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de la nation de Picardie ‘. En cette qualité il a soutenu un procès. C’est incontestable. Mais Calvin a-t-il vraiment continué ses études de droit? a-t-1l pris son doctorat ? Faire partie d’une nation à cette époque, cela voulait-il absolument dire qu'on suivait régulièrement des cours, et surtout qu’on prenait des grades ?
1. On raconte, sans que nous ayons trouvé l’origine de ce récit, qu’au lieu de convoquer ses nationnaires pour fêter sa nomination, selon la coutume, dans un joyeux banquet, il voulut éviter les excès habituels et versa au trésor la somme qu’il aurait dépensée, et fit un don de livres à la bibliothèque commune. On ne s’étonne pas de la conduite de Calvin en lisant les descriptions de ces fêtes de nation, où les tambours, les trompettes, les fifres et l’hypocras «allumaient pendant deux ou trois jours les cœurs des plus refroidis, » et dont l'historien a pu dire : « l’orgie entrait dans l’économie des règlements des étudiants. » « Mémoire sur les écoliers de la nation picarde à l’Université d’Orléans, et sur la maille d’or de Florence, » par Bimbenet, dans les Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie. T. X, 1850, p. 459.
C’est moins certain. Tout ce que nous savons sur ce doctorat c'est ce que nous raconte Bèze. Au moment où l’Université offrit à Calvin « de le passer docteur pour rien !, » celui-ci refusa.
Maintenant, qu'était-ce que le procès auquel Calvin se trouvait mêlé, et qu’était-ce que la maille d’or ?
« La nation de Picardie, raconte Le Maire, a pour patron saint Firmin martyr, à la louange et gloire duquel, depuis l'an 1456, chaque année, le 13 janvier, jour de l'invention du dit saint, les Picards font faire le service divin en l'Eglise de Saint-Pierre le Puellier. C’est la fête de l'élévation de Picardie. Et ce jour-là, les redevables de la maille, c’est-à-dire les détenteurs de certains héritages (une maison, des vignes, des métairies), sis aux environs de Beaugency *, sont tenus de présenter et payer une maille d’or de Florence, en espèce de maille, au procureur et suppôt de la dite nation. Si la maille n’est pas payée, il est permis aux dits Picards en corps de se transporter d'Orléans à Beaugency, devant l’église de Saint-Firmin, accompagnés de leur bedeau et de leurs officiers, avec haut-bois, tambours et trompettes, pour demander la dite maille, le tout aux frais et dépens des redevables*. »
La maille d'or, présentée à la nation de Picardie, était une pièce d’or appelée maille * de Florence *, du poids de deux deniers 17 grains trébuchants’,
1. Vie de Calvin, 1re édit., Opera, XXI, p. 29. — On lit dans Henry, I. Appendices, p. 29 : «Quant au titre de « maître » qu’il s'est si souvent donné, nous ne savons rien de certain. Senebier avoue n'avoir rien à dire sur ce sujet. Les uns pensent qu’il prit ce titre quand il devint docteur en droit, les autres qu’il suivit la coutume suisse, d’après laquelle les pasteurs sont ainsi appelés. Cependant beaucoup de pasteurs n’ont pas pris ce titre. Calvin nomme souvent Maîtres ses deux amis : « Maistre Guillaume Farel et maistre Pierre Viret.. ont esté icy huict jours à ma grande consolation. (Lettre du 16 avril 1546 à M. de Falais ) Maistre Guillaume Farel et Maistre Pierre Viret ont icy esté sept jours; il n’eust plus fallu que vous pour faire pleine feste... J’entens aux recommandations que Maistre Guillaume, Maïstre Pierre, ma femme, tous les amis y sont comprins, plus d’une douzaine. » (Lettre du 29 septembre 1547, au même.) Opera, XII, p. 333, 594. — 2. Le comte de Beaugency, picard d’origine et alors à Amiens, aurait attribué sa guérison à l’invention du corps de saint Firmin (en 613-615 ou 687). Il se fit vassal du Saint et lui donna ses terres de Beaugency, c’est-à-dire s’obligea à une redevance envers l’évêque et envers le Chapitre d'Amiens. La redevance envers le Chapitre perdit peu à peu de sa valeur. Le Chapitre en fit le sacrifice. Les étudiants picards réunis en nation, à Orléans, représentaient le diocèse d'Amiens, la Picardie. Ils eurent d’abord mission de recevoir les vingt sous un denier, et les vingt sous un denier devinrent la maille d’or de Florence. Bimbenet, Mémoires de la Société des antiquaires, o. c., p. 398-474. — 3. Le Maire, o. c., II, p. 81. Voir dans Marcel Fournier, Universités françaises, 1, p. 258, l’acte par lequel « Philippe de la Mote reconnaît le droit pour la nation de Picardie de percevoir annuellement, sur ses biens une maille d’or de Florence. » Le Maire devait avoir sous les yeux cet acte qu’il reproduit presque textuellement. — 4. C'était bien plus « une petite médaille ou maille, qu’une monnaie, » — 5. Le florin, qui portait originairement l'effigie de Jean-Baptiste, est devenu une monnaie courante, et le roi qui l’a adopté, Philippe le Bel, a voulu qu’on y gravât l'effigie de ce saint. Le revers de la médaille portait une fleur de lis. On a payé la redevance de Beaugency avec un florin, et si on a ajouté Florentia, que ne portaient pas les florins proprement dits, c’est qu’on a ajouté à cette fleur de lis épanouie le mot qui, en termes de blason, exprime cette fleur elle-même. (En blason on appelle un écu florencé celui qui porte des fleurs de lis.) Il est vrai qu’en même temps ce mot est le nom latin de la ville de Florence : mais cela n’a pas de rapport. — Cette maille se
ayant d’un côté, en portrait, l’image de saint Jean-Baptiste, et ces mots: S. Joannes B., et de l’autre côté une fleur de lis, et autour d’elle Florentia. (Plus tard, au lieu de Florentia, on mit le nom du Roy.)
Plus d’une fois, naturellement, il y eut contestation sur cette redevance, et Le Maire nous apprend qu’en 1530 (il se trompe sur la date) Calvin alla avec le procureur de la nation picarde, et d’autres écoliers, « demander la maille d'or à Beaugency, qui n’avoit esté présentée à la messe, dans l'Eglise de Saint-Pierre le Puellier, le jour de l'invention de saint Firmin, le 13 janvier !. »
Ce fait se serait passé le 13 janvier 1532 (N. S. 1533). La démarche n'aurait pas réussi; de là un procès. Pour soutenir ce procès, la nation picarde, à court d'argent, fut obligée de vendre les burettes de sa chapelle. L'affaire fut gagnée, et, le 13 janvier 1533 (N. S. 1534), « durant l’epistre de la grant messe, que l’on chantoit en l’honneur de la feste monseigneur saint Firmain, en l’église monseigneur Saint-Pierre le Puellier, » un représentant des redevables de Beaugency, marchand, en son nom, et au nom de François de Berry et d’autres, « a présenté et offert à deniers descouverts, sur l’autel, une maille de Florence en or et de poids ?. »
Les burettes d'argent, dont parle l’acte cité, ont donné lieu à une légende, que Jacques Desmay paraît avoir le premier recueillie. « En ceste Université, dit-il, Calvin fut procureur de la nation de Picardie. Et projectant un long voyage, pour y subvenir il desrobba le calice d'argent de sa nation, qui estoit en sa garde comme procureur : ce fut alors qu’il roda les pays estranges *....»
frappait à Beaugency, chez le détenteur des biens grevés, dont le successeur, M. Pellieux, fils de l’historien de la ville de Beaugency, a longtemps possédé les coins et les fers, au moyen desquels il renouvelait cette maille au profit des numismates désireux de la posséder. Une des rues de Beaugency s’appelait rue de la Maille; parce que les immeubles, qui la composaient, étaient presque tous affectés à son paiement. Cette rue s'appelle aujourd’hui, et depuis 1789, la rue de l’Union. (Mémoire de lu Société des antiquaires, o. c., p. 441, 443, 446.) En 1896, la Société archéologique d'Orléans a acheté, pour le musée, les coins de la maille d’or. Après quelques difficultés, suscitées par l’Administration des médailles, sous prétexte qu’il s'agissait d’une monnaie, et qu’une Société particulière n’avait pas le droit de battre monnaie, M. Herluison, libraire-éditeur à Orléans (archéologue distingué et qui nous a rendu plusieurs services, dont nous tenons à le remercier), a réussi à faire frapper deux exemplaires de la maille, lun pour le musée, l’autre pour lui-même. Avec une grande amabilité il a bien voulu nous faire cadeau de celui-ci. Le coin présente un défaut du côté de saint Jean-Baptiste, une dépression, qui provient d’une frappe répétée. — 6. À cette cérémonie assistait un orfèvre qui, après serment prêté, pesait la pièce offerte. 4. Le Maire, I, p. 330. — 2. Bulletin, XXVI, 1877, p. 181. — 3. Archives curieuses, p. 393.
La découverte de M. Doinel permet de se rendre compte exactement de la formation de cette inepte calomnie. Il y a eu pénurie (de la nation picarde et non de Calvin); il a été question d’un objet sacré en argent (deux burettes et non un calice); Calvin a été mêlé à cette affaire (comme procureur et non comme voleur). Peu à peu l’ignorance et la malveillance ont tout mêlé, et voilà comment les catholiques ont écrit l’histoire.
Ce n'est, du reste, pas la seule fois que ces burettes et ces calices devaient porter malheur à leur véracité. Tandis que Desmay accusait Calvin, Florimond de Ræmond eut l’idée d’accuser Bèze d’un semblable larcin. Le président Lizet l'aurait même condamné « à restituer les calices et ornemens de la nation de Bourgongne, dont il avoit esté procureur en l’université d'Orléans, et s’en estoit venu les vendre sur le Pont du Change, sans dire à dieu à ses compagnons, qui en obtinrent arrest !. »
Mais voilà : les historiens inventent, et les Archives démentent. La découverte de M. Doinel a fait justice de la légende sur Calvin. M. de Félice a fait justice de la légende sur Bèze. Il a trouvé des actes du 12 février 1535, et du 22 octobre 1538, et ces actes nous apprennent que la nation de Bourgogne devait de l’argent à quelqu'un qui s'appelait M° Aubert de Besze (par conséquent il ne s’agit pas du Réformateur )}; que le dit Aubert de Bèze, n'étant pas payé, fit opérer une saisie très légale. Parmi les objets saisis se trouvait un calice. Il y eut procès, et procès gagné par Aubert de Bèze. Les Archives s'arrêtent là. Et peu nous importe la suite ?.
Calvin quitta Orléans, sans doute au commencement des vacances. Le 23 août 1533, nous le voyons assister comme chapelain, à Noyon, à un Chapitre tenu pour ordonner des prières publiques contre la peste qui ravageait la ville. Et vers la fin de septembre il rentra à Paris *.
C'est pour nous le moment de faire notre promenade à travers l'Orléans du XVI® siècle.
Plaçons-nous en 1534, sur la rive gauche de la Loire, à l'entrée du pont, non pas celui d'aujourd'hui, large et plat comme un morceau de route blanche, poudreuse, banale, que l’on a étendue au ras de l’eau, mais celui d'autrefois, un peu plus en amont, et dont on voit encore, à l’eau basse, quelques pilotis. Ce pont forme tout un monde pittoresque, avec ses deux citadelles aux deux bouts, le fort des Tourelles d'un côté et le Châtelet de l’autre, avec sa série de défenses, de tours, émergeant des maisons qui l’encombrent. Au milieu de ce fouillis de constructions guerrières et civiles, s'élevait une croix de bronze doré, aux proportions
4. FI. de Ræmond, p. 1048. — 2. Le Christianisme au XIXe siècle, $ novembre 1880. « Théodore de Bèze a-t-il volé, oui ou non, le trésor de la nation de Bourgogne à l’Université d'Orléans ? » — 3. Lefranc, Jeunesse, etc., p. 107, et Pièces justificatives, p. 200.
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Plan du vieil Orléans.
monumentales, avec ses quatre grands bas-reliefs, dressée en 1458, en l’honneur de Jeanne d’Arc!.
Devant nous s'étale la ville, qui peu à peu a gravi la colline. Sa dernière enceinte a été commencée en 1484, et terminée il n'y a pas longtemps. Elle ne changera plus (aujourd’hui encore, éllesestatacttent reconnaitre, remplacée qu’elle a été par les boulevards).
Elle dessine un arc, dont la corde droite serait formée par le fleuve, et dont la courbe serait indiquée à peu près, à la porte Bannier, par les murailles.
« Le plan, forme et figure d’icelle ville, dit Le Maire, est en demy lune, ou plutost d’un cœur, Cé QUIL A MeNRÉ Doct Scaliger, parlant d'Orléans, de dire que, ne pouvant estre le chef et la principale ville de ce Royaume, elle en estoit le cœur *. »
Toutes les murailles sont hérissées de tourelles, parmi lesquelles se détachent le Châtelet avec ses fenêtres ogivales, et, un peu à droite, la Tour-Neuve, dont la masse colossale commande la Loire. Immédiatement derrière, c’est le vieux quartier avec l’église Saint-Pierre le Puellier et ses arcades romanes, où avait lieu la remise de la maille d’or, et un peu plus loin avec Saint-Aignan, noir et monumental. Dans ces rues aujourd’hui si silencieuses et dont les noms sont restés, rue de la Tour-Neuve, rue des Africans, rue des Sept Dormants, on voit encore le château gothique en briques rouges, paré de lierre vert, bâti par Louis XI, et la pittoresque Tour-Blanche (Page 307), en pierres jaunes, qui montre son toit pointu auquel sont pendues de grandes lucarnes, et l’emplacement de la maison où habita la mère de Jeanne d’Arc (angle de la rue des Africans et de la rue de Saint-Flou).
Tout autour, enfermées et serrées dans cette forte ceinture, se pressent les
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Orléans. Saint-Pierre le Puellier.
1. Elle devait être brisée par les protestants en 1562, et rétablie en 1578. Le vieux pont fut refait en 1751. « La vue dessinée par Israël Sylvestre vers 1660 est généralement d’une grande fidélité. On y voit le profil du pont pris
d'amont. » De Buzonnière, Histoire architecturale de la ville d'Orléans, 1849, II, p. 144, 146, 152, 154. — 2. Le Maire, I, p. 23.
maisons basses du peuple, celles des nobles dont les tourelles émergent, et les églises dont les clochers dominent fièrement les donjons, le tout à l'abri, à l'ombre de la haute et immense cathédrale.
Nous passons sous la porte du Châtelet, et nous voici dans la grande rue, la rue des Ostelleries, dont il ne reste plus que deux maisons, et encore les a-t-on changées de place! Elles sont rue Neuve (aujourd’hui rue Charles Sanglier) à côté de l’élégant Hôtel de Diane de Poitiers, bâti en 1540 (aujourd'hui musée historique). Si l’on veut se faire une idée de la ville de 1533, il faut marcher dans la rue Vieille Peignerie, dans la rue de la Pierre percée, et surtout il faut visiter au Musée une série d’aquarelles du vieil Orléans. Peu à peu, la couleur locale se voit, se sent. |
Vues de l'an de grâce 1898, comme ces villes du commencement du XVI siècle apparaissent merveilleuses ! Et aucune ne le fut plus qu'Orléans, surtout au moment où Calvin l’habita.
Il y avait encore la foule des maisons de bois, les pauvres et les riches, les maisons du XV° siècle presque toutes ogivales, avec leur façade presque à clairevoie, ornées de gracieuses torsades, de légers pilastres, de feuillages sculptés et de cette multitude infinie de culs-de-lampe, de consoles, dont on découvre encore à chaque instant des spécimens. Têtes monstrueuses ici, et là têtes angéliques, et toute l’ornementation naïve, fantaisiste, expressive qui représentait les coutumes, les croyances, les douleurs, les joies, les vertus, les vices, les horreurs, les plaisanteries, la terre et le ciel de ceux qui les habitaient. Et il y avait déjà les maisons de pierre du XVI® siècle, sans tourelles féodales, mais avec des portiques, des frontons, des bas-reliefs délicieux, avec cette grâce, cette pureté, ce charme qui atteindront leur apogée dans la maison dite d'Agnès Sorel... ville populeuse, riche, commercçante, et à deux faces, une sombre, rude, tourmentée, l’autre gaie, gracieuse, brillante de toutes les élégances.
Et quel décor pour quelles fêtes! François I‘, le galant, le chevaleresque, fait d'Orléans la ville des plaisirs ; la cour y amène tous les jeux; quarante jeux de paume sont continuellement occupés ; et ce sont des bals, et ce sont des tournois, et les costumes jettent dans les rues l'éclat de toutes les couleurs. Continuellement il y a des entrées solennelles, en 1530, en 1539...
Suivons cette procession et, comme elle est interminable, bornons-nous à la partie du cortège que forme l’Université.
D'abord 12 jeunes garçons habillés de velours ; puis 260 écoliers, conduits par un capitaine. Celui-ci a un haut-de-chausse de velours incarnat déchiqueté, avec des bouffants de taffetas d'argent, un pourpoint pareil, un collet de drap d'argent, et des bagues et des pierreries pour 2000 écus.
Ensuite 50 écoliers armés de pied en cap; ceux de la nation picarde, habillés de taffetas et de satin violet, ceux de la nation champenoise avec un collet déchiqueté de maroquin d'Espagne, ceux de la nation française couverts de velours noir, chaînes au cou et bagues aux doigts, ceux de Paris et d'Orléans vêtus à la turque, ceux de Tourraine en taffetas orange et coiffés de bonnets ronds,
sur lesquels flottaient des plumes blanches. Ensuite les bedeaux à masse, chevauchant en longue robe, les bedeaux à verge. Enfin les professeurs de droit, sur des mules, vêtus d’une robe écarlate, avec un chaperon de velours fourré d’hermine sur l'épaule, et chacun accompagné de deux domestiques.
Le recteur a six domestiques, et un bonnet de velours, surmonté d’un aigle d’or.
Tous les corps défilent ainsi dans les rues étroites, sinueuses, enguirlandées, tendues de draps.
On passe devant l'hôtel de ville bâti de 1442 à 1498 et 1518. (Page 309.) On peut encore admirer sa
façade rue de Sainte-Catherine,
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prolongation de la rue des Ostelleries. De Îa base au sommet, l'ornementation s'enrichit progressivement. Peu à peu le mur disparaît sous les luxueux ornements des arabesques, des niches, des consoles, des dais, jusqu’à ce que la corniche étale, sans confusion, une munificence qui n’a jamais été dépassée. Dans la cour er se dresse le haut beffroi, avec ses ogives, ses it ne m gargouilles. (Page 310.) = | Et l'interminable cortège, traversant Îles =| petites rues qui pressent leurs maisons contre SES l'église, s'engouffre, avec ses éblouissements, dans Orléans. La Tour-Blanche. (p. 306.) la cathédrale de Sainte-Croix, où tout s'allume de cierges et de reflets scintillants.
De cette vieille cathédrale (Page 3r1), que visita Calvin, il ne reste que quelques portes, quelques piliers, et les chapelles du rond-point.
Les historiens catholiques nous représentent Th. de Bèze rassemblant les soldats et se mettant à leur tête pour escalader le clocher : Condé sauve l'édifice. C’est en 1562. Mais il y a un nouveau siège, en 1568. Bèze recommence et réussit, dans la nuit du 23 au 24 février, dit M. de Buzonnière; dans la nuit du 24 mai, dit Biémont, qui précise encore davantage : « Bèze, alors étudiant*. » — Bel exemple d’incohérence et d’ignorance malveillantes! En 1562, Th.de Bèze est bien à Orléans, mais il écrit précisément à Calvin ses plaintes sur la brutalité de la
1. De Buzonnière, II, p. 177. — 2. Ibid., I, p. 176, 182. — René Biémont, Orléans, 1880, p. 37.
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