Rkscmk des objections
Toute la critique de la conception biblique de Calvin se trouve singulièrement reproduite et résumée dans un des derniers ouvrages parus, celui du professeur Tschackert •'. Il écrit : « Le sceau de Calvin montre une main tendue, qui tient un cœur, avec une flamme s'élevant en haut, et cette inscription : « Dans le livre, il m'est prescrit >> ( Ps. XL, 8 ; voir Henry, Calvin, p. 46 j. Cela correspond tout à fait à la théorie. Cette conception de la Bible, comme un code de loi" venant du ciel, devait naturellement rendre impossible toute intelligence historique (jedes geschichllicbes Ferstàminis) des diverses parties du code céleste. De la libre recherche dans {in uiid au) la Bible, qui a existé dans l'Eglise luthérienne, à partir de Luther, on ne trouve aucune trace chez Calvin et dans l'Eglise réformée. » — Deux observations nous seront permises. La première, c'est que le reproche d'inintelligence historique s'accorde assez mal avec l'éloge, unanimement fait à Calvin, d'avoir introduit la méthode historique dans l'exégèse : éloge que, du reste, M. Tschackert s'approprie sans réserve. « Dans son exégèse on vante l'alliance d'une méthode historico-philologique (philologisch-bistoricbe Aiislegiing), pratique, édifiante, avec l'effort d'expliquer le détail par l'ensemble, en même temps que d'être, psychologiquement, juste envers chaque écrivain. Ses commentaires sont considérés comme le fruit le plus mûr de l'exégèse des Réformateurs en généraF'. » — Comment sans aucun geschichllicbes Verslàndnis, Calvin a-til fondé la philologisch-hislorische méthode? et comment sa conception de la Bible, si inférieure à celle de Luther et du luthéranisme, a-t-elle fait de Calvin un exégète si incomparablement supérieur à Luther et aux premiers luthériens ? — Et voici notre seconde réflexion : M. Tschackert voit la conception biblique de Calvin symbolisée par le sceau de Calvin, et la devise qu'il porte. Or, sauf erreur, cette devise n'existe pas. Je ne l'ai jamais vue sur le sceau de Calvin. Je n'en ai jamais entendu parler, et Henry, que
t. A. Dorner, p. 6. - 1 Ibid., p. 6, ^. - X Ibid., p. 7. - i. lbi,l., p. 8. - ."i. P. Tschackert, p. 395- - '>• '!'•''■< P- 387-
APPENDICE
M. Tschackcrt donne comme unique référence, n'en parle p;is. Ilcnry s'exprime ainsi : son sceau montre une main qui offre un cœur ardent. Cela exprime son sentiment intime: "à toi, tout; rien
pour moi '. »