‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 25 sur 51 · MibDLESsEx · texte numérisé non relu

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Manoir de Totenham [Tottenham] Edmonton hundr., tenu par Guillaume Persone par commission royale. 20 liv.

(1) Par exemple 9 sous dans la ville de Magna Stynecley, Huntingdonshire, ou 8 s. dans la ville de Magna Paxton, Ibid.

(2) Cette lettre d’attournèment est donnée à Londres et revètue de son sceau personnel (Cal. Doc.rel, Scotl.,t. IX, n° 1103) ; il est donc certain qu’à cette date il se trouvait dans la capitale.

(3) Ibid.

LC

Re pare

précédentes. Le 26 novembre, le roi octroie à son neveu, toujours en payement partiel des 1.000 livres allouées, le fermage de la moitié de la centaine de Ludingland (comté de Suftolk) évaluée à 400 marcs (1). Dix-sept « villae » semblent avoir formé cette donation. Comme les autres terres allouées ne se trouvaient pas dans le comté de Suftolk, c’est dans dix comtés maintenant que sont dispersés les rentes et biens de Jean de Bretagne (2).

Il est probable que le roi continua de payer régulièrement à son neveu la somme due, qui, malgré la donation de 1302, semble être resté fixée à 500 livres annuelles ; car nous voyons qu’en 1305, par exemple, il lui alloue, le 19 juin, pour remplacer cette somme, tout Je blé de l’archévêché d'York, qui, en vertu du droit de régale, se trouvait en ce moment dans les mains du roi. Si la valeur du blé est supérieure à 500 livres, Jean de Bretagne devra répondre du superflu devant l’Échiquier (3). Ce qu’il y a d’intéressant dans ce document, c’est que ces 500 livres annuelles semblent être représentées comme le remboursement de dettes contractées par le roi envers son neveu (4). La donation de 1299, suivant de près les opérations financières que Jean de Bretagne avait faites pour le

(1) Cal. Pat. r., t. 4301-7, p. 97 et 470. RYMER à la date.

Dans un document postérieur, une liste de possessions des seigneurs, dressée pour réglementer les levées militaires au Parlement de Lincoln, tenu dans la XIe an. du règne d'Ed. IL, janvier 1316 (publiée par PALGRAvE à la suite de ses Parl. Wr. t. II, div. III), on peut trouver quelques renseignements complémentaires sur la partie de la centaine de Ludingland, tenue par Jean de Bretagne (alors comte de Richmond). Comme la distribution des tenures avait pu changer de 1299 à 1316, nous ne relevons que les noms des « villae ». Elles sont au nombre de 17 : Brodwell [Brodwell]; Beton |Belton]; Freton [Fritton], Corton [Corton]; Gunton [Gunton]; Hopton [Hopton]; Ollone [Oulton]; Flivtone [Flixton]; Blundeston [Blundeston] ; Lounde [Lound]; Somerleyton [Soemerleyton]; 4skeby [Aschby]; Heryngfett [Herringfleet]; Jermuthe [South Town or Little Yarmouth]; Parva Gorleston [Little Gorleston] ; Lowystocke [Lowestoft]; Burghe [Burgh Castle]. La centaine s'appelle à présent Lothingland. Les noms entre [] donnent le graphique actuel de ces lieux.

(2) Les documents de 1306, qui rappellent les donations de 1299 et de 1302 mentionnent encore, parmi les terres assignées, un manoir de Hitchin (ou Hicche) avec ses appartenances, qui devait revenir à Jean de Bretagne après la mort de Roger Lestrange (Extraneus); le comté n’est pas indiqué.

Rymer, à la date, et Cal. Pat. r., t. 14301-7, p. 470.

(3) Cal. Pat r., t.1301-7, p. 366.

(4) « Grant to John de Britannia the younger the King's nephew in further payment of the King's debts to him, which he is paying him of at the rate of 500 L. a year at the Exchequer... » (Ibid.).

compte du roi en Guyenne et son arrestation par les Bayonnais, semble avoir été envisagée par le roi comme le remboursement des dommages financiers, éncourus par son neveu à cette époque. Les services que ce dernier lui avait rendus devaient donc avoir été importants.

On a déjà constaté que, le 45 octobre 1305, Jean de Bretagne fut nommé lieutenant de l'Écosse, et que, quoique n’ayant pas séjourné dans le pays, il paraît avoir perçu les gages de 3.000 marcs annuels qui lui étaient alloués à cette occasion. Ses revenus s'étaient donc sensiblement accrus à ce moment.

Cependant, la situation plus indépendante que le neveu du roi occupa depuis 1299 n’empêcha pas son oncle, en le considérant comme un membre de sa maison, de se charger souvent de ses besoins et de lui faire des cadeaux. Deux tonneaux de vin des caves royales, par exemple, ont été reçus par lui pour sa maison le 19 décembre 1299. Le reçu délivré à cette occasion par Jean de Bretagne, était scellé par lui d’un sceau en cire rouge, qui paraît porter les mêmes armes que sa bannière ; il présente également un échiquier avec un quartier d'hermine et une bordure, chargée d'animaux (de léopards sûrement) (1). Un autre sceau de Jean de Bretagne, différent de celui-ci, est mentionné dans les documents comme officiellement catalogué, il est décrit comme un écu d'hermine suspendu à un arbre (2). Peut-être étaient-ce le grand et le petit sceau ?

Des mentions intéressantes ont été conservées dans le Rôle des dépenses d'Édouard, prince de Galles, pour l'hiver de 1302-1303, lorsque le prince se trouvait à Perth.

On y apprend que le gardien de la garde-robe du prince avait reçu 15 livres 6 s. 8 d. pour deux pièces de drap, l'une bleue et l’autre d’écarlate rayée, employées pour faire au prince et à Jean de Bretagne des robes qu'ils portèrent aux fêtes de PAssomption de la Vierge et de la Toussaint (3). Les robes du fils et du neveu du roi avaient donc été coupées dans les

(1) Cal. Doc. rel. Scotl., t.\II, n° 1180.

(2) Ibid., p. 541. A shield ermine hung from a tree’s’ Joh'is de Britannia. (3) Cal. Doc. rel. Scotl. t. IX, n° 1413.

RTE ans

mêmes pièces de drap, et ce détail est intéressant à relever (1).

La mansuétude d'Édouard envers son neveu qu’il avait pris pour « demourer de son ménage », n'avait donc pas cessé de se manifester à son égard lorsque l’enfant devint homme. On vient de voir les relations étroites et les services réciproques qui les avaient unis pendant plus de dix ans. La dernière et la plus grande faveur d’Édouard Il envers son neveu fut de lui accorder, peu de temps avant sa mort, la possession du riche comté de Richmond, que son père Jean IT avait de son vivant tenu du roi d'Angleterre. Ce fait, en modifiant sensiblement la position de Jean de Bretagne, commence une nouvelle période de sa vie ; il va doncêtre étudié de plus près dans la seconde partie de cette biographie.

(1) En 1305 le roi fait remise à son neveu de la peine qu'ilavait encourue en vendant, sans sa permission, du bois de construction dans la forêt de Bywell, qu'il tient du roi, et lui permet d'en vendre pour 200 livres pour se dégrever des dettes contractées à son service (Cal. Pat. r., {. 1301-7 pp. 358 et 381 ; 28 septembre et 8 octobre 1305).

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