‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 4)Chapitre 64 sur 149 · Tuvôysia, connexion. — i. dhyyyaii. mélange · texte numérisé non relu

Tuvôysia, connexion. — i. dhyyyaii. mélange

en Christ reste elle-même : mais que la nature divine cependant pénètre la nature humaine comme la chaleur pénètre le fer, et la fait participer à sa gloire, à sa sagesse, à sa puissance. En conséquence, Jésus-Christ, ici-bas, sur la terre, avait la scientia beala : il marchait par la vue cl non par la foi. Il ne pouvait être question pour lui ni de foi, ni d'espérance. Et, au milieu de beaucoup de subtilités, ce que Ton aperçoit, c'est que le développement du Christ a été une apparence; le Christ n'a jamais été réellement enfant. Finalement, tout est divin en lui, sa nature humaine, comme sa nature divine; toutes les parties de son corps méritent adoration, en particulier son cœur.

4. La théologie luthérienne', à son tour, modifie sans doute la théologie romaine, mais tout en conservant son idée essentielle. Luther emprunte à Occam les théories d'après lesquelles les deux natures de Christ se communiquent leurs propriétés. Les deux natures ne doivent pas être considérées comme mitoyennes, comme deux planches que l'on cloue l'une sur l'autre. De là les deux doctrines spécifiques de la christologie luthérienne : la communication des idiomes et l'ubiquité du corps de Christ.

Il est impossible d'entrer dans les détails que soulèvent la question de savoir si la christologie du Luthéranisme a été la cause ou la conséquence de ses lliéories sur la cène, et la question de savoir jusqu'à quel point le luthéranisme a été conséquent ou inconséquent dans ses déductions. On peut se contenter de dire avec CEhler, sur le premier point : « La première occasion de la controverse christologique] fut la discussion entre Luther et Zwingle sur la sainte cène. De même, dans les phases successives de la discussion, en particulier entre Brcnz et Andréa, d'un côté, et les théologiens du Palatinat, de l'autre, et aussi entre Chemnitz et les théologiens saxons, d'un côté, et les crypto-calvinistes wurtembergeois, de l'autre, la controverse christologique resta en relation étroite avec la théorie sur la cène. Car, pour les théologiens, il s'agissait de trouver dans leur christologie des raisons en faveur de la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans la sainte cène. Mais que ce ne soit pas là le seul motif des différences christologiques entre luthériens et réformés, et que l'on puisse ainsi dire que la différence eucharistique tenait à une différence christologique, c'est ce que l'on peut considérer comme désormais incontestable -. »

Quant à cette différence christologique elle-même, Œhler dit : « La doctrine luthérienne cherche à dépasser ce qui reste encore de Nestorianisme dans la formule de Chalcédoine. Elle veut une véritable pénétration des deux natures. Mais, bien qu'elle ait protesté contre tout Eutychianisme, elle n'y a pas complètement échappé. On ne peut nier que la doctrine luthérienne, dans son effort d'obtenir une véritable unité divino-humaine, tout en conservant la formule de Chalcédoine, se heurte à de grandes difficultés, surtout quand il s'agit de comprendre la vie terrestre de Jésus comme une vie vraiment humaine et vraiment historique '. »

1. .Muller, Symbolik, p. 357, 358, -— 2. Qihler, p. 426. — :t. Œhler, p. 428.

Baur a dit : « Les luthériens sacrifient l'humain au divin et le laissent sévanouir plus ou moins à la manière docétique'. » Mais nous n'avons garde de l'oublier : ce résultat logique est contraire aux désirs, aux intentions, aux sentiments et aux déclarations formelles de Luther. Par exemple, il s'est exprimé ainsi : « Les plus grands théologiens l'ont fait autrefois; ils se sont envolés de l'humanité du Christ à sa divinité, et ils se sont tenus exclusivement à celle-ci. Autrefois, j'ai été aussi un de ces docteurs qui excluent l'humanité de Jésus- Christ. Mais il faut s'élever à la divinité du Christ et s'y tenir, de telle façon qu'on n'abandonne pas son humanité. Tu ne dois rien savoir d'un Dieu ou d'un Fils de Dieu, excepté de celui qui est dit né de la Vierge Marie et qui est devenu homme-. »

Et maintenant, dans ce milieu, nous pouvons placer la christologie réformée.

1. Theologische Jahrbiichei-, 1847, p. 329. — 2. Kostlin, Luther' s Théologie, II, p. 402.

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