‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 39 sur 51 · CHAPITRE NV · texte numérisé non relu

CHAPITRE NV

Le comté de Richmond : sa position géographique, sa vie économique et son administration. — La vie privée du comte de Richmond.

Les origines du comté de Richmond sont obscures et incertaines. Le premier comte qui le reçut des mains du Conquérant portait le nom d’Alain (1); c’est lui qui semble avoir construit le célèbre château de Richmond, qui prit bientôt la place de l’ancienne forteresse du pays, Gilling (2).

Ses successeurs (3) réunirent généralement la possession du comté de Richmond avec celle du duché de Bretagne (4). En 1216 le duc de Bretagne, Pierre Mauclerc reçut le comté, et, en 1229, le titre de comte de Richmond'(5) ; mais son alliance avec les Français (1234) donna prétexte à confiscation. Trois-ans après (1237), son fils fut reconnu duc de Bretagne à sa place sous le nom de Jean Ie (6), maisle comté de Richmond resta provisoirement retenu par le roi d'Angleterre, et ce n’est qu’en 1243 que le nouveau duc hasarda une demande en restitution (7). Henri III, ne voulant ni

(1) Les anciens historiens ont vu dans ce personnage Alain Fergant, fils du duc de Bretagne Eude (voir DuGpaLe, The baronage of England, t. I, p. 46), mais les historiens plus récents (par exemple, Wumiraker, Hist. of Richmondshire, t. 1, p. 26) ont démontré qu'il était le neveu de ce duc, portant le même nom d'Alain. :

(2) CLarkson. The History and antiquities of Richmond, p. 16) croit que la construction du château doit être rapportée à l'année 4071.

(3) Ce furent Alain II, Etienne, Alain III, Conan IV, Geoffroi et Arthur ; voir DucpaLe, t. 1, p. 46-52 et Wniraker, t. I. Table Généalogique. Arthur est connu par ses prétentions au trône d'Angleterre.

(4) À partir de Conan, fils de l’héritière du duché de Bretagne (Clarkson, p. 22). Il faut remarquer que la possession des terres du comté ne semble pas toujours avoir donné le droit au titre de comte de Richmond. Voir sur cette question Third Report on the dignity of a peer, p. 108.

(5) La femme de Geoffroi, Constance, avait eu en troisième noce une fille Alice, mariée par le roi de France à Pierre Mauclerc. DuGpaLe, t. I, p. 49.

(6) Mara. Paris. Chronica Majora, t. IL, p. 297.

(7) Dom Monice, t. I, p. 167,

perdre le comté, ni mécontenter le duc, s’entendit avec ce dernier (17 juin 1245), de manière à payer à son fils aîné, Jean de Bretagne, à qui le duc semble avoir transmis ses droits, 2.000 livres par an, jusqu’à l’extinction de la somme de 12.000 livres sterl., à laquelle avait été évalué le comté ; et il ajouta en plus une libéralité de 200 marcs (1). Le mariage de Jean de Bretagne avec Béatrice (1260) ne changea en rien les conditions de l’entente (2), et ce n’est qu’en 1268 que le comté de Richmond fut enfin restitué à Jean Ier (3) qui le céda immédiatement à son fils Jean de Bretagne (père de notre Jean), premier du nom comme comte de Richmond. Après être rentré en possession de son nouveau domaine, il en fit hommage au roi d'Angleterre (4). On sait qu’en 1286 il succéda à son père dans le duché de Bretagne, sous le nom de Jean Il; le comte de Richmond, Jean Ier, devint donc en même temps le duc de Bretagne, Jean IL. La guerre franco-anglaise (1294) amena la confiscation du comté, et la restitution ne s’opéra qu’en 1304, après la paix conclue (5). On a vu qu’à sa mort son fils aîné, Arthur, devint ducde Bretagne, et que son cadet, Jean de Bretagne, recueillit l’héritage de Richmond avec le titre de comte (15 octobre 1306) (6). C’est donc sous le nom de Jean II, que celui-ci se présente dans l’histoire du comté.

(1) Dom Monice, Preuves, t. I, p. 975. Registrum Honoris Richm. Appendice, p. 149, n° 48. Logixeau, Preuves, p. 394; Hisloire, p.248 ; voir aussi Dom Monice, Preuves, t. 1, p. 929. Ces deux historiens ont cru que l’argent devait être payé à Jean !°.

(2) Henri donna à Béatrice, pour lui tenir lieu du comté de Richmond, une rente annuelle de 3.720 livres tourn., que le roi de France s'était engagé à payer pour l’Agenais. Dom Morice, Preuves, t. I, p.972. Reg. Hon. Rich. App. p. 122, n° 51. Le comté de Richmond avait été donné pendant ce temps à Pierre de Savoie, et le roi promit que, s'il arrivait à lui reprendre le comté, il le donnerait au duc, comme son héritage légal (Reg. Hon. Rich. App., p. 117 n° 45).

(3) Dom Monice Preuves, t.1, p. 1002-3.

(4) Reg. Hon. Rich. App., p. 126 n° 69, voir aussi /bid. n°° 61 à 64.

Dans la même année, voulant partir pour la croisade et manquant d’argent, il enyagea, avec la permission du roi, ses nouvelles possessions pour 2.000 marcs Reg. Hon. Rich. App., p. 130 n° 65.

(5) Dom Monice, Preuves, t. I, p. 41182. Reg. Hon. Rich., p 142 n° 83.

(6) Un document rappelle cette donation dans les termes suivants :

«.... Habenda et tenenda eidem Johannem Comitatum praedictum nomine comitis, castra et omnia terras et tenementa praedicta..... per servitia inde debita et consueta,» (Reg. Honor. Rich. App. n°96). On a essayé d'opposer les termes «nomine comitis » et « per servilia »,et d’en conclure que la donation des terres et celle du titre devaient être distinguées {/ThirdReport on the dignity of a Peer, p. 108). 11 ne nous paraît pas certain que le document implique cette opposition.

L’ « Honneur de Richmond » (comme il est souvent appelé

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dans les documents), était formé d’un grand nombre de « villae », disséminées dans sept comtés d'Angleterre (York, Lin-

coln, Nottingham, Hereford, Cambridge, Norfolk et Sussex) (1).

On sait que ce dispersement était commun aux terres de tous les «honneurs », et que la royauté normande y avait vu un des moyens d'empêcher la formation en Angleterre de puissantes seigneuries, comme celles du continent. C’est dans ie Yorkshire (Northriding), que se trouvait la plus grande agglomération des terres de l’honneur de Richmond (2). Ce district, appelé vulgairement « Richmondshire » (3), est constitué à présent de cinq centaines (4). Le pays est en partie doux, fertile et peu mouvementé, en partie, au contraire, coupé par de hautes collines. Les champs de labour s’y rencontrent aussi bien que les prairies. Les monts sauvages et les cascades bouïllonnantes, voisinant avec des plaines fertiles et des lacs riants, y forment des sites d’une rare beauté (5). Dans le centre de l’honneur, sur la frontière du. pays bas et des montagnes, planté sur un roc au dessus de la Swale, dans une situation presque imprenable, s’élève le château de Richmond (6).

On a vu que la valeur du comté avait été portée sous Henri III à 12.000 livres sterling. On sait d'autre part, qu’en 1325, Jean de Bretagne avait exigé du prince Édouard, en échange de

(1) Pooze (Histnrical Atlas of modern Europe, p. XVIII) ne mentionne pour le comté de Richmond que les terres d’York, Norfolk, Cambridge et Sussex, mais le Reg. Hon. Rich. (App. pp. 28-56), permet d’ajouter à ces quatre comtés des terres dans les comtés de Lincoln, de Hereford et de Nottingham. (Se rapporter aux tables de notre Appendice). Comme le comte continua à posséder les terres qu'il avait reçues en 1299 (voir plus haut, p. 48), c’est dans 15 comtés à présent qu'étaient dispersés ses domaines. Voir la carte. Nous y avons indiqué uniquement les comtés d’Angleterre où se trouve des terres du comte. Cependant un de ces comtés, Northumberland, manque sur la carte, à cause de sa position tout à fait au Nord de l’Angleterre. Les terres de Jean de Bretagne dans les comtés de Nottingham et de Hereford n'ayant pas pu être identifié, nous avons indiqué ces comtés, sans désigner les « villae » du comte.

(2) Le Domesday Book mentionne 199 «villae » (t. I, p. 309), nous avons pu en identifier 182 ; voir l’Appendice.

(3) Le terme « Richmondshire » est employé dans les documents en deux sens. Au sens étroit il ne comprend que les terres situées dans le Yorkshire, au sens large toutes les terresrelevant du comté de Richmond. Nous l’emploierons toujours au sens étroit. Les terres du Richmondshire dans le comté d’York sont citées comme un exemple d’une agglomération exceptiennelle en Angleterre. Sruggs. t.1, p. 295.

(4) Les noms de ces centaines sont : Hallikeld, East Gilling, West Gilling, East Hang et West Hang.

(5) Se rapporter aux illustrations données par WHITAKER.

(6) Voir CLARKSON, p. 53, vue du châleau vers le commencement du règne d'Édouard 1®.

son comté, une rente annuelle de 10.000 livres tournois; cette estimation semble cependant.avoir été exagérée, puisque en 1333 il le cédait à sa nièce pour une rente annuelle de 1.890 livres sterling (1).

A la fin du XIIIe siècle et au commencement du XIVe siècle, la plus grande partie des terres du comté étaient distribuées à des tenanciers, dont les tenures paraissent avoir été très morcelées (2). Un très petit nombre de lieux seulement restait exploité directement par le comte; c'était dans le Yorkshire, à l'époque de Jean de Bretagne, le bourg et le château de Richmond, une partie de l’ancien chef lieu Gilling, Bowes, où les comtes avaient un château (3), et neuf autres « villae », dont deux en partie seulement (4).

Trois principaux types de tenure se rencontrent dans le comté : 4° la tenure militaire; 2° la tenure ecclésiastique et 3° la tenure («( en socage. »

On se rappelle que, pendant les guerres d’Ecosse, le comte leva à plusieurs reprises des tenanciers sur ses terres. Sa « comitiva », qui j’accompagna dans ses nombreuses campagnes, était formée de chevaliers qui tenaient de lui des fiefs, à charge de service militaire.

C’est à ce type de tenanciers qu'incombait la garde du château de Richmond, mais elle semble avoir dégénéré, pour une partie du moins, en une redevance d’argent, (« warda », qui sous Édouard ler était levée à raison de 1 marc 1/2 par fief dans le comté d'York, et

(1) Voir plus bas, p. 134.

(2) Sur 171 « villae », détenues par des tenanciers dans le Richmondshire, (identifiées par nous), les documents mentionnent 416 tenanciers. De ce nombre, 12 seulement détiennent plus de trois « villae » chacun: 23 seulement possèdent des « villae » entières, tandis que 63, au contraire, sont des tenanciers partiels, détenant parfois des parties de tenures dans différentes « villae », mais plus souvent une seule tenure partielle (dans 34 cas). Cependant le morcellement de chaque « villa » n’est pas très considérable dans le Richmondshire, on y rencontre le plus souvent de deux à cinq cotenanciers, tandis que sur les terres du même honneur, dans le comté de Lincoln, on trouve des tenanciers, détenant 1/17, 14/23, 1/40, 1/100 et même 1/200 de fief, Comparer pour le Richmondshire : Parliamentary Writs, &. IX, div. LI, p. 404 et suiv. et pour le Lincolnshire : Inquisitions and Assessments relaling to Feudal Aids, t. III, p. 131 et suiv.

(3) Les documents disent quelquefois € le comté de Richmond et de Bowes ».

(4) Boldron, Brignall, une partie de Aldbrough et de Corlton, Bainbridge, Catterick, Danby Wisk, Forsett et Multon (se rapporter à l’Appendice).

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de 10 sous par fief dans les comtés de Lincoln et de Nottingham (1).

On sait que le fief militaire pouvait être détenu par un ecclésiastique, ce qui arriva parfois aussi dans le comté de Richmond (2). Mais le plus souvent les tenures ecclésiastiques sont tenues en « franche aumône » (libera elemosina, frankalmoin) ; ces tenures étaient nombreuses sur les terres des comtes, car si ces derniers ne sont pas connus comme ayant fondé des maisons religieuses, ils ont été par contre libéraux à l'égard de celles qu'ils trouvèrent établies sur leurs terres. En 1275 par exemple, Jean Ier passa un curieux accord avec l’abbaye d’Egglestone. Celle-ci promit de fournir six chapelains au château de Richmond, pour célébrer le service divin en mémoire des comtes défunts. En échange, elle recevait une tenure à Multon avec quelques autres privilèges, et un logement près du château pour les chapelains, mais avec défense pour eux d’y séjourner en temps de guerre (3). Ce contrat est resté en vigueur à l'époque de Jean de Bretagne (4), et fut confirmé après sa mort par son successeur. Mais cette tenure doit être envisagée plutôt comme une («(tenure par service divin » et non comme une (franche aumône », puisque la quantité de messes, exigées des ecclésiastiques, est nettement définie (5).

La vie religieuse a été intense dans le comté, Richmond étant le centre d’un puissant archidiaconé (6). Les comtes étaient patrons de plusieurs églises et couvents, non seulement dans le Richmondshire même, mais aussi dans les autres comtés (7), et le choix du prêtre leur incombait dans certains cas (8).

Le troisième genre de tenure est la tenure «en socage »,tenure libre qui n’est ni militaire, ni ecclésiastique. Elle a été très

(1) Reg. Hon. Rich., App., pp. 51-53 et p. 29.

(2) Par exemple, dans le Richmondshire les abbés de l'abbaye de Fountains (sur la Skel) et de l’abbaye de Jervaux.

(3) Reg. Hon. Rich., pp. 95-97.

(4) Ibid. App., p. #9 (Multon).

(5) PozcLocx et MairLann, t. I, p. 219.

(6) Cependant l’archidiacre avait sa résidence à York; Wairaken, t. I, p. 35.

Le Domesday book mentionne 15 églises paroissiales dans le Richmondshire ; au XIV: siècle il y en avait sûrement davantage. Quant aux abbayes, on peut citer Sainte-Agathe, Jervaux, les prieurés d’Allerton et de Coverham et l’abbaye d’Egglestone.

(7) Dix églises dans le Lincolnshire (Reg. Hon. Rich., p. 37).

(8) Cal. Pat. r., t. 1324-27, p. 270.

répandue dans l'honneur, et surtout au comté de Lincoln. En 1275. par exemple, les libres « sokemen » dans le wapentake de Kirton (Lincolnshire) sont si nombreux sur les terres des comtes de Richmond que, selon l’assertion des jurés, il est impossible de les

compter (1).

Il y avait aussi dans l’honneur des tenanciers non libres qui

portaient les noms différents de Costumarii, Censarii, Cottarii (2).

Il faut encore remarquer que les documents mentionnent en outre des tenanciers un fermier libre dans le Richmondshire, à l’époque du comte Jean IL (3). Ce fait est intéressant à relever, car la question de la disparition de la tenure indépendante a de tout

temps passionné les historiens.

Quelles étaient les occupations de ces nombreux tenanciers ?

A côté de l’agriculture, l’élevage du bétail a pris une place importante dans le Richmondshire, à en juger par les nombreuses redevances payées aux comtes pour des installations intéressant le bétail (4), ainsi que la volaille domestique (5). Le pays produisait en outre du sel (6), de la tourbe (7), du fer (8), du plomb (9). Les

(1) Victoria County Histories, Lincolnshire, t. II, p. 297.

(2) Dans le comté-de Norfolk, le Registre mentionne des «coftarii qui dicuntur lastagii » (Reg. App. p. 47). Au comté d’York sont mentionnés « tres tenentes vocati gresmanni » (Reg. App. p. 50). Les cottarii ou bordarii sont des cultivateurs pauvres, ne possédant que quelques parcelles de terre, voir SseBonm, The English village communaty, p. 71.

(3) Reg. p. 69 «.... Stephanus de Bermingham tenet in capite de comite Richemurdiae duodecimam partem unius feodi et est liber fermarius, non facit homagium nec reddil scutagium; et post decessum ejus nihil faciet castro, nisi duplicationem firmae suae ».

(4) Les documents mentionnent constamment des vaccaria, endroit pour laisser paître les vaches. Voir Reg., App., p. 51, par exemple; A Bainbridge seulement on en mentionne 15. Voir aussi les mentions d’enclos (clausum) ; 1bid., p. 50, à Arkengarth. Une redevance porte le nom d’Agistamentum pasturae; une autre, appelée Overfoot, est un droit de sortie des animaux (Voir Reg., App., p. 50et WaiTakeR, t. I, p. 56.

(5) Une redevance assez usitée est appelée Escapius averiorum, par ex. Reg., App., p. 50.

(6) Les mentions de salines sont assez nombreuses. Voir par exemple Cal. Cl. v. t. 1323-27, p. 246, Reg., App., p. 38 (Lincolnshire).

(7) Reg., App., p. 80. Agistamentum lurbariae.

(8) Minera ferri. Reg., App., p. 51.

(9) Exitus minere plumbi., p. 50. Des forges sont mentionnées (par exemple, Ibid., p. 51).

forêts ont été aussi exploitées par les seigneurs (1). Les moulins à eau étaient extrêmement répandus dans le Richmondshire, grâce à la configuration du sol (2). Les tenanciers payaient au seigneur pour le droit de pêcher du poisson (3) et de tenir un vivier (4), pour la permission d’avoir un four (5), un moulin, de produire de la bière (6).

Toutes les redevances n'étaient pas payées en argent ; cependant c’est surtout dans les comtés de Sussex, de Hereford et de Lincoln qu’on trouve les mentions de redevances payées en nature. Si ces mentions sont rares pour le Richmondshire, c’est probable-

ment parce que, ayant un caractère servile, elles se levaient surtout là où les comtes avaient plus de terres en domaine, et par conséquent plus de serfs pour les cultiver.

Les cottarii doivent aux comtes : des poules et des œufs (7), du poivre (8), du sel (9), du cumin (10). On sait que les tenanciers étaient astreints à faire des travaux (opera) sur les terres du seigneur. Des mentions en sont faites pour le comté de Richmond; par exemple, dans le comté de Hereford ils devaient faucher et rentrer le foin du seigneur (11), et dans le comté de Norfolk fournir du bois mort pour ses haies (12). Il est généralement stipulé que, dans ces cas, ils sont nourris par le seigneur.

On sait que la chasse a été très appréciée au moyen-âge. Sur les terres des comtes de Richmond il y avait des parcs ou enclos (13), peuplés probablement de daims et de biches. Jean Ier, en réclamant

(1) Venedilio bosci, un droit de vente dans la forêt. — 1bid., p.51, mais aussi p. 44 (Sussex). Une redevance est payée pour le droit de ramasser du bois mort ; WuiTAKEr, t. I, p. 56. Dans la forêt de Bainbridge un droit de passage est prélevé sur chaque voyageur.

(2) Le Registre en mentionne presque dans chaque lieu ; dans le comté de Lincoln au contraire, il mentionne des moulins à vent.

(3) 1bid., p. 43 (Hereford).

(4), 1bid., p. 42 (Herford) et.p. 49, à Gilling.

(3) /bid., p. 51, à Bainbridge et p. 50, à Bowes.

(6) Zbid., p. 51.

(7) Reg., App., p. #4 (Sussex), 1bid., p.38 (Lincoln), Ibid., p. 42 (Hereford).

(8) Ibid. p. 43 et p. 44. (Hereford).

9) Zbid., Voir aussi p. 50, à Aldbrough (York).

(10) Ibid., p. 50, à Bowes.

(41) Ibid., p. 43.

(42) Ibid., p. 47.

(13) Reg., App., p. 51 (Yorkshire). Cal. Pat. r., t. 1330-34, p. 494, une chasse libre à Bainbridge ; voir aussi Reg., App., p. 44, à Crowhurst (Sussex). Près de Richmond, la terre avait été cédée aux bourgeois, et les comtes n’y avaient pas de place pour leur chasse.

le comté de Richmond, cite parmi ses autres appartenances le droit de «libre garenne » sur toutes ses terres domaniales du Richmondshire et sur plusieurs terres de ses tenanciers (1). Cependant les comtes ont dû profiter assez rarement de leurs droits de chasse (2).

Mais en outre de la vie rurale des manoirs, il y avait dans l'honneur la vie commerciale des bourgs, dont les comtes tiraient aussi des profits importants. Un château normand a toujours donné naissance à un bourg, et c’est ce qui arriva aussi au château de Richmond.

Alain III avait concédé à perpétuité aux bourgeois de Richmond le fermage. du bourg et de la terre voisine de Fontenai pour 29 livres annuelles (3). Ses successeurs confirmèrent cette donation (4), mais sous Jean [+ le prix du fermage est élevé à la somme de 40 livres (5). Cependant la vie municipale ne paraît pas avoir été très intense à Richmond, et aucune corporation n'y est mentionnée au moyen-àâge (6). En 1279 Édouard Ier octroya au comte Jean Ier le droit de tenir une fois par an, pendant quatre jours consécutifs, une foire à Richmond (7). Sous Jean II une amélioration sensible peut être constatée dans l’état du bourg, car Édouard IL permit (23 février 1313) à Jean de Bretagne de l’entourer de murs de pierre, pour augmenter la sécurité de ses habitants, et concéda au comte à cette intention le droit de prélever pendant cinq ans un octroi, appelé « murage, » sur différentes marchandises, entrant dans la ville (8).

(1) Reg., p.89... Item clamathabere liberam chaceam per totam Wendeslaidale. Item clamat habere liberam chaceam in Arkilgarth, Hope, Skargille, Gillyng et Novam Forestam. Item clamat habere liberam Warennam in omnibus Dominicis terris suis in Com. Ebor.

(2) Henri II avait concédé de nombreux droits « Libere Warenne » à différents seigneurs du Richmondshire. Reg., App., p. 132 n° 68 et suivants. Après lui, Édouard Ier et Édouard I] firent de même, Ibid., p. 148 n° 92 et suivants et pp. 168-169.

(3) Reg. App., p. 400, n° 17.

(4) Ibid., n°‘ 18 et 19.

(5) Ibid., App., n° 166.

(6) MerewernER et SrePHEN, The history of boroughs, t. II, p. 676.

(7) Reg., App. p. 133, n° 69, Il a été stipulé que cette foire ne porterait pas atteinte aux intérêts des foires environnantes. Les privilèges de Richmond sont confirmés sous Jean II Le,30 juin 1329, Cal. Pat. r., t. 4327-30, p. 403.

(8) CLarksoN, App., n° 45. (Pat. pars. II, 6 Ed. II ; et Cal. Pat. T., t. 1307-13, p. 555. Voici quelques-unes des sommes prélevées en raison de cet octroi : Pour 8 boisseaux de blé, un demi-denier; pour chaque cheval, jument, bœuf ou

Beaucoup de maisons, adjacentes aux vieux murs de bois, furent alors démolies (1). Quelques années auparavant (1310), le roi avait octroyé au même comte la permission de tenir des foires et des marchés importants dans d’autres bourgs de son honneur, notamment à Bowes (York), et dans quelques points du Northumberland (ancienne possession de Bailleul) et du Sussex (2).

Mais la ville commerciale par excellence sur les domaines du comte, celle dont les foires étaient renommées à cette époque, et dont il pouvait par conséquent tirer des profits considérables, était Boston (dans le Lincolnshire). Les marchands d’Ypres, de Gand, d’Ostende et beaucoup d’autres commerçants y avaient leurs maisons (3), et le comte lui-même en possédait plusieurs, ainsi que des boutiques sur le marché (4). Avec la permission du roi, Jean de Bretagne y préleva pendant dix ans (de 1308 à 1318) des droits d'octroi, « pontage » et « pavage », sur les marchandises (5).

vache, un demi-denier ; de même pour dix brebis ou dix cochons, ainsi que pour 100 peaux, etc. Voir aussi Privy Seals, file 84, n° 2620. « ... d'autre part comme par la seurté de la ville de Richmond qui est a nostre dit cousin e devers la marche d’Escoce eoms grantez a meisme nostre cousin murage en sa dite ville por cinq ans prochains... »

(4) CLARKSON, p. 69.

(2) Reg., App., p. 152 n° 98; et Rymer, 16 juin 1310. «...quod ipse et haeredes sui inperpetuum habeant unum mercatum singulis septimanis per diem Lunae apud manerium suum de Newebiggyng [Newbiggin, il y a deux localités de ce nom dans ce comté, l’une dans Newburn par., l’autre dans Woodhorn par.], in comitatu Northumbriae, et unam feriam ibidem singulis annis per quatuor dies duraturam, videlicet in vigilia et in die Sanctae Trinitatis et per duos dies sequentes. Et quod habeant unum mercatum singulis septimanis per diem Veneris apud manerium suum de Boghes {Bowes] in comitatu Eborum. Et unam feriam ibidem singulis annis per quatuor dies duraturam, videlicet in vigilia et in die Translationis Sancti Swethini, et per duos dies sequentes. Et quod habeant unum mercatum singulis septimanis per diem Mercurii, apud manerium suum de Burgherth[Burwash] in comitatu Sussexiae et duas ferias ibidem singulis anuis per octo dies duraturas, unam videlicet in vigilia et in die apostolorum Philippi et Jacobi et per duos dies sequentes, et unam aliam in vigilia et in die Sancti Bartholomaei Apostoli et per duos dies sequentes. Et quod habeant unum mercatum singulis septimanis per diem Lunae apud manerium suum de Bulewarthithe. [Sûrement un nom estropié peut être pour Billinghurst W. Easwrith hundr., ou pour Buckhurst, Wythyham par. Hurtfield hundr.] in eodem comitatu Sussexiae ; et unam feriam ibidem singulis annis per quatuor dies duraturam, videlicet in vigilia et in die Annunciationis Beatae Mariae Virginis et per duos dies sequentes... »

(3) Reg., App., pp. 39 et 40.

(4) Cal. Pat. r., t. 1330-34, p.517; 25 février 1304 et p.520. Dans le dernier document, le comte loue une de ses boutiques pour le loyer annuel de 12 den. et d’une demi livre de poivre.

(5) Cal. Pat. r., t. 1307-43, p.9%6; donation du 4 décembre 1308 pour 5 ans. {bid., p. 553 ; donation du 25 février 1313 pour 5 ans; et Privy Seals, file 84, n° 2620.

Mais, non content de ce privilège, il voulutaugmenter ses revenus par un procédé illégal, en faisant établir par ses baïllis une barrière sur le pont de la ville, pour y prélever un droit de passage. En 1316, sur la plainte des marchands, le roi ordonne d'enlever cette barrière, «le pont faisant partie des routes royales et devant par conséquent être ouvert jour et nuit aux voyageurs » (1). Le roi montra aussi sa protection à la ville, en promettant de ne pas mettre d'impôt sur les marchandises qui seraient apportées à la foire (2).

Prélevant des redevances considérables sur leurs domaines, les comtes payaient de leur côté à l'Échiquier une certaine rente pour leurs possessions. Pour le Richmondshire, elle était fixée à 86 livres (3), et pour les terres des comtés de Cambridge et de Huntingdon, elle était de 30 livres (4) ; mais Jean de Bretagne ne s’en acquittait pas très régulièrement. Ses affaires semblent avoir été dans un état assez lamentable ; s’il avait d’une part des dettes dont il n’arrivait pas à se libérer (5), beaucoup de personnes lui devaient d'autre part de l'argent et ne le payaient pas toujours.

Comment était administrée cette fortune considérable ? Voilà un point sur lequel les documents ne donnent malheureusement que peu de renseignements.

A la tête du comté se trouve le sheriff (vicecomes}; mais, depuis la Conquête, ce personnage est un agent du roi, et ne relève plus du comte, qui ne joue aucun rôle dans l’administration du comté. Dans le cas particulier qui nous intéresse le sheriff ne réside même pas dans le Richmondshire, mais à York (6).

D'autre part un honneur a une administration et une vie indépendante, dans laquelle le sheriff ne joue aucun rôle. C’est avant

(4) Cal. Cl r., t. 1313-18 p. 369.

(2) Cal. Cl. r., t. 1313-18, p. 3 et p. 560; an. 1317 et 21 juillet 1318.

(3) Rot. Parl.,t. 1, p 165, an. 1304, et p. 307.

(4) Cal. Pat. r., t. 1317-21, p. 227; 41 novembre 1318.

(5) Moreau, 69%, f° 188, tiré du Supl. Rymer. Ed. Il, t. II, n° 74. Voir aussi Cal. CL. r., t. 4307-13, p. 188 ; 19 décembre, 1309, et Cal. CL. r., t. 1318-23, p. 132.

(6) Un document dit expressément, que le comte s'adresse pour son bourg de Richmond au shériff d'York. Cal. Cl. r., t. 1307-13, p. 519. Rounn (Geoffrey de Mandeville, p. 157, note) a justement remarqué, qu’à l'époque de la Conquête, les documents mentionnent, d’une part, Alain comte de Richmond, d'autre part, Guillaume comte d'Yorx. Il en conclut qu’à la place du comté d'York se trouvaient à cette époque deux comtés, celui d’York et celui de Richmond, à moins qu’Alain n'ait porté le titre de comte, sans en avoir rempli les fonctions.

mi …

tout une seigneurie, un petit état avec sa justice et sa police, sa «Ccour-baron » et sa (cour coutumière ». La première (court baron) est une Cour pour les tenanciers libres, la seconde (court customary) une cour pour les vilains. Les documents ont conservé mention de plusieurs Ccours-baron » sur les domaines des comtes, où le tribunal siégeait toutes les trois semaines en présence des tenanciers libres (1).

Il est probable aussi que l’honneur était envisagé comme une centaine (2), et qu’il y avait, par conséquent, une court-leet, tribunal de police correctionnelle, à Richmond. Le comte avait, en outre, le droit de faire, au lieu du sheriff, la revue des cautions collectives (visus franciplegii, view of frankpledge) ; du moins en trouve-t-on une mention dans le Registre pour le comté de Hereford (3).

C'était le sénéchal (Senescallus, Steward), lieutenant du comte, qui administrait l'honneur. Deux sénéchaux de Jean de Bretagne sont connus par les documents (4). Sous les ordres du sénéchal, se trouvent les baïllis qui doivent veiller dans les différentes parties de l’honneur à l’exécution des travaux, ils sont aussi investis de certains droits de justice et de police (5). Aux derniers degrés de cette échelle enfin, se trouvent les prévôts, choisis d’ordinaire par les communautés rurales parmi les vilains eux-mêmes.

Malgré le grand nombre de ces administrateurs, les terres de Jean de Bretagne ne semblent pas avoir été très bien gardées pendant ses multiples absences. En 1308,à Arkelgarth (Richmondshire), la maison du comte est brülée et un forestier tué (6). De nombreux délits sont commis à plusieurs reprises sur les chasses

(4) Par exemple, Reg., App., p. 39, cour de Boston (Lincoln). 1bid., p. 40, cour de Ledenham (Lincoln). Cal. Cl. r., t. 1333-37, p. 225 ; 30 mai, an. 1314, cour de Middleton-Tyas (York).

(2) Bémonr Simon de Montfort, p. 73.

(3) Reg., App., p. 42.

(4) Jean de Stikeneye, en 1319, et 1321 (Cal. Cl. r., t. 1318-23, p. 125; 13 février 41309 et Cal., Pat. r., t. 1321-24, p. 2; confirmation du 16 juillet 1321 d'une charte de Jean de Bretagne, donnée à Wassingbugh le 10 mai 1321 et octroyant à son « Ipotecarius » deux maisons à Boston) et Thomas de Colleville, chevalier en 1322 (Cal CL. r., t. 1318-23, p. 677; an. 1322).

(5) On a vu l’action des baillis du comte à Boston. Les documents en mentionpent dans d’autres lieux, par exemple à Gilling ; Cal. Cl. r., r., t. 4327-30, p. 177.

(6) Cal. Pat. r.,t. 1307-13 p. 125.

du comte (1). En 1319, dans le Richmondshire, de nombreux malfaiteurs enfoncent les fenêtres et les portes des manoirs, brülent et dévastent les lieux, en s’appropriant les biens du comte et en retenant ses serviteurs, qu'ils ne libèrent que sur rançon (2). Dans la même année, les boutiques du comte à Boston sont assaillies et pillées au moment du marché (3). En 1321 enfin, au moment où le comte se rend au Parlement, son château de Bowes est assiégé par une bande qui en chasse le connétable et les autres serviteurs, y règne en maître pendant quelque temps, et le quitte ensuite, au moment où les Écossais sont entrés dans le pays (4).

Tout ceci se passait à l’époque où le comte, quoique très pris par ses différentes fonctions, trouvait parfois le loisir de visiter ses domaines (5); les affaires durent encore empirer, lorsqu’à partir de 1325 il resta en France. Les incursions des Écossais furent aussi néfastes au Richmondshire (6). La désolation de la contrée est complète à la mort de Jean IIT (1341) (7), mais il faut croire que l’appauvrissement avait déjà commencé bien auparavant.

Il ne faut pas oublier qu’indépendamment du comté de Richmond, Jean de Bretagne retint pendant toute sa vie la possession des anciennes terres de Baïlleul, que le roi lui avait octroyées en 1299 (8). En outre, ses possessions s’accrurent encore de quelques nouvelles

(4) En 1308, au comté de Sussex, Cal. Cl. r., t. 1307-43, pp. 26, 31, 76, 91 et 46°. En 1310, dans le Richmondshire (à Gilling, Multon Daneby, Katerik, etc.) ; Cal. Pat. r., t. 1307-13, p. 310. En 1315, dans le Northampton, Cal. Pat. r. t. 1313-17, p. 308.

(2) Cal. Pat. r.,t. 1317-21, p. 359.

(3) 1bid., p. 361.

(4) Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 457. Les serviteurs du comte d’autre part, donpaient aussi sujet à des plaintes. Un méfait sérieux fut par exemple, commis par eux en 1319 dans le comté de Hereford sur la personne de Barthelémi de Badelesmere et sa femme ; Cal. Pat. r.,t. 1317-21, p, 467-8 et 473.

(5) Voir par exemple une charte de franchise, donnée par le comte à Boston, le 25 janvier 1313 ; Cal. Pat. r., t. 1313-17, p. 360 ; une charte donnée à York, le 6 décembre 1318; Cal. Pat. »., t. 1317-21, p. 360, et une charte donnée à York, le 6 décembre 1318 ; Cal. Pat. r., t. 4317-24, p. 435.

(6) En 1319 le pape Jean XXII constatait que les villes et manoirs du comté étaient en partie dévastés pour cette raison. Papal Letters, t. I, p. 188.

(7) WairakeR, t. 1, pp. 54-60.

(8) Des documents de différentes époques mentionnent ces terres comme appartenant au comte. Cal. Cl. r., t. 1318-23, p. 181; an. 1320. Cul. Pat. r.

donations que le roi lui octroya en 1322 (1). Il possédait aussi des maisons à Londres, et l'on sait qu’en 1324 le chancelier royal (2) avait son appartement dans la maison du comte, située près de la cathédrale de Saint-Paul (3).

Il nous resterait à dire quelques mots sur la vie privée de Jean de Bretagne; malheureusement les renseignements sont plus qu'insuffisants sur ce point. On a vu qu’il n'avait pas été marié et n’avait donc par conséquent aucune famille légitime. Le fait est digne d’être remarqué, car les célibataires semblent avoir été rares parmi les seigneurs du moyen-âge (4). Comme tous les barons, il avait une maison, une suite personnelle, des serviteurs. On sait que son trésorier, en 1321, était un curé de Lobenham, J. de Onignon (5), et que le sénéchal de sa maison, à cette époque,

t. 1321-24, p. 44; an. 1321. Jean de Bretagne eut même à subir des ennuis et à soutenir un long procès, au sujet d’une partie de ces terres situées dans le Suflolk, à savoir les villes de Petite Yarmouth et de Gorleston. La ville de Grande Yarmouth, voisine de ces villes du comte et possédant avec elles le même port, avait reçu d'Édouard I‘ une charte, d’après laquelle elle se croyait en droit de faire décharger chez elle toutes les marchandises entrant dans le port (Cal. pat. r., t. 1330-34, p. 316-17); mais le comte de Richmond, dans une pétition adressée au Parlement en 1315, avait protesté contre cette prétention (Rot. Parl., t. I, p. 301). Les hostilités entre les deux parties avaient été si violentes, que certains habitants de Grande Yarmouth avaient endommagé les quais et les ponts des villes voisines et amené de force chez eux les marchands qui stationnaient dansle port (Cal.Pat.r., t. 1313-17, p. 232-33, an. 1314). Une commission ayant été envoyée par le Parlement sur les lieux, on décida que le comte et ses gens seraient autorisés à charger et à décharger leurs propres bateaux à Petite Yarmouth et à Gorleston, mais que la charte d'Édouard Ier conservérait sa valeur par rapport aux autres marchands, à l'exception de quelques privilégiés (Cal. Pat, r., t. 1330-34, p. 316, an. 1322). Mais la querelle ne cessa pas (Cal. Cl. r., t. 1323-27, p. 457, an. 1326, et Cal. CL. r., t. 1327-30, p. 309, an. 1328), et une ordonnance définitive dut confirmer le premier jugement (Cat. Pat. r.,t. 1330-34, p. 124, an. 1331).

(1) Extract Roll, n° 8, m.2; le 45 mai 1322 le roi a octroyé au comte le manoir de Hovingham en Yorkshire [Ryedale et Bulmer waps, North rid.] et le manoir de Burton en Lunesdale [Burton Black in Lonsdale, Thornton in Lonsdale par., West rid. York]. Extr. Roll. n° 9, membr. 2; le 23 mars 1322 le roia octroyé au comte la villa de Hertepol [propablement Hartlepool par.] dans l’évêché de Durham et le manoir de Catthort [Caythorpe, Loveden wap.] dans le Lincolnshire.

(2) Robert de Baldock, archidiacre de Middlessex.

(3) Cal. CI. r., t. 1323-27, p. 186. Voir aussi Cal. Pat. r., t. 1307-13, p. 211 et Cal. Pat. r.,t.1324-27, p. 298.

(4) GuizmierMoz (Essai sur l’origine de la noblesse) et Esmein (Moyen-âge,1903, p. 37) démontrent que la concession d'un fief et le mariage allaient généralement de pair.

(5) Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 2.

s'appelait Thibaud Cailli (1). Bertrand de Montboucher, qu'on a vu à plusieurs reprises dans la suite du comte (2), est appelé son chevalier (3).

On ne connaît qu’un seul ami à Jean de Bretagne, le seigneur gascon Amanieu d’Albret (4), et encore est-il indiqué comme tel en 1299, à l’époque de la jeunesse du « neveu du roi » (5).

Quant à la vie privée du comte en France, on n’en sait à peu près rien.

En 1333, le comte,ayant définitivement décidé de ne pas rentrer en Angleterre, échangea, avec la permission du roi, une partie de ses terres anglaises (de Bailleul) pour des terres françaises, appartenant à sa nièce, Marie de Saint-Pol, veuve du comte de Pembroke (6), et lui céda le comté de Richmond pour une rente annuelle de 1800 livres sterl., en conservant pour lui la jouissance des forêts et les avoueries d’églises (7). Mais il ne put jouir longtemps de cette rente, et, à sa mort, son neveu et héritier légitime, le duc de Bretagne Jean II, fils de son frère Arthur (8), entra en possession du comté de Richmond (9).

(1) Zbid. Ne pas confondre avec le sénéchal de son domaine.

(2) Voir plus haut, pp. 38 et 64.

(3) Cal. Pat. r., t. 1321-24, p. 2, et Cal. Pat. r.,t. 1307-13, p. 269. Sur les chevaliers tomes voir ÉD Essai sur l'origine de la noblesse, pp. 242-47. En 1319, il est fait mention d’un sergent du comte, Adam de Menchill, Cal. Pat. rT.,t.1317-21, p. 385 ; en 1321 d’un apothicaire du comte nommé Pierre. Cal. Pat. r.,t. 1321-24 p. 2.

(4) Voir plus haut, pp. 8, 26 et 78.

(5) Cal. Pat. r.,t. 1292-1301, p. 432.

+ (6) Elle avait été la troisième femme d'Aymar de Valence (+ 1324). Son père était Guy IV, comte de Saint-Pol ; voir Dict. of nation. biogr.

(7) RyMer, 7 novembre 1333 et Cal. Pat. r.,t. 1330-34, p. 484. Le projet de cet échange est ébauché dès 1331 ; Cal. Pat. r., t. 1330-34, pp. 110, 124 et 150 ; Cal. Cl. r., t. 1333-37, pp. 104 et 240. Le 26 novembre 1308, le roi avait concédé au comte, que ces exécuteurs pourraient retenir pendant quatre ans après sa mort les terres de Bailleul, qui ne lui avaient été données que pour sa vie; Cal. Pat, r., t. 1307-13, p. 449, et Moreau, 692, f 45, tiré du Ms. Rym. Éd. IL, vol. 8, n° 35.

(8) En 1310, le comte avait reçu du roi la permission de passer à sa mort ses possessions à Au ; Cal. Pat. r., t. 1307-13, p. 275; 2 août, et Dom Monice. Preuves, t. I, p. 123

(9) Cal, Pat. d., À 4330- 34, p. 534, Cal. Cl. r.,t. 1333-37, p. 235, et Dom Monice, Preuves, t. I, p. 1370.

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