‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 71 sur 176 · Bf, p. 604. — i. Bf, p. 601. — :t. Bf, p · texte numérisé non relu

Bf, p. 604. — i. Bf, p. 601. — :t. Bf, p

sion, comme la promesse faicte au père le porte, à bon droict est capable du signe, sans entendre quelle est la signification '. «

Et ici Calvin réfute le fameux texte cher aux anabaptistes et baptistes : « Sur tout, pour faire leur grand bouclier, et comme la principale forteresse de leur opinion, ils allèguent la première institution du baptesme.... Allez, instruisez toutes les nations, les baptisant.... — Puis qu'ilz se fondent si estroictement sur Tordre et la disposition des mots, prétendantz qu'il fault instruire premièrement que baptiser, et croire premièrement que recevoir le baptesme, pour ce qu'il est dict : instiuisez et baptisez, item, qui croira sera baptisé, par même raison, il nous seroit loisible de répliquer, qu'il faut baptiser devant qu'enseigner à garder les choses que Jésus a commandées, veu qu'il est dict : Baptisez, les enseignant de garder tout ce que je vous ay commandé-.... Le Seigneur envoyé ses apostres, pour instruire les hommes de toutes nations de la terre. Et lesquelz ? Il est certain qu'il entend sinon ceux qui sont capables de recevoir doctrine. Après il dit que telz, après avoir esté instruitz doivent estre baptisez, et en poursuyvant son propoz il dit, que telz en croyant et estant baptisez seront sauvez. Est il icy fait mention des petis enfans ? N'en une part ny en l'autre .... Quand S. Paul dit que quiconque ne travaillera qu'il ne menge, si de cela quelqu'un vouloit inférer que les petis enfans ne doivent point estre nourriz, ne seroit il point digne de la moquerie de tout le monde ^ ? »

Mais enfin tout cela étant vrai, il reste qu'il y a une difierence entre les adultes et les petits enfants, que le baptême n'est pas tout à fait le même pour les adultes et pour les petits enfants. — C'est une difficulté. Calvin reconnaît qu'il ne peut l'expliquer, la faire disparaître. « L'œuvre de Dieu nous est secîette et incompréhensible. » Gela ne veut pas dire que Dieu ne puisse la faire. Le Seigneur régénère les petits enfants, qu'il veut sauver. Or « il est certain qu'il en sauve aucuns » [c'est-à-dire quelques-uns]. Il en est des enfants comme des hommes faits : leur salut dépend de l'élection. — Dès lors on peut bien baptiser les enfants puisqu'ils peuvent être élus. Le Seigneur a sanctifié Jean-Baptiste « estant encores au ventre de sa mère. » Et sa main « n'est pas accoursie ». « Non pas que nous veuillons affermer que les enfans ayent foy, d'autant que nous ne sçavons comment Dieu besongne en eux. Mais nostre intention est de monstrer la témérité et présumption de ces gens, lesquelz, selon leur folle phantasie afferment et nyent ce que bon leur semble, sans avoir nul esgard à toute raison qu'on sauroit amener *. »

<S. D'une façon générale Calvin répond : « Ou Dieu a institué la circoncision pour les petis enfans à bonne raison, ou non. Si elle a esté bien instituée, tellement qu'on ne puisse alléguer aucune absurdité à l'encontre, autant en est il du baptesme '. »

Quant aux difficultés, elles ne doivent pas nous arrêter. Ne disons pas que

1. Hf, p. 615, 616. — i. B", p. 619. — ;!. B»-, p. 620. — l. Bf, p. 610, 612. — o. B»-, p. 613.

nous ne pouvons * comprendre, en nostre sens charnel, « le ^ profit » qui revient du baptême soit aux fidèles, soit aux enfants. Dieu nous a donné les explications nécessaires et suffisantes. Profitons-en.

l.'hnnime fidèle est « consolé » et reçoit « meilleur courage de s'adonner du tout à Dieu, quand il voit ce bon Seigneur n'avoir point seulement cure de luy. mais aussi de ses enfans et de sa postérité. Et ne fault dire que la promesse suffiroit pour nous asseurer du salut de noz enfans. Car il a semblé advis autrement à Dieu, lequel congnoissant l'infirmité de nostre foy, l'a voulu en cest endroit supporter. » Et l'e/z/h/z/ reçoit ce profit, « que l'Eglise chrestienne, le recongnoissant membre de son corps, la en plus singulière recommandation. Et luy, quand il vient en eage, ha occasion d'estre plus enclin de servir au Seigneur, lequel s'est déclairé à lui pour Père, devant qu'il le congneust, le recevant au nombre de son peuple dès le ventre de sa mère '. »

i. Bf, p. 602, 603.

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