VIII
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dres concupiscences qui puissent estre '. Quand il est question d'estimer les péchez, dit sainct Augustin, n'apportons point de fausses balances pour poiser ce que nous voulons, et selon que bon nous semble à nostre fantaisie, en disant : cela est pesant, cela est léger, mais apportons la balance des Escritures, et pesons en icelle pour sçavoir ce qui est le plus pesant ou le plus léger : un plustost ne pesons point, mais tenons-nous au poids que Dieu en aura fait". Et qu'est-ce qu'en dit l'Escriture ? Certes, sainct Paul, en nommant le péché gage de mort, monstre bien que ceste sotte distinction luy a esté incognue. Et de faict, puisque desjà nous ne sommes que trop enclins à hypocrisie, il n'estoit ja mestier d'attiser le feu, ou bien nous faire croupir en nos ordures en amadouant nostre paresse ■'. »
Et nous voilà remontés à la hauteur vertigineuse, où nous nous trouvions déjà à la tin du chapitre précédent. Les dix commandements sont les degrés de l'échelle merveilleuse, — Féchelle de la sainteté, — dont le sommet se perd dans le ciel.
C'est « folie » '', c'est « un erreur très pervers » de penser que Christ a été « un second Moyse » venu « pour suppléer le défaut de la loy mosa'ique "''. » Non! Non ! « La loy des dix paroUes est une reigle infallible. Quand nous avons ce sommaire-là, nous avons la volonté de Dieu qui nous est toute testifiée. Et nous faut compasser toutes les loix particulières à ces dix commandemens : c'est la vraye touche, à laquelle il nous faut examiner, comme chacune loy spéciale doit estre prinse et exposée.... Et pourquoy ? Il y a dans ces dix commandements «une perfection de justice*».
I. B"", p. 172. — Cette phrase est de 1539. La suite a été ajoutée en 1543. — i. A partir d'ici, c'est une addition de 1559. — •'(. II, vm, 58. — 4. II, viii, 51. — o. II, viii, 7. — 6. Sermons sur le Detitéronome. Opéra X.XVIII, p. 107.