‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 4)Chapitre 107 sur 149 · Anti-intellectualisme · texte numérisé non relu

Anti-intellectualisme

Quant à la nature même de cette idée de Dieu, dans une étude très développée et très minutieuse de la doctrine de Dieu dans Calvin, le professeur Warfield - s'exprime ainsi : « Celui qui s'attend à trouver dans ces chapitres une discussion ordinaire des diverses matières qui remplissent le lociis de Deo dans nos dogmatiques sera désappointé. Calvin, en écrivant, n'obéit pas à une impulsion scientifique, abstraite; il est préoccupé des besoins de l'âme, et il a spécialement dans l'esprit les aspirations de l'époque dans laquelle il vit. lit comme son but est distinctement religieux, sa méthode est plus littéraire que scolastique •'.... La clef, qui ouvre l'intelligence de Vlnstiliilioii, c'est la constatation que son but principal a été religieux, et que, non pas son coloris, mais sa substance entière est d'être religieuse. » — « Les preuves métaphysiques de l'existence de Dieu, telles qu'elles ont été données par Augustin, Anselme et Descartes, sont tout à fait étrangères à la théologie des trois premiers siècles K » — « Comme les anciens Pères, Calvin produit seulement ces deux séries de preuves : la connaissance de Dieu nous est donnée dans la connaissance de nous-mêmes, et elle est solidement attestée par ses œuvres et ses actes ■\» — « Calvin rejette toutes les méthodes a priori pour déterminer la nature de Dieu, et il nous demande de former notre connaissance de Dieu a posteriori, en partant de la révélation qu'il nous .donne de lui-même dans son activité ". »

Le D'^ James D. Motfat dit : « Ce qui me fait porter le jugement le plus favorable possible sur la théologie de Calvin, c'est que cette théologie est sortie de son expérience. Il n'était ni un doctrinaire, ni un théologien de profession ". »

Le professeur Schulthess-Rechberg dit : « La psychologie religieuse paraît être une conséquence de la métaphysique religieuse, pourrait-on dire, sauf qu'à proprement parler il n'y a pas de métaphysique chez Calvin ^ » — « Calvin sent, — et volontiers il parle de sentiment religieux, comme Schleiermacher, qui sur plus d'un point est son disciple, — que Dieu agit personnellement sur lui : et de même, pensc-t-il, il agit sur chaque âme, dirige son sort et nourrit sa vie intérieure '■'. »

Page 1