Ziegler, p. 483. — i. Ibid., p. 4S4. — S. Ibid., p
[raith) et despotique, négative et ascétique, froide (nûchtern) et prosaïque comme son culte, pauvre {durftigen) et sans ornement. On peut lui reprocher d'être légaliste et Vieux Testament, moyennageux et hiérarchique. Il y a du moins un mérite qu'on ne pourra pas lui refuser, le mérite cf avoir saiipé le prolesianiisme. Et parce que l'esprit moral, que Calvin a fondé sur la doctrine de la prédestination qu'il a propagée, a accompli cette œuvre de salut, nous devons lui être reconnaissant, si peu sympathique (unsympalhisch) qu'il nous soit dans tout le reste. En théorie, sa morale est fausse, oui [theoretisch hat dièse Moral iinrecht, ja), mais en pratique elle était une nécessité historique (aber prakiisch war sie eiiie geschichiliche NotJvendigkeit). Elle pesa lourdement sur les esprits qu'elle asservissait {die sie knechtete), mais elle fut un bienfait |5our le monde auquel elle conserva, en le protégeant sous cette dure écorce, l'esprit de la liberté '. »
Certes, on trouvera difficilement un adversaire plus radical du Calvinisme. Et cependant quel chant de triomphe, dont la prodigieuse contradiction double la valeur, il entonne à l'honneur de ce Calvinisme ! Au point de vue social où nous sommes placés, quel partisan enthousiaste du Calvinisme ne serait pas largement satisfait ?
On demeure stupéfait en face de ces incohérences, qui s'efforcent de trouver une explication aussi contraire aux faits qu'au raisonnement. Tenons-nous en à l'évidence et à la logique, et l'explication de l'influence du Calvinisme sur le monde moderne sera aussi simple qu'incontestable.
1. Il y a longtemps qu'on l'a remarqué : les peuples protestants ont été à la tête de la civilisation moderne ; en particulier, ils ont été les peuples les plus riches. Bien des auteurs ont trouvé là un argument apologétique : je me borne à citer l'ouvrage de Napoléon Roussel, Les nations catholiques et les nations protestantes comparées sous le triple rapport du bien-être, des lumières et de la morale, 1854 -.
A son tour, M. Weber a mis ce fait dans une lumière toute moderne et scientifique, dirai-je : « Les Eglises sous la croix ont participé le plus à cette activité commerciale et industrielle. » William Petty {Political Aritlimetik, Craig, London, ibQi, p. 26) souligne ce phénomène : « Partout ce sont les hétérodoxes qui ont en main les affaires, et en particulier dans les pays où domine l'Eglise romaine, les trois quarts des affaires sont entre les mains des hérétiques. » — Dirait-on : très bien, mais les protestants se sont ainsi livrés au commerce et à l'industrie