ACT£ DEUXIEME
BALDRL'.
Tiens ! j'y vois une femme.
JEAN
Une femme !.
ANTONIA
Eh ! mon Dieu ! comme elle est pâle ! Il faut Qu'elle ait bien mérité d'aller à l'échafaud , Car elle est , sous son deuil , bien touchante et bien belle.
BAUDRU
Mais où donc l'ai-je Mie?.. Ah ! je me le rappelle... Elle était près de toi, le jour où tu partis.
JEAN, regardant par la fenêtre.
La comtesse !
BAL'DRU
Eh bien ! Jean ! qu'as- tu donc? tu pâlis.
JEAN
Rien. — Berthaut !
BERTHAUT, feignant l'indifférence.
Quoi?
JEAN
Voyons ; elle n'est pas coupable.
BERTHAUT
Qu'en sais-tu ?
JEAN
Je le sais. Au moins, c'est peu probable.
Enfin, tu ne vas pas la laisser mourir ?
Moi?
Eh ! que m'importe ?
JEAN
Allons I Tu ris de mon effroi ; Mais, au fond, tu sais bien que ce n'est pas possible, Qu'elle ne mourra pas... ce serait trop horrible !
BERTHAUT
Le tribunal a fait ce qu'il a jugé bien :
Gela, pas plus que moi, ne te regarde en rien.
JEAN
Berthaut !..
BERTHAUT
Elle mourra : que veux-tu que je fasse ? Suis-je donc un monarque ? ai-je le droit de grâce ?
JEAN
Berthaut, ce n'est pas toi qui parles. Non ! oh ! non ! Ce mot-là ne vient pas de mon vieux compagnon. Non, tu ne voudras pas que je me désespère. Pitié ! pitié pour elle, ô mon ami , mon père !
BERTHAUT
Eh ! je ne puis rien !
JEAN
Tout ! n'as-tu pas mission D'être l'œil et le bras de la Convention ?