‹ Jean CanadaChapitre 21 sur 34 · JEUNE-MANS · texte numérisé non relu

JEUNE-MANS

Un soleil radieux se leva le lendemain. L'excès de la f.tigue avait amené le sommeil pour les prisonniers. Quand ils sortirent de la torpeur qui les engourdissait, jno chaude étreinte îes rapprocha. Le courage leur rêve- JL a^ îait, ce courage calme qui rend tout malheur supp<>r-y able. Un instant après, la porte de la hutte fut légèrement poussée, et une Jeune fille parut devant Jos jrifonniers. Elle était grand®, élégante dans sa taille, rêtue avec une naïve recherche, et avait orné sa cheveire brune de Oeurs aux couleurs vives. La pitié se lisait ;>.os son regard, timide ; après avoir déposé quelques ivres sur le sol, elle se disposait à se retirer quand le apitaine lui adressa la parole en anglais.

— La Jeune-Liane sait-elle quel sort on nous réserve?

— Les chefs ne se sont pas assemblés dans la cabane du onseii.

— Tous les prisom it d'avance condamr.; lort ?

— Non, pas tous, répondit ]* Jeune-Liane, souvent «a

de la tribu adopte un captif et à partir d moment ii fait partie de la tribu.

— Pouvons-nous quitter cette hutte?

— Les Visages-Pâles ne portent point de chaînes.

— Est-ce la Jeune- Liane qui nous servira, comme un sœur servirait son frère?

— La jeune fille au Visage-Rouge fut un jour captif Ses Visages-Pâles, elle se souvient d'en avoir été respectée .

Liane prononça ces mots d'une voix touchante, puis redoutant sans doute que les Hurons la soupçonnassent de ressentir un peu de pitié pour les captifs, elle le* quitta en leur adressant dans sa langue maternelle une parole dont ils comprirent la douceur sans eu traduira le i sens.

Halgan et Tanguy partagèrent le repas de racines et de venaison apporté par la jeune Bile, puis, voulant s'assurer qu'on leur laissait en effet une liberté relative, il» s'avancèrent jusqu'au seuil de la cabane. Nulle senline!le n'en gardait les approches. Enhardis par cette cer- ] titude. ils hasardèrent quelques pas sous les arbres et purent se rendre compte de l'aménagement du village j c'était une agglomération de huttes élevées par une horde d'Indiens prêts à se mettre au service des Anglais ouij, disposés à se jeter dacs les hasards d'entreprises particulières. Les cases s'élevaient au hasard et sans ordre. Des arbres groupés irrégulièrement en formaient les pre * miers matériaux ; des branchages et des mousses compo* «aient les murailles; des peaux de bison! suffisaient pour la toiture. Les Hurons, ne comptant pas prolonger leur «éjour en cet endroit, n'avaient rien disposé pour qu'ï» ^oi possible d'y habiter durant la saison des neiges. La chasse et la pêche suffisaient pour leur nourriture. Quelques;! racines et du blé de Turquie hâtivement poussés dans un |j sollabouré parles femmes, servaient de pain auxHurons.

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