‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 30 sur 51 · DAME ONE · texte numérisé non relu

DAME ONE

tres de créance pour les ambassadeurs (1). Mais le même jour, une autre lettre avait été adressée au pape, dans laquelle le roi lui demandait d'écouter avec pleine confiance ce que lui apprendraient secrètement l’évêque de Worcester et le comte de Richmond sur certaines affaires privées (2). Le comte était donc appelé à jouer dans cette ambassade un rôle plus important que la plupart des autres Commissaires. Une lettre de protection lui fut délivrée à cette occasion (3), et un sauf-conduit de la même année doit certainement être rapporté à ce sujet (4).

Comme ces documents sont malheureusement les seuls se rapportant à cette ambassade, il est impossible de se faire une idée exacte du rôle qu'elle a joué auprès du pape ; cependant plusieurs lettres de Clément V, accordant à cette époque différentes faveurs aux comtes de Pembroke et de Richmond (5), permettent de supposer que ces derniers s'étaient réellement rendus auprès de lui. D'ailleurs une lettre adressée, probablement le 16 mars 1311, à Jean de Bretagne montre assez clairement qu’il avait été avant cette époque à la cour de Rome et qu’il y avait laissé de nombreux amis (6).

Le comte de Richmond a été employé très souvent comme ambassadeur par Édouard IL. [l est certain que parmi les services de ce genre, rendus à la royauté anglaise, les plus sérieux furent les voyages diplomatiques du comte en France, qui vont être étudiés dans le chapitre suivant.

(4) Ibid.

(2) RyMER, 4 mars.

(3) Cal. Pat. r., t. 1307-13, p. 103, 4 mars.

(&) Zbid., p. 107.

(5) Pour le comte de Richmond voir Registrum Clementis Papae V, t. IN, p. 442, n° 4098 et p. 150, n° 4138 ; 27 mai 1309 ; p. 101, n° 4205 ; 23 juin 1309.

(6) Ancient Correspondence, vol. L, n° 37. Voir Pièce justificative n° 6.

CHAPTTRE NII

Le comte de Richmond membre d'une commission envoyée par le ror d'Angleterre (1310-1312) : 1° pour négocier avec le roi de France au sujet de lPapplication des traités antérieurs; 2° pour rétablir l’ordre dans le duché de Guyenne. Rôle de la commission dans l’histoire de Bayonne et de Bordeaux. Autres voyages du comte de Richmond en France.

Les relations entre l’Angleterre et la France étaient restées très tendues après la dernière guerre en Guyenne et des dissensions sérieuses, mal réglées par le dernier traité, risquaient constamment de compromettre la paix. C’est en 1310 qu'Édouard HF; sentant la menace croissante de ce malentendu perpétuel, prit l’initiative de proposer au roi de France des conférences entre plénipotentiaires, chargés de discuter une base d’entente entre les deux pays (1). En conséquent il nomma pour sa part quatre commissaires : Jean, évêque de Norwich, le comte de Rich-

(1) BaLasquE et DuLaurens (Histoire de Bayonne, t. III, p. 71) mentionnent une commission antérieure, nommée en 1309 et composée de Walter, évêque de Worcester, le comte de Richmond et Aymar de Valence, devant s'occuper des difficultés survenues en Guyenne, à Bayonne et dans le Labour, et entrer en pourparlers avec la Castille. Nous n’avons pas eu sous les yeux les documents d'archives que mentionnent ces auteurs, mais nous croyons que cette commission était la même, que celle dont on vient de parler dans le chapitre précédent (voir p. 78). Cependant il faut constater que, si le comte de Richmond prit part à cette ambassade, il dut rentrer bientôt en Angleterre, car il est cité comme témoin à Stamford le 26 juillet 1309, et plusieurs autres documents supposent sa présence en Angleterre à la fin de cette année et au commencement de l’année suivante (Cal. Cl. r., t. 4307-43, p. 67 ; Rot. Scot., t. I, p. 82 ; Parl. Wr., t. IL, div. II; I, 40 (7).

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mond (1), Gui Ferre (2) (ancien sénéchal du roi en Guyenne) et Guillaume Inge, chevalier (3). Un certain Raimond de Lavergne, docteur en droit et clerc, semble leur avoir été adjoint en qualité de secrétaire (4).

Deux buts étaient proposés à la commission : d’une part elle devait entrer en pourparlers avec les Français, d’autre part, elle avait à s'occuper plus particulièrement de la Guyenne même. | .

Occupons-nous d’abord des travaux de la commission par rapport aux litiges entre la France et l’Angleterre. Un projet d’ «Instructions pour les ambassadeurs devant être envoyés en France » (5) trace de la manière suivante leur ligne de conduite. Après avoir présenté au roi de France les excuses du roi d’Angleterre, ils devaient exposer la raison de leur mission, qui consiste dans la nécessité de compléter tout ce qui demande à être complété dans la forme de la paix nouvellement conclue, ainsi que dans la forme

(1) Dix personnages sont mentionnés comme appartenant à la suite du comte à cette occasion.

Thomas de Buterwyk. Cal. Pat. r., t. 1307-43, p. 325 ; 20 février 1341. Jean de Cantuaria. 1bid., p. 277 ; 18 août 1310. Luke Coleville. Ibid., p.275 ; même date.

Pierre de Cusancia. 1bid., pp. 275 et 359 ; 18 août 1310 et 1° juillet 1311. Pierre de Grandisono. /bid., p. 359; 4® juillet 4311. Aymar de Jovenzano. Ibid, 18 août 1310.

Adam de Luvemenstre. Zbid.; même date.

Jean Maunsel. /bid.; même date, Guillaume de Neuport. Ibid. ; même date.

Guillaume de Ventadour, prieur de Notre-Dame. 1bid., p. 343.

Ce personnage n’est pas indiqué comme de la suite du comte, mais, comme la lettr.. de protection lui est donnée à son instance, il est probable qu’il alla vers lui.

Les attournés du comte sont nommés le 18 août 1310 pour un an; ce sont Philippe de la Marche et Robert de Kersbroke (Moreau, 692, f 92 R°, tiré de Rym. Mss. Éd. I, vol. 1. Cf. Cal. Pat, r., t. 1307-13, p. 275). Leurs pouvoirs sont renouvelés le 25 juillet 1311 jusqu’à Noël suivant, Philippe de la Marche étant remplacé par Jean de la Marche (Cal. Pat. r., t. 1307-13, p. 358).

(2) Voir Rôles Gasc., t. IT, p. 402, note 7.

(3) 1bid., p. 227, note 2.

(4) Un clerc royal, Thomas de Asbele, est mentionné aussi comme ayant été envoyé avec la commission : Cal. Cl. r., t. 1333-37, p. 408.

(5) Moreau, 692, f° 159 r°-163 ro, tiré du ms. Cotton. Julius E 1 fo 215. Ce document n’est pas daté mais, selon sa teneur, il doit être rapporté à la dite commission.

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