ACTE PREMIRR
JEA\, à Bcrthaut.
Et ceux qui vont aller se battre à la frontière, Quand reviendront-ils ?..
BALDRU, à paH.
Hum ! ils ne reviendront guère,
BERTHAIT. à Jean.
Nul ne le sait.
JEAN
Ainsi, les ennemis chassés, Nous ne sommes pas sûrs que l'on nous dise : assez !
BERTHAUT
Quand on part pour défendre une cause chérie. Ou ne marchande pas son sang à la patrie ! On donne tout.
JEA.\.
D'ailleurs, ce n'est rien de briser Ce cercle d'ennemis prêts à nous enlacer : Ils iront se refaire ; et, d'année en année, La lutte renaîtra, toujours plus acharnée. Aux bataillons, rompus par un premier effort, D'autres succéderont, toujours, jusqu'à la mort. N'est-ce pas ?
BERTHAIT.
Peut-être.
JEAN
Et si, lassant la mort même.
Survivant, par miracle, à la lutte suprême.
Un (le ceux-là revient, qui partent aujourd'hui, Qu'aura-t-il mérité ? Que fera-t-on pour lui ?
BERTHALT.
Rien. N'est-ce pas assez pour le guerrier qui tombe Que l'arbre Liberté fleurisse sur sa tombe? Et n'est-ce pas assez pour le soldat vainqueur D'avoir la gloire au front et la Patrie au cœur ?
JEAN
Il suffit : je pars.
BAUDRU, à part.
Bien ! Il me plaît, le bonhomme.
Il n'a pas l'air d'avoir froid aux yeux.
BERTHAUT, à Jean.
L'on vous nomme?
JEAN
GUYOT
Il est fou !
(A Berthaut.)
Monsieur...
BERTHAUT, à Guyot.
Bien ! Votre nom ?. .
GUYOT
Hein?..
BERTHAUT
Vous voulez partir?..
GLTOT.
Ah I mais non ! Ah I mais non !