Lang, Zwei Vortrage, p. S
LE DIACONAT SlQ
gage moderne, comme des communautés de chrétiens exerçant la cure d'âmes. Ainsi l'organisation de la communauté a une tout autre importance que dans l'Eglise luthérienne.
» Zwingle, pour les mêmes raisons que Luther, confie d'abord cette organisation au Magistrat, qui, alors, agit au nom et place de l'Eglise. Mais Calvin organise la communauté ecclésiastique comme une vraie communauté, par le fait que, aux ministres de la Parole et à la cure d'âme, qui doit être exercée par ces ministres, il ajoute des organes de la discipline et de l'administration. »
L'exercice de la discipline est v un élément essentiel de la cure d'âme, est directement cure d'âme, dans l'intérêt du salut.... La communauté a le devoir de veiller à ce que la Parole non seulement soit prêchée et écoutée, mais à ce qu'elle agisse.... Le ministère de la cure d'âme est un ministère de surveillance; celui qui l'exerce au nom de la communauté est en première ligne le « surveillant », ènhY.omç, le berger ' de la communauté. Dans l'idée de la cure d'âme, l'essentiel est le soin avec lequel le surveillant veille sur les âmes qui lui sont confiées et du salut desquelles il se sent responsable.... La cure d'âme réformée exige des communautés de surveillants, c'est-à-dire des communautés qui ont soin de chaque membre. Elle exige l'organisation du ministère des bergers, des surveillants,... anciens, diacres, à côté des pasteurs. — Ici la visite domiciliaire se présente sous un tout autre jour que dans l'Eglise luthérienne — Pour le surveillant cette visite est obligatoire ; il charge sa conscience d'un remords s'il délaisse une maison, une âme.... » Dès loSj, Calvin parle de ces surveillans « lesquelz sont départis et| distribués en tous les quartiers de la ville, ayant l'oil sus la vie et gouvernement d'ung chascun -. » — En 1541 et i56i, il dit : « leur office est de prendre garde sur la vie d'un chascun... et les fauldra tellement eslire qu'il y en ait en chascun quartier de la ville, affin d'avoir l'œil par tout ^ »
« Cette forte insistance sur le devoir de la surveillance à exercer sur chacun, de la préoccupation non seulement de ses besoins religieux, mais de toute sa manière de vivre, de l'examen de son attitude vis-à-vis de la société religieuse comme de la société en général dans tous ses domaines, tout cela faisant partie de la cure d'âme, a pour résultat que la cure d'âme pénètre la vie du fidèle tout autrement que dans l'Eglise luthérienne.... Et ainsi sur le sol réformé se développa, dans la communauté, non seulement un sentiment chrétien, mais un sentiment ecclésiastique, un sentiment des devoirs ecclésiastiques, de la solidarité entre tous les membres, tout à fait différent que sur le terrain de l'orthodoxie luthérienne^. »
Le dernier mot est donc là : le but de la dogmatique calviniste, c'est l'organisation ; et le but de l'organisation calviniste de l'Eglise, c'est la cure d'âme. Tout pratique, religieux et moral.
1. A Lasco appelle les Anciens les « bergers ». — 2. Opéra X^ p. lo. — 3. Ibitf., p. 22 et 100.
4. Adolf Kustlin, Die Lelire von der Seelsorge nach evangelischen Grundsâtzen, 2« éd , 1907, p. 70-73.