‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 4)Chapitre 20 sur 149 · I. Commentaires sur t Harmonie évangélique · texte numérisé non relu

I. Commentaires sur t Harmonie évangélique

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trenient. laissons-le à part avec sa saq-esse desmesurée : et de nostre costé réduisons en mémoire que S. Paul nous défend destre par trop curieux touchant les généalogies.... Le reste du texte nous engendre d'autres questions, voire plus difficiles à soudre. S. Estienne dit que les Patriarches ont esté transportez en la terre de Chanaan après leur mort. Mais Moyse ne fait mention que des os de Joseph.... De moy, je n'ay rien que je puisse affermer pour certain.... Or quant à ce qu'il adjouste, qu'ils ont esté depuis mis au sépulchre, qu'Abraham avoit acheté des enfans d'Kmmor, on voit bien clairement quil y a eu faute au nom d'Abraham.... Et pourtant il faut corriger ce passage '. »

Ainsi l'important, ce ne sont pas les mots ; c'est la doctrine^ la doctrine spirituelle^ la substance.

Les apôtres ont donné l'exemple en citant l'Ancien Testament. « C'est yci plustost une allusion qu'une propre et naturelle interprétation, dit-il à propos de saint Paul citant Deutéronome XXX, 12. Il ne récite point mot après mot ce qui est en Moyse-. » — « Ici Tapostre ne récite point les mesmes termes ainsi qu'ils sont couchez au prophète, mais recueille seulement le sens et la substance du propos-''. » — Et, parlant du Psaume LXVIII, 18 : « Pour ce que S. Paul a destourné aucunement ce tesmoignage de son vray sens pour l'appliquer à son propos, les gens profanes le blasment comme s'il avoit abusé de l'Escriture.... S. Paul n'a pas accoustumé de réciter les propres mots toutesfois et quantes qu'il allègue l'Escriture, mais se contentant d'avoir monstre .le passage au doigt, il regarde plustost à la substance.... Brief, il ne faut point yci chercher scrupuleusement une exposition litérale du Pseaume '*. »

Les prophètes ont parlé comme « organes et instrumens du S. Esprit. » Mais ce que le Saint-Esprit a « dicté » par eux, c'est une «doctrine^»... La « conclusion », c'est qu'il n'est point permis de « forger de nouveau quelque article de foy^ mais qu'il faut simplement adhérer à la doctrine à laquelle Dieu nous a tous assujetis sans exception..., afin que Dieu seul nous soit pour Maistre et Docteur en la doctrine spirituelle^. » — Et enfin : « Les apostres en alléguant les tesmoignages de l'Escriture, ont plustost regardé à la substance, qu'ils n'ont esté curieux des mots '. »

N'est-ce pas là quelque chose qui ressemble à ce que nous appelons aujourd'hui l'autorité de l'Ecriture-Sainte en matière de foi?

Ajoutons immédiatement que l'exégèse de Calvin, qui, d'un coté, cherche la substance des pensées, cherche, d'un autre côté, cette substance seulement dans les mots pris au sens le plus simple, le plus « vray et naturel ». (i Cor. V, 9.) — « Je n'aime point les interprétations subtiles » ( i Cor. XV, 29), le « sens contraint »

I. Voir encore Coimiieu/aires, i Corinthiens II, 9. — 2. Jfnd., Romains X, 9, 6, 7. — .1. Ibi(/.. Romains XI, 8. — 1. Ibid., Ephésiens IV, 8, 9. — 'i. Ibù/., 2 Timotliée III, 16. - 6. IV, vill, 9. 7. Coiiiiiiriifiiires, Hébreux III, 9.

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