Sermon sur Daniel. Opéra XLI, p. 34S
2. Commentaires i Pierre H, 13. — Les sujets savent que les supérieurs elles puissances sont ordonnées de Dieu (a Deo), et ne s'informent de rien plus, car il n'y a de pouvoir si ce n'est de Dieu (« Deo). (Homilia in I Sam. Opéra XXIX, p. 675. Voir aussi p. 66i.) — « Tous ceux qui dominent à juste titre {boue) et ceux qui dominent injustement {injuste) sont également {ex aequo) doués de cette sainte majesté, qui les investit du pouvoir légitime. » (Opéra I, p. 244.) — Et après avoir parlé des conquêtes romaines en Asie, = plus par meschantes prattiques, que par cause légitime, > des empereurs < qui dominoyent pour lors, ayant ravi la monarchie par violence et force tyrannique, » des magistrats qui « exercent plus tost une barbarie et cruauté tyrannique, qu'une domination légitime, » il ajoute : « Fresque tous les magistrats estoyent tels quand ceste epistre [de S. Pierre] fut escrite. Je respon, que les tyrans et autres semblables ne sçauroyent tant faire par leurs abus, que l'ordonnance de Dieu ne demeure tousjours ferme ; comme nous voyons que l'institution perpétuelle du mariage n'est point renversée, quand la femme ou le mari se gouvernera autrement qu'il ne doit. Ainsi donc, quoy que les hommes s'esgarent, toutesfois le but que Dieu a planté ne lairra point de demeurer ferme et immuable, » - sans compter que < la façon du gouvernement civil, quelque déformité et corruption qu'il y ait, est toutesfois meilleure que Testât sans principauté. •> Commentaires, i Pierre II, 13, 14.
;i. Praîlectiones in Jeremiam. Opéra XXXIX, p. 158.
à ceste grande puissance, que Dieu luy avoit donnée. Par ainsi apprenons à l'exemple du prophète à prier pour noz adversaires, qui voudroient nous avoir ruinez ; et sur tout de prier pour les tyrans, si c'est le plaisir de Dieu de nous assujettir à eux. Car posé qu'ils soient indignes que l'on exerce aucun devoir d'humanité {ctsi iudigni sunt itllo humanitatis officid) envers eux, toutefois pour ce qu'ils n'ont aucune supériorité sinon par la permission et bonne volonté de Dieu, portons ce joug paisiblement, et ce non seulement pour éviter leur indignation, comme S. Paul admoneste (Rom. XIII, 5), mais à cause de la conscience. Autrement nous serons rebelles non point à eux seulement, mais à Dieu mesme'. »
Toute autorité vient de Dieu, encore en un autre sens, vraiment singulier. Il est tellement contraire à la nature de l'homme d'obéir que, pour qu'il obéisse, il faut une action particulière de Dieu. L'obéissance est due à une intervention du Saint- Esprit, comme l'autorité ! « Nous voyons ^ quenli'e les dons du S. Esprit il y a l'authorilé, comme aussi l'Escripture saincte en fait mention en d'autres passages. Prenons le cas qu'un homme fust le plus idoine, qu'il fust propre pour gouverner, si est-ce qu'il ne sera point aulhorisc\ et n'aura nulle réputation, sinon que Dieu Vauthorise, et qu'il luy donne comme une marque, afin qu'il soit redouté, qu'on se tienne à luy, et qu'on reçoyve la doctrine qu'il porte. Car il est certain que les mousches mesmes s'esléveront, si ce n'est que nostre Seigneur donne authorité aux hommes **. »
A l'action de Dieu, qui agit dans celui qui commande, correspond l'action de Dieu dans celui qui obéit. « Quand les peuples se soumettent aux rois, princes, magistrats et grands, et reçoivent d'eux les lois, et souffrent d'être condamnés, il est certain que cela se fait par un mouvement et un instinct divin, qui inspire aux hommes cette crainte, sans laquelle il est certain qu'ils ne se soumettront jamais aux autres.... Nous savons quelle ambition est innée à chaque homme, et combien chacun est avide de domination : il est absolument contraire à notre nature de courber nos têtes sous le joug d'un autre ^ »
Calvin s'explique. L'autorité est une image particulière de Dieu en l'homme. L'homme est homme, parce qu'il porte l'image de Dieu. Le prince, le magistrat, porte cette marque auguste d'une façon spéciale. Et voilà pourquoi l'animal obéit à l'homme, et pourquoi le citoyen obéit au magistrat. « Quand on demandera comment est-ce que les princes sont si bien obéis, que encores qu'ils dominent avec grand excès... que néantmoins ils sont maintenus en leur dignité, et y persistent ? Pour ce que Dieu y ha mis la main, et qu'il y ha engravé une telle majesté, qu'il faut qu'ils soient obéis, encores qu'ils usent d'excès et de cruauté souventes fois. Et de fait, comment est ce que les bestes craignent les hommes ? C'est à cause de l'image de Dieu qui y est engravée.... Tant y ha néantmoins,
1. opéra XL, p. 665, 666. ch. IV, v. 19, trad. de 1569. — 2. Il s'agit de Josué. — 3. Sermons sur le Deutéronome. Opéra XXIX, p. 22S. — 1. Homilia in I Sam. Ibid., XXIX, p. 660.
l'autorité 423
qu'encores voit-on quelques trasses de ce qui est en nostre première création, que les bestes ont je ne sçay quoy, tellement qu'elles se assubjettissent encores aux hommes, et en ont quelque crainte, combien que ce ne soit pas pleinement, comme elles ont fait autresfois. Ainsi en est-il quand à toutes les principautés, Royaumes et Seigneuries.... Cela ne viendra point de la propre volonté des hommes, mais d'une affection que Dieu leur donnera, quand il besongnera en eux par son S. Esprit ^ »
Il est temps de le noter : cette conception de l'autorité qui vient de Dieu, et qui, en une certaine façon, exalte l'autorité du magistrat, contient en elle-même une série de limitations fort importantes.
1. Puisque l'autorité est donnée au prince par Dieu, le prince doit être modeste. « Quand Dieu eslève les princes... combien que les princes, quant à ce monde ayent une puissance infinie... si est ce que du costé de Dieu ils sont tousjours comme bridés... Qu'ils cheminent en modestie et humilité devant Dieu., sachant qu'il faut qu'ils luy soient assubjetis, aussi bien que tout le reste ^. » — « Que les magistrats monstrent que vrayement ils sont les officiers de Dieu, puisqu'il leur fait l'honneur, qu'ils méritent d'estre assis au siège qui est dédié à sa majesté, de porter le glaive qui luy est sacré.... N'est-ce pas une ingratitude villaine, quand un homme qui est en authorité de justice, ne cognoist point: « Qui » suis-je ? Me voici un povre ver de terre : et Dieu veut que je porte son nom, » comme de par luy, que je pratique quant et quant en l'authorité qu'il m'a don- » née. » Quand un homme ne connoist point cela, n'est-il pas ingrat par trop ^ ? »
2. Cette autorité, qui vient de Dieu, est à elle-même son programme. — Le roi règne « en général pour le bien du commun » (in commune populi commodum) *. Car Dieu « ne les a point là mis pour se lascher la bride à molester les autres et à leur tenir le pié sur la gorge... pour dominer tellement que les autres soyent en servitude. » Finalement qu'« il ne semble point aux rois et aux princes que le monde soit créé pour eux ; ils sont plustost créez pour la multitude ^. » — La responsabilité du prince égale s'a dignité. Quelle ne doit pas être « l'intégrité, prudence, clémence, modération et innocence d de ces « ministres de la justice divine!» Comment introduiraient-ils « quelque iniquité en leur siège, » s'ils pensent que ce siège est « le throne du Dieu vivant ? » En leur qualité de « vicaires de Dieu, » ils doivent présenter aux hommes « comme une image de la Providence, sauvegarde, bonté, douceur et justice de Dieu. » S'ils prévariquent, ils
i. Sermon sur Daniel. Opéra XLI, p. 34g, 350, — -2. Ibid., Opéra XLI, p. 351. — ^. Sermon sur le Deutéronome. Ibid., XXVI, p. 315-317.
4. Psaume XXVIII, 9. « Il faut que les rois ayent l'utilité publique en telle recommandation, que toute la prospérité qu'ils se souhaitent soit à cause du peuple >• {\xt pi(blica> ntilitati addicti, nonnisi po/>iili causa salvi esse cupiant). Ibid. — '\. Sermon CXIII sur Job, ch. XXXI. Opéra XXXIV, p. 656.
sont deux fois « maudits », car ils font injure non seulement aux hommes mais aussi à Dieu '. »
Calvin en arrive à cette idée d'un libéralisme singulièrement affiné qu'une vertu particulière du roi doit être Véloquence. Il do\t persuader ses sujets plutôt que \es forcer. « C'est à bon droict que l'éloquence est louée en un Roy, duquel l'office est non seulement de gouverner le peuple par conseil et authorité, mais aussi Viiidiiire et comme attirer à obéissance par raisons et remonstrances faites avec grâce de bien parler.... En cela se monstre évidemment la nonchalance et povreté d'esprit des rois d'aujord'huy, ausquels il semble que ce seroit une chose dérogante à leur dignité, s'ils entroyent en propos avec leurs sujets, et usoyent de remonstrances pour les faire tleschir à obéyssance; ou pour mieux dire, ils montrent bien une tyrannie barbare, en ce quils tendent plustost à contraindre les gens qu'à leur persuader ., et aiment mieux abuser de leurs sujets comme de povres esclaves, que de tascher d'avoir un peuple docile et obéissant, en le gouvernant par loix et en douceur équitable ". »
3. Précisément parce que le prince est obligé envers Dieu, il est obligé envers son peuple : « D'autant plus qu'un homme sera eslevé, il est obligé aussi et à Dieu, et à ceux sur lesquels il préside, comme il n'y a nulle prééminence sans charge, voire sans servitude. » Et encore : « C'est à ceste condition, qu'ils travaillent et que mesme ils servent au bien commun du peuple, comme si Dieu leur avoit mis le fardeau sur les espaules, de soustenir Testât commun '\ » — I.e monde n'a pas été créé pour les Rois ; ils sont plustost créés pour la multitude ''. » L'idée était déjà dans le Commentaire sur Sénèque, mais comme elle s'est développée !
4. Faisons un pas de plus. Ea conception calviniste amène à distinguer profondément entre la charge et la personne ^, qui exerce cette charge : « 11 ne huit point que nous regardions aux personnes, si elles s'acquittent aujourd'huy de leur devoir ou non; mais que plustost nous regardions à l'ordre que Dieu a establi, lequel ne peut estre jamais violé par la malice des hommes, ou bien ne peut estre efïacé du tout, qu'il n'en demeure quelque résidu *'. » — Les hommes qui exercent la charge peuvent être « ennemis déclarez de Dieu, » même des « diables encharnez ', » ils sont et restent « lieutenans de Dieu ». Mais « il ne faut point que nous accusions Dieu, pour approuver les hommes en ce qu'ils font ''. » —
1. IV, XX, 6. — 2. Psaume XLV, 2. — :î. Opéra XXV, p. 629, 630. — 4. Ibid., XXXIV, p. 656.
5. ■! Nostre Seigneur faict ceste grâce aux princes, de les appeler dieux; et ce, non pas à cause de leurs personnes, mais en considération de la dignité où ils sont ^. (Opéra VII. Briève instruction contre les anabaptiste;", p. 83.)
• i. Sermon sur i Tim., Opcra LUI, p. 130. — « Il est vray que si nous regardons qui sont les princes terriens, ce n'est que fumée, ce sont povres vers de terre. Il est vray qu'ils sont honorables, entant que Dieu y a imprimé sa marque, mais d'eux-mesmes ils ne sont rien. » Opéra XXVII, p. 78. Sermon LXXIV sur le Deutéronome.
7. Sermon sur i Tim. Opéra LUI, p. 130, 131. — 8. Sermon sur Daniel. Ibid., XLI, p. 352.
« Tout pouvoir vient de Dieu, car Dieu tend la main à qui il veut, et selon son plaisir le fait roi et dominateur. Tous ceux donc qui ont le droit du glaive et le pouvoir public sont esclaves de Dieu, même s'ils exercent la tyrannie et sont des brigands ., ^latroties) '. - Le fait qu'ils sont « lieutenants « de Dieu ne les empêche pas d'être des « brigands ».
5. Et puis à côté du prince il y a le prophète. Le prince qui refuse de supporter la moindre critique d'un « serviteur de Dieu « {servus Dei) est un deierrimus tyrannus ; son règne est un « sacrilège criminel « {scelestum sacrilegium) \ « En premier lieu donc les roys et les princes doivent estre admonnestés, quand lis ont faict quelque édict, qu'ils avisent bien si l'honneur de Dieu y est point amoindri ; que s'ils connoissent qu'ils desroguent à sa majesté tant peu que ce soit, et à la supériorité qu'il ha par dessus toutes créatures, qu'incontinent ce qu ils auront fait soit révoqué, car ce leur sera plus grand honneur de se révoquer en cela que d'y demourer obstinés, et ne faut point qu'en cet endroit les loix humaines aient lieu '\ »
En tout cas cette autorité qui vient de Dieu, et qui est représentée par le prophète, pose elle-même la borne qu'elle ne saurait franchir : la loi de Dieu Or^ l'obéissance à la loi de Dieu ne relève que de notre conscience ; donc l'autorité s'arrête où la conscience commence. « En tant que nous pourrons sans blesser noire conscience, il faut que nous leur obéissions paisiblement '\ . - « De là nous pouvons recueillir comment c'est que nous devons obéir aux hommes, c'est assavoir quand Dieu domine, qu'il a son empire souverain, que les hommes ne sont que ses ministres. Or il est vray que si Dieu permet qu'il y ait des tyrans sur nous, qu'il nous faut plier le col pour porter un tel joug : voire, mais cependant ce n'est pas que nous devions décliner de sa Parolle. Quand les princes, les magistrats, les pasteurs de l'Eglise nous voudroyent destourner de ce que no'stre Seigneur nous déclare, plustost mourir cent fois. Pourquoy ? L'obéissance que nous devons aux hommes doit estre tousjours reiglée à cela, c'est que Dieu retienne tousjours son lieu, et que chacun s'assujettissse à luy, grans et petis '. »
Et enfin réapparaît la Parole de Dieu elle-même, et cette Parole prêchée par le ministre de la Parole. A côté de l'autorité est la liberté de la Parole et du ministre de la Parole. Le ministre prêche en toute liberté la Parole aux magistrats comme aux simples citoyens.
Voici ce que dit Calvin des citoyens : « Ils brideroyent volontiers le S. Esprit pour le faire parler avec certaines conditions. « Voilà, nous te permettrions bien .) volontiers de dire quelque chose ; mais nous ne pouvons pas endurer cela • « ceste grande rigueur et si aspre nous desplait ; ceste hardiesse de parler si » rudement nous fasche. .. Et aujourd'huy en la papauté, on voit que la liberté de prophétiser est quasi du tout ostée et abolie. Et entre nous, combien y en a il qui
1. Prselectiones in Jeremiam, chap. XXVII, 6. Opéra XXXVIII, p. 54.,. -2. ,557. Ofiera XXXI, p. 769- — 3. lôic/., XLI, p. 40S. — i. Sermon sur le Deutcironome. Opcra XXVI p ,iS - 'i //»>/ O/^rrt XXIX, p. 229. '
^20 LA PENSÉE POLltlQUË
voudroyent bien imposer des loix aux serviteurs de Dieu, lesquelles ils ne peussent outrepasser ? Mais nous voyons ce que dit le prophète, asçavoir que la Parolle de Dieu est du tout rejettée, quand la pleine liberté d'enseigner est ostée aux ministres.... Car les meschans et contempteurs de Dieu non seulement parmi les tavernes ou cabarets, et en leurs cavernes, grondent et murmurent, quand on rédargue les vices à bon escient, mais ils se déclarent ouvertement et se pleignent qu'on donne trop grande licence aux ministres de la Parole de Dieu, et qu'il faut trouver quelque moyen pour les faire parler plus sobrement.... C'est un sacrilège... de vouloir publier un édict ou ordonnance, que les prophètes ne parlent plus si librement, ni en cette rondeur qu'ils ont accoustumé'. »
Et la liberté de la parole, dont il use vis-à-vis des simples citoyens, le ministre de la Parole doit avoir le droit d'en user vis-à-vis de tous les gouverneurs : « Le prophète accorde aux princes ce qu'il leur est propre, comme s'il protestoit qu'il n'est point un homme séditieux ne mutin, qui n'ait soin ni esgard aucun à la police et ordre publique.... Mais... la Parolle de Dieu n'est point tellement liée, qu'elle ne desploye sa vertu et puissance contre les plus hauts montez et les plus petis. Car l'office du S. Esprit est de juger le monde, et non pas une partie tant seulement... Sçachons donc combien qu'il nous faille porter honneur et révérence aux juges et gens qui ont le gouvernement des autres (ainsi que nostre Seigneur mesme a bien daigné leur donner ce titre si honorable, quand il les appelle ses lieutenans, et dieux) que cela toutesfois ne peut point fermer la bouche aux prophètes qu'ils ne redarguent, sans aucune distinction, tout ce qui est digne de répréhension, n'espargnans point mesmes les princes et ceux qui sont eslevez en degré d'hommes par dessus les autres '. » — « Ce passage-ci monstre que les rois mesmes et les grans seigneurs ne sont point exempts de la doctrine commune, s'ils veulent estre tenus pour membres de l'Eglise ; car nostre Seigneur veut sans exception gouverner tous hommes par sa Parolle.... Ils ne sont point si haut montez, que nostre Seigneur avec sa Parolle ne soit par dessus eux. Brief, sçachons qu'en l'Eglise la Parolle de Dieu obtient tellement le degré souverain, que les sacrificateurs, ne les rois, et princes, ne tout leur Conseil, Jie sont point privilégiei^ ne dispense^ plus que les autres, comme si leur vie n'estoit pas sujette à la Parolle de Dieu. Ce passage-ci donc est excellent pour establir l'authorité de la Parolle de Dieu ^ »
Cette liberté de la parole, de la Parole de Dieu et de son ministre, à une époque où il n'y avait pas de presse, c'était la liberté de la presse.
Naturellement, à la nature de l'autorité correspond la nature de l'obéissance, absolue et limitée. — Mais nous parlerons de celle-ci, comme des pouvoirs inférieurs, plus loin dans le chapitre intitulé : Du droit de résistance.
6. Et enfin, si le roi ne veut pas réaliser le programme que Dieu a prescrit à son autorité en la lui conférant ; s'il ne veut pas s'arrêter en deçà de la borne
1. Leçons et expositions familières de Jehan Calvin sur les douze petits prophètes, 1560. Amos II, 12.