Ml-CANISME
Nous avons présenté, à propos de ces diverses critiques, — en particulier sur l'inspiration verbale et mécanique, et sur l'absence de différences entre l'Ancien et le Nouveau Testament, — des textes et des réflexions.... Comme nous ne trouvons ces textes ni cités ni discutés, nous pouvons nous borner à y renvoyer les lecteurs.
Nous noterons cependant une étude, et une série d'observations.
L'étude sur l'Inspiration de l'Ecriture est de M. Warfield, qui avec son soin et son érudition habituels, passe en revue toutes les questions. — M. Warfield " cite deux études de J. Cramer, que nous n'avons pas eues entre les mains, Nieiiwe Bijdriu:ien op bel Gebiel van Godgeleerdhcil eu Uljshegeerle, III. (1881), et De Rooiiisch-Katholieke en de Oiid-Protestansche Schriflbeschoninving,
I. Moffat, Aiibiir), Semiiiary Record, p. i6o, i6i. - i. Wernle (in St. Gallen), p. 55. - -"t. Cornill, p. 14. - 1. P. Wernle, Akadtmischrr Voilrag, p. 31, 3a. - ■">. Eck, p. 28. - t.. Viùnot, p. 24. - 7. Wall«er, p. 461. - 8. Warfield: Calvins Doctrine of Ihe Knowledge of God ♦ dans The Princeton theological Rtvitw », 1909, p. 239-262.
1883. — Or Cramer est seulement sur que Calvin ne professa pas la théorie que professèrent les anciens protestants. « Il est vrai, ajoute-t-il, que Calvin donna l'impulsion (de laquelle est sortie l'ancienne théorie protestante^ plus qu'un autre Réformateur. Mais il ne iaut pas oublier que nous ne pouvons ici parler que d'impulsion. Nulle part nous ne trouvons chez Calvin une conception magique de la Bible telle que nous la trouvons chez les anciens dogmaticicns. .Sans doute il s'est servi du mot iliclarc et d'autres expressions qu'il trouve dans la terminologie de son époque ; mais d'un autre côté, combien de fois il reconnaît le facteur humain dans les Ecritures ' ! »
Et M. Warfield lui-même, après avoir signalé les expressions maintes fois citées (I. VI, 2. IV. VII, 9 sur les iiolaires, etc.) s'exprime ainsi : « Il n'est point injuste cependant, de soutenir que ce langage est figuré, et que ce que Calvin a dans l'esprit, ce n'est point d'insister sur le mode d'inspiration qui est la dictée, mais sur ce que le résultat de l'inspiration est comme il serait avec la dictée, c'est-à-dire que la parole est la pure parole de Dieu sans aucun mélange humain.... Le terme « dictée » était, sans aucun doute, courant à cette époque - pour exprimer les effets plutôt que le mode de l'inspiration '. »
Calvin lui-même explique qu'il s'agit d'une façon de parler. « Les apôtres eux-mêmes ne l'auraient pas fait (c'est-à-dire ne nous auraient pas montré que tout est accompli en Christ), si ce n'est par le moven du Seigneur (^.v Domino), ce qui signifie : L'esprit de Christ les précédant, et, en une certaine façon leur dictant les mots : prwmnte et verba qitodam modo dictante Cbristi spiritii '. »
Et voici maintenant la série d'affirmations que nous trouvons chez les auteurs mêmes les plus opposés à la doctrine de Calvin, et qui semblent mal s'accorder avec le reproche courant de « mécanisme », de « verbalisme ».
Ces auteurs citent Arminius, le grand adversaire de Calvin en dogmatique, qui disait : « Après l'étude des Ecritures, j'exhorte mes élèves à user des Commentaires de Calvin. J'affirme qu'il dépasse tous les autres, sans comparaison, dans l'interprétation des Ecritures ; « Richard Simon, le célèbre exégète et critique catholique et rationaliste, qui disait : « Nous rencontrons toujours dans ses Commentaires quelque chose qui ravit notre esprit ((jno animus rapitur) •' ; » Diestcl, qui, dans son grand ouvrage : Histoire de l'Ancien Testament, 1869 ", appelle Calvin « le créateur
de la vraie exégèse ', » etc.
Le professeur Wernle dit : « La liberté critique de Calvin, vis-à-vis de la tradition, a été vantée à bon droit ". » — Le professeur Eck dit : « Calvin suit une méthode et des principes qui ne peuvent passer, même aujourd'hui, pour vieillis.... Ces principes lui permirent une indépendance ( Unbe/angenheit) dogmatique, aussi grande qu'elle pouvait être atteinte à cette époque. Le même homme qui, dans l'Eglise, exige un complet accord dogmatique, défend dans l'explication de la Bible, comme son bon droit, la liberté des différences d'opinion (Frcihcil dcr Meinungs-
i. Cité par Warfield, p. 25a, n. 34.
i. Le Concile de Trente se sert des termes diclanle spirilu sancto, à propos de la tradition inspirée par le Saint- Esprit. - On peut voir à ce sujet la discussion de O. Ritscl.l, s'efrorçant de démontrer que malgré tout il s'agit d'une expression propre et non figurée. La démonstration est laborieuse. O. Ritschl. DogmengeschichU dts ProUsla„l.s,.,„s, I, p. 5960. - Voir Warfield, p. 256, n. 43- - -i- Warfield. p. 254, ^55. - i- Op^ra. I. p. 632. - 5. Professer Rev. .Spence : « Calvin als Interpréter ol Scriptures, » dans 77/< orighial Secessio,! Magaeme, juillct-ao.it 1909. p. 305-
0. « Son exégèse, qui n'a pas été dépassée à son époque, offre jusqu'à aujourd'hui une riclie matière.... 11 a été le créateur de la vraie exégèse, » etc. « Les deux éléments scientifique et pratique, fondus harmonieusement dans soi. exégèse philologico-historique et édifiante, se sont ensuite séparés. . - L. Diestcl, professeur à léna, GesduchU rfr. alla, Teslameitles und der chrisllichen Kirclie, 1869, p. 267, 380.
7. Professor Irwin Hoch de Long: . Calvin as an Interpréter of the Bible. . dans The Rr/ormed Ch„rch Rev.ar, avril 1909 p. 168. — H. Wernle, Akademischer Vortrag, p. 30.
JEAN CALVIN IV
APPENDICE
verschifdaiheit) '. » — Le professeur Irwin IIocli de I-oiii;, après avoir dit : » Calvin n'admet pas dans la Bible un développement des conceptions dogmatiques ou un progrès de la Révélation, comme l'Eglise chrétienne l'admet généralement aujourd'hui -, » ajoute: « Il déclare que certains passages de la Bible ne sont pas authentiques {genuine); il parle d'autres comme de gloses, admet la possibilité d'inadvertances {oversii^ht) ou de vulgaires (Irivitil) erreurs chez les écrivains bibliques. De telles admissions ne sont pas en accord avec la théorie de l'inspiration verbale, ou de l'inspiration mécmiique, à moins qu'elles ne soient regardées comme des lapsus et des erreurs dans la transmission des textes ^. » — Le professeur américain Browni, après avoir déclaré que (I Calvin est le théologien du passé plutôt que du présent et de l'avenir, » ajoute : « Il a imparfaitement reconnu le progrès de la vérité dans la Bible. Il n'a senti qu'en partie le besoin d'une interprétation historique. — Cependant, il a usé de la Bible avec un bon sens (saiiily) et une franchise qui n'a pas toujours été égalée par ses successeurs et ses élèves. Il a reconnu en elle des erreurs (m istakes) occasiomielles. Dieu parle en elle, mais par le moyen (iiicdiiiiii) de l'esprit humain et de la parole humaine. De petites inexactitudes dans le moyen inicdiuiii) ne troublent pas Calvin '. » — Le professeur Spence dit : " Calvin est le grand initiateur de la méthode d'interprétation appelée de notre temps graminaticù-historique''. » — Le professeur Irwin Hoch de Long dit: « Un mot caractérise la théorie exégétique de Calvin, c'est le mot grammatico-historique''. » — Le professeur Spence dit encore : « Calvin n'a pas assez de protestations contre la méthode allégorique du moyen âge, encore si usitée de son temps '. » — De plus, il se distingue par une rare « impartialité doctrinale ». — On a dit de lui qu'il n'avait jamais violenté certains passages des Ecritures pour y trouver une justification de ses idées **. — Par exemple, à propos de la Trinité, de la divinité du Christ, du texte : Tu es Pierre, etc. — Pour les textes messianiques, Calvin « a heureusement tenu une via média, » entre ceux qui trouvent Christ partout, et ceux qui ne le trouvent nulle part dans l'Ancien Testament.... Il a franchement reconnu l'élément humain dans l'Ecriture, pendant qu'il soulignait spécialement l'élément divin''. »
Le Rev. H. Collin Minton dit : « Si Luther fut le grand traducteur, Calvin i'iit le grand commentateur de la Bible, à l'époque de la Réforniation "'. »