SCÈNE VII
LES MÊMES, BAUDRU
RAOUL
Le
voici.
BAlDRr, amenant Raoul.
Bien.
JE.VN
Va-t'en !
BAIDRI.
Mais...
JEAN
Mais va-t'en
donc !
BAlDRl.
Diable !
J'ai vu le commandant d'humeur plus agréable, (ii lort.)
JEAN, à Raoul.
Vous avez, n'est-ce pas, toute votre raison ?
Alors, me direz-vous quel but de trahison
Vous conduit parmi nous à l'heure où tout sommeille,
Où seule, dans la nuit, la sentinelle veille?
* Vous ne comptiez pas, certe, avec neuf compagnons,
* Disperser notre camp et prendre nos canons.
* A dix, quelle que fût leur audace ou leur taille. ' Vous n'avez pas rêvé de nous li\Ter bataille.
On vous a pris rampant au milieu d'un buisson : Qu'êtes-vous ? un voleur, ou bien un espion ?
RAOUL
Lequel est un voleur ? celui qui d'une femme S'est fait livrer la main par une ruse infâme.
Ou celui qui, bravant la mort à chaque pas, Vient, un contre deux cents, l'arracher de vos bras ! Lequel de nous doit-on mépriser et maudire ? C'est tout : je n'avais pas autre chose à vous dire.
(A Marie.)
Et vous, Marie, hélas ! c'était l'unique espoir : Je voulais vous sauver ; je n'ai pu que vous voir.
(A Jean.)
Oui, l'enfer est pour vous : triomphez, je succombe. Mes amis, plus heureux, m'attendent dans la tombe. Je suis prêt.
JEAN
C'est bien !
MARIE
Jean ! qu'allez-vous faire ?
JEAN
Moi, Rien, madame; je vais laisser faire la loi.
MARIE
Le tuer!., vous ! Oh ! non ! je connais mieux votre âme. Non ! vous savez trop bien ce que l'honneur réclame. Et vous savez trop bien ce que l'honneur défend. Non ! vous ne serez pas celui qui, triomphant, Armé, maître que suit la force militaire. Frappe son ennemi quand il le trouve à terre. Non ! vous ne ferez pas cela, Jean.
JEAN
Voulez -vous Que je meure à sa place, et qu'il soit votre époux ?
MARIE
Oh!