ACTE PREMIER
Ainsi, j'avais trop peu compté sur leur audace ! Ils viennent jusqu'ici m'apporter la menace. Il leur faut, c'est trop peu du bruit de leurs combats, Jusque chez mes vassaux recruter des soldats ! Ah ! je vois qu'il est temps que la lutte s'engage ! A nous voir patients, on nous croit sans courage. C'est bien ! nous montrerons, dès le premier effort, Ce qu'on gagne à troubler le vieux lion qui dort. Venez I j'en ai trop vu.
RAOIX.
C'est leur être agréable Que leur livrer la place au moment favorable.
MARIE
Demeurez I croyez-moi. Vous serez satisfait De ce que leurs discours vont produire d'effet. Voici nos paysans : pas un d'eux, j'en suis sûre. Non ! pas même celui, dont la pauvre masure Laisse passer la pluie et les vents en courroux. Ne voudra s'enrôler sous un autre que vous !
Ouï ! vous avez raison : je veux rester I
(Bertbaut entre, suivi d'un peloton de soldats, et d'un drapeau sur lequel est écrit : La Patrie ett en danger. l°n greffier s'asseoit à une table pour inscrire les enrôlements. Les paysans arrivent par groupes ; le comte , la comtesse, Raoul s'asseoient à gauche. Roulement de tambour.)
BAIORL.
Silence I
BERTHAUT
Citoyens, l'heure sonne où le péril commence.
18 JKAN PACIER.
Il est grand : la Patrie a besoin de ses fils.
Elle leur dit : « Debout I vous tous que j'ai nourris 1
Vous pour qui Dieu gonfla ma féconde mamelle,
0 mes fils ! défendez la terre maternelle ! »
Et quel Français, s'il n'est couché dans son cercueil,
Ne se lève à ce cri de la Patrie en deuil ?
Elle est venue à vous, en dépit de l'espace,
La lointaine rumeur de l'ouragan qui passe :
Vous savez que l'on frappe et que l'on meurt là-bas ! . .
Citoyens, la Patrie a besoin de soldats :
Ici je recevrai les noms des volontaires.
Songez-y : l'étranger va marcher sur nos terres.
Citoyens !.. la Patrie est en danger !..
(In momnnt de silence. Les paysans se consultenl.) RENÉ.
Ma foi !..
S'il le faut, j'aime autant qu'on se batte ici, moi.