‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 4)Chapitre 28 sur 149 · I, XIII, a · texte numérisé non relu

I, XIII, a

LE PÈRE Io3

a-t-il de vrai ici encore dans l'affirmation répétée que Calvin n'a rien changé que la forme : « Ses écrits abondent en idées originales qui se sont montrées suggestives et fécondes pour le développement doctrinal subséquent. Ainsi, par exemple, sa doctrine du témoignage du Saint-Esprit a donné forme et cohérence à une conception des preuves du christianisme, qui a paru de beaucoup la plus profonde et la plus satisfaisante. Sa conception de l'expiation constitue un anneau important dans la chaîne des efforts pour arriver à comprendre et à exposer cette doctrine. Sa doctrine sur la Sainte Cène est aussi originale que profonde. Et l'usage qu'il fait, dans sa théologie, des notions relatives à l'adoption des croyants, au royaume de Dieu, contient des indications et des anticipations mises à profit par les recherches récentes '. »

Il y a plus. Aux détails nouveaux -, Calvin ajoute surtout une unité nouvelle : « Le sentiment du péché, du salut en Christ, est la base pratique et expérimentale sur laquelle toute ï Institution chrétienne est construite. C'est ce qui donne à toute son exposition de la doctrine chrétienne une unité plus vitale, plus organique que dans n'importe quel ouvrage précédent, et c'est ce qui a formé une nouvelle époque dans l'histoire de la théologie. Auparavant certaines grandes doctrines avaient été construites, dans l'isolement peut-on dire, comme la doctrine de l'incarnation d'Athanase, du péché originel et de la grâce efficace de saint Augustin, de la satisfaction d'Anselme ; mais leurs relations mutuelles avaient été peu comprises et souvent le tranchant de chacune d'elles avait été émoussé par leur association à des idées qui cadraient mal avec elles. Calvin fut le premier qui fit ressortir clairement les rapports organiques, vivants, des unes avec les autres et de toutes avec l'expérience chrétienne. Ce fut un gain très important et très précieux pour l'Eglise de Christ, fruit et justification de la Réformation. La doctrine de Luther sur la justification par la foi seule avait rendu possible le travail théologique de Calvin. Et ï Institution montra que cette doctrine, loin d'être étrangère aux principes généraux du christianisme, entrait tout naturellement dans l'exposition de ces principes et donnait un nouveau point de vue pour l'intelligence de beaucoup d'autres doctrines ^ »

I. Candiisch, Calvin, dans The evangelical siiccessioH, a course of lectures dclivered in S. Georges Free Church. Edinburgh, 1882-18S3. Second séries, p. 4.

•2. « Dans le Décalogue, le second commandement retrouve, en pleine connaissance de cause, son droit. Dans le commandement sur le sabbat, qui est conçu, comme par Luther, dans un esprit de liberté, l'importance du repos du dimanche pour la célébration du culte est beaucoup plus accentuée. — La descente aux enfers est délivrée de la malheureuse e.\pIication de Luther dans son sermon de Torgau. et le texte I Pierre IH, iS est expliqué par une correcte exégèse. Pour la Sainte-Cène, s'appuyant surtout sur la première aux Corinthiens, Calvin présente une explication originale, qui tend la main à Luther et qui cependant est complètement différente de la sienne. » Th. Krùcke, Die Eittstehuttg und Bedeuliiitg voit Calvins Uiiteniclil in der christliclieii Religion dans la Rc/oiniirte Kirchenscitiing, 1898. p. 229.

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