‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 4)Chapitre 83 sur 149 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Calvin et l'ascétisme.

I. I. Une découverte. 2. Son histoire. 3. Le pessimisme et l'Evangile. 4- Enseignement eschatologique.

5. Enseignement intellectualiste. 6. Enseignement négatif. — II. L'ascétisme calviniste, i. La thèse. 2. Le corps: tente, prison, etc. 3. Le corps: image de Dieu. 4. Propreté du corps. 5. Santé du corps.

6. Résurrection de la chair. 7. Le verdict de l'histoire. 8. La solution psychologique de l'antinomie.

E chapitre est une parenthèse qui doit être consacrée à la découverte faite en igoi par le ïAc. Martin Schulze, et d'après laquelle Calvin serait un simple épigone du nionachisme et du néo-platonisme '.

I. Il s'agit bien d'une découverte, car M. Schulze ne connaît que deu.x auteurs ayant indiqué son idée : le vieux de Wette, lequel s'est borné à une courte réflexion, et Pierson, le savant hollandais, qui n'est pas pour nous un inconnu (voir Jean Calvin, II, p. 725), mais dont les exagérations critiques, et l'opposition aveugle au calvinisme ne sont pas de nature à beaucoup recommander les thèses paradoxales. — Quoi qu"il en soit, voici comment M. Schulze s'exprime : « Calvin différait de Luther en ce que pour lui, Calvin, le salut était essentiellement un sujet d'attente, et qu'ainsi les rapports avec le monde prenaient une tournure ascétique (Wendung ins Asketische)^. — En conséquence: 1° monachisnw catholique: « D'après tout cela il faut le dire : Calvin n'a pas, en principe, surmonté l'idéal monacal de la vie.... Il nest pas arrivé à une estimation positive de la vie.... La tâche propre de la vie du chrétien réside dans sa vocation de mourir au monde.

I. Lie theol. Martin Schulze, Meditatio futitrœ vilœ: Ihr Begriff und ihre herrschende Stellung im System Calvins. Ein Beitrag zum Verstândniss von dessen Institutio, 1901. Et: Calviiis Jeiiseits C/iristentitms in seinem Verhàltniss zu dcn religiosen Schriftcn des Era.smus, 1902. — i. M. Schulze, p. i.

JEAN CALVIN IV

"^nô LA VIE CHRÉTIENNE

Cette tâche, il est vrai, a chez Calvin un sens inliniment plus profond, et par conséquent l'effort pour la remplir est beaucoup plus pur que dans le monachisnie'. » — Et 2° platonisme : « La conception de la vie, selon (Calvin, ressemble à s'y méprendre à celle tracée ici essentiellement daprcs le Phédon. L'accord va, comme je lai montré, jusque dans le détail des expressions et de l'exposition -. «

Nous renvoyons le lecteur aux textes cités, dans les chapitres précédents ou suivants, et nous ne croyons pas nécessaire de nous livrer à une très longue réfutation de la thèse de M. Schulze. — Sans doute l'érudition de ce savant est remarquable. Mais elle Hnit, nous semble-t-il., par être un échantillon de cette exégèse, qui, à force de considérer certains arbres ou certaines feuilles, n'aperçoit plus la forêt.

Toutefois, vu la place que cette thèse occupe dans la théologie moderne en Allemagne, nous avons besoin de préciser certains points essentiels.

2. En effet, — et c'est notre première réllexion, — la découverte de M. Schulze est beaucoup moins nouvelle qu'il ne le croit, et en réalité la thèse de M. Schulze n'est que la thèse de Ritschl : « Dans la mesure où l'idéal du calvinisme est anticatholique, il est dû à l'instigation de Luther; dans la mesure où il s'éloigne de Luther, il est revenu à l'idéal des Franciscains... à l'idéal des Franciscains et des .anabaptistes. » Et Ritschl insiste sur la tendance monacale de Tascétisme calviniste : « rapprochement, qu'on ne peut méconnaître, avec la fuite monacale du monde, » ce qui est prouvé par l'exemple de l'Egypte, puis de la Gaule, puis de la France. Dans le tempérament français il y a un instinct de servilité, tandis que dans le tempérament allemand il y un instinct de liberté. « C'est en cela que les concitoyens de ce Français (Calvin) se distinguent des Allemands K » — Voilà !

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