‹ Jean Cavalier, ou, Les fanatiques des CévennesChapitre 17 sur 27 · LES CAMISARDS · texte numérisé non relu

LES CAMISARDS

au terme de leurs maux , et croyaient qu'un nouvel édit allait assurer leur repos, leur liberté , leur religion.

Plus le moment d'instruire sa troupe des engagements qu'il avait pris avec M. de Villars approchait, plus l'inquiétude de Cavalier devenait poignante.

M. de Lalande et l'aide-de-camp du maréchal considéraient ce spectacle avec un intérêt involontaire ; les vingt dragons qui les avaient escortés , avec un pareil nombre de camisards , étaient rangés à quelques pas de la troupe de Cavalier. Notre ancienne connaissance , le brigadier Larose , commandait ce détachement.

Espère-en-Dieu, Elie Marion, Jonabad , vinrent entourer Cavalier, qui, toujours à cheval, attendait pour parler que le calme et le silence fussent rétablis.

a Gloire à Dieu , qui t'inspire et t'éclaire , tu es le sauveur d'Israël , — dit Jonabad en tendant sa large main à Cavalier. — Nos frères disent que par toi on va relever nos temples !

— Eh bien ! diras-tu encore que le mot politique n'est pas dans les livres saints? — s'écria joyeusement Espère-en-Dieu , qui regardait son chef avec admiration. — Ah ! béni sois-tu , Jean Cavalier, toi qui , malgré tant d'entraves , rends la victoire de Treviès si féconde ! ajouta-t-il.

— Béni sois-tu, Jean Cavalier, — dit Elie Marion d'un air solennel en lui montrant le touchant tableau qu'il avait sous les yeux ; — béni sois-tu, toi que le

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Seigneur a choisi pour réunir ceux que l'adversité avait depuis si longtemps séparés I »

A ce moment , Lalande s'approcha de l'oreille de Cavalier et lui dit tout has : a Xe perdez pas un instant. Coupez court à ces folles espérances , ne les laissez pas s'ahandonner à ces illusions. »

Cavalier sentait trop la justesse de cette observation pour ne pas y avoir égard. Il dit à Espèreen-Dieu :

« Fais faire un roulement, que ma troupe se forme en carré : je vais parler, i

Cinq minutes après , les camisards avaient obéi.

Silencieux , mais impatients , ils attendaient la parole de leur chef, tandis que les autres religionnaires , groupés çà et là, n'étaient pas moins impatients de l'issue de cette scène.

Cavalier, ayant à ses côtés M. de Lalande et l'aide-de-camp du maréchal , se tenait au milieu du carré ; un assez grand espace le séparait des soldats ; il fit un signe à Espère-en-Dieu.

In nouveau roulement de tambour résonna.

Un profond silence lui succéda.

Cavalier, se raffermissant sur ses étriers, allait prendre la parole , lorsque le rang des camisards qui lui faisait face s'ouvrit.

Ephraïm en sortit.

Cavalier pâlit.

L'étonnement, la colère, la crainte, un fatal pressentiment arrêtèrent la parole sur ses lèvres. *

Un moment , il resta muet , épouvanté.

Lphraïm , comme toujours , vêtu de peaux de bêtes , les jambes nues , ses épais cheveux serrés autour de son front par un bandeau de cuir, montait Lépidoth , qui portait Ichabod en croupe.

L'enfant-prophète, plus égaré, plus féroce que jamais , était tapi dans sa longue robe rouge.

On ne voyait que sa figure livide, couverte d'une forêt de cheveux noirs, hérissés, qui retombaient sur son front, et à travers lesquels luisaient ses yeux é tin celants comme ceux d'un chat sauvage.

Ephraïm s'avança lentement au milieu du carré ; a quelques pas de Cavalier, il arrêta son cheval.

Prenant alors à son coté sa lourde carabine , il l'arma avec affectation, appuya la crosse de son arme sur le garrot de Lépidoth; puis regardant Cavalier bien en face, il lui fit de la main gauche un signe aussi impérieux que menaçant, et lui dit d'un air farouche :

; Maintenant , parle... »

Cette scène était étrange.

Un petit nombre de camisards de la troupe de

Cavalier savaient l'arrivée d'Ephraïm, jusqu'alors caché dans une partie reculée des bâtiments en ruine qui s'élevaient à cet endroit.

L'apparition imprévue du forestier semblait annoncer quelque grave événement.

Nous avons dit que sa réputation de sainteté était telle que, malgré les divisions qui avaient régné entre lui et les gens de Cavalier, ceux-ci ressentaient toujours pour Lphraïm une vénération profonde , craintive.

H. de Lalande , frappé de l'attitude hostile du forestier, dit tout bas à Cavalier :

- Prenez carde. Quel est cet homme'/

— Ephraim , - — répondit celui-ci en contenant à peine son émotion.

— Ce chef d'une férocité si connue? — s'écria H. de Lalande avec horreur, — l'assassin de l'archiprêtre des Cevennes !

■ — Lui-même, — répondit Cavalier.

— Mais ce scélérat est capable de tout, — reprit M. de Lalande.

— De tout. — dit Cavalier.

— Faites-le saisir par vos gens.

— Impossible ! .. .

— Mais il vous assassinera'/

— Il se peut, mais il n'y a plus à reculer, v dit ment Cavalier, qui commençait à se dm

Attachant sur celui-ci un regard fixe et implacable , Ephraïm semblait épier tous ses mouvements.

La position du jeune chef était terrible. Il avait à se justifier aux yeux de sa troupe d'engagements qu'il sentait lui-même n'être pas irréprochables. Dans ce moment critique, il se perdait s'il paraissait redouter un instant l'effrayante exécution dont le menaçait Ephraïm.

Et pourtant il connaissait assez l'impitoyable fanatisme du forestier pour être certain qu'au premier mot que cet homme féroce interpréterait comme une trahison, il le tuerait, lui Cavalier, sans la moindre hésitation.

Sentant tous les dangers de cette situation , il dit à haute voix à Ephraïm :

— Frère Ephraïm, que veux-tu? que signifient ces menaces? J'ai à parler à mes soldats, à mes frères ; ils sont à moi comme je suis à eux. »

Le forestier resta immobile , et répéta en conservant son attitude menaçante :

a Parle, parle, je t'écoute ; Dieu t'entend, mon bras est prêt.

— M. Cavalier est ici sous la sauvegarde de M. le maréchal de Viliars ! — s'écria M. de Lalande. — Nous sommes porteurs d'un traité signé de lui et de M. le maréchal. Par ce traité , il s'engage à mettre bas les armes. Attenter à sa vie serait une trahison abominable ; ce serait assassiner un parlemensaire, et sa mort demanderait une vengeance terrible. Réfléchis à cela, malheureux que tu es! a s'écria

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M. de Lalande en s'adressant à Ephraïm d'un air menaçant.

Le forestier tourna la tète vers les camisards, comme pour les prendre à témoin des paroles de l'officier royal, qui annonçaient la soumission de Cavalier.

Un murmure d'étonnement parcourut les rangs des camisards.

a Mes amis, — dit M. de Lalande, — le roi vous accorde votre pardon. Votre chef est d'accord avec M. de Villars.

— Parleras-tu, Judas, parleras-tu? — dit Ephraïm d'une voix tonnante à Cavalier , qui réfléchissait au moyen de colorer sa conduite aux yeux des siens.

— Tais-toi, — s'écria M. de Lalande. — Il s'agit ici des ordres de Sa Majesté et de monseigneur le maréchal de Villars. Cette troupe n'est pas la tienne ; elle attend les ordres de son chef, i

Ephraïm haussa les épaules sans répondre à M. de Lalande ; et le montrant aux camisards d'un geste dédaigneux , il sembla leur dire : Entendez-vous cet insensé ! Puis , levant sa lourde carabine , il dit à Cavalier :

a Le silence de Moab est -il un aveu de son crime? S'il en est ainsi, qu'il meure et qu'il soit maudit ! s

Voyant la férocité d'Ephraïm , M. de Lalande dit tout bas à Cavalier :

■ C'est une bête enragée ; je vais armer sourdement un de mes pistolets dans ma fonte. \e crai-

gnez rien , parlez à vos gens ; au premier mouvement qu'il fait , je le tue comme un chien. Je réponds de tout auprès du maréchal.

— Par le ciel! n'en faites rien ; vous seriez massacré, » dit vivement Cavalier.

Puis voulant terminer cette scène dangereuse , il dit d'une voix haute et calme :

« Frères , le Seigneur a dit : « Le temps viendra s que je susciterai à David une race juste. Un roi i) régnera qui sera sage , qui agira selon l'équité, et » qui rendra la justice sur la terre ; dans les jours » de son règne, Israël sera sauvé; il hahitera en as- )} surance et en paix. » Ces jours sont venus pour nous, frères, réjouissez-vous. Les justes plaintes des soldats de l'Eternel ont été écoutées. Grâce au Seigneur, ils pourront maintenant prier en liberté. Leurs biens leur seront rendus ,' leurs droits seront reconnus. »

Cette déclaration de Cavalier fut accueillie avec autant de joie par les camisards et par la foule protestante que les paroles de M. de Lalandc relatives à leur soumission avaient été accueillies avec mécontentement.

Tous virent dans ces paroles vagues la réalisation de leurs plus chères espérances.

Ephraïm, qui semblait avoir la prévision de l'avenir, dit à voix haute :

« Quand le démon emporta Jésus sur la montagne, il lui offrit la domination de la terre, mais à quel prix? Aussi, réponds, Jean Cavalier, à quel

prix les Pharaons nous accordent-ils ces 'droits ? Réponds , — dit Ephraïm toujours menaçant.

— Eh! qui es-tu pour m'interroger ainsi? — s'écria Cavalier sentant se réveiller toute sa haine, toute sa rage contre le forestier , qui , semblable à un mauvais génie, venait d'apparaître si fatalement. — Oses-tu bien , — reprit-il , — venir au milieu de ceux que tu as outragés en les faisant désarmer par ta troupe? De quel droit enfin, viens-tu te mettre entre moi et les miens?

— De quel droit? — répéta Ephraïm d'un ton de mépris foudroyant, — de quel droit? Voilà donc maintenant que le criminel demande au remords de quel droit il vient troubler sa conscience coupable. Ah! tu crois que j'ai peur de mes actions? Ah! tu crois que parce que j'ai appesanti ma main sur toi et sur les tiens je n'oserai regarder en face toi et les tiens? — ajouta le forestier en jetant sur les camisards des regards terribles. — Oui, j'ai désarmé ces insensés parce que l'esprit saint m'a dit de les desarmer ; oui, je reviens au milieu d'eux comme le Seigneur, après avoir châtié son peuple, revient au milieu de lui pour le châtier encore s'il ne s'est pas repenti ; oui , je viens arracher ces insensés à tes pièges exécrables; oui, je viens l'accuser; oui , je viens te juger; oui, je viens t'exécuter devant eux! - toi qui as couru contre Dieu tète levée, toi qui i t'es armé d'un orgueil inflexible comme d'un bou- * cher impénétrable ; i oui, je viens leur dire, comme dit le Seigneur : * Malheur à roos , enfants rebelles

» qui faites des défenses sans moi ! malheur à vous, » qui faites des entreprises qui ne viennent pas de » mon esprit! malheur à vous , qui formez la réso- » lution d'aller en Egypte sans me consulter î malu heur à vous, qui espérez trouver des secours dans » la force de Pharaon ! malheur à vous, qui mettez » votre confiance dans la protection de l'Egypte ! » malheur à vous , je vous le dis. Cette force de » Pharaon fera votre honte , cette confiance dans » l'Egypte vous couvrira de confusion! » Pourquoi l'esprit saint m'inspire-t-il ces paroles du prophète?

— ajouta Ephraïm, — le sais-je moi-même? Mais puisque le Seigneur les met dans ma bouche, c'est qu'elles prophétisent ta trahison , c'est qu'elles prophétisent la damnation de nos frères , s'ils ne te renoncent pas.

— Tes jugements sont téméraires, et une calomnie ne pèse pas sur ton cœur, saint homme , — dit Cavalier avec une ironie amère. — A peine ai-je annoncé à mes frères que l'heure de la délivrance était venue i que tu m'as menacé de la mort.

— Eh ! à quoi servirait d'être inspiré par l'esprit,

— s'écria Ephraïm avec une violente indignation,

— s'il fallait attendre la trahison pour dire : Il y a trahison ! Ce ne sont pas les paroles que tu as dites que j'accuse et que je viens punir, Jean Cavalier! ce sont celles que tu vas dire, ajouta le forestier avec un accent de conviction qui sembla faire une profonde impression sur les camisards. Celui qui m'a envoyé une vision prophétique, celui qui m'a fait voir

dans mon extase l'aigle vengeur mettant en pièces un faucon que sa superbe avait changé eu un emblème d'orgueil et de vanité , celui-là qui m'envoie pour exécuter ta sentence , celui-là a lu ta trahison dans l'avenir , dans l'avenir que son œil seul pénètre, que son inspiration seule révèle à ses élus I »

Ichabod , qui avait paru prendre un vif intérêt à cette scène, se dressa tout à coup, toujours assis sur la croupe de Lépidoth ; il s'écria d'une voix grêle et stridente en désignant Cavalier :

« Mon enfant, je te le dis, mon enfant; quand son orgueil se serait élevé jusqu'au ciel, quand sa tête toucherait aux nues , il périra , il va périr. Ceux qui l'avaient vu, diront : Où est-il? Il disparaîtra comme un songe , il s'évanouira comme un fantôme nocturne. Mon enfant, je te le dis, je te le dis, il périra, il va périr. De sa chair, les oiseaux du ciel nourriront leurs petits. Il va périr parce qu'il est tombé par la corruption , comme est tombée Babylone. Babylone • — ajouta Ichabod avec une exaltation sauvage et frénétique qui annonçait le paroxysme de son accès, — Babylone ! marchez contre elle des extrémités du monde ! Ouvrez ses granges , foulez la chair dans le sang , comme on foule les javelles dans l'aire ; traitez-la comme le Seigueur traite une ville soumise à l'anathème ; qu'il n'en reste rien 1 Et lui, cet homme d'orgueil, impie et sacrilège, traitez -le comme le lion traite sa proie; qu'il n'en reste rien! rien que des ossements blanchis par les

eaux du ciel, verdis par la mousse , et balayés par l'aquilon ! »

Après cette sanglante apostrophe , Ichabod, agité de quelques mouvements convuîsifs , retomba dans son apathie habituelle.

Les camisards écoutaient toujours avec vénération la voix de leurs prophètes.

Les paroles menaçantes qu'Ichabod venait d'adresser à Cavalier les frappèrent ; ils commencèrent à croire qu'Éphraïm était saintement inspire et que leur chef élait coupable.

Le religieux enthousiasme du forestier, sa piété austère, et jusqu'à la violence de ses reproches, leur imposaient profondément.

Ils affectionnaient Cavalier , ils aimaient son courage ; mais ils tremblaient devant Ephraïm, qui les dominait par la puissance de son fanatisme , par l'énergie sauvage de sa conviction.

Malgré l'offense qu'ils en avaient reçue , ils écoutaient ses reproches avec une soumission craintive.

Quelques-uns d'entre eux seulement, au nombre desquels était Espèrc-en-Dieu , murmurèrent sourdement :

« Frère Cavalier commande seul ici.

— C'est le Seigneur qui commande seul ici, — dit Jonabad d'un air mécontent. — Si frère Ephraïm parie par sa voix , nous devons l'écouter. Il accuse frère Cavalier ; que frère Cavalier se défende. Il est vrai que nous l'avons suivi à la guerre , il est vrai qu'il est brave, il est vrai que mes faucheurs ont

moissonne sur ses pas, il est vrai que nous avons été les flèches que son bras a lancées vers le but que lui montrait l'Eternel. Mais toute lumière a son ombre, mais tout jour a son lendemain, mais aujourd'hui le Seigneur accable celui qu'il avait élevé. Parce que sa volonté a rendu frère Cavalier vainqueur des Philistins , sa volonté peut aussi faire tomber frère Cavalier dans l'abîme, pour que sa chute fatale serve d'enseignement aux orgueilleux et aux impies... Mais qu'il parle , qu'il parle ! Puisqu'il a contracté pour nous, qu'il lise ce traité : s'il est selon l'esprit du Seigneur, s'il nous rend nos droits, nous le bénirons avec la population qui nous écoute.

— Sinon! s'il y a trahison, parjure ou sacrilège,

- s'écria Ephraïm en s'adressant aux rebelles. — élevée votre bras comme autrefois, brisez sa force

- par votre force ; que votre colère fasse tomber

- devant vous celui qui se promettait de souiller

- votre sanctuaire, de deshonorer le tabernacle de

- votre nom, et que la tête de cet impie soit coupée

- de sa propre epee ! -

Cavalier était épouvanté en voyant qu'un funeste hasard semblait autoriser les paroles d'Ephraïm.

L'air morne et silencieux de sa troupe lui faisait craindre un refus dès qu'il lui proposerait de servir le roi. Pourtant il comptait tellement sur l'influence qu'il exerçait sur ses gens, qu'il n'avait jamais cru ce refus possible. Sans doute, ses prévisions se fussent réalisées à ce sujet sans la fatale intervention d'Ephraïm: mais la sauvage éloquence du forestier,

ses violents reproches, l'imposante autorité de sa vie, de sa parole, avaient profondément impressionné les camisards.

En présence des dangers qui le menaçaient, Cavalier rassembla toute son énergie , il répondit avec sang-froid, en citant à son tour un passage de la Bible :

a Je l'ai annoncé à mes frères : a Les temps sont » venus , a dit le Seigneur, où je susciterai à David » une race juste. Un roi régnera qui sera sage, qui y> agira selon l'équité , et qui rendra la justice sur la d terre. Dans les jours de son règne, Israël sera » sauvé. Il habitera en paix et en liberté sous sa y> loi. » Frères, — ajouta-t-il en montrant Ephraïm, — les saints livres m'approuvent aussi : celui qui nous a fait perdre nos magasins , nos ressources, celui qui a rendu une plus longue résistance désormais impossible, celui qui m'accuse, et qui, pour m'accabler, cite les paroles du Seigneur, celui-là doit-il être seul écouté? Il me reproche ma trahison ! Je vais répondre, non par des paroles, mais par des faits. Depuis deux ans, nous combattons pour reconquérir notre religion , nos droits , notre liberté ; j'ai la promesse que notre religion, que nos droits, que notre liberté nous seront rendus. J'ai fait pour mes frères ce que le Seigneur m'a inspiré. »

Puis, montrant M. de Lalande , il ajouta :

a Monsieur va vous lire le traité. »

Un profond silence s'établit, et l'officier lut à haute voix ce qui suit :

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