Après ce premier but, le second
Le baptême sert à notre confession devant les hommes, de cette manière : « c'est qu'il est une marque et enseigne, par laquelle protestons, que nous voulons estre ennombrez au peuple de Dieu, par laquelle nous testifions que nous consentons et accordons au service d'un seul Dieu, et en une religion avec tous les chrestiens ; par laquelle finalement nous déclairons et asseurons publiquement quelle est nostre foy, à fin que non seulement Dieu soit glorifié en noz cœurs, mais aussi que noz langues et tous les membres de nostre corps, en tant qu'ilz peuvent, au dehors résonnent ses loiienges ^. -o
Sans doute il ne faut pas oublier que ce second but du baptême est moins important que le premier. « Ceux qui ont osé escrire que le baptesme n'est autre chose qu'une marque et enseigne, par laquelle nous protestons devant les hommes nostre religion, ainsi qu'un homme d'armes porte la livrée de son prince pour s'advouer de luy, n'ont pas considéré ce qui est le principal au baptesme : c'est que nous le devons prendre avec ceste promesse que tous ceux qui auront creu et seront baptisez auront salut '*. »
Mais pour être secondaire, le second but du baptême n'en est pas moins réel et important. Et multipliant ses comparaisons guerrières (qui alternent si souvent chez lui avec ses comparaisons musicales), aux effusions du mysticisme psychologique succèdent les appels du mysticisme martial, les sons du clairon qui appelle au combat la « milice spirituelle » : « Nous nous enrôlions sous l'enseigne de celuy au nom duquel nous sommes baptisez. Il s'ensuit donc que nous sommes obligez (obstricti) par serment à Christ, au nom duquel notre baptesme est consacré.... La nature du baptesme est semblable à un contract d'obligation mutuelle (syngraphœ miitiii contractas siinilem). Car comme par ce signe {symboln) le Seigneur nous reçoit en sa famille, et nous nombre entre son peuple, pareillement aussi nous luy obligeons nostre foy, à ce que nous n'ayons puis après, autre Seigneur spirituel que luy. Et pourtant comme c'est, de la part de Dieu, une alliance de la grâce {fœdus gratiœ) qu'il contracte avec nous.... aussi de nostre part, c'est un serment de condition de guerroyer spirituelle [sacramcntum spiri-
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lualis mililiœ), par lequel nous luy promettons (perpeliium obsequiwn) obéissance perpétuelle '. »