LA FILLE-AUX-CHEVEUX-D ARGENT
L'emplacement sur lequel se trouvait construite la Grande-Hutte était assez isolé pour mettre les amis de Jean Canada à l'abri d'une descente de la police proprement dite, mais les Anglais gardaient à leur service les Iroquois avides de pillage, et jaloux de rapporter des chevelures dans leurs wigwams. Ce que les Anglais n'osaient faire, ils en chargeaient les Mingos. La plus grande circonspection était donc nécessaire, et quand avaient lieu dans la Grande-Hutte des réunions semblables à celle qui s'était tenue la veille, les hôtes de Jean Canada attendaient la nuit suivante pour regagner Montréal ou reprendre leur route à travers les bois. Le lendemain, la réunion prit un autre caractère. Tout en acceptant l'idée de la lutte, Jean Canada répugnait à la bataille. Il connaissait trop bien la force militaire des Anglais pour approuver un coup de main devant se terminer en hécatombe. Il exigea donc dans une réunion plus paisible que l'on prît le temps indispensable pour se disposer à la lutte. Il fallait, avant tout, enrégimenter les colons et les Indiens, et mettre assez de soin et de mystère dans les préparatifs de cette lutte mortelle pour qu'elle pût décider du salut de la Nouvelle-France. Jean Canada jugeait qu'il ne fallait pas moins d'une année pour arriver à ce résultat.
Les forces des tribus, le nombre des Canadiens capables de prendre les armes, les fonds à amasser, tout fut calculé par les chefs du mouvement avec un soin extrême. A moins d'événements imprévus, on décida que la lutte commencerait au printemps suivant.
— Nous devrons subir six mois de neige et de glace, dit Jean Canada, c'est seulement à l'heure où les fleuves et les rivières seront libres que nous pourrons recommencer une guerre d'où l'on nous rapportera morts ou qui nous verra vainqueurs. D'ici là je parcourrai le Canada dans toute son étendue; les Abénaquis et les Algonquins me verront assis autour du feu du conseil.
Le soin de concourir à recruter les amis et les défenseurs pour cette cause sacrée fut confié aux hôtes de Jean Canada, et chacun d'eux fit le serment de ne jamais perdre de vue la mission qui devait être désormais le but de sa vie, le mobile de ses espérances.
Les adieux de ces hommes furent graves. Georges Malo, lui-même, le plus emporté de tous ceux qui rêvaient la lutte, partit sous l'impression que produisent les décisions capitales.
Après le repas du soir qui réunit les mandataires canadiens, Peaux-Rouges et Visages-Pâles, le Cœur- Percé, le Chêne-à-la-Mousse-Blanche, et les autres chefs prirent le chemin de leurs villages, tandis que Georges Malo et ses amis regagnaient Montréal, et que les derniers venus se dirigeaient vers leurs établissements.
Il ne resta bientôt plus à la Grande-Hutte que Tanguy, Halgan, Pâtira, Hervé et le missionnaire.
Tandis que les hommes s'entretenaient de choses graves, les enfants causaient à voix basse.
— Pâtira, demanda Hervé, est-ce que nous allons quitter cette maison et rentrer dans la ville... Vois comme tout est beau ici, quelles superbes peaux d'ours, quelles armes suspendues à la muraille... puis Mingo est si doux et Phébus si gai ! D'ailleurs, écoute, Pâtira, je ne quitterai pas la Grande-Hutte si l'on ne me permet pas d'emmener celle qui m'appelle le Roitelet-des- Bois.
Jean Canada entendit cette phrase.
— Monsieur le marquis de Coëtquen, dit-il, vous entendez ce petit despote... Sans doute votre concours nous serait infiniment précieux à Montréal, mais votre situation d'émigré français vous signalerait vite à la
défiance de la police... Vous cherchez le calme jusqu'au jour où vous pourrez vous rendre utile au service d'une grande cause, n'est-ce pas ?
— Oui, répondit Tanguy, j'ai besoin de calme, parce que j'ai beaucoup, j'ai horriblement souffert.
— Créez-vous donc une demeure semblable à celleci... Posez-vous dans le pays en «chasseur de terres». Le gouvernement vous donnera une concession avec la condition que vous la ferez approuver par les Indiens, anciens propriétaires du sol... Quelques barils d'eau-devie, des couvertures et des armes vous procureront une cession régulière, car vous remarquerez que le gouvernement qui nous dépouille et nous décime tient énormément à conserver des apparences de légalité.
— Le produit des marchandises dont est chargé mon navire paierait un département français, dit Halgan.
— Nos âmes s'entendent, reprit Jean Canada, nous regardons le même but, formons une alliance qui rendra chacun de nous plus forts... L'installation d'une maison pareille à la mienne ne sera ni longue ni dispendieuse, bien que vous deviez acquérir assez de terre pour créer un établissement, les bois sont si proches et les ouvriers si nombreux que dans trois mois, c'est-à-dire avant l'hiver, vous pouvez être installé . . .
— Ce projet me sourit, dit Tanguy, l'approuvez-vous, mon père ?
— Si complètement, répondit Halgan, que dès demain je commencerai à Montréal les démarches nécessaires pour obtenir la concession dont vient de parler notre hôte.
— Nous ne quitterons plus la Nonpareille ? demanda Hervé.
La Nonpareille comprit l'affectueuse demande de l'enfant, et le prenant sur ses genoux, elle le couvrit de ses longs cheveux comme d'un manteau.
Dès le lendemain, Halgan prit à cheval la route de Montréal; il vit étinceler sur les rayons d'un brillant
soleil les Rapides de la Chine qui avaient failli devenir si funestes à sa famille; ses regards se portèrent avec admiration sur les forêts immenses formant une ceinture magnifique à l'horizon. Un sentiment de calme lui remplit le cœur à la pensée qu'il pourrait vivre dans ce coin de terre, et y attendre l'heure du retour.
Les démarches qu'il dut faire à Montréal ne furent ni longues ni compliquées. Halgan possédait assez d'or pour terminer vite une affaire d'acquisition de terrain. Un habitant du pays se chargea de faire en son nom une distribution d'eau-de-feu et de poudre, et d'obtenir en échange la cession des Indiens primitivement propriétaires du territoire. Quand il revint de Montréal, le capitaine amenait une vingtaine d'ouvriers bûcherons et scieurs de long, menuisiers et plusieurs domestiques pour le service de sa famille.
Dès le lendemain, Jean Canada aidait les futurs colons des conseils de son expérience. Il fut convenu que l'habitation serait construite sur le modèle de celle de leur hôte. Une forte paUssade la défendrait et la mettrait à l'abri des balles.
Au milieu des bûcherons abattant les géants de la forêt erraient Pâtira, Hervé et Nonpareille. La petite Indienne parut triste plus d'une fois en voyant tomber les arbres séculaires; elle ne comprenait pas encore qu'une demeure stable fût absolument nécessaire; se souvenant de la hutte de branchages dans laquelle elle avait grandi, Nonpareille estimait que l'on y vit aussi tranquille que dans une maison plus solide. Elle regrettait l'ombrage des feuilles, les nids des branches; la sève coulant sous les entailles de la hache lui faisait l'effet d'un sang généreux s'épanchant par une large blessure. Mais quand elle retombait dans ses rêveries, Pâtira savait la distraire par une chanson et Hervé par une caresse.
— Pourquoi le père du Roitelet élève-t-il une case, demandait-elle, la nôtre n'est-elle pas assez grande... Quand les Mingos sont dans les bois il faut songer à se rapprocher pour se mieux défendre.
Pa-tira s'était fait l'ami, le protecteur de la petite Indienne. Il trouvait un charme étrange dans son langage imagé, sa voix ^uave, son éloquence entraînante. Pour l'imagination de Pâtira, la Fille-aux-cheveux-d'argent était une créature à part empreinte d'une poésie mystérieuse. Il la chérissait, mais non sans une sorte d'effroi. Tout concourait en elle à augmenter l'impression produite. Ses longs cheveux blancs qui, de son front, descendaient jusqu'à ses pieds, lui donnaient quelque chose d'aérien. Mais ce qui frappa davantage Pâtira, ce fut d'apprendre que pour la Nonpareille il n'existait point de ténèbres. En effet, les yeux charmants de l'enfant étaient doués de la faculté de voir au milieu de la nuit comme ceux de certains oiseaux nocturnes. Nul n'aurait pu, durant le jour, deviner cette étrange puissance, car ses prunelles étaient pures, claires et transparentes et la profondeur de leur expression surprenait chez une si jeune créature.
— Nonpareille, lui demanda un jour Pâtira, tu n'es pas la fille de notre ami, et cependant tu l'appelles ton père...
— Comme l'oiseau dont elle porte le nom, la petite Indienne a grandi dans la forêt immense... Sa mère la berçait le jour dans un hamac de fleurs, et la nuit sur ses bras.
— Et la mère de la Nonpareille est morte ? demanda Pâtira.
Les grands yeux de l'enfant étincelèrent, un frisson parcourut tout son corps, et ce fut d'une voix basse et troublée qu'elle répondit :
— La mère de Nonpareille est morte, les Hurons l'ont tuée... Pendant une nuit, les guerriers poussèrent le cri de guerre, l'ennemi venait... le tomahawk fit sa besogne sanglante... la Hulotte-Bleue voulut emporter et sauver la Nonpareille, mais une flèche l'atteignit et la jeta sur le sol...
— Et le père de Nonpareille ?
— Les Anglais massacrèrent le mari de la Hulotte- Bleue : le Grand Castor était un chef célèbre...
— Et comment fus-tu sauvée ? reprit Pâtira.
— La Robe-Noire me Ta raconté souvent... Le père Flavien revenait du lac Supérieur avec le maître de la Grande-Hutte... Tous deux traversèrent le village dévasté... Au milieu des morts, la Nonpareille gémissait; Jean Canada l'emporta comme un trésor et il l'a gardée... A mesure que Nonpareille grandissait, elle apprenait à bénir le Dieu du père Flavien... Il a versé sur son front l'eau qui rend l'âme pure comme celle des Anges, et l'enfant de la tribu des Grands-Castors adore le Seigneur et baise la croix sainte.
— Et dis-moi, Nonpareille, tu n'as jamais regretté les bois ?
— Ma tribu est dispersée. Pâtira... Mon cœur habite dans la Grande-Hutte... Jean Canada s'est montré bon comme un père... Ses paroles ne sont jamais menteuses, et son âme s'ouvre à toutes les souffrances... Jean Canada est un saint, dit la Robe-Noire, et le Bison-Noir assure qu'il est un grand guerrier... Que peut demander de plus la pauvre Nonpareille ? Autrefois elle trouvait la Grande-Hutte sombre, et les discours du Bison-Noir et de Jean Canada trop austères, mais tu es venu. Pâtira, tu es venu avec Hervé, et tout a changé de face... La maison a trouvé des chansons et des rires comme les bois; la Robe-Noire et Jean Canada sont les pères de Nonpareille, mais tu es mon frère, toi, et il me semble que tu as toujours habité ce pays, et que ta voix n'a jamais cessé de retentir à mon oreille.
Quelquefois, tandis que la Fille-aux-cheveux-d'argent racontait à Pâtira les souvenirs à demi effacés de son enfance, elle enfilait près de lui des wampums dont elle se plaisait à orner le cou d'Hervé, elle brodait de souples mocassins de peau de daim pour Pâtira.
— Les Iroquois sont une race méchante, disait-elle, et rien ne changera leur cœur. . . Il faut se défier des rapides presque calmes à la surface... Sur ta peau d'une autre couleur que la mienne, je ne désire jamais voir les peintures de guerre, mais si les Iroquois venaient, les Iroquois qui ont tué la Hulotte-Bleue, ma mère, ou les
Anglais alliés des Iroquois, tu prendrais un mousquet et tu te battrais avec Jean Canada.
Tandis que les enfants s'entretenaient dans les salles de la Grande-Hutte ou sur les rives du fleuve, les travaux de construction conduits par le marquis de Coëtquen avançaient avec rapidité.
Plus d'une fois, tandis que les ouvriers assemblaient les pièces de bois, équarrissaient les troncs d'arbres, le marquis Tanguy retombant dans les souvenirs du passé vit se dresser à la place de cette demeure de troncs de chênes et d'érables le château de Coëtquen flanqué de ses grandes tours massives, ces tours dont la plus haute, la plus sinistre, avait servi de cachot à Blanche Halgan, et avait entendu les premiers vagissements d'Hervé mêlés aux sanglots de sa femme bien-aimée.
Ce n'était point sa haute fortune, ni les splendeurs de Coëtquen que regrettait Tanguy dans son exil; que lui eût fait d'habiter la maison de bois que l'on construisait pour lui, si Blanche y eût gardé une place ! si à côté d'Hervé il avait pu la voir soit dans les grandes salles, soit sur les rives du Saint-Laurent ou les ombres des grands bois impénétrables aux rayons du soleil.
Jean Canada ne fut pas longtemps avant de deviner qu'une douleur plus âpre que celle de l'exil mordait le cœur de son hôte. Le caractère chevaleresque du marquis de Coëtquen l'avait soudainement conquis; il chercha donc avec la patiente douceur de l'ami et la prudence du médecin à connaître la secrète blessure de ce noble cœur. Un soir, tandis que Tanguy et son hôte se trouvaient seuls, le marquis raconta l'histoire lugubre de la tour Ronde, la trahison de ses frères, le martyre de Blanche, le dévouement de Pâtira; il parla de son désespoir, de sa tentative de suicide, de son séjour à l'abbaye de Léhon, et de la façon providentielle dont Pâtira lui avait procuré une barque, enfin de la rencontre de la Gauloise.
— Allons, dit Jean Canada, j'ai maintenant de nouvelles raisons de vous chérir... Si je semble un peu vieux pour un frère, j'ai conservé une énergie de cœur
qui me permet d'aimer comme à vingt ans ceux qui me semblent dignes de dévouement et de tendresse... J'avais deviné non pas votre secret, mais du moins votre tristesse, désormais nous la partagerons et vous en souffrirez moins.
L'intimité la plus complète régna à partir de l'heure où Tanguy fit à Jean Canada ces tristes confidences. Il vint un moment où ces deux hommes d'un caractère également chevaleresque ne se quittèrent plus.
Jean s'affligeait de voir s'achever la demeure de Tanguy, et celui-ci avait beau lui promettre de fréquentes visites, Jean Canada n'en persistait pas moins à regretter l'éloignement de son ami.
— D'ailleurs, ajoutait-il, que deviendra Nonpareille sans votre fils et sans Pâtira? Qui m'eût dit que cet enfant fluet et débile était tout simplement un héros.
— D'autant plus qu'on troublerait et on surprendrait fort Pâtira si on lui disait que sa vie d'adolescent est plus remplie de nobles actions que celle de beaucoup d'hommes.
Si Jean Canada s'inquiétait de la solitude dans laquelle devait retomber Nonpareille après le départ des hôtes de la Grande-Hutte, Pâtira éprouvait un bien autre souci. Il savait que la distance serait peu de chose entre les deux habitations, et lui qui chaque nuit avait fait le trajet de la maison de Jean l'Enclume à la tour Ronde, comptait pour rien de courir d'une hutte à l'autre. Ce qui effrayait l'adolescent accoutumé aux massives constructions de Coëtquen, aux murailles de granit de l'abbaye de Léhon, c'était de voir le mode de construction employé pour la demeure du marquis. Sans doute le manoir de Coëtquen avait été atteint par les flammes, mais les grandes assises, les tours gigantesques mordues par le feu s'étaient noircies sans s'effondrer. L'abbaye et le château tour à tour assiégés avaient perdu leur luxe, leur beauté, mais leurs ruines demeuraient grandioses et la Révolution n'avait pu parvenir à les anéantir d'une façon absolue. Mais que deviendrait l'habitation de Tanguy si l'on en tentait
l'assaut? Dans ce pays de forêts admirables, aucun métal ne manque dans les entrailles de la terre, mais l'extraction en est si dispendieuse qu'on préfère abandonner un résultat problématique plutôt que de risquer de grosses sommes pour un maigre profit. De quoi servait à Pâtira son habileté dans le métier de forgeron, son adresse de serrurier, adresse qui avait rendu possible le salut d'Hervé et sauvé le trésor de l'Abbaye (1) s'il ne trouvait pas même le fer pour le rougir au feu d'une forge, le façonner sur l'enclume et le métamorphoser en lame d'épée, en soc de charrue ? Cependant, se souvenant des paroles de Jean Canada, et des probabilités d'une guerre prochaine, Pâtira pria le capitaine Halgan de lui donner un mot pour le second de la Gauloise, afin que ce jeune homme lui remît divers objets qu'il souhaitait transporter à la nouvelle habitation.
— Je comprends, dit Halgan, tu crains que Tanguy souffre de la privation de certains meubles placés dans ma cabine ?
— Justement, capitaine; voulez-vous écrire, j'irai moi-même à Montréal avant que le navire redescende le fleuve, et je rapporterai les choses dont j'ai besoin.
— Fais à ta guise, mon enfant.
Pâtira emprunta plusieurs véhicules et se rendit à la ville.
Ainsi qu'il l'avait dit, il fit placer dans l'un d'eux les meubles de la cabine du capitaine et de celle de Tanguy de Coëtquen, mais de plus, il remplit deux charrettes d'objets dont il ne permit à personne de deviner la nature. Il lui fallut plusieurs heures pour enlever ce qu'il convoitait; il fit bâcher les chariots et conduisit le premier des attelages.
Quand il approcha de la Grande-Hutte, au Ueu d'y entrer, il tourna à droite, gagna la future demeure de Tanguy, entra dans la cour palissadée de troncs
(1) Voir Pâlira, le Trésor de l'Abbaye.
d'arbres, puis réveillant Toyo et Tambou, il se fit aider par eux dans le rude labeur de débarrasser les chariots des objets qui les remplissaient.
Halgan fut aussi surpris qu'enchanté de la métamorphose subie par deux des pièces. Une certaine élégance y régnait, et Tanguy avec un peu de bonne volonté pouvait se croire dans une des chambres de son château.
Quand au contenu des trois chariots. Pâtira l'avait enfermé dans une pièce souterraine assez vaste, dont le lendemain Toyo et Tambou cherchèrent vainement à retrouver la route.
Enfin au bout de deux mois les portes massives se trouvaient à leur place, l'on put voir la fumée de la nouvelle habitation monter vers le ciel, et le logis se trouva prêt à recevoir ses maîtres. La tristesse de Jean Canada se masqua d'une bonne humeur. Nonpareille moins accoutumée à vaincre ses impressions pleura en embrassant Hervé.
Les mains s'étreignirent, des mots affectueux s'échangèrent, et quelques heures plus tard, Tanguy, Halgan, Hervé et Pâtira dormaient à la Maison-des- Rapides.