La Triniti
M. le professeur Warfield a aussi consacré une longue et savante étude à la doctrine de la Trinité chez Calvin. Nous en indiquons seulement quelques idées *. « La doctrine de la Trinité n'était pas étrangère à sa conscience religieuse, mais était un postulat de ses plus profondes émotions religieuses; elle lui était donnée en réalité dans son expérience même du salut. Dans le Caléchisme de 1 557-1538, il dit: « L'escripture et l'expérience mesme de piété nous monstre en la très simple essence de Dieu, le Père, son Filz et son Esprit ■'. »
« L'intérêt de Calvin résidait distinctement dans la substance de la doctrine de la Trinité, plus que dans une façon particulière de la formuler ". »
Quant au fond de sa conception, Calvin est plus occidental qu'oriental, plutôt augustinien qu'athanasien. C'est dire que, à propos des distinctions trinitaires, il est pour « l'égalisation », plus que pour la « subordination » ". Il conçut avec plus de clarté et il appliqua avec plus de pureté qu'on ne l'avait fait auparavant le principe d'égalisation dans la relation des Personnes l'une avec l'autre, et, en conséquence, c'est en cela qu'il marque une époque dans la doctrine de la Trinité.
Si nous nous demandons ce qui caractérise la doctrine de la Trinité chez Calvin, nous remarquons d'abord sa simplicité, ensuite sa clarté logique, et enfin son élimination de tout ce qui reste de subordinatianisme, pour rendre pleine justice à la déité de Christ. « Simplification, clarification, égalisation, voilà les trois traits de sa conception de la Trinité «. »
Nous renvoyons au travail de M. Warfield pour tout l'historique des débats relatifs à « l'aséité» du Fils, comme pour les explications relatives à la distinction entre ['essence et la pnsonmlité, et pour Vordre dans les trois personnes, avec leur génération et leur succession •'.
I B B Warfield :« Calvin's Doctrine of God,» dans Tl,t Princeton Theological RevUw, juillet 1909, P- 403-405- - Pour le panthéisme, M. Warfield cite le Principal Fairbairn : « Calvin était un pur spinosiste, quoique pas auss> conscient et consistant que Spinoza, » p. 405 et n. 8. - Voir p. 405 et n. 46, 47; 409- , . , „ •
■> Bohatec p 40Î n .. - :!. Bavinck, « Calvin and Common Grâce «, dans The Princeton Theolog.eal Revuw, juil .909 p. 450. - i. Benjamin B. Warfield: « Calvin's Doctrine of the Trinity, » dans The Princeton Theolog.cnl Bevieu; octobre ,909, P- 553-65- - ■>■ Ibid. p. 559- - Ofiera XXII, p. 5=- - «• *"^-. P- 583- -J- ""d-, P- 595- " 8 Ibid p :.q6 - i». « Il ne convient pas de dissimuler la distinction, laquelle est exprimée en 1 Lscr.ture.... Combien que réternité du Père soit aussi l'éternité du Fils et de son Esprit,... et qu'en l'éternité il ne faut chercher prem.er n. second, toutesfois cet ordre qu'on observe entre le Père, le Fils et le Sainct-Esprit n'est pas supernu.... » /.«/./"/.-
chrétienne, I, xiii, 15.
^34 APPENDICE
Quant à l'expression « Dieu de Dieu », que Calvin avait traité de « battologie » en 15.^7, et qui se trouve dans le symbole de Nicée, lequel Calvin refusa de signer sur l'ordre de Caroli, tout en déclarant qu'il n'avait pas la pensée de le rejeter (abjicere), il ne semble pas que notre Réformateur ait essentiellement moditié son opinion en 1563. Les circonstances ont changé, et le lan- '\u'e de Calvin tient compte des circonstances. Calvin explique que l'intention des pères a été bonne, mais «tout en maintenant que l'expression est dure'. » — Et s'il paraît admettre, en 1563, l'authenticité du symbole dit d'Athanase, peut-on dire qu'il eût contestée en 15.^7?
La doctrine de la foi.