‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 16 sur 51 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Jean ae Bretagne en Écosse. — Les relations anglo-écossaises sous Édouard [*. — Bataille de Falkirk (1298). — Siège de Carlaverock (1300). — Campagne de 1303 et siège de Stirling. — La Constitution écossaise de 1305 ; le neveu du roi comme gardien d'Écosse. — Mort du duc de Bretagne Jean II, et la question de sa succession.

Après avoir étudié l’activité déployée par Jean de Bretagne au service de la cause anglaise sur le continent, il faut maintenant se rendre compte de la part qu’il prit aux guerres de l'Angleterre dans les îles britanniques mêmes.

La lutte avec l'Écosse a joué un rôle considérable dans la politique extérieure de l'Angleterre à partir du règne d'Édouard Ier, et son neveu s’y est trouvé mêlé à différentes reprises. On sait qu'après les décès successifs du roi d'Écosse Alexandre II, puis de sa fille et unique héritière, Édouard {er fut invité par les Écossais à faire son choix parmi les nombreux prétendants au trône d'Écosse. Le malentendu existant entre les deux pays s’accentua encore de ce fait, car les Écossais, ayant reçu des mains du roi d'Angleterre leur nouveau souverain, Jean de Bailleul, se crurent libérés de toute dépendance, tandis qu'Édouard, suzerain de Bailleul, qui détenait de lui des fiefs en Angleterre, en profita pour se mêler des affaires de son nouveau royaume. Après une guerre désastreuse pour l’Écosse et l'emprisonnement de son roi, Édouard avait laissé le pays sous la garde d’un régent, mais le soulèvement de Wallace et ses premiers succès mirent le roi d'Angleterre en présence d’un nouvel état de choses, et lui firent comprendre la nécessité de sa présence en Écosse. Ayant réglé, tant bien que mal, ses affaires sur le continent, il accourut donc en Angleterre au mois de mars 1298. La réunion d'un Parlement avait été fixée pour

la Pentecôte (18 mai) (1), et le roi avait adressé de Flandre des mandements aux seigneurs, qui leur ordonnaient de s’y rendre avec chevaux et armes (2). Ce Parlement se rassembla à York à la date fixée, et le roi en repartit avec l’armée le 30 mai, à destination de l'Écosse. Il était à Durham le 16 juin, à Roxburgh le 3 juillet. Une nouvelle levée de troupes, parties de l'Angleterre après lui, se joignit ici à l’armée royale (3). Le 11 juin, cette armée se trouvait à trois lieues d'Édimbourg.

Aucun document ne signale la présence de Jean de Bretagne ni au parlement d’York, ni dans l’armée au moment de son mouvement vers le nord ; mais, comme son nom se trouve parmi ceux qui combattirent à Falkirk, il faut bien supposer ici une lacune dans les documents.

Manquant de vivres, qui devaient arriver «par la mer d'Occident », l’armée, parvenue à la mi-juillet jusqu'à Temple Liston, décimée par la faim (4), était à la veille de revenir en arrière, lorsque, le 21 juillet, le roi reçut la nouvelle que l’ennemi, jusquelà introuvable, se tenait à six lieues de l’armée anglaise, près de Falkirk, dans la forêt de Selkirk (3. Édouard donna immédiatement l’ordre de prendre les armes et de marcher dans la direction de Falkirk. Après avoir passé une nuit, pendant laquelle le roi, dormant à côté de son cheval, faillit en être écrasé (6), les Anglais repartirent à la recherche de l'ennemi (22 juillet) et l’aperçurent bientôt, se préparant à la bataille, dans un champ près de Falkirk. Hemingburgh raconte que les Écossais étaient divisés en quatre corps, où les gens de pied se tenaient massés en cercle, sur plusieurs rangs de profondeur et présentant leurs lances à l'ennemi. Les espaces entre ces masses circulaires abritaient d'autres fantassins, armés dé flèches ; la cavalerie se tenait derrière l'infanterie (7).

(1) Flores Histor., t. III, p. 104; Bart. Corron, p. 343. Goucu (Scotland in 1298. Introduction, p. vin) place le Parlement au 25 mai. Cet auteur a rassemblé dans un volume fort instructif et commode à manier, paru en 1888, tous les documents se rapportant à la campagne de 1298.

(2) Goucu, pp. 84-86.

(3) Gouen. Introd., p. 1x. Cette armée réunie est évaluée par l’auteur à 8.000 chevaliers et 80.000 fantassins. :

(4) HemnesurGn, t. I, p. 161; RiISHANGER, p. 186. (5) HEmNGBuRGE, t. I, p. 162.

(6) Zbid., p. 163.

(7) HemnwesurGn, t. I, p. 163.

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