‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 4)Chapitre 92 sur 149 · APRES I.A MORT · texte numérisé non relu

APRES I.A MORT

luy ; ') et Jésus-Christ promet à ses fidèles « cent fois plus qu'ils n'ont quitté*. » — Voilà ce que, sur l'autorité des Ecritures, les fidèles doivent «recevoir», mais rien de plus.

« Il faut qu'en chassant loint^ toutes questions entortillées, lesquelles ils cognoistront ne leur pouvoir tourner qu'à retardement, ils se ticnent tout cois entre les bornes que Dieu leur a mises -. »

C'est ce que Calvin fait en ce qui le concerne. « Quant à moy, non seulement je me déporte en mon privé de m'enquérir de choses superflues et inutiles, mais aussi je me veux donner garde qu'en répondant à beaucoup de curiositez, je ne nourrisse le mal que je dois réprimer. » — En conséquence, il désapprouve fort ceux qui ne " laissent nul anglet au ciel, lequel ils ne sondent avec leurs disputes. «> Les réponses à toutes ces questions doivent être remises à plus tard. Pour le moment, il s'agit de savoir, non pas ce « qu'on fait en paradis, » mais « par où il faut [y] aller •*. » — Et c'est la fameuse parole de Galilée répondant à ses adversaires que la Bible avait pour but de nous dire comment on va au ciel, et non comment va le ciel.

Apres les élus, les réprouvés. .Après le ciel, l'enfer. Ici Calvin est plus sobre encore. Même dans sa Psychopannychia, nous trouvons une phrase que mon impartialité me force à noter, à mettre en lumière, et dont on dira que l'éclat est sinistre. C'est une de ces paroles marquées au coin du seizième siècle, d'une époque rude et terrible : « A fin que nous laissions là les réprouvez, dit Calvin, comme on ne se doit pas beaucoup soucier de tout ce qui leur peut advenir ''. »

Calvin rencontre les objections modernes contre les peines éternelles. 11 les repousse, encore plus qu'il ne les réfute, par quelques mots. Sans doute elles préoccupaient peu ses lecteurs ''.

« Ce qu'ilz craignent d'attribuer trop grande cruauté à Dieu, en disant que les meschans seront puniz de torment éternel, les aveugles mesmes voyent bien quelle folie c'est que cela. Comme si le Seigneur faisoit grande injure en privant de son royaume ceux qui, par leur ingratitude, s'en sont renduz indignes. — Mais les péchez, disent-ilz, sont temporelz. Je leur confesse: mais la majesté de Dieu, laquelle ilz ont offensé, est éternelle. C'est donc à bon droict que la mémoire de leur iniquité ne périt point. — Mais si ainsi est, disertt-ilz, la correction surmontera la mesure du péché. Je responz que cela est un blasphème intollérable. quand la majesté de Dieu nous est en si petite estime, que d'estimer moins le contemnement d'icelle que la perdition d'une àme. Parquoy laissons telz babillars, à fin qu'il ne semble que nous les jugeons dignes de réponses ". »

C'est bref, tranchant ; mais du reste pas de démonstration de cette éternité des peines, pas de discussion. Et encore moins de description de l'enfer que du ciel. Calvin se borne à bien montrer que tout ici est spirituel.

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