‹ Jean Canada [par] Raoul de NaveryChapitre 12 sur 19 · JEUNE-LIANE · texte numérisé non relu

JEUNE-LIANE

Un soleil radieux se leva le lendemain. L'excès de la fatigue avait amené le sommeil pour les prisonniers. Quand ils sortirent de la torpeur qui les engourdissait, une chaude étreinte les rapprocha. Le courage leur revenait, ce courage calme qui rend tout malheur supportable. Un instant après, la porte de la hutte fut légèrement poussée, et une jeune fille parut devant les prisonniers. Elle était grande, élégante dans sa taille, vêtue avec une naïve recherche, et avait orné sa chevelure brune de fleurs aux couleurs vives. La pitié se lisait dans son regard timide; après avoir déposé quelques vivres sur le sol, elle se disposait à se retirer quand le capitaine lui adressa la parole en anglais.

— La Jeune-Liane sait-elle quel sort on nous réserve ?

— Les chefs ne se sont pas assemblés dans la cabane du conseil.

— Tous les prisonniers sont d'avance condamnés à mort ?

— Non, pas tous, répondit la Jeune-Liane, souvent un vieillard de la tribu adopte un captif et à partir de ce moment, il fait partie de la tribu.

— Pouvons-nous quitter cette hutte ?

— Les Visages-Pâles ne portent point de chaînes.

— Est-ce la Jeune- Liane qui nous servira, comme une sœur servirait son frère ?

— La jeune fille au Visage-Rouge fut un jour captive des Visages-Pâles, elle se souvient d'en avoir été respectée.

Liane prononça ces mots d'une voix touchante, pui" redoutant sans doute que les Iroquois la soupçonnassent de ressentir un peu de pitié pour les captifs, elle les quitta en leur adressant dans sa langue maternelle une parole dont ils comprirent la douceur sans en traduire le sens.

Halgan et Tanguy partagèrent le repas de racines et de venaison apporté par la jeune fille, puis, voulant s'assurer qu'on leur laissait en effet une liberté relative, ils s'avancèrent jusqu'au seuil de la cabane. Nulle sentinelle n'en gardait les approches. Enhardis par cette certitude, ils risquèrent quelques pas sous les arbres et purent se rendre compte de l'aménagement du village; c'était une agglomération de huttes élevées par une horde d'Indiens prêts à se mettre au service des Anglais ou disposés à se jeter dans les hasards d'entreprises particulières. Les cases s'élevaient au hasard et sans ordre. Des arbres groupés irrégulièrement en formaient les premiers matériaux; des granchages et des mousses composaient les murailles; des peaux de bison suffisaient pour la toiture.

Une case plus grande, décorée de deux poteaux surmontés de têtes d'idoles effrayantes, servait de lieu de réunion aux chefs de la tribu nomade. Ils y tenaient conseil et discutaient les intérêts de la nation. Ainsi que la Jeune-Liane l'avait affirmé aux prisonniers, il n'y avait point de sentinelles chargées de les surveiller d'une façon spéciale, mais ils ne tardèrent pas à s'apercevoir que si cette mission n'était confiée à personne, chacun des membres de la tribu s'en trouvait investi.

Assises sur le seuil des cabanes, les jeunes femmes et les jeunes filles suivaient les étrangers d'un regard curieusement obstiné. Les hommes que le hasard ou la prévoyance disséminait dans le village, tout en s'occupant à préparer des armes, à raccommoder des filets ou à confectionner des canots d'écorce, ne perdaient pas de vue ceux qui devaient un jour leur donner le spectacle de leur mort.

Ni Halgan ni Tanguy ne se méprirent sur le sentiment général. On leur accordait un sursis, on leur lais-

sait la liberté de leurs membres, mais à la condition qu'ils ne tenteraient rien pour s'évader.

Du reste, quand Halgan et Tanguy eurent fait en partie le tour de l'île, ils se demandèrent si une tentative de ce genre ne serait pas la plus grande des folies. Affaiblis par leurs blessures, que pouvaient-ils contre la population de l'île dévouée à leur surveillance ? L'archipel dans lequel ils se trouvaient les gardait mieu.x qu'un cachot. Ils ne pouvaient songer à se procurer un canot, et en dépit de la pitié qu'ils avaient lue dans les regards de Jeune-Liane, ils savaient qu'elle ne pouvait rien pour leur délivrance.

Tandis qu'assis sur la rive, le marquis et Halgan laissaient errer leurs regards sur le panorama de l'eau, de la verdure et du ciel, les Indiens s'étonnaient de la tranquillité d'attitude de leurs prisonniers. Ils ignoraient que des hommes de la trempe de Tanguy puisent dans la foi un courage supérieur au stoïcisme du sauvage. Du reste, Tanguy et Halgan, comprenant qu'ils devaient éviter d'exciter la méfiance des Iroquois se conduisirent durant cette journée avec une prudence extrême. Quand le jour baissa, ils quittèrent les abords de l'île et regagnèrent le centre du campement.

Devant une case dont la porte était soulevée, Jeune- Liane, dont le père était mort, et qui restait seule pour soutenir une jeune famille de frères et de sœurs, préparait le repas du soir. Les captifs la reconnurent et lui sourirent, puis voyant un groupe de vieillards assis devant une cabane assez vaste, ils les rejoignirent et prirent place à leurs côtés. Les Iroquois ne parurent point surpris; ils respectèrent le silence de leurs hôtes, et leur passèrent des pipes; Tanguy refusa doucement le calumet qu'on lui présentait, mais Halgan l'accepta, et se mit à fumer en compagnie des sachems.

— Le Grand Sorcier des Peaux-Rouges devait apporter les plantes salutaires aux Visages-Pâles, dit Halgan, mais nous ne l'avons point vu. Si les hommes n'ont pas peur de souffrir, il est bon qu'ils conservent leurs forces, afin de chanter dignement leur chanson de mort.

— Le Grand-Sorcier chasse le méchant esprit de la hutte d'un malade, répondit le vieillard; il n'oubliera point les Visages-Pâles... Ceux-ci peuvent retrouver leur énergie et guérir leurs blessures avant qu'on leur fournisse l'occasion de prouver qu'ils ne sont point des squaws, mais des guerriers fameux entre les chefs.

Tête-Rouge confirmait par ces mots la parole de Jeune-Liane : si les captifs devaient être immolés, ce serait beaucoup plus tard, à une époque que les sachems eux-mêmes ne paraissaient pas avoir fixée.

Le plus sûr pour les captifs était donc de prendre patience, de chercher à retrouver l'élasticité de leurs membres, puis d'essayer de se procurer des canots ou de tenter de se sauver à la nage.

Huit jours s'étaient écoulés depuis que les Indiens avaient brûlé la Grande-Hutte, Plume-d'Aigle était absent, et les Indiens se livraient à l'exercice de la chasse avec une passion tenant de la frénésie.

Un matin, il s'agissait de prendre un ours centenaire connu pour sa grosseur légendaire. Les prisonniers acceptèrent d'accompagner les Iroquois à la chasse.

L'ours qu'il s'agissait de prendre avait évité tous les pièges; pour le capturer, il fallait lutter corps à corps avec lui.

Les Indiens partirent gaiement, armés de mousquets, de lances et de couteaux. Des traces avaient été suivies. Un vieil arbre dont le tronc servait de ruche aux abeilles avait déjà reçu la visite du monstre, et la trace laissée par ses pattes gigantesques doublait la hâte qu'avaient les sauvages de s'emparer d'une si belle proie.

L'énorme bête ne tarda point à se trouver en vue. Elle revenait du côté de l'érable à la même heure que la veille, s'avançant tranquillement, sans défiance, marchant d'un pas lourd en balançant sa grosse tête.

Tout à coup un bruit suspect provenant d'un massif lui fit tourner la tête. L'ours regarde, il flaire, il devine des hommes et s'arrête. Ses yeux s'animent, il pousse

un grommellement sourd, mais ce grommellement se change en un cri terrible et se confond avec le bruit d'une détonation. Une balle de Plume-d'Aigle venait de l'atteindre au défaut de l'épaule. L'ours s'avance rapidement vers le buisson derrière lequel se dissimulent les chasseurs.

Ceux-ci comprennent que l'heure d'une lutte terrible commence, et Panthère-Agile, qui brûle du désir de se distinguer, saute par-dessus le buisson et se trouve en face de l'animal que la douleur rend furieux.

L'ours se dresse sur ses pattes de derrière, et avec un élan irrésistible il se précipite sur Panthère-Agile, puis l'étreint avec une telle violence qu'un soupir étouffé échappe à l'Indien. Ses deux bras, paralysés par les pattes du monstre, ne peuvent manier le couteau qu'il tient à la main, et il périrait infailliblement si Plume-d'Aigle, se précipitant sur l'ours, ne lui enfonçait son couteau à scalper entre les deux épaules.

Panthère- Agile et l'ours tombent ensemble sur le sol; le poids de la bête écrase l'homme, mais l'Indien se débarrasse de son adversaire qui, dompté par la douleur, se roule sur l'herbe en poussant des cris furieux. Alors les chasseurs éclatent en imprécations. Ils insultent l'ennemi qui ne sait pas souffrir.

— Nous te croyions un héros, un père de la forêt, dit Plume-d'Aigle en s'adressant à l'ours agonisant, et tu te plains et tu gémis comme une squaw... Si tu m'avais blessé au lieu de subir l'effort de mes armes, j'aurais souffert en guerrier intrépide, et je serais mort avant de donner le spectacle de ma douleur... Tu fais honte à la tribu des ours.

Mais la bête monstrueuse n'entendait aucune des paroles des Iroquois, elle continuait à se tordre dans les spasmes de l'agonie. Avant que le sang s'écoulât par une large blessure, le corps de l'ours fut agité de soubresauts, puis demeura immobile.

Il fallait songer à le rapporter au village. On ne pensa pas un instant à dépecer sur place une proie si belle, et quatre des plus jeunes chasseurs, formant une civière

à l'aide de fortes branches, y placèrent celui dont les apparitions dans l'île formaient une sorte de légende.

La troupe reprit joyeusement la route du village.

Le retour des chasseurs fut un triomphe. Le cadavre de l'ours fut promené autour de la grande place, et comme la journée était très avancée, il fut décidé que le lendemain seulement on procéderait au dépeçage et au partage de l'énorme bête.

Les blessures de Tanguy et d'Halgan se trouvaient complètement guéries; ils avaient retrouvé leurs forces, et avec elles, l'énergie. Sans doute, si l'heure de la mort sonnait pour eux, ils la subiraient avec courage, mais ils regardaient comme un devoir d'y échapper s'il leur était possible, et de tout risquer pour retrouver Hervé et rejoindre Jean Canada.

Tandis que les prisonniers étaient debout, appuyés contre le tronc d'un magnifique sumac, Jeune-Liane s'avança vers eux. Elle semblait sous le poids d'une tristesse profonde, et ses mains, qui tenaient un bouquet de chèvrefeuille sauvage, tremblaient violemment tandis qu'elle essayait de nouer sa gerbe odorante.

Tanguy s'aperçut vite de l'émotion de la jeune fille. Nuage-Rose et Jeune-Liane, seules parmi toutes les femmes iroquoises, avaient témoigné aux prisonniers une compassion affectueuse. La jeunesse de Jeune- Liane, sa beauté, ajoutaient leurs grâces à la bonté brillant dans son regard. Les souvenirs qu'elle avait gardés de son enfance contribuaient à adoucir son âme; elle ne pouvait oublier que sa mère avait dû jadis la vie à la générosité d'un blanc, et bien qu'il en coûtât à sa timidité et peut-être à son orgueil, elle venait rougissante, mais pourtant résolue, apprendre aux prisonniers ce qu'elle avait le pouvoir de faire pour les sauver. Du reste, la jeune fille n'était pas sans espoir de réussir. La douceur de Tanguy, la reconnaissance du capitaine lui avaient appris que ses bonnes paroles, ses attentions touchantes trouvaient leurs cœurs reconnaissants.

Depuis longtemps Jeune- Liane hésitait à entamer un entretien difficile. Obligée de dévoiler le fond de son

âme, elle choisissait l'heure tardive, où le jour s'éteint dans le crépuscule, et ne permet qu'à la clarté de la lune de voir la pâleur du visage et les larmes tombant des yeux attristés.

— Mes frères sont guéris, dit la Jeune-Liane de sa voix harmonieuse; ils ont repris la force de leurs membres et pourront désormais se livrer à la chasse ou suivre le sentier de la guerre avec les braves... .Mes frères doivent s'accoutumer à la vie des Indiens; la hutte de branchages couverte de peaux de bisons, la couche de mousse ou de sassafras procure un sommeil paisible... Les forêts sont remplies de daims et de chevreuils; les lances et les harpons atteignent le poisson dans les eaux du lac ou le long des fleuves... Mon jeune frère ne compte pas encore assez de neiges pour avoir cessé d'aimer la vie...

— Pauvre Jeune-Liane ! dit Tanguy d'une voix profonde, le nombre de jours vécus se mesurent aux douleurs éprouvées...

— Avant d'être prisonnier des Iroquois mon frère a donc beaucoup souffert ?

— Si j'ai souffert ! s'écria Tanguy. Ma femme est morte de l'excès de ses douleurs... Mon pays est en proie à une guerre intestine qui fait couler le plus pur du sang français sur l'échafaud... On a pillé et brûlé mon manoir héréditaire, enfin, je ne reverrai peut-être jamais Hervé, le seul être qui m'attachât au monde.

— Mon frère le Visage-Pâle a perdu la compagne de sa jeunesse ?

— Oui.

— Que lui reste-t-il à chérir ?

— Un enfant !

— Un enfant ! répéta Jeune- Liane avec une douceur infinie.

La jeune fille hésitait encore à parler. On sentait que les phrases dites jusqu'à ce moment avaient seulement pour but d'amener une proposition ou une confidence grave. Le nom d'Hervé prononcé par Tanguj^ avec une expression de tendresse passionnée lui fournit sans doute la transition qu'elle cherchait pour lier la seconde

partie de son discours à la première, car elle répéta pour la seconde fois : «Un enfant !» avec un timbre si rempli de compassion et de tendresse que le marquis y puisa presque une espérance.

— Oh ! dit-il, de quelle reconnaissance je serais pénétré pour la créature qui me permettrait de le revoir... De quel sacrifice ne serais-je point capable pour lui prouver ma gratitude !

— Ainsi, demanda Jeune-Liane, tu chéris cet enfant plus que la vie ?

— Hervé est Tunique bien qui m'attache au monde. La main d'Halgan se posa sur l'épaule de Tanguy :

— Ingrat ! dit-il.

— Oh ! pardonnez-moi, mon père ! répondit le marquis, pouvez-vous me faire un reproche de rester trop profondément attaché au souvenir de votre fille !

La jeune Indienne reprit, sans qu'il parût exister aucune liaison entre ce qu'elle venait de dire et les pensées qui se faisaient jour dans son cœur :

— On a vu des étrangers devenir les hôtes, les amis des Iroquois qui les avaient vaincus. La nation les adoptait; ils marchaient avec elle dans les sentiers de la guerre, et poursuivaient le gibier sur ses territoires de chasse. La Jeune-Liane a vu jadis dans son village un étranger accepter de la sorte l'adoption d'un sachem... Les vieillards ont le droit de réclamer le prisonnier comme un fils devant remplacer les enfants morts durant la guerre... La jeune Indienne orpheUne peut sauver de la mort l'étranger qu'elle a choisi pour époux.

Jeune- Liane s'arrêta; un sanglot montait à ses lèvres. Tanguy prit dans ses mains la main de l'Indienne.

— Que la Jeune-Liane réponde à son frère, son cœur doit ignorer la trahison et ses lèvres le mensonge... On a parlé parmi les chefs de la mort des prisonniers.

— On en a parlé.

— Le jour en est-il fixé ?

— Ce jour est proche.

— La Jeune-Liane, se souvenant que sa mère avait été protégée pai un étranger, veut payer sa dette en sau-

vant un captif... Ma sœur est bonne et compatissante... Mais elle oublie qu'un Français ne peut s'allier aux Iroquois, amis des Anglais, qu'un chrétien ne saurait être l'époux d'une femme adorant le Grand-Esprit et vénérant les Manitous.

Jeune-Liane plia les genoux devant Tanguy et Halgan.

— La fille des bois est ignorante, dit-elle, son mari, son maître lui enseignerait la religion... Liane a grandi au milieu des Iroquois, elle n'a jamais commis le mal... Elle sait qu'elle est une faible plante que nul arbre n'étaie; elle accepterait d'être la servante, l'esclave du Visage-Pâle, afin de lui sauver la vie et de lui rendre son fils.

— Oui, la jeune vierge indienne est capable de se sacrifier, dit Tanguy profondément ému. Elle trouvera un époux de sa nation qui la rendra heureuse, elle se souviendra que l'étranger l'a chérie comme une soeur, mais que tout s'oppose à ce qu'il fonde avec elle un nouveau foyer.

— Les Visages-Pâles sont fiers, reprit l'Indienne avec une humilité croissante, je le sais, ils croient les enfants des Iroquois à peine dignes de devenir les servantes de leurs femmes... Hélas ! la Jeune-Liane obéissait à son cœur en offrant sa vie à l'étranger qui la dédaigne... Si elle avait connu un autre moyen de le sauver, elle l'aurait choisi... que mon frère accepte la vie des mains de la fille des bois... Quand les sachems les auront unis, elle ouvrira toute grande la porte du wigwam où il aura refusé de dormir... Il sera libre de s'en aller loin, bien loin... Ou plutôt, elle ne l'abandonnera même pas aux hasards d'un terrible voyage, elle montera avec lui dans un canot d'écorce, elle le guidera à travers les détours du fleuve, et quand elle verra devant elle les grands rapides, elle lui dira: «Mon frère est libre» ! Quant à elle, l'Esprit de la paix sans trouble, le doux Esprit de la mort l'endormira dans ses bras.

L'Indienne était agenouillée; ses bras tombaient sur ses genoux autour desquels montaient les branches fleuries du chèvrefeuille. Ses longs cheveux noirs

retenus par un bandeau semblable flottaient derrière elle comme un voile de deuil. Ses grands yeux inquiets se levaient sur Tanguy avec angoisse.

Celui-ci étendit la main sur le front de la jeune fille prosternée.

— Sois bénie ! dit-il, sois bénie au nom de ta pitié !

— La Jeune-Liane a mis son âme et ces fleurs aux pieds de l'étranger, dit-elle, l'étranger a dédaigné sa double offrande...

Elle cacha son visage dans ses mains et pleura; puis, prêtant l'oreille à un bruit de pas qui s'approchait, et relevant son visage baigné de pleurs, elle ajouta d'une voix déchirante :

— C'est la mort ! la mort ! si les étrangers repoussent le salut que la fille des bois venait leur offrir.

Au même moment, un jeune Indien s'avança vers les prisonniers et les avertit d'une voix grave qu'on les attendait dans la cabane du conseil.

Jeune-Liane se releva d'un bond, adressa rapidement quelques questions en langue iroquoise au messager des sachems, puis, voyant Halgan et Tanguy se disposer à le suivre, elle s'affaissa sur le sol, et cachant son front dans le bouquet de fleurs sauvages, elle répéta avec des sanglots :

— La Jeune-Liane sera maudite... la Jeune-Liane n'a pu payer la dette de reconnaissance de sa mère.

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