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Cependant Jeffs devint soucieux. Les jo:cç qn1\ trouvait à son foyer quand Nadie prêtait l'oreille à sus dûeussions et à «es controverses ne taffisaioat point h la consoler d'écaecs successifs. Un ^tAud nombre de Cansk dieos accusés de ccrop!ote? contre l'Angleterre, étaienl parvenus à se soustraire a la main de la justice,
tefc que Ton croyait tenir échappaient comme pai miracle. Si la justice faisait une descente dans une mai* son où l'on pouvait trouver des papiers, des listes, des plans de conjuration, on ne découvrait en bouleversant le mobilier que des élucubrations de jeunesse, essais da romans ou poésies matinales de la vie. Les plans les mieux conçus avortaient.
Jeffs qui remportait un nombre illimité de victoires quand il s'agissait de mettre ia main sur des assassins ou des voleurs, échouait régulièrement et misérablement dès qu'il espérait réunir les fils d'un complot et prendre les conspirateurs dans sa nasse. Ses confidences à Nadie se mêlaient donc de plainte*, de récriminations. Il voyait fuir devant lui la fortune rêvée, et s'il n'en désespérait pas, c'est que la dernière carte qu'il gardait en main jtait un atout. Peu lui importait au fond d'échouer quand il s'agissait, dé gens sans coasutance et sans influence, me proie le dédommagerait de tout le menu gibier manqué. Depuis longtemps mis an courant des agissements le Georges Malo, et certain de trouver dans ses papiers a preuve suprême de la culpabilité do Jean Canada, iî |iv ait résolu do tenter un coup hardi, et de s'emparer du «mi* homme. Cependant malgré sa conâ&nce en Nadie, la point de es projet: une <nsne nocturne de oh Rib àt do ûick Lttxon eveiiia l'inquiétude de la mie fille, celle-ci monta comme d'ordinaire dans «a
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chambre, à l'heure où les amis de son père s'assirent de Tant une table couverte de bouteilles, mais elle redescendit pieds nus, et l'oreille collée contre la serrure elle demeura immobile jusqu'au moment où les agents se séparèrent de leur chef. Alors seulement elle remonta ch e» elle et se jetant sur son lit elle pleura. Le lendemain elle paraissait si défaite que Jeffs alarmé déclara qu'il ne quitterait pas sa fille. Une fièvre ardente s'était emp arée de Nadie; le docteur Jacob Perkins appelé en grande hâFèr ordonna le repos et des potions, et Jeffs qui se trouvait le droit de goûter un peu de calme afin de se préparer aux événements s'installa au chevet de sa fille. et déclara qu'il ne la quitterait pas. Nadie le pria, le supplia de s'éloigner, rien ne put chasser Jeffs du lit de la malade. Nadie brisée de corps et d'esprit dut endurer le supplice de voir près d'elle celui dont les projets lui faisaient hor- j reur. Vers huit heures du soir seulement, Jeffs, croyant ! sa fille profondément assoupie, se leva sans bruit, descendit l'escalier, puis ayant donné un ordre à, une vieille voisine, il quitta la maison de l'impasse.
Au moment où il en franchissait le seuil, Nadie se pen. j chant à la fenêtre le suivit quelque temps du regard, puis I s'habillant à la hâte, elle allait gagner la salle, quand elle entendit le pas traînant de la voisine chargée de monter à son premier appel. Nadie ne pouvait plus songer à descendre. La vieille femme se fut opposée à sa sortie, elle lui aurait demandé des explications ; Nadie n'en pouvait et n'en voulait pas donner. Surexcitée par la fièvre, pressée par l'heure, et n'ayant pas Je choix des moyens, elle noua à la barre de sa fenêtre un de ses draps de lit, monta sur l'appui de îa croisée, saisit le drap à deux mair.s, descendît *t se trouva dans l'étroit espace planté
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«Tar^.- es. Se glissant alors sons l'ombre des bosquets elle quitta la ruelle, et se mit à courir dans la direcaoa de la demeure de Georges Malo. Le nom du jeune canadien était revenu assez de fois dans les conversations de Wadie avec son père pour que la jeune fille n'eut besoin de demander de renseignement à personne. Elle trouva la rue, la maison, et vint frapper à la porte du jeune Breton, au moment où celui-ci berçant dans ses bras l'enfant du marquis de Coêtquen s'abandonnait comme en rêve au charme du souvenir.
Elle avertit le jeune homme do danger qu'il courait, elle pria, elle pleura ; elle apprit que Georges Malo l'eut * demandée pour femme si les circonstances ne lui rendaient presque impossible de songer à son propre bonheur, mais en même temps elle se heurta a la généreuse obstination du jeune homme qui se contentait de lui répondre:
— Si vous ne ponve* sauver tous mes amis compromis avec moi, je dois partager le sert des miens.
Nadie courut à l'enfant :
— Georges Malo est en danger, «lit -elle, Georges Malo doit t'airner, dis-lai de m'entendre, de m'obéir, répètelui que son salut est le tien! Je t'emporterai dans mes bras, tu n'auras rien à craindre, sois tranquille, je t'aimerai J
En ce moment un bruit de pas retentit dans l'escalier
Nadie devint blanche comme une morte, et pressa
Mervé sur son cœur, comme si ce bouclier vivant pou -
Vtait la défendre contre le premier choc du courroux qui
allait l'écraser.
— On vient, dit Nadie, vous le voyez, j'avais trop rafsonl c'est la captivité, c'est la mortl 0 mon Dieul mon
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Diou I être restée impuissante pour vous convaincre f
— Nadie ! ma .vie est entre les mains de Dieu, et à eette heure terrible je vous remercie et je vous bénis !
Un coup rapide fut frappé à la porte.
Nadie se précipita au devant de Georges.
— N'ouvrez pas ! dit-elle, il existe une issue sans doute, une fenêtre, gagnez la rue comme je l'ai fait moiçiême, en liant des draps à la croisée î mais n'ouvrez pas ! n'ouvre* pas !
— - Pauvre fille ! dit Georges Malo d'une voix attristée, vous vous êtes compromise pour moi.
— Compromise 1 dit Nadie d'une voix étrange, est-ce ie compte, est ce que je suis quelque chose... moi !
Vous me plaignez maintenant, et dans une minute vous me mépriserez.
Georges Malo écarta la jeune fille, et s'avançant vers la porte il l'ouvrit toute grande.
Deux cris partirent à la foi* :
— Hervé!
Le marquis de Coêtquen enleva l'enfant des bras de la jeune fille, le couvrit»de caresses folles, Halgan et Bison- Noir s'approchèrent de Georges tandis que Pâtira se glissant près du marquas saisissait une des mains d'Hervé
y collait ses lèvres.
— Enfin, dit Tanguy, nous voilà réunis, nous sommes Bauvés l
— Vous êtes perdus, Messieurs, dit la fille de Jefis, perdus sans retour si vous ne pouvez cpnvaincre H. Georges que son devoir est de se soustraire au danger jui le menace. On comprend à voir vos visages défaits, K» vêtement» tn lambeaux, que vous avez couru plus