‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 4)Chapitre 9 sur 149 · II, I- — 2. 1559, 1, II · texte numérisé non relu

II, I- — 2. 1559, 1, II

.3. Voici des textes ajoutés en 1559: «La cognoissance de Dieu n'est pas située en quelque froide spéculation, mais elle attire avec elle le service {cultunt) d'iceluy.... J'estime que ce mot de religion est opposé à la trop grande licence et excessive (vagœ liceiitiœ), que la plus part du monde s'est permise.... Religion emporte autant comme une retraite et discrétion meure et bien fondée [cette proposition est ajoutée par le te^cte français au texte latin], car la vraye piété, pour avoir certain arrest et ferme («/ m firmo gradn consulat), se recueille {relegit) en ses limites. • I, Xll, i. [Relegil, religio).

PROLEGOMENES

Mais, cela observe, il faut rendre hommage à la science des théologiens qui, il y a 60, 70, 80 ans', traitant cette question de la méthode, ont été amenés à étudier d une façon générale les différences et les ressemblances caractéristiques entre les deux confessions luthérienne et calviniste, lis nous ont donné toute une littérature, composée de plusieurs volumes très remarquables, et d"un plus grand nombre d'articles de Revues, envers lesquels Toubli est singulièrement injuste.

1. On peut presque dire que Goebel, pasteur réformé, posa la question en 1827-. Kn 1843, le célèbre professeur Ullmann '' résuma tout le débat auquel avaient pris part Lange (1841) et Schneckenburger (1842). Les principales idées émises étaient celles-ci : les luthériens combattent surtout la fausse sainteté des œuvres judaïques, les réformés combattent surtout la déification de ce qui est créé, le paganisme. — Les luthériens suivent la voie mystique; les réformés la voie biblique. — Les luthériens poursuivent surtout un intérêt religieux ; les réformés, un intérêt moral. — La réformation luthérienne crée une théologie ; la réformation réformée crée une église. — La théologie luthérienne est plus objective ; la théologie réformée est plus subjective....

2. Tout cela était un intéressant mélange de vérités et d'erreurs. Alexandre Schweizer donna au débat une impulsion et un intérêt nouveaux, en montrant que toutes les différences venaient d'une différence de méthode. En 1844, il publia sa Dogmatique de l'Eglise évangélique réformée, complétée, dix ans plus tard, par Les dogmes fondamentaux du protestantisme''. C'est lui qui mit en avant l'idée que le principe matériel de la Réforme réformée, c'est la souveraineté de Dieu, et non la justification par la foi-' ; affirmation qui permettra à des théologiens ultérieurs de conclure : comme le vrai principe matériel de la Réformation est la justification par la foi, la Réforme réformée n'a pas eu le vrai principe matériel de la Réformation. Ensuite, Schweizer renversa l'opinion émise par Goebel et Ullmann, à savoir que la théologie luthérienne, c'est la théologie objective, et la théologie réformée, la théologie subjective, et il substitua l'opinion contraire, à savoir que la théologie luthérienne, c'est la théologie subjective, et la théologie réformée, la théologie objective. Le fait seul que des

1. C'était à propos des tentatives du gouvernement faites pour introduire tlans l'Eglise de Prusse le rdgimc que l'on appelle l'Union.

2. Goebel, Die religiôse Eigenthûmlkhkeil der lutherisclun imd reforinirtcn Kirclic. Bonn. 1S27.

:!. Ullmann, Zur Charakierislik der re/ormirten Kirche, mit Beziehunt; auf neuere litterarische ErschcinuHKen. Stiidiat iitid Krilikcii, 1843. p- 752-

4. A. Schweizer. Die GUuibcnslehre dcr evant;elisch-re/orinirten Kirche, dargestellt und aus den Quellcn bclegt. Zurich, 1844. — Die proteslantischeii Cenlraldogmeii in ihrer Entwickliiitg innerhalb der refoniiirlen Kirche. Zurich. 1854.

."1. Schneckenburger, qui combat Schweizer sur presque tous les points, lui donne raison sur celui-ci; « Cela résonnera étrangement et désagréablement à plus d'une oreille que le principe de la justification par la foi ne soit pas le principe matériel de la doctrine réformée. Mais l'auteur obtiendra gain de cause sur ce point. • Sludien u. Kriliken, 1847, p. 952.

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théologiens aussi compétents pouvaient soutenir, et chacun avec de bons arguments, c'est-à-dire avec des faits et des textes, des thèses contraires, prouve assez que ces thèses étaient à la fois vraies et fausses, et par conséquent également inacceptables dans leur intégralité.

3. A ce moment, Baur, d'origine luthérienne, reprit la thèse que Schweizer, d'origine réformée, avait fait tourner à l'éloge de la dogmatique réformée, la poussa à l'extrême, et la fit tourner à l'éloge de la dogmatique luthérienne'.

Baur, c'était le fameux Baur, le chef de l'école de Tubingue, le prince des critiques négatifs. Mais, par un phénomène qui étonne plus un Français qu'un Allemand -, chez Baur la passion critique s'alliait très bien avec un certain fanatisme luthérien. C'est ainsi qu'avec sa subtilité affinée, avec sa logique formelle, qui ne recule devant rien, devant la protestation d'aucun fait, il réduisit la théologie réformée à une simple idée et à l'évolution dialectique de cette idée. II exagéra les exagérations de Schweizer, et la théologie réformée fut déclarée construite toute entière de haut en bas (l'on oben nach iinteii), tandis que la théologie luthérienne était tout entière construite de bas en haut (l'on iiiileii nach oben) -.

4. Heureusement que Schweizer et Baur trouvèrent un adversaire digne d'eux dans la personne de Schneckenburger. Tandis que Baur est un logicien critique, Schneckenburger est un fin psychologue, et ses études sont aussi remarquables au point de vue historique qu'au point de vue dogmatique. Il montre qu'à l'exemple de Mélanchthon, les luthériens jusqu'à Calixte (c'est-à-dire pendant la première époque du luthéranisme, pendant que se développaient sponta-

1. Nous verrons qu'un phénomène analogue s'est reproduit pour Ritschl.

i. D' Baur, Ueber Priiicip uitii Charakler lies Lehrbegriffs der reformirten Kirche in seinem Unterschicdc von dem der lutherischcn, mit Rùcksicht auf A. Schweizer's Darstellung der reformirten Glaubenslehre. Theolog. Jalirbitcher; 1S47, VI, (p. 309-387), p. 324. — Voir encore D"^ Baur, Noch ein Wort ûber das Prinzip des reformirten Lehrbegriffs. Theolog. Jahrbiicher, 1848, VII, p. 419-443. — Si l'on veut voir jusqu'où peuvent conduire ces exagérations, on peut lire quelques pages de M. Samuel Berger ; « Quelle est la raison d'être de la Réforme, la différence fondamentale qui sépare le protestantisme du catholicisme ? C'est la doctrine de la justification par la foi.... Or, il faut bien reconnaître que si Calvin est, sur ce point, après Luther, le grand docteur, il y a néanmoins une différence profonde entre sa conception de la justification et celle des luthériens. C'est que Calvin part de Dieu, Luther de l'homme. L'un [Calvin] est un philosophe, l'autre [Luther] est un moraliste [Calvin le moins moraliste des deux Réformateurs!]; l'un glorifie le Dieu juste et tout-puissant, l'autre console le pécheur pardonné. Tout est là, et l'esprit de la Réforme est avec celui qui a le premier saisi et prêché cette doctrine centrale de la justification, avec l'auteur du traité de la Liberté chrétienne, y Ainsi l'esprit de la Réforme n'est pas avec Calvin. On a remarqué que Calvin, déchu du titre de moraliste, ne conserve même pas le titre de théologien : il est traité de simple philosophe. En effet, d'après M. Berger, il n'y a de pensée théologique que chez les luthériens. « Si la théologie luthérienne a mieux compris les points principaux de la doctrine chrétienne, pourquoi l'Eglise luthérienne n'a-t-elle pas pu faire comprendre à la France ces doctrines fondamentales de la Réforme? N'est-ce pas qu'elle n'a pas su... traduire le latin de la théologie dans le simple langage de la pensée française?... Néanmoins, malgré toute son insuffisance, ceux qui cherchent la pensée vont naturellement à elle, car ils savent, et nul ne peut l'ignorer, que l'esprit dogmatique est luthérien. » Revue chrétienne, 1897, P- 166-169. L'Eglise luthérienne et la France. On a là un assez bon résumé des préjugés et des injustices dont a été victime le Calvinisme.

■; > PROLEGOMENES

ncment les caractères particuliers de leur confession) ont suivi la méthode que Schwei/cr et Baur déclarent être la méthode exclusivement réformée. En même temps Calvin, le fondateur de la dogmatique reformée, suivait la méthode prétendue exclusivement luthérienne! Dans sa division trinitaire de la Dogmatique, Calvin se tient visiblement à Tordre du symbole apostolique; il n'y a aucune trace de déductions, tirées de l'idée de Dieu. Et, ce qui est caractéristique, il commence avec un lieu commun, non pas sur Dieu, mais sur la connaissance de Dieu, cette connaissance qui, dans Tétat naturel, est troublée et insuftisante. Chez les successeurs de Calvin, ces premières notions sur Dieu sont ortiinairement précédées par des explications pratiques. 11 faut noter de plus que, depuis l'apparition du catéchisme d'Heidelbcrg, le travail dogmatique de l'Eglise réformée, pendant presque un siècle, a consisté dans l'étude et l'explication de ce livre, lequel suit une méthode diamétralement opposée à la méthode synthétique et déductive. En réalité, en face de la méthode scolastique et synthétique, réintégrée par Mélanchthon dans l'Eglise luthérienne, et suivie d'une façon presque constante pendant deux siècles, la dogmatique réformée présente une si libre diversité, que l'on a pu dire avec raison : « Il y a autant de méthodes diverses qu'il y a de théologiens. » Un très petit nombre d'entre eux s'est servi de la méthode synthétique et déductive. Parmi ceux-là ne se trouvent pas précisément les hommes que Ton a coutume d'invoquer comme des autorités'.

A cette réfutation générale, Schneckenburger ajoute une preuve particulière et originale du subjectivisme, ou plutôt de la part de subjectivisme que renferme la doctrine réformée - : il s'agit de ses rapports avec le kantisme.

« A cause de cet élément subjectif, la doctrine réformée a certainement quelque parenté avec celle des philosophes modernes, qui s'oppose à un dogmatisme fermé et étroit, qui a entrepris une revision de la connaissance et de ses limites, qui a ramené toute connaissance à des origines subjectives, et qui a établi la certitude des idées religieuses sur le fondement qui ne peut être ébranlé, la conscience morale, et ses postulats imprescriptibles. Nous avons nommé le kantisme. La connaissance ramenée de l'objet au sujet, l'esprit de recherche, d'examen, de sobriété rationnelle, la prédominance des intérêts moraux, la liaison des doctrines religieuses et des principes anthropologiques, même la tendance à donner une forme rationnelle aux dogmes positifs, tout cela

J. Theologische Jalirbiicher, 1848, p. 73-77.

i. Lange avait dit avant Schneckenburger : < La méthode vraiment luthérienne de Mélanchthon,.... et d'autres jusqu'à nos jours, part de l'objectivité de l'être, de Dieu, tandis que la dogmatique réformée a un fondement anthropologique, et se place d'une façon générale à un point de vue anthropologique. Ainsi Calvin ne commença pas tout de suite par une doctrine de Dieu, comme Mélanchthon, mais par la doctrine de la connaissance de Dieu. Ainsi, dans le système si réformé qu'on appelle la théologie fédéraliste de Coccejus, l'homme est toujours considéré dans son rapport avec Dieu, jusqu'à Schleiermachcr, qui a trouvé que le but de la dogmatique était d'étudier scientifiquement le sentiment pieux, chrétien, et de le décrire dans sa genèse.... » J.-P. Lange. Aiilrillsrede. Welche Geltung gebiihrt der Eigenthûmlichkeit der reformirtcn Kirche immer noch in der wissenschaftlichcn Glaubenslehre unserer Zcit. Zurich, 1841.

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établit entre le kantisme et la dogmatique réformée des rapports évidents'.» Il y a bien là. malgré des différences profondes et essentielles, un certain air de famille, également à l'honneur du kantisme et du calvinisme.

Enfin, poussant son analyse jusqu'au fond même de la question, Schneckenburger ajoute: Le sentiment de la misère du péché, et le sentiment de la rédemption opérée par Christ sont aussi le fond de la piété réformée, et l'expression doctrinale de ce double sentiment est aussi l'intérêt fondamental de la dogmatique réformée. Sans doute, dans la manière dont le réformé réalise ces sentiments, dans la manière dont sa dogmatique les exprime, le sentiment de l'absolue dépendance de Dieu joue son rôle, et le sentiment de la dépendance donne aux sentiments de misère et de rédemption leur forme. Mais le sentiment de dépendance n'est pas le premier : il naît des sentiments de misère et de rédemption, et réagit sur eux, voilà tout. « La vraie source de l'anti-paganisme réformé n'est pas le sentiment de la dépendance absolue, abstraite et vague, c'est le sentiment du salut obtenu uniquement en Dieu, par Christ ^. »

Ainsi, les deux dogmatiques, luthérienne et réformée, sont également et tour à tour théologiques et anthropologiques, objectives et subjectives'. Ce qui les différencie, c'est une différence psychologique. — « Le luthérien avec son sentiment prédominant de la faute a besoin de la justification. II l'obtient dans la foi au Christ, foi produite par Dieu. Le moment oià la justification est sensible à la foi, comme une action objective de Dieu, est le moment principal. A ce moment commence l'état de grâce.... Le réformé a surtout le sentiment de la gène, de la misère : il a besoin d'une guérison qui l'excite. Celle-ci commence avec le commencement de la foi. La foi, la vraie foi, véritable iitiio ctiin Christo possède dès sa naissance tous les trésors du salut, quoique la certitude de ces trésors soit postérieure et progressive. Quant à savoir si j'ai la vraie foi, si je suis uni à Christ, si je suis participant des trésors de sa grâce, je ne puis en être certain que par mes œuvres. La conscience religieuse ne se réalise, ne prend possession d'elle-même que dans l'énergie de la volonté. La cause objective de mes œuvres, auxquelles je suis constamment poussé par la foi, et la cause objective de ma foi, cause de mes œuvres, c'est la grâce de Dieu qui me fait naître à une nouvelle vie. Le moment principal ici, ce n'est pas la foi devenant consciente de la justification, c'est la naissance de la foi '*. »

1. D. Schneckenburger. Berner Osicrprogramiii : P. -A. Stapferi, theologi bernensis, Christologia, cum appendice cognationem philosophiae Kantianae cum ecclesiae reformatac doctrina sistente. Bernae, 18^2. — Voir Ullmann, p. 771-777.

i. Stiidieii II. Kritikeii. 1S47, p. 947-983. Die Glaubenslehrc von Schweizer (Critique de Schneckenburger), p. 954.

3. M. Tissot dira, 50 ans plus tard : < En certains dogmes si le luthéranisme est subjectif par excellence, en d'autres il est objectif, et le privilège de la subjectivité revient alors au calvinisme. > < Luthéranisme et calvinisme, > dans la Revue de théologie et des questions religieuses (Montauban), 1897, p. 20.

i. Studien und Kritikeii, 1847, p. 960. Baur est obligé de reconnaître que Schneckenburger a raison. Dans son langage scolastique il dit : « L'intérêt subjectif du salut sur lequel Schneckenburger veut faire reposer tout le système est, lui aussi, un trait caractéristique. Autant le système par son idée absolue de

PROLEGOMENES

Avec une clarté plus française M. Tissot a exprimé ces fines pensées, les a comme illustrées quand il a écrit: «Luther semble dire: Credo, crgo siim : Calvin : Ago, ergo credo. Pour le luthérien, Christ est le roi, qui, en le prenant à son service, le sépare du monde, le sort de sa corruption, de ses agitations et le fait jouir de la paix, de la contemplation, de l'adoration. Pour le réformé, Christ est le roi qui l'enrôle au saint combat.... Un des plus vastes esprits de notre âge, celui qui disait fièrement : « Je me lasse de tout, sauf de comprendre », le grand Gœthe, dans Walirhcit und Dic/iliing, a personnifié en Lavater la piété réformée: « Il se sentait, avec toutes ses énergies, poussé à l'activité, de telle sorte que je n'ai connu personne qui agît d'une manière plus continuelle que lui,» et en M"*-' de Klettenberg la piété luthérienne: «M"' de Klettenberg se comportait vis-à-vis de son Sauveur comme vis-à-vis d'un bienaimé, auquel on s'abandonne complètement, mettant en sa personne toute sa joie et toute son espérance '. »

Si nous revenons au point d'où nous sommes partis, l'honneur de Dieu, nous reconnaîtrons que, dans cette grande discussion, il y a beaucoup d'observations remarquables, beaucoup de résultats acquis. Et cependant, incomplètement satisfaits, nous demanderons si tous ces théologiens ont laissé à l'honneur (c'està-dire à la souveraineté) de Dieu la place qu'il occupe dans la pensée de Calvin. Le professeur .Mùller, dans sa Symbolique, a dit : « C'est la pensée centrale de la piclj réformée; non pas dans ce sens que Zwingle et Calvin, avec une pleine conséquence, auraient construit un système théologique de ce principe supérieur, mais cette pensée domine toutes leurs pensées*. » Et, avec plus de précision encore, Viguet : « Cette vérité est à la fois une doctrine pour l'intelligence, un

sentiment pour le cœur, un principe pour la volonté Ce principe, qui est un

dogme, est autant et plus encore une obligation \ » Voilà qui nous fait entrevoir la vérité vraie. La souveraineté de Dieu, l'honneur de Dieu, c'est le principe qui embrasse, contient, domine, caractérise, détermine tous les autres, et le principe matériel de la justification par la foi et le principe formel de l'autorité de la Bible, un principe qui est plus qu'un principe; c'est le calvinisme tout entier!

C'est ce qu'a admirablement exprimé l'éminent dogmaticien de la Faculté libre d'Amsterdam, d'un esprit si profondément calviniste, Bavinck : «Le calvinisme est un type spécifique parmi les églises et les confessions protestantes.

Dieu présente le caractère de l'objectivité, autant le sentiment religicu-x et dogmatique a son centre de gravité dans le sujet.... Le moi qui veut C-tre absolument certain de son salut devient lui-même une puissance absolue, et les dogmes objectifs apparaissent comme des postulats de Kant. » Theologische Jalirbûcher. Noch ein Worl, 1848, VII, p. 430, 431. Mais enfin cet objectivisme a beau être du subjectivisme. et ce subjectivisme de l'objectivisme, le D"^ Baur n'affirme pas moins qu'il a raison i.n maintenant son opinion prcmitrc et contraire.

I. Rtvue de llirologie, 1897, p. 9, 13, 14. — î. Karl Maller, Symbolik, 1896, p. 445, 446. — .'). C.-O. Viguet, Etude sur le caractère disliitctif de Jean Calvin, 1864, p. 10, 58.

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Souvent ce type est désigné sous le nom de réformé. Cependant, les mots réformé et Ccili'iuiste, quoique rapprochés par leur signification, ne sont pas du tout équivalents, le premier étant plus étroit, moins compréhensif que le second. Le mot réformé pose seulement une distinction religieuse et ecclésiastique ; il indique une pure conception théologique. Le terme de calviniste est d'une application beaucoup plus étendue et indique un type spécifique, au point de vue politique, social et civil. 11 représente l'idée caractéristique de la vie et du monde dans son ensemble, telle qu'elle a été créée par le puissant génie du Réformateur français. Cah'inisic est le nom du chrétien réformé, en tant que celui-ci montre un caractère spécifique, une physionomie distincte, non seulement dans l'église et dans la théologie, mais aussi dans la vie sociale et politique, dans la science et dans l'art. — Le principe fondamental de ce calvinisme est la souveraineté absolue de Dieu : non pas un attribut spécial de Dieu, par exemple, son amour ou sa justice, sa sainteté ou son équité, mais Dieu luimême, comme tel, dans l'unité de tous ses attributs et la perfection de son être entier. Voilà le point de départ de la pensée et de l'action du calviniste. De ce principe fondamental tout ce qui est spécifiquement réformé peut être dérivé et expliqué. C'est lui qui a conduit à la profonde distinction entre ce qui appartient à Dieu et ce qui appartient à ses créatures, à la foi en la seule autorité des saintes Ecritures, à la suffisance de Christ et de son œuvre, à l'omnipotence de l'œuvre de la grâce. De là, la profonde distinction entre l'humain et le divin dans la personne et les deux natures de Christ, entre la vocation externe et la vocation interne, entre le signe et ce qui est signifié dans le sacrement. De cette source encore est sortie la doctrine de l'absolue dépendance de la créature, comme elle est exprimée dans les confessions calvinistes, à propos de la Providence, de la préordination, de l'élection, de l'impuissance de l'homme'. — Par ce principe le calviniste a été amené à se servir constamment de la méthode théologique, qui le distingue des Romanistes et des autres théologiens protestants. Non seulement dans tout le domaine théologique, mais dans tous les domaines de la vie et de la science, son effort a pour but de reconnaître et de maintenir Dieu comme Dieu, en face de toute créature.... Il y a quelque chose d'héroïque, de grand, d'imposant dans cette conception calviniste. Considéré de ce point de vue, tout le cours de l'histoire devient une lutte gigantesque, à travers laquelle Dieu fait triompher sa souveraineté.... De Dieu toutes choses viennent, et c'est à lui que toutes retournent. 11 est Dieu, et il reste Dieu, maintenant et toujours, Jéhovah, l'Etre, le seul qui est, qui fut et qui sera! Pour cette raison, le calviniste a toujours recours à Dieu, et ne peut être satisfait avant qu'il ait ramené

I. Kuyper, le célèbre pasteur, professeur et homme d'Etat hollandais, dit: « C'est une méprise que de vouloir trouver le caractère spécifique du calvinisme dans la doctrine de la prédestination, ou dans l'autorité des Ecritures, ou dans la doctrine des alliances, ou dans la doctrine de la culpabilité héréditaire, ou dans le rigorisme de la vie, ou dans la forme presbytérienne du gouvernement ecclésiastique. Pour le calvinisme, tout cela ce sont des conséquences logiques, ce n'est pas le point de départ; c'est un feuillage témoignant de la richesse de la végétation, ce n'est pas la racine d'où elle sort». Kuyper, Calvinisme aiui con/essional Revision, dans The presbylerian ami reformed Revitw. 1891, p. 378-382.

;{n PROLÉGOMÈNES

toute ciio^i^t.' ;iii bon plaisir souverain de Dieu, comme à sa cause profonde et dernière. Il ne se perd jamais dans l'apparence des choses: il pénètre leur réalité. Derrière le phénomène, il cherche le noumène. les choses invisibles, dont les choses visibles sont sorties. Il no s'arrête pas au milieu de l'histoire, mais, hors du temps, il monte dans les hauteurs de l'éternité. L'histoire n'est rien si ce n'est la révélation graduelle de ce qui est pour Dieu un éternel présent. Pour son cœur, pour sa pensée, pour sa vie, le calviniste ne peut trouver de repos dans ces choses terrestres, dans cette sphère du devenir, du changement, du passager. Des événements du salut il remonte jusqu'au décret du salut, de l'histoire il remonte jusqu'à l'idée. Il ne reste pas dans la cour extérieure du temple: il cherche à entrer dans le plus intime sanctuaire. Il voit tout sub specie aeiernilatis. Si la religion, conformément à l'ancienne définition, est « la vertu par laquelle les hommes rendent à Dieu le culte et l'honneur qu'ils lui doivent, » et si la théologie, comme le mot l'indique, est la connaissance de Dieu et des autres choses mises, vis-à-vis de Dieu, dans un rapport de subordination, alors sûrement la religion du calviniste est la plus religieuse, et sa théologie est la plus théologique. Ce principe calviniste, cependant, est trop universel, et trop riche, et trop fécond pour permettre que son influence soit réduite à produire un type spécifique dans la sphère de la religion et de la théologie. Il produit une vue spécifique du monde et de la vie; pour ainsi parler, une philosophie toute particulière. La vie morale qui pousse sur le sol calviniste présente une physionomie propre. D'abord, ce fait est digne de remarque : contrairement à l'attente et aux prédictions de tous les Pélagiens, le calvinisme a toujours produit une vigoureuse vie morale. L'histoire a montré que la confession de la souveraineté de Dieu, et de l'absolue dépendance de la créature, n'est pas seulement non-malfaisante, mais qu'elle est une grande productrice de moralité. La vérité est que la prédestination inclut aussi la prédestination des moyens, et que l'élection présuppose toujours une fin à laquelle elle tend. Qui dit élection, dit destinée, une œuvre de la vie, une vocation morale. Voilà pourquoi la vie morale, parmi les calvinistes, a toujours été caractérisée par l'activité et l'énergie, par un effort sans repos pour tout placer sous la discipline de la loi de Dieu et, ainsi, pour faire tout servir à sa gloire. On ne peut nier que, par conséquence logique, la moralité calviniste n'ait revêtu quelquefois un caractère de légalisme, une certaine austérité, une sévérité exagérée. Mais aussi le calvinisme a cultivé un certain nombre de vertus qui ont montré sa grande valeur pour la famille, pour la société et pour l'Ltat. L"amour de la maison, la tempérance, la propreté, la simplicité, Tordre, l'obéissance, la chasteté, le sérieux, l'industrie, l'économie, sont des vertus qui, de tous temps, ont fleuri parmi les chrétiens calvinistes. Et, comme le calvinisme a eu l'habitude d'e.xercer sa plus grande influence sur le peuple, il l'a formé en une classe de citoyens solides et industrieux qui, toujours et partout, ont fourni appui à l'Kglise et à l'Etat. De plus, et ceci est étroitement lié à cela, le calvinisme a développé son propre système, sa propre vie politiques. Incontestablement il y a dans le calvinisme une tendance républicaine

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et démocratique. Le calviniste craint Dieu et aucun homme. L'autorité d'une créature sur une autre découle uniquement du don souverain de Dieu. Aucun pouvoir ne tire son origine d'un homme, n'est inhérent à sa personne. Il est inséparable de la charge.... Devant Dieu tous sont égau.x, rois et sujets, oui, même les choses pauvres, faibles, méprisées sont choisies par Dieu pour les buts les plus sublimes, afin tju'aucune chair ne se glorifie devant lui. A lui l'obéissance est due avant et plus qu'à aucun homme. Voilà pourquoi le calvinisme a enfanté la liberté civile et politique, dont la Hollande, l'Angleterre et les Ltats- Unis sont fiers, en face de l'Lspagne, de l'Autriche, de l'Italie et même de l'Allemagne luthérienne. Séparation entre l'Lglise et l'Etat, liberté de la religion, liberté de conscience, indépendance dans la vie privée et publique, tous ces fruits mûrissent sur l'arbre du calvinisme. De la même manière, les principes du calvinisme portent en eux le germe d'un type spécifique de science et d'art, bien qu'il faille reconnaître que ce germe n'a pas été encore complètement développé.... Mais les potentialités sont là, tandis que la réformation luthérienne a manqué, depuis le commencement, de cette large universalité. Son principe anthropologique et sotériologique est trop étroit pour de tels développements, pour de telles applications; il s'est confiné dans la sphère religieuse et théologique. Le calvinisme, au contraire, a une tendance à embrasser le monde, il est catholique dans le meilleur sens du mot. II en a parfaitement conscience et, iondé sur son principe, il tend avec calme et sans déviation au but que Dieu lui-même poursuit, la glorification de son nom '. »

Si le calvinisme c'est la théologie de l'honneur, ou de la souveraineté de Dieu, cette théologie ne peut avoir qu'un nom technique : elle est théocentriqiie.

Nous venons de traverser une période où l'on a prétendu que la théologie théoccntriqiie devait être remplacée par une théologie christoceiitrique. Cette nouvelle théologie est en train d'aboutir à des résultats déconcertants pour des esprits superficiels. Le Christ à qui l'on a tout sacrifié, qui devait être tout, commence à devenir peu de chose, et, pour telle école, déjà il n'est plus rien. Plus de divinité, plus d'autorité ni dans ses actes, ni dans ses paroles. Il ne reste plus de lui qu'une conscience, un esprit de plus en plus vague et dont l'existence devient problématique -.

Inutile de dire que le calvinisme maintient au Christ une autre place, au Christ Dieu-homme, au Christ centre et source de tout le salut. Dans le calvinisme, la sotériologie a une place prééminente; mais elle n'est pas tout. Les

I. H. Bavinck, The future 0/ calvini»iit, dans le Tlie presbyterian ami reformed Reviezv, 1894, p- 3-6- •î. On a pu dire que telle nouvelle école, après avoir sacrifié dans la Trinité la première personne,

Dieu le Père, puis la seconde. Dieu le Fils, ne conservait plus que la troisième : le Saint-Esprit. Et encore

comment le conserve-t-cl!e ?

PROLEGOMENES

Moraves croient à ridentité de la sotériologie et de la théologie ; Zinzcndorf appelle la théologie calviniste » la théologie du Dieu-père'.» Le calvinisme ne proteste pas contre cette ironie. 11 oiTre, dans sa vaste théologie théocentrique, dont la sotériologie est une partie si importante, des richesses et un équilibre qu'il serait très dangereux, — les faits sont là pour le prouver, — d'appauvrir ou de compromettre. Citons un théologien calviniste d'Amérique, commentant cette devise de l'honneur de Dieu : « La doctrine de Dieu est la base sur laquelle notre théologie repose. La première place est assignée à Dieu et non à l'homme. Notre système est diamétralement opposé à Teudémonisme moderne, qui place le bonheur des créatures au centre de la pensée religieuse. Toute transaction avec l'arminianisme et les tendances chrétiennes analogues lui répugne, parce qu'il ne permet pas de considérer Dieu et l'homme comme deux égaux. Dieu est Dieu, l'homme est une créature. Et finalement notre système embrasse le ciel et la terre, le temps et l'éternité, la nature et la grâce; mais il soumet tout ce qui a été créé à la volonté souveraine de Dieu. Nous croyons que tout a été créé non seulement par Dieu, mais pour Dieu. « Car de lui, et par lui, et pour lui sont » toutes choses; à lui soit la gloire dans tous les siècles. Amen. » (Rom. XI, 36.) Quand Dieu eut achevé son œuvre, la création du ciel et de la terre, il embrassa d'un regard tout le champ de son activité, et il est dit de lui : « Et » Dieu vit chaque chose qu'il avait faite, et voici elle était très bonne. » (Genèse I, 3\.} La création est l'œuvre de ses mains, pleine de sa gloire, remplie d'idées divines. » Les cieux déclarent la gloire de Dieu, et le firmament montre l'œuvre de ses mains. » (Psaume XIX, i .) C'est le droit et le privilège de l'homme de voir et de proclamer cette gloire. C'est pour cette fin que Dieu l'a créé à son imaee et à sa ressemblance

» La rédemption est parfois définie un remède (remédia! scheme). Il est nécessaire, me semble-t-il, d'insister sur ce caractère de l'amour rédempteur de Dieu plus qu'on ne le fait. Nous ne pouvons pas séparer l'ordre originaire de la création et l'ordre de la rédemption. La théologie naturelle est tombée à notre époque en discrédit. La théologie a été tranformée en christologie. Le salut en Christ a fait passer à l'arrière-plan la théologie proprement dite, et notre relation originaire avec Dieu. Cela ne doit pas être. La théologie révélée doit achever, réparer (redeeiii la théologie naturelle, elle ne doit pas la remplacer. La croix de Christ doit éclairer le monde entier et nous rendre capables de voir la gloire de Dieu dans le royaume de la nature aussi bien que dans le royaume de la grâce qui, en réalité, ne sont que deux aspects du royaume de gloire. La consommation de tout le plan de Dieu, au jour de la révélation de gloire, sera la complète unité de la nature et de la grâce.

» Jésus-Christ nous a enseigné à considérer, dans cette lumière, notre relation avec Dieu. Après avoir achevé sa course sur cette terre, il dit à son Père : « Je t'ai glorifié sur la terre; j'ai fini l'œuvre que lu m'avais donnée à faire. »

t. Voir N. M. StefTens, «Doctrine of total depravity and soteriology, » dans T/ie presbyterian omi reformtd Rtvitxu, 1896, p. 308, 309.

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(Jean XVII, 4.) La seconde partie de cette déclaration est comme l'exégèse de la première. La grande œuvre du Christ était de glorifier le Père. En Lui et par Lui, le Père est glorifié. Son incarnation, sa vie de pauvreté et d'endurance, ses cruelles souffrances et sa mort, en sa qualité d'agneau de Dieu, ne sont que les

étapes de cette glorification de Dieu

)> Et cela contient, si je ne me trompe, le principe d'un système vraiment biblique de théologie. Glorifier le Père, c'est après tout la raison d'être de la création et de la chrétienté. C'est un principe, éthique et dogmatique à la fois, un principe d'une éminente valeur apologétique et polémique. Ce n'est pas seulement l'œuvre du (.Christ de glorifier le Père ; tous ses disciples, rachetés du pouvoir du péché et de Satan, doivent montrer la vérité de leur caractère de disciple en faisant ce que le maître a fait. En relation avec la déclaration citée plus haut, notre Sauveur dit : « Comme tu m'as envoyé dans le monde, de même » je les ai envoyés dans le monde. » (Jean XVII, i8.j Quelle est la mission de Christ, comme serviteur de Jéhovah? De glorifier le Père. Leur mission est la même.... Saint Paul a résumé tout ce qui peut être dit sur ce sujet dans ce magnifique passage : « Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons )) comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son » image, de gloire en gloire, comme par l'esprit du Seigneur.... » (2 Cor. III, 18.) Vraiment, la rédemption est un remède (remédiai scheme). Dieu accomplit son dessein éternel en révélant sa gloire en Christ, afin que nous, ses créatures et les disciples de Christ, nous puissions accomplir notre mission, qui a déjà été proclamée par le prophète de l'ancienne alliance : « J'ai formé ce peuple pour » moi-même; ils verront ma gloire. » (Esaïe XLIIl, 21.) Et je maintiens que cela, c'est le principe du protestantisme réformé'. »

L'honneur de Dieu! Et alors l'honneur de l'homme?

II y a deux êtres : Dieu et l'homme. La religion est précisément le lien qui unit ces deux êtres. L'irré4igion c'est la rupture du lien entre ces deux êtres. Or il semble que l'esprit humain soit ainsi fait qu'il ne puisse se maintenir dans le juste milieu, en équilibre, entre les deux forces qui le poussent ou l'attirent. Toutes les religions, et surtout toutes les théologies, semblent accorder trop, soit à Dieu, soit à l'homme. Seulement, et c'est ici qu'il faut tout de suite poser le mystère métaphysique dans toute la réalité du mystère historique : ceux qui accordent trop à l'homme diminuent, perdent l'homme; ceux qui accordent trop, semble-t-il, à Dieu fortifient et sauvent l'homme. Le fait paraît défier toute logique, comme toute contestation. Ce sont les théologies du serf-arbitre qui ont sauvé la liberté; ce sont les théologies du salut par un autre que l'homme qui ont sauvé la morale humaine; ce sont les théologies du renoncement au monde qui

I. N. M. Steffens, The presbyterian and reformed Reviev), 1894. « Reformée! Protestantism and foreign Missions, >, p. 244-246.

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ont sauvé la maîtrise de riiomme sur le monde; ce sont les théologies du renoncement de l'homme à soi-même qui ont sauvé la personnalité humaine; ce sont les théologies qui ont prêché l'amour pour Dieu seul qui ont sau\é l'amour pour tous les hommes; ce sont les théologies de la prédestination éternelle qui ont sauvé le progrès, même politique et social; ce sont les théologies de l'hétéronomie qui ont conféré à l'homme une autonomie si maîtresse d'elle-même, qu'elle a tout subjugué; ce sont les théologies qui ont dit: « Dieu est tout, l'homme n'est rien, » qui ont fait de l'homme une force, une énergie, une puissance incomparables, divines!

C'est à dessein que nous avons laissé se poser toutes les questions que notre étude a précisément pour but d'examiner. Ainsi nous sommes orientés : je veux dire, notre curiosité est éveillée; nous savons ce sur quoi doit porter notre attention. Et en môme temps que nous connaissons le but de notre étude, nous trouvons la force de la poursuivre. Notre étude théologique, c'est ce qu'il y a de plus humain, de plus social, de plus tragique, actuellement et éternellement tragique.

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