Invent, sommaire des archii^es du Nord, t. II, p
JEAX DE CANDIDA 33
de Candida, comme lui engagés au service de la Bourgogne. C'étaient généralement des partisans des princes d'Anjou, qui s'étaient expatriés après les désastres de leur parti, avaient continué à servir la maison d'Anjou en France, puis avaient suivi les ducs de Bourgogne, pour se donner enfin au roi de France. Quelques-uns, cependant, comme Perron de Baschi, l'un des ambassadeurs les plus employés de ce temps, passèrent directement du service de Jean de Calabre, après la guerre du Bien public, à celui de Louis XI.
Tous ces illustres exemples de défection autorisaient donc Jean de Candida à choisir son moment pour entrer en marchandages avec le roi de France, Louis XI ', qui, d'ailleurs, savait toujours y mettre le prix quand il le fallait et ne se piquait pas d'un premier refus.
Nous pouvons supposer que Candida, déjà détaché de la maison de Bourgogne par sa détention et l'instabilité des partis dans les Pays-Bas, dut suivre de près son ami Jean de la Gruthuse. Celui-ci, ayant été fait prisonnier à Guinegate, en 1479, l'année même où fut modelée sa médaille, avait eu alors le temps de réfléchir aux propositions avantageuses faites par le roi '. L'arrivée de Candida en France doit être reportée à peu d'années après ; car la seconde
1. 11 est à croire que ce furent plutôt les talents diplomatiques et littéraires de Candida que ses talents artistiques qui attirèrent l'attention de ce roi plus amoureux d'intrig-ues que d'art.
2. Biogr. nationale publiée par l'Acad. royale de Belgique, t. VIII, pp. 387- 388. — Van Praët, Recherches sur Louis de Bruges, Paris, 1831, in-8.
médaille de Maximilien et de Marie (pi. vu, n" 5) est probablement de Tannée même de la mort de cette princesse ou peu antérieure, et nous sommes porté dès lors à placer l'arrivée de Candida entre 1482 et 1483.
En tout cas, il est certain que .J. de Candida se trouvait en France au commencement du règne de Charles Vllï ; car il composa en latin pour le jeune roi un résumé d'histoire de France, commençant à Priam et finissant à l'avènement de Charles VHP. Ainsi se trouve justifié, au sens strict du mot, le titre d'historien décerné à Candida par Robert Briçonnet; mais « cette histoire ne présente par elle-même aucun intérêt », la dédicace seule mérite l'attention '^ Nous n'insistons pas sur ce point; il a été traité avec tous les développements voulus dans le dernier numéro de la Bibliothèque de l Ecole des Chartes, par notre collègue, M. Couderc. C'est lui qui a bien voulu nous signaler, avant même l'apparition de son article, la note publiée il y a plus de quarante ans dans le même recueil, et où il était déjà parlé d'un « certain Joannes Candida » comme ayant composé pour le roi Charles une histoire de France, dont le manuscrit se trouvait parmi ceux de la Bibliothèque nationale '\
Candida offrit son histoire dès les premiers temps du règne de Charles VIll, afin de gagner la faveur royale. Pour le même motif, Louis de Bruges donna à Charles VIII le fameux manuscrit du tournoi, et plus tard Jean de la Gruthuse, son fils, fit don à