‹ Jean de Bretagne Comte de RichmondChapitre 7 sur 51 · CES · texte numérisé non relu

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laissant la liberté complète de se choisir un seigneur, leur demandait dese reconnaître loyalement pour l’un des deux pays (1). On dit aussi que le roi d'Angleterre, moins franc et plus enclin à encourager les hésitations de ses vassaux, s’en crut offensé. Cependant, le désir de mettre à profit l’inconstance des seigneurs français ne pouvait pas empêcher Henri II de préférer pour soi des vassaux loyaux et libres de tout engagement envers le roi de France, son ennemi naturel. C’est pourquoi il est fort probable que le partage du duché de Bretagne et du comté de Richmond entre deux fils, issus du mariage de Jean II et de Béatrice, avait une raison politique. Le fils aîné Arthur resterait en France et hériterait du duché de Bretagne, le second, Jean, attaché dès l’âge le plus tendre à sa royale parenté anglaise, deviendrait comte de Richmond et serviteur du trône d'Angleterre.

Le rimeur qui nous a conté le siège de Carlaverock nous dit encore de Jean de Bretagne qu'il était « beau et gens » (aimable). La chose pouvant être un simple compliment poétique, nous n’y insistons pas autrement, en faisant pourtant remarquer que la plupart des autres personnages décrits chez le même poète n’en ont pas été honorés (2).

Comme on ne trouve jusqu’à 1294 aucune mention dans les documents qui puisse donner une idée exacte de l’activité de Jean de Bretagne (3), il faut supposer qu’il n’occupa aucun poste en vue jusqu’à ce moment.

On sait que le traité de Paris (1259) avait rétabli les relations entre la France et l’Angleterre troublées pendant toute la première moitié du XIII: siècle. Ce traité fut assez scrupuleusement exécuté de part et d'autre jusque vers la fin du siècle et les rois d'Angleterre, vassaux des rois de France en tant que ducs de Guyenne, n’avaient

(4) Dom Monice, Hist. de Bretagne, t. I, p. 179.

(2) Sur 78 chevaliers décrits par NicoLas il n’y a que 7 dont la beauté physique ait été signalée par l’auteur. Le frère ainé de Jean, Arthur, était «mout bon enffant e mout beil». Saircey, Royal lelters, t. II, p. 334.

(3) M. Bémonr a signalé un acte du 27 décembre 1291 (Cal. Pat. r. t. 1281-92, p. 464) comme contenant la première mention certaine de Jean de Bretagne. Un autre document (Zbid.) daté du 9 juin 1290, et par conséquent antérieur au dernier, doit être rapporté, selon la teneur de l'acte, plutôt au fils qu’au père. Mais ces mentions isolées ne donnent aucune idée de l’activité de Jean de Bretagne avant 1294.

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