Opéra X'', p
2. Registres du Conseil, 5 octobre 1537, Vol. 31, p. 69 ; « dire aux prescheurs que de la Cène qu'il la annunce, exortant le peuple, sans getter hors de chemin {') ; séans seroit demandés les suspiconnez pour enquérir sur eulx. » Annales, p. 2.15.
'i. Registres du Conseil, Vol. 31, p. 146". Annales, p. 220.
4. Opéra X>, p. 154. 21 fév. 1538. Calvin à Bullinger. — « Les Conseils n'avaient pas voulu se dessaisir de ce droit important. Ils suivaient en cela l'exemple de Berne et des cantons suisses, où le magistrat commandait en maître à l'Eglise. > Choisy, La théocratie à Genève du temps de Calvin, p. 30.
o. Annales, p. 239. R. d. C, 37, p. 224. Voir Jean Calvin, II.
•i. Herminjard, Correspondance des Rcforniateitrs, V, n" 765, p. 219, n. 19.
l6b LA PENSEE ECCLESIASTIQUE
« Nous désirons beaucoup de choses, qu'il n'y a pas d espoir d'obtenir en ce moment. » Ils bornaient donc leurs demandes au strict nécessaire : « Que le vrai {gennamis] usage de l'excommunication soit rétabli selon le mode que nous avons indiqué : c'est-à-dire que le sénat élise, dans les divers quartiers de la ville, des hommes probes et dévoués, auxquels le soin incombe avec nous '. » La première phase de la lutte était terminée.
I . Nous savons ce que Calvin trouva à Strasbourg : Bucer et Capiton, et l'organisation introduite par Bucer en i53i, le « Convent ecclésiastique» nommé par le magistrat, avec ses sept pasteurs et vingt-et-un curateurs paroissiaux [Kirchspielpfleger). Mais aux observations présentées plus haut, il faut encore ajouter celleci : Bucer était fort occupé ailleurs ; les bourgeois ne voulaient pas de ce joug et le magistrat soutenait peu les pasteurs, estimant cette discipline inutile ou dangereuse ^. — Ainsi d'un côté de graves défauts dans la théorie ; de l'autre côté de plus grandes lacunes encore dans la pratique.
Aussi ne sommes-nous pas étonné de constater que ce qui ressort de la correspondance de Calvin à ce moment, c'est la nécessité et l'absence générale de la discipline. Rendant compte de ce qui s'est passé au colloque de Francfort, Calvin écrit à Farel (en mars iSSg) : « Lorsque la conversation tomba sur la discipline, Philippe [Mélanchthon] soupira, comme les autres. Car il est plus facile de mener deuil sur le lamentable état de l'Eglise à cet égard, que de l'améliorer. Ne pensez pas que vous seuls soyez tourmentés à ce sujet. Tous les jours il y a ici, un peu partout (passim), des faits qui devraient exciter chacun à chercher un remède. Un pasteur probe et savant vient d'être expulsé dUlm, avec une grande ignominie, parce qu'il ne pouvait plus supporter la corruption.... Les choses que l'on mande d'Augsbourg ne sont pas du tout plus réjouissantes. Désormais on va se faire un jeu de chasser de leur poste les ministres et de les envoyer en exil, et il n'y a aucun moyen de remédier à ce scandale, parce que ni le peuple ni les princes ne veulent distinguer le joug du Christ de la tyrannie du pape ^. »
Et il en est à Strasbourg même comme dans les Eglises allemandes. Capiton n'est pas moins désespéré que Mélanchthon. « Capiton, continue Calvin, atteste les dieux et les hommes que l'Eglise est perdue, si on ne lui porte prompt secours. Et comme il ne voit pas d'issue il désire la mort''. » « Quelles tempêtes,... n s'écriait Capiton lui-même : on veut restreindre le rôle des pasteurs à la prédication. « On ne tient aucun compte des paroles du Christ :... dis-le à l'Eglise.... La restauration de la discipline est chose difficile, répugnant à nos Eglises, odieuse à la chair et au sang ^ » — Voilà où l'on en était.
1. Opéra Xt, p. 191-192. — 2. T. W. Roehrich, Geschichte der Reformation ini Elsass, II, p. 36. — 3. OperaX^, p. 331. — 4. Ibid. — ^. Ibid., p. 226, 227. Capiton à Farel.
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