Opéra XI, p
2. Et il se trouve des historiens catholiques, comme le vicomte de Meaux, gendre de IVIontalembert [Les luttes religieuses en France au seizième siècle, 1S79, p. V, Lxv) pour écrire des lignes comme cellesci : 1 Si le protestantisme avait prévalu partout, le monde aurait reculé vers l'antiquité..; la distinction des deux puissances aurait été effacée. Ainsi en advint-il, en effet, dans tous les pays où l'hérésie triompha. » — Et cela est faux, au moins aussi faux qu'il est vrai que Grégoire VII, Innocent III et la bulle Unani sanctam et le Moyen Age ont existé ; aussi faux qu'il est vrai que Calvin et le calvinisme ont existé. — Du reste la confusion des deux pouvoirs est la thèse soutenue aujourd'hui par les interprètes les plus autorisés de la pensée romaine, comme le P. Lépicier. (Voir dans Foi et Vie, 1910, p. 393 et ss.,) mon article intitulé L'esprit du Vatican.)
3. Il y a dans les Mémoires et Documents de la Société d'histoire de Genève, XII (1860), une étude intéressante du professeur Cellcrier sous ce titre : « Du rûle politique de la Vénérable Compagnie dans llancienne république de Genève, spécialement dans la crise de 1734 et années suivantes. » — Voir p. 190, 191. — 4. Opérai, p. 229, 230. B»-, p. 754, 755- IV, xx, 3. — .'i. Ibid., LUI. Sermon i Tim., p. 130. — 6. Ibid., p. 134.
7. Voir, si l'on veut, IV, xi, 3. — Commentaires sur Michée III, 12. IV, xi, 16. Lettre à lord Somerset, Opéra XIII, p. 64-67. — Lettre au roi de Pologne, 1554. Opéra XV, p. 335. — Opéra XXVI, Sermons sur le Deutéronome, p. 576, 577. — Opéra LUI, Sermons sur i Tim., p. 142. — Homélie XXVI sur i Samuel, ch. VII, Opcta XXIX, p. 532, etc. — 8. Ilml., LUI. Sermon i Tim., p. 13S.
C'est en premier lieu, que nous ripions, dit S. Paul, en toute piété. Qu'emporte ce mot de piété ? C'est l'honneur de Dieu, quand il y a une religion pure et saincte entre nous. Par ceci les magistrats sont advouez quand ils desployeront le glaive contre ceux qui troublent l'Eglise, contre tous hérétiques, et ceux qui sèment erreurs et fausses opinions, et ces phantastiques qui sont menez de l'esprit de Satan, qui aujord'huy voudroyent qu'on donnast une licence impunie à ceux qui taschent de renverser la vérité, à ceux qui rompent l'union de la foy, et la paix de l'Eglise, tellement qu'ils monstrent bien qu'ils bataillent à l'encontre de Dieu, et que c'est Satan qui les pousse à cela. Car nous oyons ce que le S. Esprit prononce par la bouche de S. Paul : c'est asçavoir que Dieu commande aux magistrats de maintenir la pure religion. Mais au reste, quand ils ne le feront, une telle lascheté ne demeurera point impunie. Pourquoy ? d'autant qu'ils anéantissent l'ordre de Dieu, en tant qu'en eux est. Sont-ils dignes d'estre ainsi exaltez? Qui est l'homme mortel qui s'osera attribuer ceste dignité-là d'estre assis au lieu de Dieu, au siège qu'il a consacré à sa majesté? qu'une vermine et pourriture soit là ? Or voici Dieu qui fait cest honneur aux créatures qui en sont indignes, de leur tendre la main, et leur dire : « Je veux que vous soyez mes lieutenans ; » et cependant ils ne tiendront conte de celuy qui les a là élevez ; ils souffriront que sa gloire soit mise sous le pied, que son nom soit prophané, que son service soit exposé à tout opprobre, qu'il y ait meslinge confus par tout : ne voilà point une ingratitude par trop vilaine ? Si un homme laissoit seulement sa maison en la garde d'un sien ami, et qu'il luy dit : « Faites bonne chère de mon bien, traittez- » vous comme ma personne ; mais cependant faites que la maison ne se dissipe » point, que mes serviteurs ne soyent point corrompuz, ni desbauchez, jusqu'à )) ma venue, » si celuy-Ià faisoit un b... [maison de tolérance] de la maison qui luy auroit esté commise, qu'il allast aliéner les titres et instrumens pour priver le maistre de sa maison, qu'il induisist les serviteurs à couper la gorge au maistre quand il seroit de retour, et qu'il y meist une confusion plus que brutale, je vous prie, un tel homme ne mériteroit-il pas d'estre tiré à quatre chevaux ? Ne seroitil point estimé comme un monstre détestable? Il est bien certain. Or voici le Dieu vivant qui constitue une povre créature mortelle pour l'asseoir en son siège, et dire : « Je veux que tu représentes ma personne, mais à ceste condition que » je soye servi et honoré. » Car Dieu ne veut pas résigner son droict, pour dire qu'il se dérogue en rien, ne qu'il préjudicie à sa gloire, ne qu'il amoindrisse. Et cependant voici l'homme mortel qui souffrira que la vérité de Dieu soit vilipendée, qu'on se mocque de luy, et que la façon qu'il a ordonnée pour régner entre les hommes soit abolie ! Et cela est-il tolérable ? Ainsi donc que les magistrats cognoissent bien quelle condamnation il y aura sur leur teste, et l'horrible vengeance qui les attend, sinon qu'ils advisent de s'efforcer à s'acquitter pour maintenir l'honneur de Dieu, qui consiste en ce que la pure religion ait lieu et vigueur entre les hommes *. »
Tout en un mot : pour Calvin, l'Etat doit être chrétien.