‹ Jean de BailleulChapitre 3 sur 6 · GuT DB Baillbul» chevaHer, sire de Bailleul-en · texte numérisé non relu

GuT DB Baillbul» chevaHer, sire de Bailleul-en

Vimeu, vivant en 1090, et encore en liOO, suivit Guillaume le Conquérant en Angleterre ou y alla chercher fortune sous Guillaume Le Roux qui lui donna les seigneuries de Stokesley, de Bywell, de Teesdale-Forest et de Marsv^ood, et les manoirs de Middieton et de Gainsford dans le Northumberland (I). D ne faudrait pas croire pour cela que Guy fut devenu sujet du roi d'Angleterre et ait établi sa résidence dans ce pays. Il resta français au contraire» comme ses successeurs « et continua à habiter le Vimeu où ceui-ci ne prirent jamais d*autre qualificationque celle de leurs seigneuries françaises. Il ne faudrait pas aller bien loin pour en ti^uver d'autres exemples. La maison de Saint^Valery, l'une des plus illustres de toute la Picardie, était dans le même cas. Âpanagée de domaines princiers en Angleterre, ses membres ne quittèrent

(l) Nobil. de Normandie, par O'Gilvy, 1. 1, p. 80. — Londres, 1860, — Barouiea auglica couceulrala, hy sir T. C. liauks, bart. 1. 1, p. 114.

que temporairement leur château de SaintF-Valery, et ne

changèrent ou n*aUérèrent jamais leur nom patronymique: Ainsi Âreni les seigneurs de Riencourt, pour n'en pas citer d*aalre8. — > Guy de BaîUeul ent trois file et une fille :

1* HoGDES DB Bailleol, qoî suit ;

2" Guy de Bailleul, chevalier, qui épousa une dame noble du nom de Denise ou Dionisia» ei n*eut pas de postérité ;

3* GoscEUN DE Baillf.ul, chevalier: parait avoir résidé en Angleterre» et fut sans doute apanagé par son père d'un des manoirs que celui-ci de-

vait à la liliéralilé de Guillaume Le Roux. Il fut» en tout cas, l'auteur d'un court rameau dont les alliances furent exclusivement choisies parmi les grandes maisoDS d'Angleterre. Le seul fils qu'on lui connaisse. A, Enguerean de Bailleol» chevalier» eut un fils» B» EusvAcaB DB Bailleul, chevalier y qui épousa Agnès de Percy» fille de William, m* baron Percy» et d'Alice de Tunbrîdge» et une fille, C, Hélène» alliée à William Percy, fils d'Henry Percy et d'Isabelle Bruce, de T illustre maison de laquelle sont sortis les ducs de Northumberhind (i).

(1) The Peerage of England, by Arthur Colline, vol. ii, p. 298. — Peerage and baronetage of English Empire, by sir Bernard Burke, Ulâter king of arms^ p. 80S.

[Armes : d'caur à cinq ftuùs d'or accotées en fasce),

D'EusTACHE DE Bailleul et d'Agnès de Percy naquit seulement, D, ënouerran db Qaillbul, qui mourut sans postérité.

4" Hawïse de Bâillell, dont on ne connaîl pas l'alliance.

IL Hugues de Bailleul, chevalier, sire de Baillcul-en- Vimeu : On ignore le nom de sa femme» mais il est certain qu*il eut pour fils Eustaehe et Bernard. Le fait est prouvé par deux pièces, l'une, dont ia date, qui est celle de la fondation de l'abbaye de .Sery, est fixée approximativemenl à Tan 1130, et l'autre de Tan 1138, sans indication de mois ni de fêle de saint qui permette de rétablir le jour où elle fut écrite. Vers 1130 donc, Hugues de Bailleul et Eustaehe, son fils, souscrivirent la charte . par laquelle Guillaume do Cayeu, iils de feu Anseau de Cayeu, fonda Tabbaye de Sery de l'ordre des Prémontrés, après la mort de son père, et la dota de plusieurs grands biens (1). La deuxième pièce, qui sert en même temps pour le degré suivant, constate que Hugues avait aussi pour fils Bernard, et, comme celui-ci. est, dès 1138, possesseur du château et de la seigneurie de Bailleul-en- Vimeu, il est supposable qu'Ëuslacbe était le fils puiné de Hugues, ou, que s'il était l'ainé il était winri avant

(t) Ovtnl. de Sory, » U

4138 sans postérité, laissant la place et la succession paternelle à Bernard. Hugues de Bailleul eut dooc pour fils :

1^ EnsTACBB DE Bailleul, sans postérité ; 2" Bernard de Baillëul» qui suit.

IH. Bernard db Bailleur chevalier, sire de Bailleulen-Vimeii et de Hélicourt. — Du consentement de sa

femme, Molhildc, tic ses quatre fils, repris ci-tlessous, et de sa fîllc, il céda au monastère de Cluny quelques autels qu'il avait hérités de ses ancêtres, et que, <»>mme eux, il possédait injustement en qualité de laïque: Ces autels étaient ceux de Dompierre, de Tours, de Bailleul, de ' BambureBes et d*AUenay (1). Celte concession est seulement datée de i 138, sans indication de jour ni de mois, mais elle n*est pas moins très-précieuse, car elle permet de rétablir authentiquement deux degrés de la filiation. Bernard de Bailleul n'habita pas seulement le Vimeu : il vécut aussi dans ses possessions anglaises ; il y était notamment én Ii37, lorsque le roi Etienne le députa à David, roi d'Ecosse, jour le détourner de son projet d'envahir l'Angleterre (2). On le retrouve en Yimcu, en 1160» fort âgé sans doute, et souscrivant avec Bernard, son fils aîné, réchange par lequel Tabbé de Forêlmontier céda au prieur de Biencourt des biens à Hélicourt contre

(i> Càrtul. de Ctony. — Gollect. des Chartes de Moreao^ vol. BS» ^* — Bibl. imp. mss.

(t) GoUios Peerage, Gënéat. de Percy^ 1. 1.

d*â«tm à Arrest et à Begnière-Eduse (I). De m deoz

documenU il résulte que Bernard eut de Maihilde, sa femme :

Bërnakd de Bailleul, qui suit ;

ËNOUEIIBA!! DE BaILLEUL ;

3* GuT DE Bailleol ;

4* EUSTAGHE DE BaILLEUL;

5* Halwiob DB BAILLEin*.

lY. Bebharo de Bailleur chevalier, sire de Bailleul-

en-Vimeu, de Dompierre et de Hélicourl. — Il figura avec son père dans Téchange de li60, et fui iéiiioin, en 1170, d* une .charte par laquelle Guy, comte de Ponthieu, accorde à Guillaume d*Aumale le droit « d'acheter, de vendre et ses coutumes libres » dans toute l'étendue dudit comté (2). Il donna par charte, vers Tan ii80, aux templiers de FiefTes-en-Ponlhieu, une partie de la forêt de Grégny qui, du nom de l'ordre, fut appelée plus tard le bois 8aint-Jean (3). Go lui donne pour femme Agnès de Picquigny (4), {faseé émargent ei d^azur à la bordure de gueules) f de laquelle il eut :

(1) Archives de Tabb. de Mannoutiers, prieuré de Biencoiirt>Uai»ae 1,

livraison

(2) Cartnî. de Ponfliien, fo54. — WûA. inij). ms:?.

(3) Arch. If» TEmpire , ?f ( lion admiuwtralive. S, S059, 1*' Carlul. de

la commandcne de Fielït-s, f" 6, r^.

(4) Dugdale, Baronetago, et Barouica anglii'a coDceotrata, par sir T. a Banks, bart. U I, p. 114.

Hugues de Baillell, qui suit ;

2' Bbrnabd deBaiixeul^ vivanl en 4243;

3*. EusTACHE DE Bailleul, Vivant en i200 avec sa femme« veuve de Robert Filz Piers (4 ) ;

4° EisGUERRAN DE Bailleul, quî paraît avoiF habité TËcosse, car il fut Tun des ambassadeurs eo* voyés par le roi de ce pays au roi d'Angleterre, en mai 1215 (2) ;

5* Henri db Bailleul, chevalier, grand-chambellan

du royaume d'Ecosse : Il était au nombre des barons et grands-officiers écossais qui assistèrent à la signature de la paix jurée entre Henri llî, roi d'Angleterre, et Alexandre II, roi d*£cosse, en 1237 (3). Henri avait épousé Laure ou Lora de Valoniis ou de Yalognes, fille de Philip de Valoniis» lord de Pan mure, grand -chambellan d'Ecosse: (Armes: d'argent à trois pafa ùndulés d« gueuHa (4). Il mourut en 1246, iais.^aui un fils :

A. Alexandre db Baiubul, chevalier, seigneur de

(1) Dugdale, Daronclage^ et Baronica anglica coDcentrata^ par sir T. C. Baoks, bart. t. I, p. 114.

{%) Rymer, 1 part. i.

(S) Bpner^ 1. 1, part ii.

(4) The Peerage of ScotlaiMi» sir Robert Douglas, t. p. 849.

Gaverez (itc), graDd-chambcllan du royaume d*Ecosse (4). ^ Edouard I**, roi d'Angleterre.

] ayantcoDvoqué pour la guerre, Alexandre lll, roi d'Ëcosse, Texcusa par une fort curieuse lettre à Edouard, dans laquelle il dit qu'Alexandre de Bailleul est occupé à délivrer les propriétés de Jeanne d*Athole des brigands qui les infestaient. Il assista, 1c 21 novembre 1292, à la prestation du sermeul de fidélité de Jean de Bailkiil, roi élu d'Ecosse, au roi d'Angleterre (2). Il était le cousin au troisième degré de Jean, et celui-ci le maintint dans ses fonctions de grand-chambellan qu'il remplissait eucore en 1294. — Alexandre fut père de

GaT ou Guillaume ob Bailleul (3), qui figurait parim les principaux barons d'EcosSe^ en 1303, et qui, avec plusieurs autres, fut condamné à une forte amende, le 15 octobre

1305, pour s'être révollé contre ie roi d'Angleterre (4).

6* Enor de Bailleul, femme de Hugues de Fontaines, chevalier, sire duditlieu. Long, Longpré

(1) Baronioa anglii a conceulratu, by sir T. G. Banks, bart. t. I, p. 114*

(2) Rym» r, t. I, part. H!.

(3) l'arkins, TopoErra;)liy of Freebridge, Couiity of Norfolk, p. 60.

(4) Rymer, 1. part. iv.

et la Neuville-«ti*Boi9, en 1205 (I). (Armes :

d'or à trois écussons de vair].

On trouve à cette époque un Simom de Bailleul dont le sceau : df.... à fin écu en ahime de,,., est attaché à une charte d'Etienne, chapelain du Translay, relative à des biens à Gousseauville , donnés à l'abbaye du Val , en 4229 (2). (Sceau rond de 4 millimètres; légende: « f S. StMONis DE Ballel). » On ignore à quel degré Simon était parent de Bernard et de ses enfants, mais qu'il ait appartenu à la même maison, cela n*est pas douteux ; son écusson le prouve suffisamment.

y. HoGQBs DE Bailleul^ chevalier, sire de Bailleul-en- VIroeu, de Dompierre et de Hélicourt, et lord de Bernard-

Castle en Angleterre, souscrivit la charte par laquelle Rorgon de Beauchamp donna à Tabbaye du Lieu-Dieu Taunoie où elle était construite, au mois de novembre H95 (3). Il était au nouibre des barons d'Ecosse auxquels . le roi d'Angleterre annonça^ au mois de mai 1214, qu'il y avait trêve entre lui et les barons révoltés (4). Il confirma au mois de janvier (226 l'acle par lequel Hugues de Brimeu, chevalier, promit de faire hommage à l'abbaye

(1) Généal. (le Fontaines, dans Chénnyfc-Desboia.

(2) Arc'jivtfs de TEmpire, S, 4 185, ii» 47.

(3) Arch. de Tabb. du Lieu-Dieu, liv. Unsàe 1.

(4) Rymer, 1. 1, part. i.

de Satnt-JoBse pour la dime de Groberœalsnil, après la

mort d'Eus tac lie, son frère (<).

Hugues de Baiileul avait épousé N... de Footaines» sœur de aoo beau-frère Hugues de Fontaines, et fille d'Àléaume de Fontaines, chevalier, sire dudiL lieu, Long, LoDgpré, La Neuville-au-Bois, et de Lorette de Saint- Valéry. (Armes : d*or à (rois écmsons de voir). Cette union eut lieu avant 1210, et clic est prouvée par un titre de cette époque, une donation faite par Hugues au chapitre de Longprc, de son vivier et pêcherie de Cour-

chon qui lui apparlciiaiciit commet fai^aiU partie de la dot de fa femme» û lie de « sa très-iionorée dame et mère Lorette de Saiut-Valery (2). » — Hugues de Baiileul

mourut avant 12^7, laissant ciûqiils et une lilic:

I* Jban de Baillsol, qui suit ;

%• Hugues de Baiueul, chevalier, seigneur de Hélicourt; il amortit, en 1240, sept journaux de terre au val de Friville, que depuis près de soixante ans Guillaume Maupin avait donnés .

à Tabbaye de Sery (3). il vivait encore en 1^82 et ratifie alors la fondation d'une chapelle À Longuemort ; dans cet acte il est dit oncle de Jean de Baiileul qui y figure avec

(1) Nouveau Cartul. dû Saiut'Josse.

(t) Géuéal. de Foutatiie«, La Gbéoaye-Dosbois^ t. \l, p. 488. (8) Cartul. de Sery, ^ 48, v*.

lai, et ce Jean ii*élfiU' autre que le futur roi

d'Ecosse (i). On ne trouve plus aucune trace de Hugues de Bailieul après cette époque ; il est seulement certain qu'il ne tarda pas à mourir sans iiéritiers, laissant ses biens à son oeveu Jean, le chef de la maison. Gomment, sans cela, la seigneurie de Hélicourt dont Hugues avait été apanagé, aurait-elle fait retour à Jean de BaiUeul qui la possédait déjà le 28 octobre 1SS95, quand il signait le projet de mariage de son iiis ?

Enguekran de BAiixEULf chevalief ; il donna, le 4*' octobre 4270, quittance de a 300 livres de petits tournois » qu'il aurait reçus dti roi pour prendre part à la Croisade « en losi devant Cartaigc. » Dans cette pièce il s'intitule a Engourrans de Balluel, chevalier, d Son sceau, rond, de 0 " 22 milliinèlres de diamèire, porte : d'hermines à Vécu (gueulesj: de la légende on lit encore « ngerrani de BoU-

Uolo (2). » — Il était au nombre des barons convoqués par Je roi d'Angleterre pour servir dans Tarméc envoyée contre les Gallois , le

(1) Cariai, de Tévdcbé d'Amtens, £• 92.

(9} Archhrep de FEmpire, J, (75, n* 77, et u* 1S69 de la Cotteet. de Sceaux.

6 avril , et parmi ceux qui lui conseil-

laienl de marier ^on fils ainé avec Marguerite ' de Norwège, héritière du royaume d'Ecosse ;

4" Bernard de Baîlleul, prêtre, desservant de Gaiusford, daos le comté de Durham ;

6* EirsTACHE DE BAfLLEUL, chevoUer ; il était allé en 1264 dans le Nord « in partes boréales » avec son frère Jean de Bailleur et il obtint aveu lui du roi d* Angleterre, le 17 janvier 1265, un sauf-conduit pour se rendre auprès de lui (1). Il avait épousé Uelwisede Uvingslon. ' (Armes : d^argent à 3 quinlefeuiUes de gueules dans un double trescheur fleurdelysé de si- ^ nopïe) (â). On ne trouve nulle part quil ait eu de postérité (3).

G" ÂDA DE Baill&ul, apaoagée par son père de la terre de Stokesley : Elle épousa John Clavering,

appartenant à une ancienne famille du nord de rAngleterre, et mourut en 1^51 (4). (Armes:

éearlelé d'or ei de gueules à la bande de sabie brochante] (5).

(S) Rymer, 1. 1, part u.

(ft) The peenge of Scotland, by sir Robert Douglas, t. Il, p.

(3) Uoronica angUca conceatiata, by sir T. C. Umks, bart. 1. 1, p. 1 1 4.

(4) Ibidem.

(5) Laoded. Gentry, by air Bernard Burkes, Ulster King of arma, 1. 1.

Yl. Jean de Bailm^ul, chevalier, sire de Bailleul-en-

Vimeu, de Dompicrre, d'ilornoy et de Hélicourl-en-Ponthieu, lord de Bernard-Gaslle, et seigneur de' Siokesley^ FotheriDgay, Torkesey, Biwell» Wodehom, Dryfcld, Keinpcslon et Tolenham en Angleterre. — Il aiiiortil, en avril 1237, dix-huit journaux 4.e prés que Simon de Pierrecourt, chevalier, son vassal, avait vendus à Tabbayc du Lieu-Dieu (i). Il figure paiini les barons écossais qui assistèrent à la signature du traité de paix entre Henri III, roi d'Angleterre, cl Alexandre II, roi d'Ecosse, en 1237; Au iiiois de juin 1242, à çause des possessions qu'il avait en Angleterre» il fut requis par le roi de le servir en armes contre le roi de France auquel i! voulait déclarer la guerre. La position de Jean de Bailleul élait fort délicate, car, à cause de ses seigneuries du Pontbieu il était aussi feudataire du roi de France, et quoiqu'il put faire, il fallait qu'il fut traître envers l'un de ses seigneurs. On ignore comment il tourna la difiUculté, mais il est certain qu'aucune de ses seigneuries, ni en Angleterre ni en France, ne fut confisquée, cl ()uc ses bons rapports avec les deux souverains ne furent altérés en rien. -* Au mois d'août 1246, Jean de Bailleul, comme seigneur suzerain, amorlit le fief de Broutelette que rabbaye du Lieu-Dieu avait acquis de Thomas, fils de Enguerran de Frieucourt, chevalier, et do Maltaut, sa

(I) Archives 'du Lieu*Dieu, lir. 1, liaMe 1'*.

femme (1). A la même époque et par une charte datée da même mois, il amortît encore cinquante journaux de

terre que Geoffroy de Broutellc avait donnés à labbaye de Sery (2). Le 23 juillet Iââ3 ii amortit tout ce que ses vassaux avaient vendu à Tabbaye de Sery au territoire

Octave (?) (3)

Pendant une période de dix ans environ les annalcs.du Pontfatéu restent muettes sur le compte de Jean de Bail-

leul. Il y a donc pour la France une lacune qui ne peut être expliquée que par une résidence plus assidue en Angleterre et en Ecosse. Rymer nous a conservé la preuve que Jean de Bailleul était alors dans ses possessions d'Outre-Manche, et qu'il prenait une part active à toutes les intrigues qui agitaient FAnglelerre et TEcosse. En 12i)d il fui noimué régenl du royaume d'Ecosse avec Robert de Ross (4). Le roi d'Angleterre le choisit en 1259 pour être Tun des commissaires chargés de régler plusieurs points en litige avec le roi de France. Il lui adressa, * le 1*' août 1260, une lellrcde convocation pour se trouver le jour de la Nativité en armes à Ghester, lieu du rendezvous de l ai niée destinée à agir contre les Gallois. Jean fut enfin, le 16 novembre 1260, l'un des signataires de la convention par laquelle les rois d'Angleterre et d'Eooase

(1 ) Archives du Lieu-Dieu, tir. 30, liasse 2.

(2) Garlul. de Sery, (* 44, v».

(3} Carlul. âo Sery, f° v*».

(4) Hi^t. (l'Auglelerrc, pur tiugard, t III, p. 187.

déclarent que la reine <l*Ecosse« fiHe du roî d'Angleterre, ferait ses couches dans son pays natal {\). Le même roi lut délivra un sauf-conduit, le 17 janvier 4265, pour lui et son frère Eustache de Ballleol, « venienles de partibus borealibus. i>

La dernière pièce dans laquelle il soii fait mention de Jean de Bailleul est datée du mois de mars 1267. Hue de

Vaudrîcourt, chevalier, était en guerre avec Drievon de Granssart, et leurs querelles ensanglantaient un petit coin du Pontbieu. La comtesse de Pontbieu, Jeanne de Castille, voulut mettre un terme a lui si déplorable état de choses, et imposa son arbitrage et celui.de a Jehans, sire de BaillueL » Leurs efforts réunis terminèrent le différent par un mariage entre Pierrette de VaudiiLourl, fille de Hue, et Wautier, fiU de Drievon de Granssart (2). Si Ton ne savait déjà quelle haute position occupait Jean de Bailleul en PonLbieu et de quelle influence il y jouissait, cette charte en fournirait une preuve bien convaincante. Sa mort dut suivre de bien près cette conciliation si honorable pour lui : Elle cul lieu avant 1277, puisque le roi d'Angleterre requérait de sa veuve le service militaire et féodal, par procureur, dans Fermée qu'il allait envoyer contre les Gallois (3). — Jean de Bailleul avait épousé

(1) Rymer, t. I, part. ii.

(2) Pap. de Dom Grenier^ toI. sapplémenta're 8M, pièce S6, origiDale. — Aux Mbs. de la Bibl. Imp.

(3) Rymer, 1. 1, part. n.

en 1 233, Denregulde de Galloway, (armes : d'or à la fiuee éehêquêtée ^astur et émargent ^ à une bàndê engréféè de gueules brochante^ le tout dans un double Irncheur fUuronné et eontrefieuronné de gueuleê), fille d'Alan, comte de Galloway, connétable d'Ëcosse, et de Hargnerite, fille ainée de David, comte de Huntingdon^ frère puiaé de Maleolm IV et de Guillaume le Lion, rois d'Ëoosse (I). Dervegulde mourut en 1289 : de. son union avec Jean de Bailleul étaient nés :

1' Hugues de Baili eul, chevalier, allié à Agnès de Valence, veuve de Maurice Fitz-Gérald, et fille de Gaillaume de Lusîgnan, comtede Pembroke, qui prit le sui noiii de Valence et le transmit à sa postérité, et de Jeanne de Montcbensey, comtesse de Pembroke (2). (Armes: hurelé dar(}en(e( d'azur, les burelles d'argent chargées de dix merleiles de gueules, posées 3« 2, 2, 2 êt i) (3). Hugues mourut en 1272, laissant un

A Alexandre de Bailleul, mort sans postérité en 1279 (4).

(1) Pcerage of Scotland, hj sir Robert Douglas, 1. 1, p. 6i6.

(2) Baronica angrUca coniteotrala, by sir T. C. Baukâ, 1. 1, p. tl4. — Pcerage of Scotlaix), by sir Robert Douglas, t. I, p. 6U.

(8) P. Anselme, t. Il, p. 81-82.

(4) tiistory of Hertfordsliire, by Cbaoncery.

2* Alexandre de Baillbul, lord Chi1h«m-Gastle, dans le comté de Kent. — 11 fut convoqué par le roi d'Angleterre pour servir contre les Gallois, au mois de décembre 4276 et en 4282 (1 J. Il était, le 5 février 1284, au nombre des barons qui promirent de recevoir et de reconnaître pour leur reine Marguerite, fille du roi de Norwège (2). Il mourut avant 4292, sans postérité, après avoir épousé 4* Isabelle de Ghilham, fille de Richard de Ghilbam et de Roëse de Dover, et veuve de David de Strathbogie, IX* comte d'Âtbol. (Armes : d'or aulùm * rampant de gueules) (3) : 2* Eléonore de Génoise (4).

3* AiAm DE Bailleul» mort sans postérité avant

4^ Jean de Bailleul, roi d'Ecosse, qui suit ;

5* Thomas de Bailleul, chevalier. — Il fut invilé,

. avec sa femme, à assister au couronnement du roi el de la reine d*Aiigleterrc, le 8 février 4308 (5). De sa femme, dont le nom est inconnu^ il n*eut qu'une ûlle :

(1) Ryiner, t, l, part. n.

(2) Ibidem.

(ft) Peerage ol Scotland, by sir Robort Douglas, I, p. 133.

(4) Baronipa anglica concentrata, by air T* C. Baaka, 1. 1, p» 114.

(B j Bymer , 1 1, part iv.

A Chrétienne de Bailleul, alliée en 1285 à Enguerrao de Guines, v* du nom» seigneur de Goucy, La Fère, Marie» Oisy» Mantmirail et

Condé en Brie (1). [Armes : fascé de vair et de guettes de six pièces),

6* Marcoeritc DE BAfttEUL» fémme de John CumyD»

lord de Badenacb.

7* AoA DB Bailleol, alliée à William Lindsay» chancelier d'Ecosse cl juslicier du Lothian. (Armes: dê gueules à la fasce échiquet^ d'argent et d^axur) (2).

S" CÉciLiA DE Bailleul, femme de Jotin de Burgh ; ^ Maris de Bailleul» femme de N.... Multon (3).

VII. Jean de Bailleul, roi d*£cosse, sire de Bailleulen-Vimeu» Hélicourt, Dompierre et Hornoy/ lord de Berna rd-Castle , seigneur de Stokesley, Folheringay , Torkesey, Biwell, Wodehorn, Dryfeld, Kempeslon, Totenham» I^anark» Cade» Milldesley» Gunyngham» Uadington, etc

L'époque de sa naissance est inmimue, mais il serait assez rationnel de la fixer à i2ÔO environ, cè qui lui

(1) Hisf. gpitéat. des maisons de Guinesj Ardres etCoucj, par Dn Cliesne, p. 254.

{%) Peerage ofScoUand, by sir Robert DoQgUu, 1. 1, p. 87i.

(8) Baronica aoglica concentrota^ by sir T. G. Banks, 1. 1, p. 114.

aurait donné soixante-cinq ans lors de sa mort. La première partie de sa vie fut assez obscure, ou» du JQOins« elle a été tellement éclipsée par la seconde que les historiens n*ont jamais pensé à en faire l'objet d'aucune recherche. Il est prouve par plusieurs documents qu'il vécut en grand seigneur^ comme son père, tantôt en Yimeu, tantôt en Ecosse et en Angleterre. En 4282, avec Hugues de Bailleul, son oncle, il ratifia, en qualité de seigneur suzerain» la fondation d'une chapelle à Lon^ guemort par Jean et Philippe de Longuemort (1). On le trouve parmi les chevaliers convoques par le roi d'Angleterre» le 6 avril i28â et le 44 juin lâ87» pour servir contre les Gallois. Il était aussi an nombre des barons écossais qui promirent, le 5 février 1284, de recevoir et de reconnaître Marguerite de Norwège pour leur reine. Le 12 avril 1294 enfin il fut convoqué pour faire le service militaire à l*>iorbam (2).

C'est avec Tannée 4292 que commence la vie politique de Jean de Bailleiil et que ses actes deviennent surtout justiciables de 1 histoire et de la postérité.

Alexandre IIÎ, roi d*Ecosse, avait eu deux fils, David • et Alexandre, et une fille, Marguerite, alliée à Eric, roi de Norwège. David et Alexandre étant décédés sans postérité, en 428$, la mort â*Alexandre III, le 46 mars

(I) Cartul. de TEvéchô «TAmidns, P M.

(%) Bjmer, 1. 1, part. m.

1286, investit sa petite-fille Margnerile, fille <le Marguerite et du roi de iSorwège, de la couronne d'Ecosse. La viei^ de Norwège, comme on Tavait surnommée, avait quitté son pays natal pour se rendre en Ecosse où l'appelaient les Etats du royaume, quand elle mourut dans une des îles des Orkneys» le 7 octobre 4290. Getie mort» par laquelle la ligne directe des anciens rois d*Ëeo8se se trouvait éteinte, laissait ouverte la succession an trône.

Douze compétiteurs se présentèrent. Robert Bruce, Florent, comte de Hollande; John de Haslings, Jean de

Bailleul, Patrick de Dumbar, comte de March; William de Ross, William de Ycscy, Robert de Picquigny, Nicolas de Soûles, Patrick Galylhly, Roger de Mandevîlle et John Cumyn, lord de Badenach. L'un faisait dériver son droit ' d'un usurpateur, six d enfants illégitimes, et deqx d'une sœur de Guillaume le Lion-: Quatre seulement avaient des titres sérieux comme étant issus de David, comte de Huntingdon, troisième frère du roi Guillaume : C'était Jean de Bailleul, Robert Bruce, lord d*Annandale, John Haslings, lord d'Abergavenny, et John Cumyn, iord de Badenach. Les trois premiers étaient issus des trois filles de David, comte de Hunttngdon, mais avec cette difiêrence que Jean de Bailleul et John Hastings n étaient qu'arrièrepetits-fils de David, tandis que Robert, plus âgé qu'eux, était son petit-fils : Quant à John Cumyn de Badenach, il n'était que le beau-frère de Jean de Bailieul dont il avait épousé l'une des sœurs, et sa prétention n'eut été sérieuse

— Gi> —

que si les deux seuls héritiers niàles de Dervégulde de Galloway, c'e^t-à-dire Jean de fiailleul cl après lui Thomas de Bailleul, son frère^ fassent morts. La question était de savoir si la couroûue devait appartenir âu représentant de la fille ainée, quoique plus éloigné d*uQ degré, ou à

ceux des autres filles, plus rapprochés d'un degré. Pour

rintelligence de cetle importante affaire il est nécessaire de mettre sous les yeux du lecteur le tableau de la filiation des quatre compétiteurs et de leur parenté pective avec lu maison royale d'Ecosse.

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