‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 15 sur 51 · EUR, ER · texte numérisé non relu

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nécessaires ; elle s’y prêta d'assez bonne grâce. Plusieurs documents attestent l’activité déployée par Jean de Bretagne pour trouver des ressources. Une série de 105 quittances, délivrées par lui pour cet obiet à différents créanciers du roi, pendant les années 1296-98, se trouvent encore aujourd’hui scellées de son petit sceau et conservées en liasses dans les archives du Public Record Office (1). Bayonne fut le principal créancier. Jean de Bretagne y emprunta non seulement au nom du roi, mais il dut s'engager personnellement pour des sommes considérables, qu'il ne put payer. Il fut donc arrêté à Londres avec Henri de Lacy. Une lettre non datée (2) du roi aux Bayonnais montre qu’il prend un grand intérêt à la position difficile et désagréable dans laquelle se trouve son neveu : « Sachietz », dit-il, « qe ceo nous semble molt grant hounte qe nostre cosyn, le comte de Nicole, e mons. Jehan de Bretaigne, nostre neveu, sont en arest à Londres por la dite dette que nous vous devons ».... Il exprime l'espoir qu'ils feront à ce sujet quelque « mitigation », tout en leur promettant qu'ils ne perdront rien de leurs avances. Cette promesse, il s’en acquitta un peu plus tard. Le 25 mai 1299, en effet, il annonce aux Bayonnais que la garantie, donnée sur le revenu des laines et cuirs d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, saisis au profit du Trésor royal, resterait dans leurs mains jusqu'au paiement des dettes contractées en son nom par Jean de Bretagne. Puis, pour dégager son neveu, il lui octroya, le 1e septembre de la même année, 2.000 marcs sur les rentes et revenus de l’évêché d’Ely, tombé dans les mains royales pendant la vacance du siège.

Il faut donc croire que l’entente restait parfaite entre Edouard et son neveu, que le roi ne lui en voulait pas de ses insuccès militaires, qu’il appréciait la fidélité témoignée et les services rendus et qu’il tenait à cœur de s’en montrer reconnaissant.

(1) Accounts etc., Exchequer K. R , Bundle 154, n°7. Voir pièce justificative N°4. Ces documents montrent que le « neveu du roi » s'était constamment trouvé à Bayonne pendant ces années. M. Bémont (R. G., t. INT, Introd., p. 466, n° 1) fait remarquer que les lettres de Jean de Bretagne sont dressées avec des formules moins solennelles que celles de Henri de Lacy.

(2) R. G., t. III, no 4508, Cette lettre, datée seulement de la 27° année, est postérieure, par conséquent, au 20 mars 1298 ; elle doit être antérieure à celle du 25 mai 1299, dont il va être question un peu plus bas.

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