‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 159 sur 176 · Ziegler, p. 485, 4S · texte numérisé non relu

Ziegler, p. 485, 4S

-. « A en juger par l'état de l'agriculture, la prospérité de l'industrie, l'étendue du commerce, l'avantage est toujours du même côté. Or ces éléments constituent le bien-être; il y a donc plus de bien-être chez ces nations protestantes qu'au milieu de ces nations catholiques. » (Napoléon Roussel, p. 11.) — A propos de l'instruction : « Sur des listes de douze ou quinze peuples, nous avons vu tous les peuples protestants passer les premiers, tous les peuples catholiques se ranger à la fin. » (Ibid-, p. 17.) — De même pour la moralité.

L ESPRIT SOCIAL DU CALVINISME 65g

parce qu'ils étaient en minorité et non pas parce qu'ils étaient protestants ? Ce serait une erreur. « Les minorités catholiques, mises à l'écart, ou privées de leurs droits, ne montrent nulle part d'une façon incontestable ce phénomène, pas jusqu'à aujourd'hui. Ce phénomène n'a pu être constaté nulle part, chez les minorités luthériennes, au même degré que chez les dénominations ascétiques [toujours ce mot pour désigner les dénominations calvinistes]. Et d'un autre côté ce ne sont pas seulement les minorités, mais ce sont tout aussi bien les majorités dominantes, quakers, baptistes, qui montrent les caractères significatifs de leur mode d'activité et de vie économique. Et là où des dénominations ascétiques [c'est-à-dire calvinistes] sont en concurrence avec d'autres dénominations chrétiennes, jouissant des mêmes droits, les premières sont celles qui mènent les affaires. Jusqu'à la dernière génération, c'était ce que l'on voyait dans le pays classique de l'ancienne industrie, le Wuppertal : les réformés et les non réformés se distinguaient profondément les uns des autres dans leurs traits essentiels '. » Voilà donc le fait parfaitement établi^.

2. Si nous laissons de côté les hypothèses et les systèmes, pour nous en tenir à la réalité, qu'avons-nous trouvé dans le Calvinisme (de Calvin) ? une foi ardente, inspirant une moralité^ faite, à un degré exceptionnel, de travail et de simplicité. Et sans vouloir nier l'action réelle de certaines circonstances historiques, politiques, économiques particulières ^, nous disons : la moralité'* que nous venons de constater, suffit amplement à expliquer tout le développement commercial et économique des calvinistes. Saint Paul Fa dit, i Tim. IV, 8. Le Christ l'a dit, Matt. VI, 33. Saint Paul et le Christ ont raison. — L'explication, la voilà.

S'il y a un Dieu, et s'il n'y a qu'un Dieu, il y a une loi de l'univers et qu'une.

1 . Max Weber, Antikritisches zmn Geist des Kapitalismus dans Archiv fur Sosiahmssenschaft iind Sozialpolitik, XXX, 1910, p. 183, 184.

2. Voici un témoignage curieux, celui de \' Annuaire ecclésiastique édité par Rabaut jeune, en 1807 : < Aveyron. Le commerce se trouve presque entièrement entre les mains des réformés. — Charente. Le commerce est surtout entre les mains des négociants de Cognac et de Jarnac presque tous réformés. L'activité, l'amour du travail et la loyauté des réformés les font jouir d'une forte et légitime considération. La plupart d'entre eux, par leur fortune et leur mérite personnel, deviennent membres des assemblées électorales, des conseils de préfectures, sous-préfectures et des communes. — La Rochelle. La majeure partie et les principaux négociants sont réformés. La confiance et l'estime ont porté un grand nombre de réformés aux fonctions publiques, au tribunal de commerce 74, à la Chambre de commerce Vi'i au Conseil municipal "/s* (et 6 maires). — Saintes. Les réformés sont en général parmi les plus aisés propriétaires et les meilleures et plus solides maisons de commerce. — Blois et la région. Les Y* des négociants ou fabricants de cette contrée sont réformés. — Haute-Garonne, Toulouse. Leurs noms figurent avantageusement dans les rangs des négociants les plus accrédités, des manufacturiers les plus industrieux, des propriétaires les plus marquants; et, pour en donner la preuve, c'est que lorsque la population réformée s'élève dans une commune au quart effectif, elle paie la moitié de l'impôt. Lorsqu'ils sont en nombre égal, ils paient au delà des 7<- — Sainte-Foy. Les réformés de cet arrondissement en forment la classe la plus éclairée, la plus riche, la plus industrielle. On voit parmi eux des gens de lettres, des médecins, des hommes de lois; ils font presque tout le commerce du pays. — Gensac. Le commerce est presque tout entre leurs mains. Ils sont en général les plus grands propriétaires. — Ganges. Les réformés possèdent à eux seuls les '/s des fabriques et du commerce. »

3. Voir Trœltsch, Sozial-Lehren, etc., I, p. 709. — K. Sell, Der Zusainmenhaiig, etc., p. 63. i. Elster, o. c. p. 211.

66o CONCLUSION

« S'il pouvait arriver que le désordre matériel, industriel, financier, correspondît à Tordre spirituel, moral et religieux, il pourrait se faire aussi que la paresse fût une vertu... et que tout fût ravi à ceux qui recherchent le royaume de Dieu et sa justice. » C'est impossible. Il est donc impossible que le royaume de Dieu et sa justice n'apportent pas avec eux les biens de ce monde, c'est-à-dire que l'ordre spirituel, moral et religieux n'assure pas l'ordre matériel, industriel et financier. — Si le monde n'était pas troublé par le péché, il en serait toujours ainsi. A cause du péché, il y a des désordres, des maux, etc. Mais Tordre n'est pas absolument troublé. — « Le devoir chrétien inspire le travail ; le travail porte son fruit, l'économie ; l'économie est une inspiratrice d'ordre; Tordre engendre la propreté.... D'autre part, le croyant, qui doit ajouter la science à la foi, la foi évangclique, a le droit et le désir d'apprendre ; la science apporte son inspiration à l'industrie', etc. » — Et encore une fois, l'explication la voilà.

3. Et la preuve, s'il en fallait, c'est le document que Max 'Weber a mis en tète de son étude, comme pour la résumer dans une '< pureté classique », et la justifier d'avance.

Il s'agit de « l'avis à un jeune négociant » (1748) de Benjamin Franklin. Il commence par écrire : « Pense que le temps est de l'argent... », formule économique, dont une forte pression exégétique seule peut faire sortir la théorie de « l'esprit» du capitalisme. Et tout ce qui suit est, selon le simple bon sens, l'explication que nous donnons à notre tour : « A côté de Vapplicatinn et de la modcration^ rien n'est utile, pour faire avancer un jeune homme dans le monde, comme V exactitude dans toutes ses affaires". C'est pourquoi ne garde pas une somme d'argent une

minute de plus que tu n'en as convenu De plus cela montre, que tu as de la

mémoire pour tes dettes ; cela te fait paraître comme aussi soigneux qu honnête,

et cela augmente ton crédit » Ainsi, Franklin donne comme moyen de réussir

dans le monde des affaires, la moralité, qu'enseigne tout spécialement le Calvinisme : rien de plus. Et quelque laïque de forme qu'on puisse trouver ce sermon, c'est bien un sermon, et excellent "", sur ce texte : la moralité a les promesses de la vie présente. Rien de plus.

4. Autre preuve. Ce n'est pas Franklin, c'est Calvin qui a donné au négociant, à l'industriel, à l'homme d'affaires, son véritable manuel. Et le voici :

i. Eglise libre, 28 juillet 1876.

2. M. Weber, I, p. 13. — Et encore: •> Je me convainquis que la vérité, l'honnêteté et la loyauté dans les rapports entre les hommes sont de la plus haute importance pour le bonheur de notre vie (Lebensglilck). ' (M. Weber, I, p. 15, n. 3.) Il faut noter ce mot bonheur {Gliick), qui ne trahit rien d'action ascétique.

:t. M. Weber l'appelle « la confession de foi de l'esprit yankee {des Yankeesiiims). »• (M. Weber, p. 15.) — D'après Weber « l'ascétisme protestant intra-mondain agit avec une force extraordinaire {mit voiler Wucht) contre la jouissance ingénue (wibefangenen Gennss) de la propriété. » (M. Weber, p. 99.) On n'apergoit pas de différence entre Franklin et Baxter. Celui-ci dans la Christian Directory e.xplique que « la perte du temps dans la paresse, les sociétés, le luxe, le sommeil exagéré, la contemplation oisive, ut tout cela aux dépens des travaux de la vocation, est le péché « premier et essentiel >' ; que le dégoût du travail est un symptôme de l'absence de la grâce.

« Que nous travaillons honnestement pour gaigner nostre vie; que nous prenions le gaing qui nous viendra, comme de la main de Dieu, n'usant point de mauvaises traficques pour attirer à nous le bien d'autruy, mais servant à nos prochains en bonne conscience ; que nous prenions le profit de nostre labeur, comme un juste salaire; qu'en vendant et en achetant nous n"usions point de fraudes, necautelles, ne mensonges, mais que nous allions rondement en besogne, et en telle loyauté que nous requerrions des autres '. » Honnêteté, c'est le premier point ; et le second est : enrichissement. Car si l'argent mal gagné est presque toujours mal dépensé, l'argent bien gagné est presque toujours bien dépensé ou bien gardé. « Que celuy qui a beaucoup n'en abuse point en gourmandise, ou intempérance, en somptuosité, ou en choses superflues, en orgueil ou en vanité, mais en prenant modérément son usage, employé la faculté qui luy est donnée à ayder ses prochains, et les subvenir, se congnoissant comme recepveur de Dieu, à posséder les biens qu'il a, à telle condition qu'il en rende une fois compte '^ »

C'est en pratiquant ce programme que nos marchands huguenots, que nos industriels huguenots firent la fortune d'abord de la France, puis des nations étrangères, forçant les catholiques français à répéter le proverbe : « Honnête comme un huguenot; » forçant les étrangers à dire d'un homme en qui on peut avoir la plus absolue confiance, c'est un réfugié ^.

5. Dernière preuve : l'aveu de Trœltsch. « Le protestantisme a exercé une inûuence grandiose (hat grossartig gefôrdert) sur le monde moderne;... le protestantisme a, au fond, seulement [l] écarté les obstacles dans son domaine, les obstacles que le catholicisme opposait... à la venue du monde moderne ; et il a donné, avant tout, le terrain solide {gesunden) d'une bonne conscience^ et d'une force qui donne l'essor {aufstrebende Kraft), à la foule des idées nouvelles, libres, séculières [tpeltlich) \ — Fournir le terrain sur lequel un monde doit marcher, donner à ce monde la force d'y marcher, écarter les obstacles qui auraient

1. Contre la secte des Libertins, Opéra, VIT, p. 215. — 2. Ibi'ii., p. 216.

:i. Avec raison Weber a écrit : « Avant tout Calvin a mis en relief — et cela a été une bénédiction — un caractère du commerce et de l'industrie : Le travail de l'homme moral. Avec clarté il a montré, que dans la production, ce qui doit agir en grande proportion, ce ne sont pas seulement les forces physiques ou intellectuelles, ce sont avant tout les forces morales. Continuellement il a répété que les qualités morales, l'activité, la persévérance, la loyauté, la conscience doivent être actives dans le domaine économique, comme dans toutes les activités humaines.» {Elster, Jo/ia)iii Calvin als StaatsiHaitn, Gesetzgeber und National-Oekonom, p. 211.) — « Genève, pendant la vie de Calvin resta une ville médiocrement riche, mais dans l'honnêteté et la loyauté, et l'amour du travail, et la modestie de la vie qui, selon les préceptes de Calvin, deviennent les principes conducteurs de la population, avait été déposé le plus solide fondement pour le progrès économique. » (Lang, Joh. Calvin.) — Et partout où les préceptes de Calvin furent bien compris et appliqués, la même influence s'exerça sur la vie économique. En insistant, comme cela n'avait jamais été le cas avant lui, sur la bénédiction morale du travail, il fortifia l'activité, la persévérance, la loyauté, l'économie. Et tout cela naturellement profita au progrès économique. > (Rachfahl, p. 1330.) — Et du reste ce n'est pas Max Weber qui contredit : « Le manque absolu de scrupule dans la manière de faire prévaloir son intérêt est précisément la caractéristique spécifique des pays dont le développement bourgeois et capitaliste est en retard [Riickslandes). •■ (M. Weber, p. 19.) — « La religion donne la plus forte chance de triompher du paresseux [Schlendrian) traditionaliste. » (M. Weber, p. 24.'!

i. Voir Weber (Bonn) dans le Theologischer Literaturbericbt, 1914, p. 85, SS-S9.

empêché ce monde d'y marcher.... Que veut-on de pkis ? La vérité est si forte qu'elle sort de la bouche de ceux qui semblent la contredire !

1. Peut-être, dira-t-on ici; mais enfin si la vérité est si simple, comment des savants peuvent-ils la contester? Il nous faut revenir à la grande doctrine des (( contrariétés », car jamais cette doctrine ne se trouve applicable, et appliquée par Calvin, plus qu'ici.

Il ne suflisait pas de créer le monde moderne : il fallait en garantir la vie. Et ces deux actes : créer et garantir^ ne vont pas sans une foule de « contrariétés ». En quoi éclate la grandeur du Calvinisme. Dans le monde moderne actuel, c'està-dire dans la forme actuelle du monde moderne, il y a bien des éléments qui sont proprement anticalvinistes. C'est ce qu'à leur façon nos contradicteurs disent, quand ils parlent de la sécularisation (entendons : remplacement de la religion par l'a-religion ou par l'irréligion), sécularisation qui a mis le capitalisme à la place de « l'esprit » du capitalisme. Laissons ces subtilités verbales. Dans le monde, tel que le concevait le Calvinisme, tout devait être religieux et chrétien : dans le monde, tel que beaucoup d'hommes modernes le conçoivent, tout doit être plus ou moins irréligieux et antichrétien. Et le Calvinisme avait pris ses précautions, beautoup de précautions, et de très fortes précautions, contre ce danger de soi-disant « sécularisation », pour nous servir de l'euphémisme à la mode. De là, une singulière facilité qu'ont nos contradicteurs de mettre le Calvinisme en opposition avec le monde moderne (sécularisé).

2. Mais essayons de bien nous entendre. Calvin, ici comme ailleurs, pose des principes de progrès et des principes de conservation.

Or, ici comme ailleurs, les principes de progrès sont d'autant plus dangereux qu'ils sont plus bienfaisants. Seulement Prométhée est-il responsable des incendies que les hommes allument par leur imprévoyance ou par leurs crimes ? Watt est-il responsable de l'explosion de toutes les chaudières et de tous les accidents de chemins de fer et de bateaux à vapeur ? A ce compte les bienfaiteurs de l'humanité en seraient les pires malfaiteurs.

A la libération maximum des forces sociales, économiques, de l'homme, de l'individu, le Calvinisme (de Calvin) a opposé, dans ses principes de conservation, les garanties maximum d'ordre. — Les garanties! c'est le grand mot et la grande chose.

C'est contre ces garanties que s'insurgent ceux qui ne cessent de parler de la tyrannie calviniste, du Calvinisme antimoderne.

Et certes il est bien évident que tout barrage est un barrage, c'est-à-dire une barrière, une gêne pour l'eau. Et l'on peut ne pas vouloir de gêne ; on peut supprimer le barrage. Seulement, alors, on a l'inondation et la dévastation. Mais alors on ne saurait s'en prendre à l'entrepreneur, qui avait capté les sources et tout préparé pour un arrosage fécond.

3. Nous pouvons maintenant poser la question dans ses vrais termes.

Il y a des négateurs du monde moderne. Oui. Mais qui sont-ce ces négateurs ? Les calvinistes, ou les modernes (sécularisés) ? — Et nous répondons sans ambage : ce ne sont pas les calvinistes (de Calvin), eux qui ont fondé le monde moderne, et l'ont entouré des précautions nécessaires, des défenses indispensables à sa conservation ; ce sont les modernes (sécularisés), qui protestent contre ces précautions et ces défenses, qui travaillent à les détruire les unes après les autres.

4. Que si nos lecteurs voulaient crier au paradoxe, dépassant vraiment la mesure, nous n'en appellerons pas à tous ces témoins, dont l'autorité est cependant parfois grande, et qui déclarent à l'envi que le monde actuel est dans une fausse voie, que cela ne peut pas durer, que l'abîme est au bout de la route suivie '. Non. Nous nous contenterons d'en appeler à l'autorité de deux savants que l'école d'Heidelberg ne désavouera pas, à MM. Max Weber et Trœltsch eux-mêmes, aux chefs de l'école d'Heidelberg.

Max 'Weber parle de la prétendue évolution (c'est une révolution, selon nous, dont le Calvinisme n'est pas responsable), qui, selon lui, a amené le Calvinisme à « l'esprit » du capitalisme, et « l'esprit » du capitalisme au capitalisme simple et brutal. Il se demande oià va cette société, et il répond : « Personne ne sait encore qui dans cette demeure habitera à l'avenir, et si, à la fin de cette énorme évolution, ce qui apparaîtra, ce sont des prophètes tout nouveaux, ou une renaissance puissante de vieilles idées, d'un ancien idéal ; ou bien si — ni l'un ni l'autre ne se produisant, — ce sera une pétrification à la chinoise, grâce à une manière, maladive comme une crampe, de se donner à soi-même de l'importance. Alors, oui, pour les derniers hommes de cette civilisation, le mot pourrait être vrai : spécialistes sans esprit, hommes de plaisir sans cœur, qui s'imaginent avoir escaladé un degré, jamais encore atteint, de l'humanité -. »

Et Trœltsch, dans la péroraison de son fameux discours de Stuttgart, s'écrie : « La culture moderne est en tout cas caractérisée par une diffusion et une intensité prodigieuse de l'idée de la liberté et de la personnalité. C'est là ce que cette culture a de meilleur. Cette idée s'est développée spontanément dans tous les domaines de la vie, grâce k une conjonction particulière des circonstances [?] et n'a reçu du protestantisme {nur) qu'un fondement métaphysico-religieux très fort, mais en soi indépendant. [?] Il s'agit de savoir si cette conjonction des circonstances, si la fécondité qu'elle a procurée à l'idée de la liberté se maintiendront ; c'est difficile à penser.... Je crois donc pouvoir, — au moins c'est ma conviction particulière, — conclure : gardons le principe métaphysico-religieux delà liberté. Sans quoi, ce pourrait en être fait de la liberté et de la personnalité, au moment où nous nous vanterions le plus de leurs progrès l »

I. Nous prions le lecteur de vouloir bien se rappeler que tout notre texte a été écrit avant les débuts de la guerre. — 2. M. Weber, II, p. 109.

•!. Die Bedeuttmg, p. 65, 66. — Comme l'a dit le dernier critique de l'ccole d'Heidelberg : « Est-ce que l'opposition moderne à certaines affirmations de la réformation ne constitue pas précisément le problème du monde moderne et de la vie? » Weber (Bonn), Theol. Bericht, 1914, p. 89.

Ainsi l'école d'Heidelbero- clôt toutes ses études et toutes ses théories pai deux points d'interrogation. Ce qu elle appelle le monde moderne ne va-t-il pas à sa mort ? Il le lui semble. Ce qui pourrait le sauver, n'est-ce pas le principe métaphysico-religieux ? Il le lui semble. Or le principe métaphysico-religieux, c'est le Calvinisme '.

I. Enregistrons deux témoignages: «La tendance, l'esprit du Calvinisme sont indiqués par deux choses; l'existence de la rupture ouverte, radicale avec Rome, et l'existence d'une sévère discipline des communautés. Or ces deux choses manquaient au luthéranisme. > 'Wernle, Conférence sur Jean Calvin. p. 14. Radicalisme et discipline: dualité, contrariété. — « Pendant un certain temps, il put paraître que l'Evangile ne ferait plus de conquêtes. Les adversaires pouvaient espérer que désormais il reculerait, et cesserait d'être un facteur de la politique générale. Qu'il n'en ait pas été ainsi, que, au contraire, l'esprit protestant ait pris un élan nouveau et puissant, qu'il ait rempli et pénétré des terres et des mers, c'est ce qui est dû à Jean Calvin. » W'alter Friedensburg, Der Calvinismus als politise/tes Prinzip in scinen geschichtlichen Wirknngen, dans la Wariburg du 25 juin 1909, p. 257.

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