Hundeshagen, p. 215, cité par Sohm, p
Ainsi il n'y a pas eu d'Anciens proprement dits dans le vrai Zwinglianisme, pas plus que dans le vrai Luthéranisme.
Parce que l'idée de l'Ancien manque au Luthéranisme et au Zwinglianisme, ce n'est pas à dire que Calvin l'ait d'un coup, complètement, inventée. Entre Luther et Zwingle, d'un côté, et Calvin de l'autre, se place tout un groupe de Réformateurs de second rang (dont quelques-uns sont bien près du premier), groupe qui a une physionomie particulière. Chez Luther, ni chez Zwingle, nous n'avons trouvé de véritable constitution ecclésiastique. Dans ce groupe, nous trouvons une série de projets et d'essais de constitutions ecclésiastiques. C'est une différence considérable.
I. D'abord nous rencontrons François Lambert, d'Avignon, un Français.
Après diverses péripéties, retiré à Strasbourg, il fut amené à présenter au synode de Homberg, rassemblé le 20 octobre i526 par le landgrave de Hesse, Philippe le Magnanime, un projet d'organisation ecclésiastique, le premier qui puisse attirer notre attention.
A la base de cette organisation est V assemblée des fidèles {coiwentus Jldeliiim) « en un certain lieu, est-il dit, dans laquelle se rassemblent tous ceux qui, parmi les hommes (ex l'iris), ont accueilli avec faveur [favent] l'œuvre de Christ, et sont au nombre des saints [in sancloniin numéro habentur), et se rassemblent pour régler {definiant) d'après la Parole du Seigneur, avec le pasteur (episcopo), tout ce qu'il y a à faire dans rp]glise '. »
Cette assemblée (saiicliis conventiis, sancta coiigregatio), à laquelle les femmes peuvent assister (sans prendre la parole), est donc composée de tous les fidèles, mais seulement des vrais fidèles, des saints.
Cette « assemblée » a l'autorité la plus grande. Dans son sein, est-il dit, « que toutes les affaires de chaque Eglise (omnia negotia) soient traitées ; que les pasteurs, les diacres soient nommés, que les coupables (criminosi) soient excommuniés ^. )) — Et voilà bien l'autonomie, l'indépendance de l'Eglise particulière : ce qui est l'essentiel, la base de tout l'édifice futur.
Mais pas question d'Anciens. Le mot est passé sous silence, et la chose est exclue. Pas de presbytère, pas de représentation. La communauté se gouverne elle-même, directement. Ce qui est à noter, c'est que' non seulement la charge d'Ancien n'existe pas, mais que la charge de pasteur est menacée par ce radicalisme logique. « Tous les citoyens pieux et savants et irrépréhensibles, de quelque profession (cujuscumque ariis) qu'ils soient, peuvent être élus pasteurs, » est-il spécifié ^ « Si quelque homme pieux [quis plus), exercé dans la Parole sainte, demande à enseigner la Parole sainte, qu'il ne soit pas repoussé, car il est inté-
1. Refornmtio ecclesiarinii Hassiœ, 1526. Voir L. Richter, Kin/ieiio>dniiiigeii, I, p. 56-69.