I. Upera IX, p
EXPOSÉ DE LA DOCTRINE SyS
traire; c'est en face de l'idée de Dieu déjà conçue, possédée, que la logique pose le double décret. Mais l'idée est déjà si ferme, elle est appuyée sur tant de preuves et de faits antérieurs, que rien ne saurait plus l'ébranler. Le croyant pourra frémir, rester comme éperdu.... Sa foi triomphante attendra l'éternité pour avoir l'explication du mystère. Quand les siècles se seront écoulés, cette explication, la foi l'obtiendra: il le sait.
L'Insti/iilion est d'accord avec les Articuli: « Dieu, non seulement a prcrcti la cheute du premier homme et, en icclle, la ruine de toute sa postérité, mais il l'a ainsi voulu ^ . » — Cette déclaration est de i53g, mais, en i55t), elle est encadrée dans une double explication. Avant : Si Dieu avait créé Adam, sans déterminer qu'il devait « trébuschcr en ruine mortelle », où serait « la puissance infinie de Dieu, par laquelle il dispose toutes choses selon son conseil secret, lequel ne dépend point d'ailleurs?» — Après: «Dieu, qui est Seiqneur et maistre de toutes choses, et qui a créé toutes choses bonnes {omuia boiia l'a/de), et a co^niu que le mal proviendroit du bien, et aussi cognu (]u'il appartcnoit à sa bonté toute puissante de convertir le mal en bien, plustost que de ne permettre point qu'il y eust nul mal, a disposé tellement la vie des anges et des hommes qu'il a voulu montrer en premier lieu ce que pouvoit le franc-arbitre, et puis après ce que pouvoit le bénéfice de sa grâce et de son juste jugement". »
2. Voilà donc le prodige, mais il en est de la logique comme de la mer : le point précis où le tlux porte sa dernière vague, est le point précis d'où part la première vague du reflux, et quand nous touchons au supralapsarisme'', les historiens se demandent si Calvin fut supralapsaire. — Calvin se tait parfois, ou même ne fait pas les déclarations que nous attendrions; et ses disciples les plus fidèles font des déclarations différentes.