‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 27 sur 51 · STUBBS, P · texte numérisé non relu

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sept personnes de sa maison (1) et de recevoir des vivres et autres choses nécessaires pour l'entretien de cinq personnes (2). Plusieurs lettres de protection lui furent accordées en 1322 et 1323 (3). Un sauf-conduit fut également donné le 28 janvier 1323 à deux Frères Prêcheurs pour se rendre auprès du comte (4).

Mais, empressé d’adoucir de toutes manières la captivité du comte, Édouard ne cessa en même temps de s'occuper de sa mise en liberté. Le 30 août 1323 un sauf-conduit fut délivré aux gens et serviteurs de Jean de Bretagne, portant de l’argent en Écosse pour la rançon du comte (5). Le jour suivant le roi lui donnait la garde des terres et de l'héritier de l’un de ses vassaux directs, pour que la vente de ces droits de garde l’aidât à payer sa rançon (6). Le lendemain, Édouard adressait une exhortation à tous les tenanciers du comte de Richmond (7). Il leur annonçait que leur maître ne pouvait être libéré « sans une grande et intolérable rançon », et que lui-même se sentait d’autant plus affecté par la détresse du comte que ce dernier avait été toujours uni à lui par des sentiments d'affection, et lui avait prouvé à maintes reprises la pureté de son zèle et de sa fidélité (8). «Et comme vous êtes tenus », leur dit-il, (autant par une équité naturelle que par le devoir de votre fidélité, d'aider de vos propres mains à la libération de votre Seigneur, nous exhortons chacun de vous à y contribuer par ses subsides, selon ses facultés et la quantité de ses tenures. » Il finit en promet-

(4) Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 210; RyMen, 27 oct. Cal. Doc. rel. Scotl., t. III, n°792.

(2) Cal. Pat. r., loc.'cit.

(3) 1bid., p. 228 (10 déc. 1322) et p. 351 (24 nov. 1323). Cal. Doc. rel. Scotl., to n°705

(4) Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 235. En juin 1323 deux personnages, Thomas de Fencotes et Richard de Swafham, sont nommés comme attournés du comte pour la durée d’un an, ou jusqu'à ce qu’il revienne en Angleterre. (Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 994, et Rymer, 5 juin).

(5) Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 294.

(6) RyMer, 31 juin. Cf. Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 337 et Cal. Doc. rel. Scotl., t. III, n° 822.

(7) Rymer, 1 septembre. De Subsidio pro Redemptione dicti Comitis Richmundiae. Cf. Part. Wr., t. II, div. IL ; I, 635 (4) ; Cal. Pat., r. t. 1324-24, p. 337; Cal. Doc. rel, Scotl., t. IN, n° 895.

(8) « … Nec ab eorum manibus, sine magna et intolerabili redemptione, poterit deliberari; de ipsius angustiis eo fortius molestamur, quo nostris affectibus intimius conjungitur et ipsius fidelitatis et industriae semper in nostris agendis evidentius probavimus puritatem » (RYMER).

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tant de recommander au comte leur fidélité, afin que celui-ci se sentil obligé envers eux à son retour pour la dépense faite par eux à son égard dans un moment d’extrème nécessité.

Le pape Jean XXII montra un grand intérêt pour le sort du comte : le 15 février 1323 il s’adressa au roi et à la reine d’Angleterre, les suppliant d’obtenir la libération du prisonnier, puis il écrivit à ce même sujet aux personnages notables : aux oncles du roi, aux archevêques et aux évêques (1). Le 26 avril, il écrivit personnellement au comte, en l’informant de ses démarches et en l’exhortant à supporter avec patience l'épreuve envoyée (2).

Les Français semblent aussi avoir pris part à la libération du comte; du moins un chevalier français, envoyé en Écosse pour traiter du douaire de la duchesse de Bretagne, devait en même temps travailler à la libération du comte de Richmond (3); ce fut probablement la famille de Jean de Bretagne qui s’intéressa à son sort, car il avait conservé des relations avec elle (4).

Malgré tous ces efiorts, le comte de Richmond resta longtemps prisonnier. Un chroniqueur (5) rapporte que le roi demanda un subside pour sa libération au parlement, mais que celui-ci refusa, disant qu’il ne pouvait contribuer qu’à la rançon du roi, de la reine ou du prince héritier. C'était la coutume, en effet ; en essayant de la violer, Édouard II prouvait une fois de plus, d’une manière éclatante, combien il était attaché à son cousin.

Le 4 mai 1324, Jean de Bretagne était encore prisonnier (6); il a dù être libéré peu de temps après, car à partir de cette date il n’est plus fait mention de démarches pour sa libération, et, en outre,

(4) Papal Letters, t. IX, p. 450.

(2) Papal Letters, L. IT, p. 450. Jean XXII avait déjà montré auparavant sa bienveillance au comte. En 1318 par exemple il lui avait octroyé la permission de choisir son confesseur. (Jean XXII. Lettres communes analysées d'apres les registres, t. II, p. 133, n° 6967 ; 13 avril) et avait accordé vingt jours d’indulgence aux pénitents écoutant la messe du dimanche à la chapelle du comte (/bid., t. IT, p. 136, 6998).

(3) Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 347 et Cal. Doc. rel. Scotl., t. IT, n° 829.

(4) Voir un document dans Bouranic : Actes du Parlement, série I, t. IT, p. 527, 7258, qui prouve que Jean de Bretagne avait conservé des relations avec ses parents français.

(5) WazsiNGnaAM, t. I,p. 171.

(6) A cette date Édouard délivra une lettre de protection à un chevalier se rendant en Écosse pour l'affaire concernant la captivité du comte (Cal. Pat. r.,

le 24 septembre de cette année il était sommé de se rendre à Westminster, le 20 octobre suivant, le roi désirant avoir un (colloquium » avec les grands du royaume (1). En décembre de la même année, le pape lui envoya une lettre de félicitation a propos de sa libération (2).

Le comte avait donc été maintenu dans une détention assez rigoureuse durant presque deux ans (du 14 octobre 1322 jusqu’à l'été 1324). Quant au chiffre de la rançon qu'il dut payer, on l'ignore. Barbour écrit dans sa chronique qu'il avait entendu dire par beaucoup de personnes qu’elle avait été de 2.000 livres (3). Il faut croire que le roi en donna une partie, et que l'autre fut fournie par les vassaux ettenanciers du comte.

En résumant maintenant ce chapitre, on peut constater que l’activité du comte de Richmond en Écosse sous Édouard II fut plus importante que n’avait été celle du «neveu du roi » sous Édouard Is, car la seconde nomination de Jean de Bretagne au poste de gardien d'Écosse ne fut pas fictive, comme avait été la première, el il gouverna réellement cette fois le pays pendant huit mois. S'il n’est pas certain qu’il prit part aux engagements insignifiants qui eurent lieu entre Écossais et Anglais pendant une grande partie de ce règne, il est par contre incontestablement établi qu’il fut le héros de la dernière campagne d'Édouard IL, et qu’il paya cher son dévouement à son souverain.

(4) Part. Wr.,t. JT, div. Il; I. 318 (5). Cf. Cal. Close-r., t. 1393-27, p. 314. (2) Papal Letters, t. IL, p. 467.

(3) BarBour, p. 378, vers 310-313.

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