Sohm, I, p. 653. — 2. Ibid., p
ii. Je ne puis admettre le sens que Sohm donne à une déclaration de Zwingli. et sur laquelle il appuie son affirmation. Mais peu importe.
4. Sohm, p. 638, n. Il : « Eine Vers.immlung kann die Kirche sein, aber niem.ils die Kirche vertreten. ...Die Idée der Kirchenvertretting ist einc ralionalistischc, heidnischc, kcine christliche. >•
LES ANCIENS
rcprcscntation dans toute action vraiment chrétienne (dispensation de la l'arole, administration de THoIise au sens luthérien) est impossible '. »
Et ce n'est pas l'honneur du calvinisme d"avoir parlé de représentation ecclésiastique. Calvin a été catholique. « Calvin comme Zwingli portait complètement en lui l'esprit du moyen âge •'. »
Tout cela serait vraiment effrayant si, avant de nous séparer de Sohm, n(jus ne pouvions pas dire quelques mots d'un troisième écrit, dans lequel il a précisé ses idées ^ Il y use naturellement de ses formules à la fois violentes et imprécises, que Ion n'est pas sûr toujours de comprendre, et qui quelquefois paraissent être clairement incompréhensibles. Mais cela vient sans doute de ce que nous avons des définitions différentes, absolument différentes, pour les mots Droit, Eglise, rapport du Droit et de l'Eglise. Du moment que nous ne parlons pas la même langue, comment nous comprendrions-nous ? — Bornons-nous à peu de remarques.
D'après Sohm les idées ecclésiastiques fausses, catholiques, moyenâgeuses remontent au christianisme primitif (Urchrisieiilhiiiu). Elles se trouvent à l'état « irréfléchi » chez saint Paul. Et ce fait est le point, dans le christianisme primitif, duquel devait nécessairement procéder le développement catholique ''. »
Sohm déclare que l'idée d'une communauté organisée est une idée antichrétienne. Il n'y a que l'Eglise, la chrétienté.
(^ue s'est-il donc passé ? Au début il y avait l'assemblée autour de la Parole {Versaminlung uni das Wort)^ oîi régnait V anarchie pncionatiquc. — l'^t puis il y avait l'assemblée eucharistique, qui n'était pas possible sans un certain ordre e.xtérieur. Cet ordre est peu à peu devenu l'ordre ecclésiastique et catholique. « L'anarchie pneumatique », charismatique, était l'idéal. Luther s'y est tenu !
Nous n'enregistrons que cet aveu : « Cette organisation charismatique, parce quelle est dépourvue d'ordre juridique [? !] et de force extérieure organisatrice, est, il est vrai, incapable de surmonter une opposition quelconque. »
Alors.... Alors nous admirons la science et le talent de Sohm. Mais nous croyons qu'il parle une langue étrange et que, dans cette langue étrange, il a écrit un roman où il ne tient compte ni de la nature du droit, ni de la nature de l'Eglise, ni de la nature des hommes. C'est un roman à l'usage des anges, peutêtre. Seulement le mot de Pascal revient : en matière ecclésiastique, quand on veut faire l'ange, on fait... le juriste. Iilt c'est ce qui est arrivé au luthéranisme.
L'intérêt de l'œuvre de Sohm reste psychologique. Il a mis en relief un élément de l'àme luthérienne, élément mystique et quiétiste qui, par voie de réaction logique et de complément nécessaire, a facilité l'existence, la coexistence de
I. « Fur ailes vvahrhat't christliche Ilantleln (Wortucrvvaltuiii;, Kircliciirc<^imciU im luthcrischcn Sinnl yertrelKiig ist unmoglich. » Sohm, p. 654. — "i. Sohm, p. 655, n. 67.
:). Rudolf Sohm, Wesen uiui Ursprimg .des Katholizisinus (Abhandlunijcn dcr PhiL-Ilistor. Klassc d. K. Sachs. Gesellsch. u. Wissenschaft. Bd. XXVII, H. 3, 1909. Voir la critique dans Ilarnack, EiilMeliiiiig uiid Enliuickhwg der Kirclienverfassttitg u. des Kircliciireclils in den zuci crstcn jahrhundertcn, 1910, p. 120-1S6. — i. Ibid., p. 24.
l'autre élément juridique, extrême et coercitif. Luther a été quiétiste ; mais il était trop grand pour Têtre autant qu'on le dit.
2. Mais si Sohm dit : oui, Rieker dit : non. Sans doute Rieker reconnaît qu'il combat l'opinion reçue, unanimement peut-on dire, par les auteurs les plus autorisés '. Heppe : « La communauté est une personne (Pcrsôiilic/ikcil) organisée et représentée par son presbytère". » ■ — Cunitz : « Les ministres et des Anciens, choisis comme représentants de l'Eglise, sont les organes par lesquels elle exerce ses droits -'. » — Et Kampschulte, dont la pensée, nous dit-on, fait loi « presque sans exception pour les auteurs modernes » : « La souveraineté ecclésiastique gît pour Calvin dans la volonté générale de l'Eglise elle-même, c'est-à-dire de tous les membres qui la composent. La communauté organise sa vie ecclésiastique, préserve sa foi elle-même, et comme elle l'entend. Tandis que dans l'Eglise luthérienne la pensée du sacerdoce universel est un principe qui plane au-dessus de la constitution et qui a peu d'influence sur la construction de cette constitution, pour Calvin c'est le principe essentiel qui la supporte. ...Tout le gouvernement ecclésiastique repose... sur un fondement démocratique ^ n
Rieker s'inscrit en faux contre tous ces auteurs et leur opinion commune. — Laissons de côté la question du sacerdoce universel, sur laquelle il a raison et ne considérons que la question du système représentatif. Calvin l'enseigne t-il : oui ou non ?
Rieker est obligé de reconnaître que plusieurs passages de Calvin et d'au très Réformateurs peuvent être interprétés dans le sens représentatif; par exemple, lorsque Calvin dit que le Seigneur a donné (coiititUt) '' le pouvoir des clefs à l'Eglise ; que les Anciens et les membres du (Consistoire « représentent tout le corps de l'Eglise » [reprœsentaut loin ni corpns ccclcsia') '' ; ou lorsque a Lasco appelle ceux qui exercent des charges ecclésiastiques « comme la bouche et les mains {velnti os ac manns) de toute l'Eglise'. » — Seulement Rieker trouve ces expressions trop rares et trop générales pour servir de base à une théorie.
Nous répondrons d'abord qu'il ne s'agit pas ici de quelques expressions isolées et vagues, mais d'une pensée constante, manifestée par des déclarations extrêmement nombreuses. Le droit de l'Eglise d'élire ses ministres (pasteurs ou Anciens) est affirmé dans les nombreux textes que nous avons cités et auxquels il faut ajouter une série vraiment interminable. « Qui sont ceux qui ont le droict
1. >< On a coutume aujourd'hui de se placer au point de vue de la représentation pour caractériser la charge et le droit des Anciens et du presbytère. Les Anciens sont les représentants, le presbytère est l'organe de la communauté. » Rieker, p. 134, 135.
2. Heppe, Die presbyteriale Synodal-Verfassmtg der evaiigclisc/icti Kirchc in Norddciilschlaiid, 1S68, p. 55. — 3. Cunitz, Considérations historiques sur te développement du droit ecclésiastique protestant en France, 1840, p. 42. -- 't. Kampschulte, I, p. 268, 269. — o. IV, l, 22. — r>. Opéra XIV. p. 681.