Heiss, l'iorcrue. t. II, XXII, n° 6 et p
4. Casa Fi/angien\ tableau XMV^. Piotro fut sooi'étairc du pape, Giovanni fut évèque de Bovino.
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tard avec la cour ])ontificale, surtout par ce titre Je protonotaire qui lui fut donné probablement un peu avant Texpédition de Charles YIII en Italie.
Pour quel motif et à quelle date Candida quitta-t-il Rome? Nous Tignorons et ne voulons pas le rechercher, afin de ne pas tomber dans de pures hypothèses.
Nous avons vu dans la Casa Filangieri que notre « Giovanni » avait, dès 147.5, le titre de secrétaire de la duchesse. Il s'agit bien plutôt ici du duc que de la duchesse, car cet artiste était sûrement au service du duc en 1476. En effet, un précieux document, dont nous allons donner la copie, nous apprend que Candida avait été pensionné par Charles le Téméraire; ce qui prouve bien qu'il était au service de ce dernier dès 1476, au moins, puisque le malheureux duc fut tué en janvier 1477.
Nous étions depuis longtemps convaincu que le groupe composé de la médaille de J. Carondelet et de sa femme (1479), de celle de J. de la Gruthuse et de .Jean Miette (1479), de celle de Nicolas Ruter et, enfin, des deux plus importantes de la série, celles de Maximilien et de Marie de Bourgogne (pi. vi et vu), étaient sûrement de la même main et devaient toutes, après la découverte de M. L. Delisle, être attribuées à Candida, bien que Heiss repoussât ces deux dernières ^ Cette conviction que j'ai eu, d'ailleurs, le plaisir de voir partagée par MM. les Directeurs du musée de A'ienne^, nous a fait dépouiller le volumi-
1. Pinchai't [llhl. de la grai'iire des médailles en Belgique, Bi'uxelles- 1870, in-'i°, p. 4) les donne toutes à un artiste flamand inconnu, et Lenor mant [Monnaies et médailles, p. 282) déclare flamande la médaille du mariage de Maximilien et de Marie.
2. L'ebersield der Kunsthistorischen Samm/iingen des Allerlioclisten Kaiserfiauses, Vienne, 1801, in-8°, p. 151.
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ncux inventaire des archives de Lille, où nous avons eu la chance de découvrir la désignation du document déjà indique plus haut '.
11 s'agit là d'un ordre de payement donné à Bruges, sous la signature de Ruter, par Maximilien d'Autriche et Marie de Bourgogne, sa femme, en faveur de leur « amé et féal secrétaire, maistre Jean de Candida... « tant à cause de ses gaiges et pension qu'il avoit de « feu nostre très chier seigneur et beau père, cui « Dieu pardoint, comme à cause de ses journées et « vacacions qu'il a faictes par notre ordonnance et (i. commandement... nonobstant que ladicte dcbte « par ceste fois n'appère aucunement par certiffica- « cions de maistre de la chambre aux deniers et de « l'argentier de nostre dit seigneur et père ».
11 s'agit donc là, on le voit, de rémunérer un travail extraordinaire, commandé directement par le duc et la duchesse à leur secrétaire, mais qui ne rentrait pas dans ses attributions ordinaires. Or, c'est précisément cette année même qu'a été modelée la médaille du mariage, laquelle est du plus pur style de Candida.
Voici in e.vtcnso cette importante pièce :
« .Maximilian et Marie par la grâce de Dieu ducz d'Ostrice, de Bourgoingne, de Brabant,de Lembourg, de Luxembourg et de Ghelres, conte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, palatin, de Haynnau, de Hollande, de Zellande, de Xamur et de Zuytphen;
1. Nous devons la Iraiiscripliuii de celte pièce à robllj^'cance bien coniuie de M. Finot, archiviste du Nord. (Lettre à nous adressée le 25 février 18'Jl).
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« marquis du Saint-Empire; seigneur de Frise, de Salins et de Malines : à nos amez et féaulx les gens et commis sur le fait de noz demaine et finances, salut et dilection. Nous voulons et vous mandons que, par nostre amé et féal conseiller et receveur général de nosdictes finances, Nicolas Prévost, vous faictes paier, bailler et délivrer des deniers de sa recepte à nostre amé et féal secrétaire maistre Jean de Candida, en argent comptant, la somme de cent escuz du priz de XLVIII gros de nostre monnaie de Flandres Fescu; en prest sur et en tant moins de ce qui lui est ou peut estre deu tant à cause de ses gaiges et pension qu'il avoit de feu nostre très chier seigneur et beau père cui Dieu pardoint, comme à cause de ses journées et vacacions qu'il a faictes par nostre ordonnance et commandement, à prendre et avoir pour une fois des deniers de noz finances nonobstant que ladicte debte par ceste fois n'appère aucunement par certifficacions de maistre de la chambre aux deniers et de l'argentier de nostre dit feu seigneur et père, dont de grâce espécial vous relevons. Et par rapportant ces présentes et quittance dudit maistre Jean Candida de la somme de cent escuz desdits priz et monnoie, nous voulons icelle somme estre allouée es comptes et rabattue de la recepte de nostre dit receveur général, par nos amez et féaulx les gens de noz comptes à Malines, ausquelz nous mandons que ainsi le facent sans aucun contredit ou difficulté, nonobstant quelconques ordonnances, mandemens ou deffences à ce contraires. Donné en nostre ville de Bruges le X'' jour d'octobre l'an de grâce mil CGCC soixante-dix-sept.
(Plus bas) : Par Monseigneur le duc et madame la duchesse, Nicolas de Gondeval, Pierre Lanchals et autres présens.
(signé) : Ruter.
(Au dos) : Les commis sur le fait des demaine et finances de nostre très redoublé seigneur et dame les ducz d'Oistrice, Nicolas Prévost, receveur général de toutes les finances accomplissiez le contenu ou blancq de cestes tout ainsi et par la forme et manière que mesdits seigneurs et dame le mandent et vueillent estre fait. Escript sous le nom de Fung de nous le XIP jour d'octobre Tan mil quatre cens soixante-dixsept.
(Signé) : Gondeval. »
Archives du IS'ord, Ch. des comptes de Lille, art. B., 2112.
Ainsi donc, en 1477, Candida habitait les Flandres, où il était probablement installé depuis plusieurs années. p]n octobre, il était à Bruges, auprès de la cour, à laquelle l'enchaînaient ses fonctions de secrétaire. 11 vivait là côte à côte avec les personnages les plus importants, dont il exécutait les portraits : Nicolas Ruter, qui porte sur sa médaille ce titre de secrétaire qu'avait alors Candida ; Jean Garondelet, président de Bourgogne, et sa femme, qui s'illustrèrent, le premier, par sa science et sa fidélité à ses souverains, la seconde, par son courageux dévouement. A côté d'eux, figurent un très grand seigneur, Jean de la Gruthuse, châtelain de Lille, et un gardien de prison, Jean Miette, avec lesquels il eut d'étroites relations dans un moment tragique de sa vie.
En effet, en 1479, Candida est toujours en Flandre,
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mais il a échangé la cour pour la prison. Le souvenir de cet emprisonnement est conservé sur la médaille de Jean Miette. Cette pièce, particulièrement intéressante, est restée inexpliquée juscpi'à présent jK)ur Van Mieris, Pincliart et M. Van Ilcnde ; aussi bien <jue pour Friedlaender, Armand et A. lleiss luimême ; cependant ce fait y est représenté d'une façon précise, avec légende explicative en toutes lettres. Nous avons dessiné avec tout le soin j^ossible une des faces de ce petit monument, afin que nos lecteurs puissent en avoir sous les ^^eux une imf^ge nette et fidèle.
En voici la description d'après rexemj)laire uniface conservé à la Bibliothèque nationale, celui qui nous a servi pour notre dessin. Buste à droite, représentant un personnage imberbe coiffé d'une calotte, costumé d'un vêtement lacé sur la poitrine et d'un manteau à revers; devant le buste : -ndjan nucttc;; sous le buste : GVSTOS en belles capitales romaines;
derrière le buste, le mot INS-VLIS, coupé en deux par une haute tour à créneaux et à mâchicoulis, sur la base de laquelle on lit nettement : GARCER CAN- DIDE, en deux lignes; au dessous de la tour, dans le champ, la date IKA9-
Je commence par constater que la lecture de ces inscriptions a été souvent fautive, et ne peut, cependant, être l'objet d'aucun doute, sauf sur un point, le nom du personnage, que l'on pourrait lire : Wette qui se rapprocherait de Witte, ou Nuette qui a été proposé par M. Van Hende. Toutefois, la leçon Miette me paraît préférable, car nous n'avons pas rencontré Nuette ou Wette dans les documents des contrées flamandes, tandis que le nom de Miette est assez répandu dans la Picardie et les Flandres, ainsi que nous le verrons plus loin.
Mais s'il s'agit de l'interprétation des légendes, la difficulté portera sur les trois mots : INS-VLIS [ CARCER I CANDIDE, indiscutables tous les trois, et qui forment avec la tour une sorte de rébus. Ces mots ont été interprétés de diverses façons sans qu'on ait pu en deviner le sens.
Van Mieris ^ le premier (t. I, p. 167), lit : CVSTOS INSVLIS CARCER(is) CANDIDE, complétant ainsi bien malencontreusement la légende, afin de faire rapporter, au moyen d'un barbarisme, l'adjectif CANDIDE avec le mot CARCERIS qui n'en peut mais, puisqu'il est masculin. M. Van Hende 'interprète d'une façon différente, il lit : « JEHAN N VETTE (en lettres
1. Histori der nederlandsclic Vorsten, La Haye, 17152, in-fol.