dit sur le Calvinisme et la mission dans Jean Calvin, IV, p. 401, 402.
Elle vient d'être reprise par M. Goyau ' dans la dernière étude publiée naguère sur Calvin. — Nos lecteurs ont des textes sous les yeux et nous les prions de relire ce que nous avons dit sur ce sujet à la fin du tome premier de ce volume. Ce n'est donc point par hasard que le Calvinisme peut revendiquer, plus qu'aucune autre confession chrétienne, le titre d'oecuménique, comme on disait autrefois, d'international ^ comme on dit aujourd'hui : œcuménisme ou internationalisme, qui a pour caractère très particulier de ne menacer en rien l'individualisme.... Sans doute le catholicisme a été accepté par des peuples très différents, mais à tous les peuples il a imposé une Eglise identique. « Luther, à parler strictement, n'a produit qu'une seule Eglise et une seule confession. Calvin, au contraire, a été accueilli par plusieurs nations et a fondé beaucoup d'Eglises et des Eglises différentes. Les confessions zwingliennes ont un autre caractère que celles de Calvin. Le Catéchisme de Genève diffère considérablement de celui d'Heidelberg. La Confession belge est très distincte de la Confession de Westminster. L'Eglise épiscopale a été reconnue pour aussi réformée que les Eglises presbytériennes. Ce fait remarquable montre que le Calvinisme a place dans son sein pour le déploiement de l'individualité, pour cette différence de caractères qui se montrent parmi les diverses nationalités •'. »
4. Il es^t incontestable enfin (car il s'agit vraiment d'une tautologie), que cet esprit pratique, actif, humanitaire du Calvinisme (de Calvin) était un esprit constamment tourné vers ce qui est hors de lui, c'est-à-dire vers la société elle-même avec toutes ses formes et toutes ses parties. L'esprit du Calvinisme (de Calvin) est donc un esprit « social ». — Socialisme et individualisme : ceci pas moins que cela; cela pas moins que ceci; la pleine et parfaite contrariété, qui offusque les faiseurs de systèmes, et qui fait la force incomparable du Calvinisme ''.
I. ' Une personnalité religieuse : , dans la Revue des Deux Mondes, du 15 juillet 1914.
i. C'est ce que reconnaissent des historiens, pas toujours très favorables au Calvinisme, quelquefois tout à fait hostiles. F. von Bezold : « Ici à Genève quelque chose s'était produit de neuf, d'original, la conception romane de la Réformation, qui était infiniment plus apte que la Réformation luthérienne ou suisse, aune propagande internationale. Luther le moine, et Zvvingle l'humaniste étaient et restèrent inséparables du sol de leur patrie. Calvin, le Français et le juriste, créa, poussé par la nécessité, son oeuvre à l'étranger; naturellement ses pensées ultimes n'allaient pas à l'outil dont il se servait, Genève, mais elles allaient encore plus à ses coreligionnaires français, et finalement au but grandiose du triomphe de l'évangile dans tout le monde. » Staat und Gesellschaft des Reformationszeitalters, p. 79, dans Die Kultur der Gegenwart, II, v, i, 1908. — G. Goyau ; « Le peuple de Calvin se présentait comme une sorte de création métaphysique... (?!); il avait en son essence quelque chose A' international. > < Les chaires de l'Académie devaient offrir à tous les chercheurs étrangers qui voudraient ensuite, chacun chez soi, devenir pasteurs, l'interprétation calvinienne de l'Evangile. C'est ainsi que le Collège et l'Académie de Calvin, en même temps qu'ils scellaient une cité, devaient semer les germes d'une Eglise universelle. » < Une personnalité religieuse, » dans la Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1914, p. 410, 412, 413. — « Calvin pensa qu'il pouvait, en agençant toutes les particularités périphériques, façonner les diverses contrées et Eglises en un grand corps de protestantisme universel. Ce furent les résistances du luthéranisme allemand, et la revendication de l'indépendance anglicane, qui firent du Calvinisme une foi protestante particulière. > Trœltsch, dans Hibbert Journal, p. 102. — « C'est une tendance au développement d'une politique religieuse, à l'appui d'une politique d'intervention internationale, et finalement armée. » Trœltsch, Social-Lehren, p. 724.