‹ Jean d'ArdenneChapitre 2 sur 7 · I- Lido, longe les Jardins publi* s et vient · texte numérisé non relu

I- Lido, longe les Jardins publi* s et vient

mouiller devant le quai des Esclavons. juste

en face du Victor-Emmanuel casqué à la prussienne dont on a enlaidi ce quai depuis ma dernière visite.

Venise?... N'en parlons qu'accessoirement, n'est-ce pas ? On y passe trois jours : pour moi, trois jours de flânerie douce dans les chers recoins d'autrefois, au hasard des ruelles pleines de fraîcheur, des canaux aux multiples détours où résonne l'avertissement du gondolier. Et toujours par ce bienveillant, ce généreux soleil qui nous accompagne. J'y retrouve les joies exquises qu'elle me donna jadis, en maintes visites répétées, avec une saveur supplémentaire qu'apporte la temps écoulé depuis la dernière. Oh ! elle a gardé tous ses charmes, en dépit des voyageurs maussades qui, mêlant l'objectif et le subjectif, mettent sur leurs tableaux le noir qu'ils ont dans l'âme.

Rien de la Venise actuelle ne trouve grâce aux yeux de ces gens mal disposés : édifices suant l'abandon et la ruine ; odieu?e population de mendiants ; pour comble de désagréments, les moustiques...

Or, c'est précisément la décadence — «la mort de Venise», disait Barrés — qui lui donne à nos yeux un charme original, ineffable. Son «air fané» nous séduit bien plus profondément que ne nous séduirait un air rénové. Il est acquis depuis longtemps que si notre culture sentimentale, issue de Jean- Jacques, a trouvé à Venise un merveilleux élément et une source unique d'émotion, c'est à cause de cet aspect décadent qui garde, dans la joie du soleil et l'intensité

de la vie, le cachet mélancolique des grandeurs passées.

Il est plus que naïf de venir récriminer aujourd'hui sur un tel sujet, en souhaitant au peuple vénitien quelque chose de ce caractère anglo-saxon qui fait les nations forte^ — au lieu de contempler en artiste la splendeur persistante de Venise, la beauté incomparablement émouvante que lui donne son état de moribonde, s'enlisant peu à peu dans les vases de l'Adriatique.

Je serais disposé, pour ma part, à exprimer ici des appréhensions plutôt que des regrets; en ce qui regarde Venise tout spécialement, je déplorerais moins l'incurie et la somnolence laissant la ruine s'accentuer, que je ne redouterais l'avènement de quelque Haussmann aux plans utilitaires, jaloux de faire rentrer la ville des lagunes dans le rang des capitales à la mode, la suppression des canaux devenue systématique d'accidentelle qu'elle fut toujours, l'élargissement des ruelles, l'alignement réglementaire et uniforme, la bâtisse ramenée au type de l'universel poncif — d'autres progrès du même genre, déjà réalisés en quelques coin., par aventure, et qui, généralisés, app raient à Venise toute la banalité chère à certaines âmes modernes.

Après ça, on pourrait aussi appeler de tous ses vœux (je passe la plume à M. Prud homme) la colossale opération de l'assèchement des lagunes, laquelle, en supprimant un foyer d'infection et une cause permanente d'insalubrité, rendrait à la culture des

milliers d'hectares et constituerait, autour de la cité régénérée, une banlieue où celleci prendrait un nouvel essor, tandis que le travail agricole apporterait un élément précieux à l'activité de la population.

Il y a encore l'invasion germanique, dont les résultats peuvent être navrants. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les Allemands se portent en foule aux rives de l'Adriatique — comme aux plages de notre mer du Nord. Ces migrations laissent fatalement des traces appréciables dont la physionomie locale se trouve altérée. Quant à la mer du Xord, passe. Mais s'il est une chose qui s'harmonise mal avec la couleur, la vie, le caractère vénitiens, c'est le germanisme. Déjà, en 1878, je me souviens d'avoir déploré la transformation à l'allemande d'un coin de Venise, avec brasserie à l'instar de Munich et tous les accessoires.

Mais, après dix-huit années, je constate que cela n'a pas trop gagné ; le fléau reste circonscrit. Et vive Dieu î le joyeux Goldoni, en habit Louis XV, face goguenarde, jarret tendu, symbolise la gaîté vénitienne parmi les éventaires du Rialto ; il trône au milieu des populations grouillantes, des fleurs et des fruits colorés, semble garder l'esprit du crû contre l'invasion de la lourdeur teuti nne. Gardien solide : il est de bronze.

Nous sommes des voyageurs distingués qu'on ne traîne pas, en troupeau de Cook'stravellers, vers les endroits de vulgaire renommée marqués dans les guides. Par

exemple, on ne nous la fait pas au verre filé de Murano; assez de Murano !

lais, par-delà les autres îles, là-bas, au fond de la lagune, un campanile carré, massif, légèrement incliné, se dresse d'une nue. De loin, il paraît isolé, semble émerger de l'onde. Derrière lui, les Alpes dres leur mur ■ n. En approchant, on

lingue l'îlot sur lequel il est planté: Tor- , voisin de Burano, la bourgade de pêcheurs.

Et ce Torcello est vraiment bon à voir et h revoir. C'e-t l'endroit le plus intéressant des lagunes, par l'impression profonde qui se dégage du pins -agissant <1^< conitras-t Krâce à la persistance de vénérables témoins d'une prospérité très ancienne, dans la solitude et l'abandon présents.

On connaît l'origine : la ville romaine d'Altinum, au bord du golfe, sur le rivage d'en face, emportée, au Ve siècle, dans la tourmente des invasions; ses habitantéchappés aux massacres refaisant ici une ville au milieu des eaux, fondant une nouvelle puissance et une nouvelle richesse dont Venise procédera lorsque, pour la sc<

. la destruction aura passé sur Altinum ; traction lente, celle-ci, la vie s'en allant par degrés, avci l'ensablement de^ ri. paludéens et l'insalubrité progressive, vide et la mnrt s'établissant peu à i>eu.

E't tout n'est pas fini, à l'heure puisqu'il reste ceci : Au bout d'un sentier ondulant parmi les verdures, !<■ long d'un enfleuries, trois ou qi

habitations sous des ombrages, une placett-avec un siège de pierre, quelques débris rassemblés dont on a fait un petit musée, et,

groupe déconcertant qui raconte, dans la

torpeur silencieuse des lagunes, sous l'implacable soleil, la grandeur passée de Torcello — une basilique latine et une église byzantine, accolées, symbolisant deux périodes successives de notre ère naissante.

Il y a là quelques familles de maraîchers, à qui servent encore, «pour les besoins du culte», ces respectables édifices d'une vétusté profonde, débris des civilisations éteintes.

Les fenêtres de la basilique ont gardé leurs volets de pierre. Le grand fantôme de toux isolée, dressé près du chevet, semble protéger de son ombre un cimetière minuscule, pauvre champ d'herbes folles, que bossuent quelques tombes délaissées — et où il faut, ne serait-ce qu'un instant, goûter l'âpre jouissance d'une solitude parfaite au milieu d'un cadre plus émouvant, en sa simplicité calme, que les paysages empreints d'horreur tragique.

Ravenne et Rimini.

Le bateau a levé l'ancre à la nuit tombante, regagné les lagunes, puis le large.

Au réveil, nos yeux, par le sabord ouvert, rencontrent les gracieux contours de la baie de Rimini. Une ligne très pure de mamelon profile un sein de l'Anadyomène sur le ciel

satine. Le golfe s'étale en plaque de saphir. Vers l'occident, parmi les plans de montagnes lointaines, le roc de Saint-Marin met une troisième nuance entre les bleus du ciel et de la mer.

— La republica di San Marino, — dit d'une voix grave, bien timbrée, le batelier, qui pèse sur ses deux longues rames: car la brise est molle et ne suffit pas à nous pousser. 11 désigne la direction, de son regard clair, en articulant ces seuls mots avec une sorte de fierté; puis, désormais silencieux, il reprend le mouvement cadencé et l'on voit, sur son torse nu, les muscles se raidir à chaque effort.

La flottille des pêcheurs de Rimini est venue prendre la cargaison ; cela fait, aux flancs du navire ancré, un papillotage de voiles orange qui, bientôt, s'éparpillent comme un vol de mouettes dans la fraîcheu; exquise du matin, puis se rassemblent vers l'entrée du chenal, y défilent avec des cahots. Notre mousse a de grands yeux brillants comme des miroirs, un regard vague tourné vers la lumière, reflétant le ciel, insouciant et distrait. Aussi, la barre est délaissée ; l'enfant s'y appuie nonchalamment, tandis que le père, à l'avant, s'escrime pour gagner la passe.

Un train, garé à Rimini (o l'rancesca !) . bous transporte à Ravenne, le long du rivage et à travers la Pineta. La forêt, de ce côté, fait comme un prologue assorti au poème de pierres que Ravenne conserve ea ses artères désertes. Ce bois original a g

aussi, sous ses dômes de verdure et ses frondaisons noires, entre les profils de ses pins étalés en parasol, un parfum d'antiquité, le sillage de grandes ombres, des souvenirs qui l'emplissent de majesté sacrée. Nos pensées, en ce rapide trajet, vont à lui avec abondance, poussées par de multiples suggestions. Tout à l'heure, à Y Hôtel Byron, sous des ombrages tout voisins du tombeau de Dante, nous trouverons des symboles autrement précis, mais bien moins suggestifs que ces images fantomatiques entrevues par les yeux de l'esprit, dans le mystère de l'auguste forêt : le buste, au mouvement et à l'expression consacrée, de (d'amant de la Guiccioli », en carrare tout neuf, se dégageant de touffes de laurier, comme il sied ; son pendant, celui d'Alighieri, de même fabrique ; sur une terrasse voisine, un troisième, détonnant, celui-ci, par exemple, un Cavour à barbe en collier, qui a l'air d'un notaire de campagne.

La forêt traversée — dont les derniers arbres, au loin, en avancée vers le rivage, s'espacent, silhouettés sur le ciel clair, — avant que l'on atteigne la vieille enceinte, marquée à travers la campagne par des murs rbréchés, c'est encore le monument le plus caractéristique de Ravenne qui se présente en son isolement : Saint-Apollinaire in Classe, unique épave subsistante à la place d'un quartier absolument disparu, elle exceptée, de la Ravenne antique.

Mieux que Saint-Vitale, que le Baptistère, que Saint-Apollinaire le Neuf, que le tom-

beau de Placidie, que d'autres encore, qui formant ici un ensemble nonpareil, des plus étonnants, cet édifice suggère l'impression i trantte du temps cjui l'éleva, de Fart singulier dont il procède. Aux dons

extraordinaires qui donnent à la vieille basilique de Classis presque la maje^ cathédrale, s'ajoutent cet isolement (co:: à Torcello) et la considération que Clas lui-même est rentre depuis longtemps dan. le domaine des choses qui furent, et aus-i le sentiment de mort, de disparition lente et graduelle, d'enlisement insensible mais fatal, dans un roi marécageux.

Le grand fantôme se dresse au milieu d'une région où la malaria a fait le désert ; dès l'abord, il apparaît rongé par la moisissure, — « pire que l'effondrement », a dit quelqu'un ; je me souviens de cette parole appliquée aux monuments de Ravenne, sans me rappeler qui l'écrivit. Les dalles dâtres suent l'humidité; La crypte est transformée en citerne; il faut se résign plonger les pieds dans l'eau si l'on veut passer par l'ambulacre qui contourne l'abside.

On éprouve, d'emblée, quelque difficulté à analyser d'une façon précise l'émotion qui vous envahit devant ces monuments d'un art barbare, en somme, piteusemen l'art grec sous l'abominable influence du christianisme byzantin, — et auquel on trouve néanmoins un intérêt puissant, < ar fl vous prend avec plus de force peut-être qu<ne pourraient le faire '• ha

bitueU.

Comment ne pas être ému par ce phénomène unique : Byzance, monstre étrange et mystérieux dont le mystère nous fascine aujourd'hui, a oublié ceci sur la côte adriatique, et ceci s'est conservé, grâce à des circonstances particulières, exceptionnelles, tandis que Byzance elle-même, suivant la loi de transformation, perdait tout byzantinisme.

Les causes de cette conservation importent peu : il suffit qu'elle soit, pour nous émouvoir profondément. On les reconnaît aisément d'ailleurs, et ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elles sont précisées, j'imagine : ce rivage perdu, devenu inhospitalier de fortuné qu'il fut jadis au point d'avoir pu un moment supplanter Rome, n'ayant plus la force nécessaire pour mettre d'autres monuments à la place de ceux dont le dota son âge prospère, a gardé ceux-ci, simplement, alors que, partout ailleurs, l'évolution s'accomplissait, les civilisations se succédaient, les nouvelles chassant les anciennes — comme les clous — et s'installant sur leurs débris.

Le Moyen-Age et la Renaissance, qui déterminèrent dans les régions limitrophes, en Toscane et à Venise, de merveilleuses efflorescences, ont laissé Ravenne dormir sur les souvenirs d'Honorius, de Valentinien III et de Placidie, de Théodoric, de Justinien et de Théodora, de ses vieux primats et de ses vieux exarques.

Depuis, Ravenne n'a guère fourni qu'un lit de mort à Dante et une hôtellerie à Byron. C'est peu, en un millénaire, surtout si on la compare aux voisines, à Bologne, à

Florence, à Pice ; Rimini lui-même, que nous allms voir, eut Malatesta.

\i;ii- le long sommeil de Ravenne, prour d'autre part, nous permet d'y retrou- \<r ce qu'une activité plus grande, résultant d'une fortune plus heureuse, n'eût pas manqué de faire disparaître. Un Malatesta.

eu* mis à la place de Saint-Vitale un monument de son orgueil.

Ces considérations disposent l'âme d'un»façon particulière, donnent aux monuments de Ravenne un charme étrange et un intérêl spécial. On se prend à admirer, à aimer ,,i art, — où la puissance et la majesté romaines se retrouvent encore dans la structure, sous la dégénérescence byzantine et la naïveté barbare de la décoration, formant avec elles un bizarre amalgame, — moins pour sa valeur propre que pour l'atmosphère où il nous transporte, les souvenirs qu'il évoque, la rareté de se- «pave-, le phénomène de sa conservation. On oublie qu'il . -t né de l'horreur qu'inspirèrent aux premiers chrétiens la beauté corporelle et la périr, tion de la forme, pour s'intéresser au mou- \< mont fatal qui le détourne de l'objet i, pulsion, 1<- ramène lentement, par d'autres voies, vers la beauté d'abord mépriî

M. Charles Diehl, le distingué prof< de la faculté des lettres de Nancy, qui a fait une étude spéciale du byzantinisme. QOU9 .. parlé des mosaïques de Ravenne devant les plus fameuses, dans l'abside de Saint- Vitale, au Baptistère, au tombeau de Pl.v ridie, a Saint-Àpollinaire-le-Neuf ; nous roni écouté avec une sorte de recueille-

ment, tandis qu'il précisait les caractères, signalait les variations de conception et d'exécution, notait les progrès du réalisme sur le mysticisme primitif.

Et nous avons subi l'exceptionnelle séduction d'un art envers lequel Taine, un jour, se montra quelque peu injuste et cruel, en l'accablant d'invectives, sans lui accorder les circonstances atténuantes que lui eût évidemment suggérées un état d'humeur différent de celui qui, ce jour-là, influait sur ses jugements.

Certes, son impression se fût modifiée si, revenant à Ravenne, il avait cédé à la puissance du rêve, dans la pénombre du tombeau de Galla Placidiâ, sous la coupole basse où le Bon pasteur paît ses brebis et dont les fonds Meus prennent d'indéfinissables nuances aux rayons filtrants et discrets de la lumière extérieure...

Les houles profondes de la forêt repassent, avec les hautes silhouettes des pins... A Rimini, le couchant dore splendidement le pont romain ; les somptuosités Renaissance du temple Malatesta commencent à s'envelopper de crépuscule; l'animation des rues dépasse celle de Ravenne, ce qui n'est pas beaucoup dire; sur la terrasse des bains de mer, la « société » prend l'air du soir, aux accords d'une musique banale. Nos pêcheurs nous attendent ; leurs voiles, agglomérées en un pittoresque fouillis, dansent aux quais du chenal.

A la nuit close, le bateau s'éloigne, pique droit aux rivages d'Istrie.

Grèce

(Dei krik

des t Notes d'un Vagabond » )

Delphes, avril-mai iSqS.

C'était vers la mi-avril. Partis de Marseille, nous avions navigué trois jours et autant de nuits, tirant droit, par les Bouches de Bonifacio et le détroit de Messine, aux rivages helléniques.

1 .1 pointe d'aube nous trouva dans le golt>» de Patras. La terre que non- voyions défiler, au réveil, toute voisine, sombre encore et où traînaient les derniers voiles nocturnes, était la côte d'Etolie. Lù-ba-; sur la droite, celle d'Achaïe apparaissait et la cime neigeuse de l'Erymanthe commençait à réfléchir la caresse de l'aurore aux doigts <i'rose (je vous prie de remarquer que D sommes «m pays classique).

Les côtes se rapprochèrent ; les montagnes de Locride dessinèrent leurs profils déjà tout ensoleillé--. Pui-- le jour na, radieux. Le golfe de Corinthe >e déploya ; devant nos yeux ravis ses riv fuyaient, mollement esquissés dans l'an d'une délicieuse fluidité matinal^ dans la pure lumière d'Hcllas — la véritable lu-

mière d'Hellas ! — inondant le ciel profond, la mer calme et bleue.

Et la joie régna soudain. L'impression rassérénante fut d'autant plus sensible qu'un petit coup de mistral, au départ de la Joliette, avait produit dans l'honorable société certains effondrements encore mal réparés après les trois jours de traversée.

Le petit port d'Itéa apparut au fond d'une baie, avec la montée du Parnasse. Il y avait sur le rivage une animation singulière. En approchant, nous distinguâmes toute une cavalerie, des véhicules, un peuple d'agoyates aux vêtements pittoresques. Des barques se détachèrent, nous prirent, et nous voilà jetés, par groupes successifs, au milieu de ce tumulte de bêtes et de gens.

C'était le moment ou jamais d'enfourcher Pégase. Mais tomber sur Pégase, en pareille occurrence,- était fort aventureux, chacun accrochant la première longe qu'il avait pu saisir.

Apollon-Delphien, à qui j'allais cependant porter mes hommages, ne manqua point de me gratifier, en ses décrets pythi- »jues, du plus fâcheux bourrico de toute la collection. Ces dieux sont tous les mêmes. C'était un âne dévasté que les ans avaient outrageusement blanchi. Je crois bien qu'il remontait à l'invasion dorienne, ce qui fortifiait d'une longue habitude son entêtement naturel. Celui-ci le portait, entre autres particularités folâtres, à cheminer aux endroits les plus ravinés, les plus rocailleux, les plus sins des précipices et à prendre les rai-

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