EN UNE ET
Dès l’année 1328, certains documents semblent envisager l’éventualité de la mort du comte sans héritiers directs. Le comte ayant à cette époque 62 ans et n'étant pas marié, cette perspective est toute naturelle, mais les mentions de plus en plus fréquentes à ce sujet (1) indiquent peut-être que l’état de sa santé justifiait la prévision. C'est pourquoi, bien que convoqué le 21 mars 1333 contre les Écossais (2), il n’est pas probable qu’il prît part à l’expédition qui se termina par la victoire anglaise de Halidon Hill.
Le 20 mars de la même année, le roi lui donnait l’autorisation « par pitié pour son état et pour qu’il ne soit pas inquiété à Cause de son absence » de rester outre mer, aussi longtemps que cela lui plairait. Mais il ne put guère profiter de cette permission. car i] mourut peu après, le 7 ou le 17 janvier 1334 (3), à Nantes (selon le rapport de Dom Morice) où il fut enterré dans le couvent des Cordeliers, auxquels il avait fait présent pour leur cathédrale d’une croix d’or, enrichie d’une portion considérable de la vraie croix, et de plusieurs reliques.
La mort naturelle qui vint clore la vie mouvementée du comte de Richmond, à l’âge avancé de 67 ans, est un fait digne d’être relevée, en cette époque si trouble, où tant de ses contemporains trouvèrent une fin prématurée et violente.
(4) Cal. Pat. r., t. 1327-30, p. 197; 1°" janvier 1328. Ibid., p. 550; 16 août 1330. Cal. CL. r., t. 1330-33, p. 26; 23 avril 1330. Cal. Pat. r., t. 1330-34, p. 53; 23 janvier 1331. Ibid., p.479; 2 novembre 1333.
(2) Cal. CI. r., t. 1333-37, p. 99.
(3) La date du 7 janvier est donnée par Dom Monice, t. I, p. 242. La date du 17 par le Père ANSELME, t. I, p. 448 et par les Royal Geneologies d’ANDERSON. Nicozas pencherait plutôt pour cette dernière date. Il dit que certaines autorités rapportent, que le comte fut enterré à Vannes en Bretagne. A partir du 20 février 14334, plusieurs documents parlent du comte comme défunt; par exemple : Cal. Pat, r. t. 1330-34, p. 511 et p. 520.