‹ Jean Chacal, souvenirs d'un zouaveChapitre 10 sur 19 · ean cijacal · texte numérisé non relu

ean cijacal

par une décharge d'ensembFe, la cartouche brûlant presque le nez des chevaux; il y eut une hécatombe dans la colonne.

Jean avait cessé de tirer pour enfiler dans une sorte de cartouchière, moitié giberne, moitié poire à poudre, contenant quatre-vingis cartouches, une mèche improvisée avec un fragment de mouchoir; on ne Tavait pas observé préparant cet engin.

Il enflamma sa mèche en tirant sur le bout un coup de pistolet ; puis il avait attendu quelques secondes que la cavalerie fût sur le carré ; alors il avait lancé sa bombe au milieu du premier escadron.

Dans la préoccupation d'un pareil moment, personne ne s'était aperçu de cet incident.

— Attention ! dit l'aventurier à ses deux compagnons. Vous ferez comme moi et vous courrez aux officiers.

Evidemment Jean s'était exalté en prenant part à la lutte : il était transfiguré, sa tète rayonnait, ses narines dilatées respiraient la poudre avec ivresse ; il semblait nager avec délices au milieu du carnage.

Au moment où les cavaliers allaient se heurter aux baïonnettes, une explosion effroyable, quelquechose comme une mine qui saute, se fit entendre; on vit au milieu des flammes une centaine de hulans frappés par des projectiles; un grand vide se fit dans la brigade.

La cartoucliière avait sauté.

Au milieu de la stupeur générale, Jean entraîna les deux volontaires au milieu de l'escadron désorganisé qui commençait à tourner bride ; il jeta un officier sur le sol en le soulevant par une jambe.

— A vous! cria-t-il à Giuseppe.

Le Sicilien bondit sur le hulan.

— A vous criait encore Jean.

Et il lançait un capitaine aux pieds de Luidgi qui lui mettait la baïonnette sur la poitrine.

Et cela en moins d'une demi-minute.

La brigade s'était retirée ; elle fuyait rapidement.

Alors les deux volontaires ramenèrent leurs prisonniers; ils furent reçus par un tonnerre de bravos !

On plaça les deux officiers au centre du carré.

— C'est l'ien, jeunes gens, merci, dit une voix.

— Vive l»5è'<^néral ! crièrent les soldats. Les deux garibaldiens étaient ivres de joie.

Mais [)our la troisième fois les luilans semblèrent vouloir revenir à la charge.

Celait insensé.

Aussi quand ils furent à portée de la voix, on vit bien qu'ils obéissaient aux officiers, mais qu'ils n'y mettaient pas d'enti'ain.

Alors Luidgî s'avança do deux pas et leur cria une vieille expression toscane, pleine de sel en italien, inira- (Juisible en français, que lancent aux amoureux les jeunes tîUes qui repoussent leurs hommages.

On peut rendre cette phrase narquoise ainsi :

— Nos raisins sont trop verts pour vous ! (Le mot est historique.)

Un grand éclat de rire salua la pantalonnade dont le jeune homme accompagna Je vieux dicton florentin ; le prince Humbert lui-même, qui commandait le carré, partagea l'hilarité générale (historique).

Les hulans étonnés de cette singulière sortie, découragés par deux tentatives meurtrières et inutiles, voyj^nt accourir deux escadrons italiens, renoncèrent à la charge et battirent en retraite. Ici se place le beau fait d'armes du prince Humbert.

Sortant du carré, il se mit à la tète de la cavalerie ita- Uenne et tomba sur la brigade Puliz; la mêlée fut une des plus belles qu'on vit jamais...

D'un escadron italien, il ne resta que vingt-trois hommes; mais les régiments autrichiens décimés, anéantis, arrivèrent en débris épai-s sous les murs de Vérone.

Cependant, la bataille continuait.

Les deux jeunes gens acclamés par le bataillon y prirent place; on leur donna des cartouches et, jusqu'au soir, ils se battirent en reculant lentement devant l'ennemi. Car l'ordre lut donné, malgré un brillant début, de se replie»" en arrière du Mincio ; tout le corps d'armée avait ëié si malheureusement étendu vers la droite, qu'il neput donner; le bataillon avait perdu huit hommes en tout.

Le courage, la ténacité des troupes furent inutiles; la

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journée était manquée.

Le général Bixio, avec une valeur admirable, couvrit la retraite, et les troupes arrivèrent sur le Alincio harassées, mourant de faim et de fatigue.

La brigade Cosenz avait sauvé l'armée.

Pendant qu'elle se battait au-delà de la rivière, ia garnison de Peschiera était descendue le long du cours d'eau pour couper la retraite au premier corps; le général Cosenz, qui était en réserve, prit sur lui d'arrêter ces troupes et leur livra un combat acharné, les repoussant dans la ville.

Le chemin fut libre.

Telle fut cette mémorable journée de Custozza, oîi l'armée de Victor-Emmanuel fut héroïque et où elle eût mérité de vaincre, si le bonheur sur les champs de bataille se mesurait au courage.

Il est juste de dire aussi que les Autrichiens firent preuve d'une solidité remarquable, et qu'ils eurent là des élans qu'ils n'avaient jamais eus auparavant.

Quand la rivière fut entre l'ennemi et le bataillon où ils se trouvaient, Jean dit à ses amis :

— Prenons des chevaux et courons à Brescia !

Ils n'eurent pas de peine à faire arrêter, par Jacques, des montures sans cavaliers; ce n'est pas ce qui manque sur un champ de bataille ; ils se mirent aussitôt en route pour Brescia.

Ils passèrent par Volta, et arrivèrent devant une maison qui était littéralement assiégée.

Les troupes qui défilaient stationnaient devant une fenêtre barricadée; chaque soldat passait la main par une ouverture et en retirait quelque chose do brillant et d'assez petit.

On se battait aux abords de ce bâtiment.

— Qu'est cela ? demanda Luidofi.

— Ma fortune qui se fait ! dit Jean.

— Votre fortune?

— Eh ! oui ! tout simplement.

— Que prennent donc ces soldats dans le trou pratiqué à cette fenêtre?

— Des boites de sardines.

JEAN CHACAL. lôD

— Vraiment ! J'en aclièiorais bien une.

— Vous avez faim ?

— Oui.

— Combien payeriez-vous une boîte de sardines qui (iouie vingt sous {i'oixlinaire?

— Cent sous, dix francs 1

— Eh bien ! mademoi... non, cher ami, il y a là vingt mille de ces boites. Du moins, il y avait, car le débit a dû marcher vile.

— Vingt mille!

— Achetées à cinquante centimes, en gros j vendues à cinq francs, au détail; soit un bénéfice net de soixante mille francs. Sans compter d'autres combinaisons avec voire intendance. Pas un soldat ne marchande; certains même trouvent que c'est peu, eu égard aux circonstances. Tout ce monde n'a pas mangé depuis dix-huit heures. Ils ont du pain ; avec leurs sardines, ils feront un repas de Lucullus.

— 3Iais, qui se charge de celte marchandise?

— Deux vieux zouaves à moi; de fins routiers qui m'ont toujours suivi partout, et que j'avais déjà mis en campagne au moment où j'étais à Venise, car la sardine est une spéculation de prédilection ; c'est si commode à transporter!

— Eh bien , tâchez de nous avoir une de ces fameuses boîtes, monsieur Jean.

— Venez, dit celui-ci, nous allons dîner.

Et il conduisit les jeunes gens sous un arbre, tira d'une gibecière un pain et du jambon; ils dévorèrent cela sur le pouce, on but une gorgée de rhum et l'on repartit.

Mais Luidgi murmurait :

— Soixante mille francs d'un coup!

— J'ai fait mieux, dit Jean.

Cinq heures après on arrivait à Brescin, mais les chevaux étaient éreintés.

En arrivant à l'hôtel, Jean faillit s'évanouir comme une femmelelleen apprenant que la comtesse était partie depuis ti'ois heures pour aller implorer auprès de l'archiduc la glace de son frère.

l&O JEAN CQACAL.

Ce jour même Langelo arrivait à Pescbiera, où il avail donne rendez-vous au comte X...

11 entrait chez celui-ci vers le soir.

Langelo avait des saufs-cunduits pour exercer son métier d'e.spion; il allait et venait de la frontière autrichienne à la troniière iialienne, à peu près comme il le voulait; du côté des Italiens la police était peu stricte ; du côté des Autrichiens, il donnait un mot de passe, exhibait un certain signe et on l'accueillait avec tous les égards dus à un homme de police.

Le bandit trouva le comte anxieux.

— Eh bien? demanda-t-iL

— Excellence, c'est fait.

— Tu as réussi?

— Sans peine, Excellence; votre idée était si ingénieuse!... La signora m'a suivi tout de suite.

— Elle n^a eu aucun soupçon ?

— Je l'ai trouvée en pleurs ; j'ai présenté ma lettre ; elle m'a quasi baisé les mains.

— Et tu l'as emmenée aussitôt ?

— Oui, Excellence. Je lui ai annoncé qu'il fallait prendre mille précautions ; qu'elle devait s'habiller en paysanne et m'obéir aveuglément, car je jouais ma tète.

— Kref, tu a.s été comédien habile.

— A ce point qu'elle a en moi une foi aveugle; je la -^"duirais aux enfers maintenant; je l'ai amenée par le

lac, sur la rive autrichienne, et je l'ai conduite chez des paysans que je sais dévoués à l'Italie et qui se sont empressés d'accueillir cette bonne patriote; moi-même je passe pour un excellent citoyen aux yeux de tous ces mbéciles-là.

— Ça pourra servir plus tard.

— Mais, Excellence, on va savoir. .7

— Rien ! fit le comte. Tu conserveras les apparences d'un parfait honnête homme, maître Lan^^elo.

JEAN CHACAL. IDl

— J'aime autant celu, Exceltence. Cette petite comtesse m'a dit des mots si toucli;ints, qu'elle avaitfinlpar m'attendrir ; ma corisi-ience me parlait très-haut.

;.e coiiite romprit cet appel indirect.

En géiiér.il, et sans exception, quand un coquin parle ' rem'iFds, c'est une manière dose faire payer le concours il prèle, ou les services rendus.

— Voilà pour apaiser tes scrupules, maître fourbe! dit 10 -iiimte en riant.

.Et il jeta une bourse pleine d'or à Langelo. Le biindit voulut la fo-arrer dans sa poche; sa poche était remplie jusqu'au bor J.

— 11. paraît que la comtesse a été généreuse, mon gaillard? Ht le comte.

— Une femme r-harmante ! Elle sème l'or et les sourires sur ses pas ! Excellence.

— Faquin !

— On est bandit, mais on est homme. Cette petite ■ ■mme ne nous a rien fait; si nous éiions à Bari, monsieur .' comte, et qu'elle fui dans ces parages, je sais un certain

Langelo qui remonterait une troupe de malvivants, rien que pour enlever cette ravissante petite veuve. ' — Tu es galant comme fra Diavolo, mais l'amour te perdra, mon garçon ! Laisse-moi.

Langelo s'inclina et partit.

• —N'importe! murmurait-il en se retirant. Si jamais .'occasion s'en présentait, la cumiesse se marierait avec moi... sur les raontagnts... au clair d^îa lune...

Cependant, le comte était sorti et s'était dirigé vers la : osideuce du cher de Ja police secrète avec lequel il était en rapport; i! fui accueilli avec empressement.

Après les salutations d'usage :

— Je viens, dit le comte, vous donner un bon avis.

— Je vous en dois déjà be;iucuup, dit le commissaire extraordinaire, avec reconnaissance.

— Celui-ci est important.

— S'agiraiL-il d'un danger grave?

— D'un complot.

— Vous m'effrayez.

Le comte parut assembler ses idées et mesurer ses ter-'

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mes, comme un homme qui va taire des révélalions graves.

— On s'est battu, aujourd'hui! dit-il.

— Et nous sommes vainqueurs, vous le savez! dit le commissaire autrichien en se frottant les mains.

Le comte reprit.

— Le premier corps italien devait, vous ne l'ignore? lias, investir Pescliici'a.

— C'est vrai, mais...

— 11 a été repoussé. Cependant il aurait réu?:.! à emporter la ville de vive force.

— Impossible!

— Une révolte de la population était préparée pour venir en aide à l'ennemi ; on devait s'emparer d'une porte ; • il y a vingt tonneaux de poudre cachés dans les caves de. la ville ; on les roulait sous la voûte d'une des portes et on la faisait sauter.

— Quelle explosion épouvantable!

— Toute une partie de l'enceinte était renversée!

— Une large brèche était otfeile aux assaillants qui tentaient immédiatement l'atiaque.

— Mais c'est effroyable !

— tl celte machination aur.-iit réussi; il paraît que d3 nombreux émissaires ont peintre ici.

— M 1:41 é ma surveillance?...

— Malgré tout.

— Ces p;iiriotes sont enragés. Comment, mon cher comte, avez-vuus appris ce secret?

— Par un de mes hommes. J'ai une petite police à moi, que je mets au service de Sa Majesté Inipiriale.

— Et qui nous est bien utile.

— Or, un de mes hommes m'a prévenu que dans îa Cassina-Dianca, sur les bords du lac, une femme extrêmement dangereuse, la comtesse C..., était cachée.

— Ah ! vraiment !

— Vous la connaissez?

- C'est une Italienne renforcée; elle est très-mal notée ; du reste elle avait émigré.

— Elle est du com[ilot, fit le comte.

— 11 faut s'emparer d'elle..

— Je le crois. Mais liâiez-vous.

— ^Vous avez raison, elle pourrait échapper.

— Qu'en ferez-vous ?

— On la mettra en prison d'abord ; puis je l'expédie sur Venise, où on instruira son procès.

— Tiès-bien !

— Cher comte, je vous dois une éternelle gratitude.

— N'en parlons pas, colonel. (En Autriche, les hauts grades militaires ne sont pas incompatibles avec l'emploi qu'exerçait le commissaire extraordinaire de l'empereur.)

— Je* vous devrai mes épaulettes de général.

— Mon Dieu, j'agis dans l'intérêt de la bonne cause : je travaille ponr mon roi.

— Nous le rétablirons.

— Dieu vous entende.

Et ils se séparèrent, le comte X..., pour aller tenir conseil avec Langelo, le colonel pour donner ses ordres.

Cette nuit même, la comtesse était arrêtée. On trouva sur elle le fameux plan de conspiration qui devait la compromeiire, et qu'elle avait eu la naïveté de ne pas ouvrir et de prendre pour une recommandation à l'archiduc.

A la suite de la conversation qu'avaient eue le chef de police et le comte, une pareille pièce accusait trop clairement la jeune femme.

Elle eut beau protester de son innocence, affirmer qu'elle venait implorer la giàce de son frère, on la mit en prison sans vouloir l'entendre.

— Ces It'aliennes ! s'écriait le colonel après un interrogatoire sommaire de la comtesse. Quelles comédiennes! On dirait qu'elles disent la vérité, tant elles mentent naturellement.

El celte grosse pâte allemande ajouta en souriant avec suffisance :

— Ileureusemenl que j'ai de la perspicacité ! Pauvre colonel !

Il était dupe d'un homme habile. En croyant servir son pays, il était l'instrumenl d'une vengeance personnelle ; c'est ce qui est ari-ivé souvent en Vénétie, oîi les Autrichiens se sont couverts de honte en persécutant des inno-

:its que, sur des dénonciations intéressées, iis croyaienî coupables.

Le comte, voyant son intriirue menée à bonne lin, avait organisé sa souricière avec Langelo.

— Il s'agit, lui dit-il, de faire savoir à ce Français que la comtesse est à Venise.

— Ce sera facile.

— J'en doute.

— Excellence, je reste honnête homme pour les paysans de Ca^sina-Bianca, vous vous en souvenez.

— Après ?

— Je trouverai bien un émissaire parmi eux pour porter un avis à iJrescia.

— Tu as raison.

— Il fauirait écrire une leîîre au nom de la comtesse à cet aventurier qui est venu chasser sur nos terres un aussi joli gibier.

— Maitrtî Langelo ! fit le comte, parlez donc avtc plus '■J'MTspect d'urie tenra.e de qualité.

Le bandit s'inclina.

— hxcuscz-moi, Excellence, dit-iL Le comte reprit :

— Votre plan est impossible.

— Userai-je demander pourquoi ?

— Le Français connaît l'écriture de la comtesse.

— Alors il fîiudrait que la signora écrivît elle-même; cela vaudrait mieux.

— A coup sûr ; seulement...

— Excellence, il n'y a rien de plus simple. ■

— Ah ! par exemple, si vous obteniez un pareil résultat, ce serait un coup de maître.

— Obtenez seulement du chef de police qu'on m'arrête et qu'on me place dans une cellule voisine de la comtesse; tâcliez que les deux chambres communiquent par une portée et je me charge du reste.

— Voici une lettre qui te fera obtenir tout ce que tu voudras, Langelo ; s'écria le comte joyeux.

Quelque temps après le bandit était voisin de la comtesse. Il l'entendit sangloter.

Comme toute prison, celle de Peschiera contenait des

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cachots, des cellules ei dus cliumbros, de celles que nous disons ch;imbres à la pisto'e ; par égard pour le sexe et la qualité de la corattsse, on lui avait donné une de ces dernières.

Comme; on n'enferme pas 15 les prisonniers bien dangereux, on exerce une surveillance moins grande ; les clôiures sont moins solides; souvent une satle n'est séparée d'une autre que par une porte fermée à clef.

Telle était Celle de la comtesse par rapport à celle oîi LangtMo subissait une captivité volontaire.

A peine le drôle y était-il qu'il fit grand bruit et couvrit le geôlier, l'Autriche et sa police, l'empereur et son gouvernement, de malédictions.

La jeune femme reconnut cette voix.

— Diû inio! murmura-t-elle, c'est mon guide. Puis elle ajouta :

— Je lui ai porté malheur. Il est arrêté.

Ensuite, âme compatissante, elle songea qu'il se compronic^tiait avec ses fureurs inutiles.

— Monsieur ! appela-l-elle.

Il continuait comme s'il n'eût pas entendu.

— Monsieur! appela-t-elleplus haut.

Il C'^niinua plus fort que jamais.

— Seigneur! Il ne se taira donc pas!

Et elle frappa du pied contre la porte. Il se tut.

— Monsieur! répéta-t-ellî^. pour la troisième fois.

— Qui m'appelle? demanda-t-il.

. — l'ariez plus bas; c'est moi! répondit-elle.

— Qui, vous?

— L;i jrune femme que vous avez conduite de Breseia à la Cassina-Bianca.

— Quoi ! s'écria Langelo avec un accent de douloureuse siPprise, vous êtes emprisonnée!

— Hélas, oui!

— Vou^ avez été trahie?

— Je l'ignore. Et vous, monsieur?

— Ah ! signora, je suis bien à plaindre; on va probablement me fusfller demain matin, à la pointe du jour.

La comtesse pleun.

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