‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 96 sur 176 · Ibid. Michée III, 10. — 3. Ibid. Osée V, i · texte numérisé non relu

Ibid. Michée III, 10. — 3. Ibid. Osée V, i

sacrée, que Dieu lui a défendu de franchir, la conception calviniste contient une garantie suprême.

^ ^ En parlant de Tautorité a Deo, Calvin n'entend pas du tout affirmer un privilège à rusage exclusif des princes et des rois (et Ton pourrait presque dire que tout est là). Bien au contraire ; Calvin entend poser un principe au bénéfice égal duquel se trouvent tous ceux qui exercent une autorité quelconque. Ce qui, d^ns les rois, est « de Dieu », ce n'est pas le roi, mais l'autorité royale, simple forme particulière de l'autorité générale. « Les pères et les mères, les magistrats et tous ceux qui ont maistrise, sont lieiitenans de Dieu ', et représentent sa personne. » Cette première limitation, — pour être une extension, — n'en est pas moins essentielle. Du moment qu'il y a plusieurs autorités a Den, elles se limitent l'une l'autre. — Et c'est ici le fondement de la grande doctrine calviniste sur les pouvoirs inférieurs. Nous la retrouverons plus loin, comme nous venons de le dire.

Il en est du principe: « Toute autorité vient d'en haut, » comme de la théorie sur l'Etat chrétien. Rien ne heurte davantage les idées courantes. Aujourd'hui c'est devenu un axiome presque universellement accepté que toute autorité vient d'en bas. C'est, dit-on, l'idée démocratique, tandis que l'autre idée est l'idée catholique -,

II y a cependant trois mots qu'il ne faudrait pas confondre : la nécessité, la contrainte et Vautorité. La raison nécessite ; la force contraint. Mais là où il y a nécessité ou contrainte il n'y a pas autorité. Pour qu'il y ait autorité, il faut qu'il y ait liberté de résistance. L'autorité est un rapport entre deux personnes libres, dont l'une a le droit de commander, et dont l'autre a le devoir d'obéir, si elle le veut, c'est-à-dire a le pouvoir de désobéir. Toute autorité est donc, en'un sens, morale. La morale vient-elle d'en haut ou d'en bas ? La conscience vient-elle d'en haut ou d'en bas ?

Et même en dehors de toute morale (si l'on peut s'imaginer cette situation), me somnettre à ce qui est au-dessous de moi, ou bien à ce qui est à la même hauteur, est une contradiction dans les mots et dans les idées. On ne se soumet qu'à ce qui est au-dessus. Pour qu'il y ait sous, il faut qu'il y ait sur.

De plus, cette impossibilité matérielle est une impossibiHté humaine (si l'on ne veut pas dire morale). Courber la tête devant un homme, comme homme, c'est

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