‹ Jean CanadaChapitre 7 sur 34 · LES RAPIDES DE LA CHINE · texte numérisé non relu

LES RAPIDES DE LA CHINE

jue les serviteurs ouvraient les deux battants de la oorte de la grande salle.

Bison-Noir enleva d'abord les vêtements humides d'Hervé, réchauffa son corps <dacé par des friction* lentes, l'enveloppa dans une chaude fourrure de renaid noir, alla prendre dans un meuble des fioles de formes diverses, versa quelques gouttes du contenu de l'u^e d'elles sur les lèvres de l'enfant, puis, au moment où Halgan et Tanguy s'inclinaient vers Hervé, les paupières de celui-ci battirent, un souffle léger entr'ouvrit s; bouche, il tourna autour de lui des regards étonnés, reconnut Halgan, puis son père, jeta ses bras autour du coi de l'adolescent, enfin apercevant l'étrange figure deBison Noir, il ne put retenir un cri dans lequel l'étonnemen< se mêlait à l'effroi.

— Le Roitelet a peur du Bison-Noir, dit l'Indien d'unp voix musicale, mais il apprendra vite que les Peaux- R.ouges sont amis des Visages-Pâles.

En ce moment la cloche annonçant le repas du soir sf fit entendre, et, la porte de la salle s'ouvrant sans bruit, une créature bizarre et charmante apparut sur le seuil.

Elle paraissait âgée de treize ans à peine; sa taille adolescente était haute et svelte ; le costume qu'elle portait convenait à sa beauté merveilleuse et étrange tout ensemble. Ce costume se composait d'une tunique de toile blanche agrémentée de broderies, et retenue par une ceinture de coquilles rares. Sur sa poitrine descendait un collier de perles de couleurs multicolores. Des mocassins brodés de dards de porc-épic et de verroteries chaussaient ses pieds d'une extrême petitesse ; ses mains étaient celles d'une fille d'Europe, étroites et fines. Le nraoce de la peau de cette enfant ressemblait à la teint?

chaude de l'ambre ; et par un phénomène qui semblait une grâce de plus, la longue et magnifique chevelure flottant autour d'elle, était blanche comme l'écume des cascades et la neige des glaciers.

un ûandeau d'or retenait celte chevelure qui flottai' •ulour d'elle semblable à uu voile Qnide.

— Père, père, demanda- t-elle en portant à ses lèvr» a main du maître du logis, il ne vous est point arriv.

malheur?

— Non, grâce au ciel ! et ceux qui soat sous mon toi* se trouvent en sûreté.

Hervé qui, des bras de l'Indien, était passé dans ceux dp l'adolescent, regarda la Fille-aux-cheveux-d'argent avec un beau sourire. En un instant celle-ci se trouva près d'Hervé ; les deux innocences se comprirent et s'aimèrent du premier regard ; Hervé tendit la main à la Fille-auxcheveux-d'argent, et ce fut ainsi rapprochés l'un de l'autre qu'ils pénétrèrent dans la vaste salle à manger

— Msssieurs, dit le Canadien à ses hôtes, vous êtes chez vous.

Uue minute après Halgan, Tanguy et l'adolescent b« tr< uvaient groupés autour d'une table pliant sous le poi ds de mets plantureux, et après avoir veillé à l'installatif»c d'Hervé la petite Indienne dit d'une voix harmonieuse eu lui mettant un baiser sur le front:

— Le Roitelet et la Nonpareille s'aimeront comme s'i.U evaient grandi dans le même berceau.

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