‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 12 sur 51 · ATE · texte numérisé non relu

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ment du 22 août 1295, le roi donna même plein pouvoir à son lieutenant et à son sénéchal pour recevoir à sa paix tous ceux qui, ayant été bannis de la ville de Bayonne pour crimes, avaient ensuite fidèlement servi les Anglais dans leur dernière expédition (1). Dans d’autres cas, le lieutenant récompensait les services rendus à la cause anglaise par des concessions de terres, tombées dans ses mains pendant la guerre. C’est ainsi que Jean de Bretagne accorda à un certain Guillaume Amanieu de Bourg, le prieuré de Saint-André, situé dans la châtellenie de Bourg, avec ses droits et appartenances (2).

Quant au commerce, Jean de Bretagne et Jean de Saint-John s’efforcèrent de le protéger, en leur accordant maints privilèges aux marchands, et surtout à ceux de la fidèle ville de Bayonne (3).

Un document intéressant nous apprend qu’un marchand de Bayonne, Bernard de Grésille, vint trouver Jean de Bretagne et lui raconta que, revenant de l’Afrique avec un bateau de Bayonne appelé Sainte-Marie, chargé d'amandes, de raisins et de figues, il fut obligé par la tempête à jeter l’ancre devant le port portugal de Cascaës. Des gens armés sortirent de Lisbonne, se jetèrent sur le bateau et l’amenèrent de force avec toutes les marchandises, dont la valeur montait à 700 livres. En raison de quoi, le dit Bernard supplia humblement Jean de Bretagne de lui concéder la permission de saisir les biens des gens du royaume de Portugal, et surtout de ceux de Lisbonne, jusqu'à la restitution complète du dommage encouru. Bernard avait fourni, comme preuve, une lettre scellée par le sceau du conseil de Bayonne et certifiant au lieutenant l'exactitude du récit (4).

Jean de Bretagne accorda la permission demandée et ordonna à tous les fonctionnaires du duché de ne faire aucun empêchement

(4) R. G.,t. III, n° 3888.

(2) R. G.,t. II, n° 4506 et nv 4578.

(3) Parmi les documents qui en témoignent, on peut citer un permis, donné à un marchand de Bayonne, d'acheter cent tonneaux de vin en Gascogne et de les transporter par un navire anglais en Anzleterre, où il pouvait les vendre pour son profit (AR. G., t. III, n° 3886). Voir encore dans les Cal. Paë. r., t. 1292-1201, p. 139, 12 août, un sauf-conduit, donné par Jean de Bretagne à un marchand de Bordeaux.

.(4) R. G., t. IL, n° 3892. Cf. Cal. Pat. r., t. 1292-1301, p. 519. L'analyse de ce document a été faite dans l’Hist. de Bayonne, t. II, p. 543.

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